Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 20:55
La vie rêvée des songes

Le type me regarde et me dit vous comprenez monsieur drink je vais demander le divorce, ce n'est pas possible, ma femme ne veut pas venir, elle veut rester au pays, monsieur drink vous savez ce que sait, un homme fort comme vous, je n'ai pas touché une femme depuis 15 ans. Je commande une pinte avec les gens du politburo pour fêter un anniversaire, au fait je leur dis un homme idéal n'est pas un biopic sur mézigue, et si la moitié se marre, l'autre moitié lève les yeux d'un air navré. Ensuite je me demande pourquoi un type quitte la comédie française pour jouer dans des navets intersidéraux. Je vais a beaubourg pour voir le spectacle de cette fille avec laquelle j'ai dansé, je regarde ces gens qui dansent sans se connaître, et je me rends a quel point j'étais mauvais dans le spectacle il y a quelques années. Pendant mon sommeil j'ai des visions de visite, de vies tourmentées, je suis sur un bateau, je suis sur le port. Je me demanderais si je te reverrais jamais. Je ne crois pas. Vous êtes un ange monsieur drink me dit la femme qui a des lèvres pas naturelles, qui a joué dans quelques films oubliées, qui fut l'épouse d'un ministre obscur. Vous êtes la personne la plus adorable que je connaisse. Je sens l'ivresse a la troisième pinte, je me sens si loin de mes collègues, si loin de leur jeunesse, de leur naïveté, si loin de ce que je ne suis plus depuis longtemps. Ils ont beau dire que j'ai trente ans et des poussières, je sais bien que ce n'est pas le cas. Avec la nouvelle salariée, on fait et on refait les comptes, on fait et on refait les additions, on fait et on refait les soustractions, ça commence bien je lui dis, tu es la depuis un mois et on ne va pas pouvoir te payer. Elle rigole et je me demande si a 25 ans j'aurais rigolé aussi. Je ressens une curieuse fatigue comme une lassitude qui ne veut pas dire son nom, je ressens comme une impression que je ne suis plus tout à fait dans la vie. Je pars et je suis sans doute un bourré, je lâche mes collègues qui me demanderont le lendemain pourquoi je suis parti. Dans le métro je vois les affiches pour le festival qui se déroule dans cette ville ou je ne retournerais sans doute jamais, et puis je me dis que cette année je ne recevrais pas le catalogue. Il y a quelques années j'avais failli aller voir david peace présenter sa trilogie. Comme je suis bourré je mets trois plombes a rentrer chez moi, je m'endors a chaque fois dans le métro, je m'endors dans le bus et quand j'arrive enfin devant ma porte c'est pour m'apercevoir que j'ai oublié mes clés au politburo. Je suis content qu'elle ait mangé les chocolats, ça me rends limite euphorique, sans que je sache trop pourquoi, sans que je sache pourquoi. Je marche dans la nuit. Je suis fatigué. Mais je me rends compte que je dois la laisser vivre elle aussi. Je me rends compte que je dois te laisser vivre.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans politburo biture
commenter cet article
24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 22:59
Un moment calme et tranquille

Comme si les mots étaient au bout, comme ce type qui me dit je suis dans une impasse, comme le personnage de la dixième qui dit je ne vais pas sortir du tunnel, comme mon âme qui ne veut plus, comme si je n'existais pas, comme si les maux ne se renouvelaient pas jour après jour, comme si les verres pouvaient remplacer la frénésie, comme la vie devait remplacer l'absence, comme si les rimes changeaient parfois la vie, comme si la pluie effaçait ta présence. Des pleurs au goût de cendre, des rumeurs qui recouvrent, des pas sur le bitume, des traces de la plus belle femme du monde, des goûts de cendre et de sucre, des nuits et des jours, des jours et des nuits, des vies qui s'enchaînent, des corps qui s'enflamment, des cœurs qui s'entraînent. Le bout des nerfs, le bout du souffle, la frénésie calculée, des verres après la nuit, des pleurs après le jour, des pavés humides, des volets bleus qui ferment, déroute qui n'a pas de fin. Je suis au bout des mots je crois, je suis au bout des mots tu crois, je suis à bout déjà, si peu de temps et a bout parfois, comme si la fatigue, des vies qui remplacent des morts. Des phrases comme nous ne sommes pas seuls de ce coté ci de la mort, des mots comme dis quand tu reviendras tu, des brouillards qui ne se dissipent plus, comme des tours eiffel qui sont partout sur la ville, comme des bateaux qui ne s'éloignent plus, comme si on y croyait. J'éteinds la lumière de mon cerveau, je freine mon corps, je clos mon cœur en attendant ton retour, je sais que tu ne reviendras pas, mais espérer c'est me retenir a bout de bras. T’espérer c'est encore vivre avec toi. Espérer c'est tout ce qu'il me reste de toi. Ce qui me reste de toi.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans elle sans moi
commenter cet article
22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 11:26
Parmi les errants

Une fille qui ne me dit absolument rien se plante devant moi et me dit bonjour et du coup je lui fais la bise pour ne pas paraître goujat. Il va bien le beau drink ? elle demande alors que je pense qu'elle m'a confondu avec quelqu'un d'autre. Pas comme le type du début de soirée qui m'a parlé et qui je pense m'a confondu avec quelqu'un, un type ivre mort qui m'a dit qu'avant de s’inquiéter pour moi il s'inquièterait pour lui. La fille se barre et je me demande vraiment qui c'est, une fille qui me trouve beau ne doit pas tout a fait être en pleine possession de ses capacités, j'arrive a sortir avec des filles parce que je suis drôle et que j'ai un charisme houblonné, mais je suis pas vraiment beau. Mais qui est cette fille je demande a la mère de mon filleul. Je ne sais pas elle m'a pas dit bonjour donc elle ne doit pas me connaître elle rigole, c'était peut-être une première approche. Le garçon a casquette nous ramène une bière. Je vais a beaubourg en sortant du politburo, je slalome parmi les touristes sur le pont aux cadenas, je sens le souffle du vent sur le pont qui mène vers hôtel de ville. Le matin j'ai entendu une femme politique qui disait qu'on étouffait a paris, mes collègues me font la même on a du mal a respirer. Faut arrêter de regarder la télé mes couillons je leur dis pas. Et le poids de votre connerie il vous empêche de respirer je rajoute pas. Je vais au guichet a beaubourg pour demander le programme du cinéma du réel et puis ensuite je vais a la librairie du centre que j'adore ou l'on vend que des journaux et des catalogues que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Je ne retrouve pas la gomme de la plus belle femme du monde. J'achète france culture papier et un trimestriel qui s'appelle schnock, deux revues pour 30 euros. Faut ce qu'il faut. Le garçon tout maigre m'appelle du trou du cul du monde ou il a visité un appartement, on parle de knausgaard que je lui ai prêté avant qu'il ne parte. J'irais peut-être le voir en mai je lui dis, tout ça me parait loin même si c'est demain. Depuis que la plus belle femme du monde m'a quittée, je vis toujours un peu en arrière. Après qu'elle ait présenté le film au public, on dine avec l'actrice au restaurant du sud américain, elle est tellement chouette je me dis, c'est juste une bouffée d'air frais, elle me tutoie alors que je la vouvoie et du coup je la tutoie, je découvre qui est le père de ses filles et ce couple me paraît totalement incongru. Elle nous parle de ses lectures en prison. Après le film, elle reste plus d'une heure a discuter avec les gens. Il y a bien entendu toujours l'étudiante de mes deux qui demande pourquoi on passe le film en version française, la fois précédente une intermittente du spectacle qui se prenait pour la pompadour et qui n'avait du jouer sur scène depuis les années 70 m'a déclaré que c'était la première fois depuis plus de 40 ans qu'elle voyait un film en version française et qu'elle ne serait pas venu si elle avait su. Garçon tout maigre m'a dit que vieillir c'était supporter de moins en moins les autres. Les gens qui nous accueillent j'explique a l'étudiante comme j'avais expliqué à la duchesse de mes deux, ne savent pas lire pour la plupart, donc nous diffusons les films en version française. J'envoie un message pour son anniversaire a la fille qui attend d'accoucher et je me souviens que c'était sa soirée d'anniversaire le jour ou la plus belle femme du monde est descendue du train. Je lui avait proposé d'y aller. Je me demande si réécouter diabologum et écouter fauve est bon pour mon moral, je me souviens d'une expo a berlin ou une femme se glissait dans une poubelle pour disparaître, c'est exactement mon état d'esprit. Il faudrait que j'envoie la dixième au fantôme je me dis, et j'ai comme l'impression que ce serait la fin de quelque chose. La fin de toi, la fin de tout. J'adore le type tout seul sur scène avec son violon, le prof de math de mon filleul, il fait des boucles et il donne une énergie incroyable. Quand il chante c'est moins bien. Je croise un type que je n'ai pas vu depuis des siècles avant le second groupe, alors que dehors tout le monde fume sa clope, et puis le frère jumeau du chanteur qui est mort depuis des siècles vient claquer la bise à la mère de mon filleul et demande des nouvelles de celui-ci. Il explique qu'il a mis une baffe a son fils qu'il a du aller chercher au commissariat à l'autre bout de paris. Il a énormément vieilli en peu de temps, comme s'il était malade. Il s'est un peu rabougri, un peu asséché. Garçon barbu me raconte ses malheurs avec sa copine qui s'est remise a picoler. J'envoie un message à la fille qui vient d'apprendre que sa mère avait un cancer de la langue pour lui souhaiter bon courage parce que je ne sais pas quoi dire d'autre. Et comment va le fantôme me demande la mère de mon filleul. Oui c'est vrai ça comment va le fantôme je me répète. Faudrait que je lui dise, faudrait que je le dise a l'autre fille qui aime tellement le fantôme, faudrait que je leur dise a toutes les deux, ses copines d'enterrement, que le fantôme m'a plaquée. Je souris a la nuit et je dis que ça va bien. J'en sais rien mais je dis que ça va bien, je l'espère bien alors je dis que ça va bien. Je dis que ça va bien. Je dis que tout va bien.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans elle sans moi concert paris
commenter cet article
21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 10:20
Anatomie Bousculaire 52 (welsh)

Il a un truc avec les chanteuses l'écureuil de laboratoire en ce moment, et je ne suis même pas surpris de celle qui vient roucouler autour de lui, encore une qui semble dépressive, je crois que c'est depuis que son mec l'a plaqué, d'ailleurs elle n'a plus de groupe. C'est une fille qui change de groupe a chaque fois qu'elle change de mec. J'aime pas trop le mec sur scène mais le rouquemoutte est enthousiaste, tu te rends compte que le type fait du punk tout seul avec son violon. Oué c'est ça le problème je lui dis, du punk c'est basse guitare batterie, pas violon branlette, il se marre ce con de rouyer et puis il m'offre la tournée suivante, une pinte a 4 balles pour moi, un picon a 2,50 pour sieur rousseur. Elle t'aime bien la chanteuse là, je dis en désignant la chanteuse qui s'éloigne. Je la connais depuis longtemps il dit, je suis toujours surpris il enchaîne, cette fille ne parle qu'avec des musiciens mais avec moi elle a toujours été cool. Il y aurait une ouverture je dis. Il rigole franchement, et là ce putain de rouquin me sort une phrase qui me ferait tomber mes hémorroïdes si elles revenaient. Tu sais bien que je suis avec le fantôme il me dit d'un air naturel. J'en recracherais une gorgée bière, bordel faut l'enfermer, lui foutre la camisole, pratiquer un lavage de cerveau, un gavage chimique, je sais pas ce qu'il faut faire mais faut le soigner. Dire que tout le monde croit que je suis dingue et que poil de carotte est le plus équilibré de nous deux, tout juste si les gens ne sont pas condescendants a mon égard, comme si j'avais l'honneur de partager la compagnie d'un type intelligent et sympa moi qui suit un gros con antipathique. Tu sors avec le fantôme, je répète. mais putain drinkyboy faut descendre de là ou tu es perché la haut sur la montagne, elle t'a largué le fantôme, c'est fini, elle t'a oubliée, rayée de la surface de la terre, tu ne la verras plus jamais. Je bois une bière pendant que je regarde ce crétin de rouquemoutte se décomposer, je me dis que j'ai été un peu fort, je culpabilise presque. Pas ce soir, il me dit avec les larmes aux yeux, je ne veux pas discuter de cela ce soir. Oh bordel je me dis, on est pas sorti du pub avec un crétin pareil. Et puis comme disait bartleby, i want prefer not to il ajoute ce con. Le second groupe commence et c'est pas plus mal, ça m'évite de demander qui est ce bartleby, encore un ami intello du blond vénitien je présume. C'est pas mal le second groupe, enfin je vais vous dire, moi ce que je préfère c'est la batteuse qui a des nibards qui se remuent pendant qu'elle joue, ça me fait des images salaces et ça me rend tout chose. Rouquemoutte lui me dira a la fin du concert avec son air d'intello analyseur de mes couilles, c'est entre nirvana et drive blind mais je préfère les morceaux drive blind. On sort dans la rue avant le dernier groupe, Je fume un pétard, une fille me capte même pas et vient dire bonjour au rouquin, comment va le beau drink elle demande et puis elle lui fait un putain de sourire chaleureux que j'ai jamais vu chez ailleurs que chez un clébard qui réclame sa gamelle et elle rentre dans le rade. Je ne sais absolument pas qui est cette fille me dit le rouquin avec un air penaud. On s'en fout je lui réponds puisque elle a l'air de te connaître. On ne va pas recommencer cette conversation il me dit. Je regarde cette petite frimousse de rouquemoutte, vous savez je suis comme qui dirait docteur honiris machin truc en rouquin. Je me rends compte de ce qui plaît aux filles en ce moment, il a un putain d'air triste. C'est indicible, il a pas une tête de cocker, il fait pas pitié, mais moi je le connais, et on sent qu'il a comme une tristesse, un poids. Il faudrait que j'arrive a lui faire rentrer dans le crâne que la seule manière de sortir ce poids qu'il a dans le coeur, d'extraire ce poids qu'il a dans le corps, ce serait de sortir avec une fille, de se détendre. Je termine mon pétard. Je sais que tu ne me comprends pas il me dit ce couillon. Je t'ai jamais compris j'ai envie de lui répondre, mais je le laisse souffler. Ensuite je me demande combien de temps ça va durer. Je me demande vraiment combien de temps ça va durer.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Anatomie bousculaire
commenter cet article
20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:00
Le génie de la bastille

Elle me tient par le bras et chante des airs que je ne connais pas et nous descendons par le boulevard richard lenoir et le génie de la bastille et rien que de m'en souvenir mes jambes tremblent. Rien que de me souvenir mes jambes tremblent, rien que de me souvenir je me sens un peu plus vivant quelques instants, encore un peu plus prégnant pour une heure ou deux. Elle me tient par le bras alors que nous descendons sur la bastille alors qu'au loin le génie tout doré commence a apparaître dans la vision de la plus belle femme du monde. La nuit nous appartient comme dirait l'autre, la nuit devient ce moment propice, cet instant factice. Nous ne sommes plus dans la vie, plus dans la nuit, nous ne sommes que l'alpha et l'oméga l'un de l'autre, nous sommes. Après la vie continuera sans doute, après l'amour continuera sans doute, après ce sera après. La plus belle chante du monde chante, accrochée à mon bras, dans quelques minutes je l'embrasserais sur un banc mais je ne le sais pas encore. Nous regardons juste le génie de la bastille qui approche, la nuit qui devient irréel. Nos vies sont un rêve qui ne peut avoir de fin, ma vie est la plus belle femme du chante accroché à mon bras, mon rêve est une vie qui ne peut avoir de fin, ma vie est un rêve qui ne peut avoir de fin. Tu chantes a mes côtés. Ça n'aura pas de fin. Pas de fin.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Elle émoi elle sans moi
commenter cet article
19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 20:13
Intermède portuaire

C'est marrant quand on y pense je dis au gamin derrière le bar, plus je vois le fantôme et plus elle s'éloigne. C'en est d'une tristesse que tu n'imagines pas, c'est vrai qu'elle est revenue mais c'est comme pour mieux repartir. Je pais une bière au vieux pour qu'il ferme sa gueule. Tout le monde vaque a ses occupations dans le bar. C'est le premier jour ou je sors depuis que je suis revenu, depuis mon retour en fanfare, depuis ma cuite, depuis que le gamin m'a ramené au bateau, depuis que le fantôme est venu me parler. Je me suis fait engueuler vous savez me dit le serveur, elle croit que vous êtes mon daron ou quoi ? C'est quoi votre putain de problème a votre génération ? Je l'ai laissé vider un peu son sac, pendant que le vieux vidait son verre, pendant le magicien ne magnifiait rien, pendant que les joueurs de cartes jouaient aux cartes en me surveillant du coin de l'oeil. En même temps vous étiez tellement bourré capitaine, elle pouvait pas vous engueuler, vous auriez rigolé, alors c'est moi qu'elle a engueulé, dieu sait pourtant que je ne vous ai pas versé une goutte d'alcool. Elle était en colère contre elle-même je dis sans trop y croire mais tout ce que je sais je dis en prenant la tasse de café dans ma main comme pour me réchauffer c'est que plus elle approche plus elle s'éloigne. Strindberg dit le vieux. Le jeune me regarde d'un air ahuri. Strindberg ? j'interroge le vieux. Strindberg, il approuve. Je bois une gorgée de café et je cherche. C'est quoi strindberg demande le serveur, on dirait le nom d'un meuble ikéa. Trouvé je dis au vieux. M'étonnerait répond icelui. Le jeu des citations explique le philosophe au serveur, l'un trouve dans les textes d'un auteur une citation qui correspond à l’événement vécu par l'autre. Enfin le vieux trouve une citation qui correspond a un évènement vécu par le capitaine. Je vois pas le rapport entre le capitaine et un meuble ikéa souffle le serveur. Je me demande s'il déconne ou s'il est sérieux, je dirais qu'il déconne, le fantôme dirait qu'il est sérieux. Engueuler ce gamin je dis a la plus belle femme du monde en pensée, t'es pas sérieuse quand même, comme s'il était pour quelque chose dans tout ce bordel. En ce moment je ne t’aime pas, demain je te détesterai peut-être, ce qui ne m’empêchera pas de t’aimer dans une demi-heure et pour toujours..déclame le vieux. Oué c'est pas mal je dis, je pensais pas a ça, c'est strindberg quoi mais entre nous, il n'y a aucun moment ou je n'aime pas le fantôme, c'est même pas la peine d’espérer. J'aime la plus belle femme du monde, ça me perdra, et vous savez quoi je m'en fous, j'aime la plus belle femme du monde. Je peux rien contre ça. Je ne peux rien pour empêcher cela. C'est comme ça. Ce sera toujours comme ça. Ce sera toujours comme ça.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans la vie du port
commenter cet article
18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 23:53
La montée

Je sais que je vais rentrer a pied. Je l'ai déposé, après la bastille, après la rue de lappe, après la rue du faubourg saint antoine, après la rue keller, je l'ai déposé. Ce premier jour qui sera aussi le dernier jour avant que nos mains ne se serrent, avant que nos lèvres ne s'embrassent, avant que nos corps ne s’étreignent. Le premier jour qui sera aussi le dernier jour. Le premier jour qui sera aussi le dernier jour. Alors je la dépose et elle disparaît derrière des vitres fumées qui s'ouvrent et se referment, alors elle disparaît pour la première fois, ce ne sera pas la dernière, mais elle disparaît pour la première fois. Derrière des vitres fumées. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi, je n'ai pas envie de rentrer, j'ai juste envie a mon tour de disparaître derrière des vitres fumées qui s'ouvrent et se referment, j'ai à mon tour envie de disparaître derrière des vitres fumées. Je traverse la place de la bastille en me demandant pourquoi je ne l'ai pas embrassé, je traverse la place de la bastille en me demandant pour quelles raisons je ne l'ai pas embrassé, je prends la rue de la roquette en me demandant pourquoi je ne l'ai pas embrassée, je marche rue de la roquette en me demandant pour quelles raisons je ne l'ai pas embrassée. Et puis je traverse la place voltaire en me demandant si je vais l'embrasser le lendemain, je traverse la place voltaire en me demandant si je vais l'embrasser. Et je continue la rue roquette en me demandant si je suis débile, et je continue de monter la rue de la roquette en sachant que je suis débile. Je passe devant le père lachaise, et je crois que je lui parle au téléphone, je sais qu'ensuite je devrais commencer à monter par l'avenue du père lachaise, ou prendre la rue des amandiers pour rejoindre la rue sorbier par les escaliers, mais je lui parle je crois, alors je ne veux pas qu'elle entende mon souffle court alors je continue tout droit sur le boulevard. Et j'arrive au métro ménilmontant, et je continue de lui parler, et il va falloir prendre la rue de ménilmontant, et je vais avoir le souffle court, et je ne vais plus pouvoir lui parler. Même si je ne vais pas aller jusqu'en haut, même si je vais bifurquer par la rue de l'ermitage, même si je sais bien que je ne vais pas pouvoir lui parler, je suis en train de comprendre qu'elle va m'entendre souffler comme un damné. Je regarde si le 96 va passer mais je crois qu'il n'y en a plus, je crois qu'il est déjà bien tard, alors je me dis que je vais monter la rue de ménilmontant, en me demandant pourquoi je ne l'ai pas embrassé, en me demandant pour quelles raisons je ne l'ai pas embrassé. Je vois le haut de la rue, je me demande si je ne dis pas que je vais la rappeler plus tard, je me demande. Je me dis que demain je vais peut-être l'embrasser, je me dis que demain je vais peut-être l'embrasser, je monte la rue de ménilmontant le souffle court. La nuit recouvre tout même si je suis l'homme le plus heureux du monde. Demain je vais l'embrasser. La plus belle femme du monde. Demain je vais l'embrasser. Demain je vais l'embrasser.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Elle émoi elle sans moi
commenter cet article
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 20:38
Trois

C'est comment déjà ce proverbe corse ? Tuttu si fàce, tuttu si sà, tuttu si tàce. Trois ans je me dis. Demain ça fera trois ans. Demain je me souviendrais que j'attendais au bout d'un quai, demain je me souviendrais comme je n'ai pas dormi la veille, demain je me rappellerais que c'était un dimanche et que j'avais déjeuné chez ma mère. Demain je me remémorais comme on a traversé la place de la bastille au milieu des fans d'un type qui se croit d'extrême-gauche alors qu'il est pote qu'avec des mecs d'extrême-droite, demain je me souviendrais que le train était en retard, demain je ne me souviendrais pas le temps qu'il faisait ce jour là, demain je me souviendras que nous avions dix ans, demain je ne me souviendrais pas de chaque détail, mais demain je me rappellerais l'immensité des émotions et du bonheur que j'ai ressenti. Demain, il sera temps pour tout ça. C'est comment ce proverbe corse déjà ? Tout se fait, tout se sait, tout se tait. Trois ans je me dirais demain, trois ans a regarder les yeux de la plus belle femme du monde, trois ans a entendre sa voix, trois ans a tressaillir son corps, trois ans a dévorer son âme. Peut-être le décompte s'est arrêté, peut être que la vie n'a pas continué, peut-être que nous ne nous reverrons jamais, peut-être. Je me rends compte chaque jour comme je devine sa présence, je me rends compte de la prégnance de son absence. Je sais bien que la vie continuera sans moi. Mais je ne crois pas qu'elle continuera sans toi. Trois ans. Demain ça fera trois ans que tu ne me quittes pas. Que tu ne me quittes pas. Trois ans que tu ne me quittes pas.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Elle émoi elle sans moi
commenter cet article
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 19:20
Loin

Une partie du film se déroule à oulan-bator. J'ai toujours voulu y aller, j'irais sans doute jamais. J'ai envie de fuir. Pas forcément loin mais ailleurs. Je me dis que j'ai rarement touché d'aussi près la sensation que je ressens en ce moment, alors qu'après la projection, je suis au milieu d'un groupe qui parle dans une langue que je suis le seul a ne pas comprendre. Étranger au monde. Enfermé dehors comme dirait l'autre. C'était donc ça vieillir je me dis, la maturité est synonyme d'ennui. Ou peut-être est-ce la solitude que je m'impose. J'ai pourtant repoussé les limites. Mais mon corps ne suit plus. Partir loin pour accepter de vieillir tout seul. Le vent souffle sur le canal alors que je sors de l'avant-première du film un peu décevant. C'est un doc ou une fiction je me demande. J'aime pas les films qui ont le cul entre deux chaises. Pauvre fantôme je me dis, elle aussi avait le cul entre deux chaises. Pauvre fantôme je pense et je repars vers mon appartement là-haut sur belleville. Je regarde mon agenda qui est rempli de manifestations diverses et variées presque chaque jour, je regarde ces films a voir, ces gens a rencontrer, ces soirées d'anniversaire, ces concerts pleins de bière, ce vide rempli par mon écriture tremblante. Je regarde les jours a venir, je décompte le compte, je souris a l'évocation des jours a fêter. C'est étonnant je me dis en remontant l'avenue simon bolivar comme on peut être absolument seul sans ne jamais être seul, parce que c'est bien le cas en fin de compte, je peux pleurer crier me rouler par terre, je peux me plaindre mais je ne suis jamais tout seul, je sais que la plus belle femme du monde marche toujours avec moi alors que nous atteignons le métro pyrénées et la rue du même nom, alors que la nuit se couche sur ménilmontant alors que la tour eiffel s'allume pour saluer la plus belle jolie de ses fans qui s'empresse de sourire. Je revis toujours les mêmes événements, revois les mêmes images, mais je ne m'en lasse pas, on peut aller tout les jours rue piat, descendre la rue des envierges, regarder la vitrine de chez diego, traverser la place krasucki, remonter les escaliers ou passer par la rue des cascades. Je ne me lasse pas de ton souvenir, parce que ton souvenir c'est ma vie, parce que vivre c'est me souvenir, parce que ma vie c'est de penser, même si tu n'as pas trop le choix, au fond personne ne mérite un fardeau pareil, je me dis en remontant la rue de l'ermitage, au fond personne ne mérite le poids d'un amour surhumain, alors peut-être que je devrais le taire, peut-être que je devrais me taire et ne plus te déposer sur les épaules ce fardeau que tu ne mérites pas. Je traverse la place du guigner, un rideau a bougé à une fenêtre de la maison bleue que tu aimes tant. Je me demande si ce n'est pas toi qui m'a regardé passer. Je me demande si ce n'est pas toi. Si ce n'est pas toi qui sourit tout bas.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans elle sans moi La vie belleville
commenter cet article
15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 15:37
Anatomie Bousculaire 51 (peace)

Je pleure. Pleurer, pleurer, pleurer. Je tombe a genou, je tombe a genou. Sur le bitume. A genou sur le bitume, a genou sur le bitume, a genou sur le bitume, mes genoux sur le bitume, mes genoux sur le bitume et mêler mes larmes au bitume, mêler mes larmes au bitume. Mêler mes larmes au bitume. Et puis m'effondrer, vous ne savez pas, m'effondrer vous ne savez pas, vous parlez vous ne savez pas, vous parlez, je crois, vous parlez. Vous ne savez pas. Je regarde les écrits sur les murs, les écrits sur les murs, l'euphorie qui me prend, l'euphorie vous ne savez pas, pour quelques mots, alors tu prends une craie petit connard occidental, tu prends une craie et tu écris sur un tableau, tu prends une craie et tu écris un mot qui veut dire merci parce que la culpabilité ça ne veut rien parce que la culpabilité ça ne rime a rien, parce que. la culpabilité ça ne dit rien a personne, parce que la culpabilité, ce n'est pas toi, parce que la culpabilité ce n'est pas moi, parce que la culpabilité. Je pleure. Pleurer, pleurer, pleurer, pleurer. Je suis a genou je me frotte sur le bitume mais c'est peut-être l'alcool, mais c'est peut-être l'ivresse, Je me frotte sur la vodka du trottoir et je vous emmerde tous avec vos livres, et je vous crache a la gueule, et je suis en colère mais pas trop, alors je me frotte a la vodka, et je me frotte a la vodka et je lèche le bitume et je frotte le bitume et je fourre le bitume, et je baise le bitume, et je baise le bitume et je baise le bitume et je vous emmerde et je vous enfile parce que ça me fait du bien bande de connards, bande de petits connards, bande de connards, bande de connards je ne crois pas a votre rédemption, je ne crois a votre rédemption, je ne crois pas, je ne crois pas a votre rédemption, je ne crois pas, je ne crois a votre rédemption. Je suis encore avec les enfants morts du yorkshire, je suis encore avec les ailes des cygnes cousus dans le dos, je vais aller dans votre ville, je vais aller dans votre ville ou vous m'avez reçu pour une nuit, dans votre ville pour une nuit. Je vais lire vos lignes sèches, vos lignes pleines de bonnes intentions, vos lignes sans alcool, vos lignes sans cocaïne, vos lignes sans alcool, vos lignes qui ne veulent pas parler, je vais lire vos pleins et vos déliés. Je suis tout le monde, et je ne suis personne, je suis tout le monde et je ne suis personne, je suis tout le monde, je ne suis personne, mais je suis tout le monde, même si je ne suis personne, même si je suis tout le monde. Bonne nuit les petits, lire vos pleins et vos déliés, lire vos vides et vos remplis, lire ce qui ne se lit pas. Et toi qui ne dort pas, toi qui ne dort pas, ne crois pas que je t'oublies, ne crois pas que je ne suis plus la, ne crois pas que je suis pas la, ne crois pas, même pas. Tu es toujours, là, je suis la, tu es toujours la, et je suis toujours là, je suis toujours la car tu es toujours la, je suis toujours la. Les intentions bonnes ou mauvaises ce n'est pas pour moi. Bonnes ou mauvaises intentions. Pas pour moi. Toujours la. Je suis toujours la. Toujours la.

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Anatomie bousculaire
commenter cet article

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite