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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 05:28
Le décompte a rebours

Elle avait sans doute raison la plus belle femme du monde. Je suis la plus grande andouille de la galaxie. Alors je continue de cocher des jours sur un calendrier. Aujourd'hui ça fait 39 je me dis. Ça rime a rien mais ça fait 39. C'est toujours la même chose non, on se demande s'il faut oublier ou continuer de se rendre dans la chambre verte pour allumer des cierges. Je suis comme ça pour tout j'imagine, je réagis au fur et a mesure du temps qui passe, j'ai une sensibilité a l'envers. Je commence a être en deuil de quelqu'un qui est mort plus de 30 ans après son dernier rot. Je suis un peu pareil pour les séparations et les absences. Je me dis qu'a cet instant précis je quitte mon bureau, je ne crois pas que c'était prévu, et puis j'ai un message en fin de matinée, et je sors du politburo, et je prends mon téléphone, et une heure après mes collègues passent et repassent devant moi alors que je suis dans le froid de janvier en haut des escaliers en face du desperado, toujours au téléphone. Je me dis la vie ne s'égrène pas c'est des conneries tout ça, c'est des conneries que vous ne pouvez pas comprendre, c'est de la vie qui se fige. Le temps n'existe pas, le temps n'existe plus. On dit que ça passe vite pour oublier que ça ne passe pas, en fait, que rien ne passe, rien ne s'oublie. On boit pour oublier mais on se rappelle. On fuit pour ne plus y penser mais on ne fait qu'y penser. 39. Le temps ne presse plus maintenant, il s'est arrêté. Je regarde les journées qui passent, je ris face a la pluie, je dévie devant le vide. Trente neuf. Il fait un peu froid en janvier, je raccroche le téléphone, je descends les marches du petit escalier qui rejoint la rue de la mutualité, je sais que ma vie va changer. Je sais que ma vie va changer.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 09:04
Les compte a rebours

Je regarde le type qui range ses courses dans les sacs, le caissier me regarde d'un air de conspirateur, le type devant moi c'est comme les vieux, il faut d'abord qu'il range ses courses bien proprement avant de payer. J'aime les caissières et les caissiers du carrefour de la rue de ménilmontant pyrénées, ils sont tous un peu secoués. En général j'aime bien les caissiers, sauf chez gibert ou ils vous regardent toujours comme si vous étiez la lie de lhumanité, et puis ou ils discutent entre eux de trucs très intelligents pour vous faire bien comprendre qu'ils sont caissiers mais qu'en fait ils sont bac + 8 et que le nobel de littérature leur tend les bras. Moi parano vous rigolez j'espère ? La dernière fois que je suis passé a une caisse chez gibert, ça commence a dater, le gars qui me faisait payer a montré le hilsenrath que j'achetais a une autre caissière derrière lui. J'ai fais ma thèse sur hilsenrath elle lui a dit mais celui la est nul. J'ai voulu sortir une connerie mais aucun des deux ne m'a calculé. Le problème est résolu maintenant, je passe au machine automatique, pour les livres c'est pas comme pour la bouffe ça marche toujours, le code barre est clean et les livres c'est dur donc ca passe bien au laser. Je vais faire une thèse bientôt sur les caisses sans caissières. Ça prend dix secondes et ça m'évite une sociabilisation déprimante. Il est plus de 21 heures, je suis juste venu m'acheter une bouteille de vinho verde par ce que j'ai envie d'en boire un verre ou deux, et que c'est pas vraiment de l'alcool même si c'en est un peu. Une gueule de bois au vinho verde, c'est pas gagné croyez moi. J'ai un peu d'hummous au pignon, je vais me faire ça ce soir en regardant les 3 épisodes que j'ai en retard d'american crime, la série la plus déprimante que j'ai vu depuis longtemps. J'ai passé une journée fascinante, aller chercher mon passeport avec le beau visa, acheter des cadeaux qu'on m'a commandé, des trucs aussi différents qu'une bouteille de cointreau ou un sac rose avec écrit paris. Je traîne un peu vers le louvre du coup vers les boutiques pour touristes. Ensuite je reste des heures a regarder la dixième qui n'avance pas, comme si je voulais jamais la finir. Sans doute que je ne vais jamais la finir. Quoique si puisque j'ai envie de briser le silence, si tu me réponds pas je peux continuer a te parler dis ? Tu m'étonnes qu'il a une carte de fidélité je répond pas au caissier qui demande au type s'il en a une, le type est toujours en train de ranger ses courses, j'espère qu'il aura fini avant que le magasin ferme a 22 heures. Oui répond le type, j'ai une carte de fidélité. Le type a 30 ans non, a peine plus, même si on ne sait plus l'âge des gens, regardez moi j'en ai 47 et j'en fais pas 40. Ensuite le type paie avec sa carte bleue ce qui prend un jour ou deux vu que la dite carte semble caché dans un coffre fort personnel qu'il cache dans son falzard, et puis ensuite il demande tout les tickets possibles. Je l'imagine le soir en train de recompter son ticket de caisse et son solde de points de fidélité, devant ses petites tableaux excel. J'ai toujours pensé que les gens rendaient la vie supportable en se consacrant a des trucs qui n'ont aucun intérêt. Juste pour s'occuper. La plupart ont des enfants, moi je picole. D'autres font leur compte toutes les semaines et des tableaux excel ou ils calculent ce qu'ils dépensent chaque mois. J'imagine le type qui part avec tout ses tickets et ses sacs de course en train de plier soigneusement ses affaires avant de baiser. Une fille me demande si je suis sérieux quand je lui dis le pays ou je pars. Ben quoi je lui dis, il fait pas beau, c'est une dictature, c'est pas loin de tchernobyl, que demander de plus ? Tu serais capable d'y aller elle me dit. Je suis tout content du compliment. Je passe à la caisse avec mon vinho verde, ma boule de pain, un peu d'hummous et ma nouvelle passion, le baba au rhum a la vanille. Les dealers ont pris leur quart de nuit sous les fenêtres de rue 89, la nuit tombe un peu sur la ville, il y a du jazz qui sort de la cave des trois arts, le quartier semble plongé dans le noir. Il y a des lumières aux fenêtres, il y a de la vie je crois Je prends la main de la plus belle femme du monde et je remonte la rue. Je l'entends chanter, je suis sur que je l'entends chanter. Je suis sur que je t'entends chanter.

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 08:03
Presque rien

C'est ce que j'aime dans la vie, on peut parfois encore au détour d'une phrase ou d'une expression, d'une rencontre ou d'un je ne sais quoi d'imperceptible, c'est ce que j'aime dans la vie, on peut parfois être encore surpris ou étonné, on peut encore être vivant. Je me retrouve donc ému en écoutant houellebecq au petit matin alors que je fais la vaisselle dans ma salle de bains. C'est bien la dernière chose que j'aurai imaginé dans ma vie, être ému par houellebecq. Il parle du livre de son ami mort. Il est 8 heures du matin ou bien peut-être 9, je suis réveillé depuis longtemps, la vie sans alcool et sans gueule de bois c'est aussi un peu la vie sans sommeil. La veille je n'ai pas été au concert, j'avais été le jeudi déjà voir frankie goes to pointe a pitre au cirque électrique et je savais que l'ambiance du chinois serait un peu triste et glauque comme elle l'était a l'alimentation générale quand les deux groupes de has never been étaient passés. Faut arrêter les reformations je dis le jeudi au cirque électrique au garçon qui grossit en parlant du concert du lendemain, ça devient pathétique, tiens prohibition se reforme il me dit. Je dis le nom du groupe sur lequel j'ai écrit une nouvelle et je dis que je voudrais que eux se reforment. Ça n'arrivera pas il me répond, pas après ce qui s'est passé. Même 20 ans après je demande ? C'est pas le genre de truc que tu pardonnes il explique. Je frémis un peu. Je traîne a gibert comme je ne sais pas trop quoi faire de moi, je tombe sur le dernier st john mandel ce qui me remplit d'une joie ridicule, les livres sont des promesses c'est ce qui est important. C'est un peu comme les vacances, c'est la promesse de ce qui ne sera peut-être pas qui est importante. Je me demande quand je vais enfin finir la dixième, même si ça ne donnera rien, je tombe sur le livre d'une fille dont je lisais le blog, chez gibert. J'ai l'impression que tous les blogueurs parviennent a se faire publier ces temps-ci. Sauf mézigue mais il faut bien des exceptions sinon caliméro n'existerait pas. Je commence a ranger mes affaires de cuisine dans un carton pour quand il va venir la casser et la reconstruire, quand je serais derrière le rideau de fer. Je recherche des mots que je ne trouve pas dans l'aridité du soir, dans la moiteur du matin, dans la fraîcheur de mon bureau, je parle a des gens que je ne vois pas, je regarde des gens auxquels je ne parle pas, je cherche des mots que je ne trouve pas. Je décompte des jours qui n'existent plus, je décompte des anniversaires qui n'existent pas , je regarde des photos qui font briller mes yeux, je regarde des visages qui font trembler mes jambes. La vie est un fantasme que je ne réaliserais jamais, l'écriture est une solitude que jamais je ne remplirais, la promesse du jour ne reste qu'une promesse qui ne se concrétisera pas. Mon corps refuse ce que mon esprit envisage, je lève les yeux vers le ciel un peu cendré pour la première fois depuis des semaines, c'est la fin de l'été, c'est le retour du printemps. Il faudra bien que je me lève un jour ou l'autre, il faudra bien je me lève un jour ou deux. En attendant que tu ne reviennes pas, c'est la seule chose que je puisse envisager. La seule des choses que je peux envisager. En attendant que tu ne reviennes pas.

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 20:12
Des moments qui n'existent pas

Mes yeux tombent sur un livre de lordon alors que je regarde les livres qui sont posés sur la table intitulé philosophie politique au quatrième étage du gibert joseph. Ca me troue tellement le cul de voir un économiste au rayon philosophie politique que j'en suis presque a appeler le fantôme pour lui faire part de mon courroux. Lordon est l’égérie des gens de la vraie gauche, tendance monde diplomatique on comprends tout ce que vous ne comprenez pas puisque nous on est pas couillons, un type à côté duquel lucchini semble modeste, c'est dire. Je reçois un mail qui me dit que mon passeport tamponné d'un beau visa sera disponible d'ici la semaine prochaine. J'écris au garçon qui vit là-bas pour lui dire que je vais sans doute venir en fin de compte. Bordel il me répond par mail, je savais que tu viendrais, c'est la première fois que quelqu'un vient me voir. Je savais que si une personne venait, ce serait toi. Dans le pays ou la vie n'existe pas vraiment, dans le pays ou la liberté n'existe pas, je me demande ce que je ne vais pas faire là-bas et puis je trouve ça drôle d'aller dans un pays ou personne que j'ai rencontré n'est jamais allé. John king en fait c'est une sorte de sous welsh non je demande a garçon tout maigre alors qu'il me demande quand j'irais dans le trou du cul du monde ou il habite. Une femme m'apporte un croissant et un pain au chocolat au politburo alors je lui offre un café. Je prends le soleil au bord de la seine, en attendant que le temps passe, en attendant que la vie me presse un peu moins ou un peu plus. Je pense au monologue d'hamlet alors que j'attends a la boulangerie pour acheter a manger. Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches. Je me récite cet extrait du monologue alors que j’hésite entre quiche lorraine et quiche au fromage. Je suis aux porte de la folie je me dis, une porte que je ne pousserais jamais sans doute, maintenant que j'ai abandonné l'alcool ou l'inverse, maintenant que l'alcool m'a abandonné. La vie n'a sans doute jamais existé, la vie n'existe pas vraiment, mais je sais bien que je vais continuer ce chemin parsemé de ton souvenir. Ce chemin qui me mène toujours vers ton souvenir.

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 05:45
Boxer le vide

Je vais m'asseoir en terrasse du rade ou le vieux a maintenant pris ses quartiers d'été. Le petit jeune me dépose un café. On ne vous voit plus beaucoup ces temps-ci capitaine il me dit, je n'arrive pas a savoir si c'est bon ou mauvais signe. Je hausse les épaules car je ne sais pas trop quoi dire. Il n'y pas de signe je crois bien, je suis un peu entre deux eaux si je puis dire. Pour un type qui vit sur un bateau c'est pas très étonnant se gondole le vieux tout fier de sa blague foireuse. Le jeune dépose un café sur la table pour lui aussi et s'assieds en face de moi. Vous allez comment capitaine, il me demande. Je ne vais ni bien ni mal, je ne vais pas. Vous n'allez pas nous refaire le syndrome bartleby souligne le vieux. Le jeune ne semble ni remarquer ni entendre le vieux. Moi il me fait rire avec ces commentaires a la con de café du commerce. Vous savez, enchaîne le jeune, je ne comprends pas, vous n'avez jamais été fâché contre le fantôme, on dirait que vous ne lui en voulez pas. Ah ah, dit le vieux, le capitaine être fâché contre le fantôme, ahah, elle est bien bonne. Pourquoi je serais fâché je dis, je savais ce qui m'attendait, la vie n'est pas toujours ce qu'on veut qu'elle soit, la vie c'est comme un meuble ikéa mon bonhomme, tu fais ce que tu peux avec les élèments que tu as. La parabole du bricolage, enchaîne le vieux, ou un proverbe suédois on est pas très sur de l'origine. Vous n'arrêtez jamais bordel dit le jeune serveur au vieux alors que je me marre. J'ai une sorte de vague de tristesse en ce moment comme si je renonçais, j'enchaîne, comme si je savais que c'était fini, mais pourquoi je serais en colère ? C'est de la faute de personne. Faut vous battre capitaine, dit le serveur, faut pas rendre les armes. Me battre je dis, contre qui, contre quoi. Me battre contre le vide ? Vous parlez comme le fantôme, il dit semblant vexé et il se lève et repart dans le café avec ma tasse vide a la main. Personne ne vous comprendra jamais me dit le vieux. Je ne me comprends pas moi-même je lui réponds. Je regarde le port. J'ai plus vraiment d'illusions, puls vraiment d'espoir. Je vais retourner dans mon bateau, hors du monde, c'est tout ce a quoi je suis bon pour le moment, hors du temps, hors de tout. Mais avec toi. Avec toi.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 09:23

 

 

C'est comment la phrase dans la règle du jeu de renoir. Le drame dans ce monde c'est que chacun a ses raisons. Tu peux la mettre a toute les sauces je me dis alors que le jour s'éteinds doucement sur le canal de l'ourcq. Je suis content qu'il y ait le quatrième groupe, une ambiance assez tendu un hardcore assez froid et classique, c'est tout à fait ce qu'il me faut. Le barbu a adoré le premier groupe qui m'a un peu emmerdé, la mère de mon filleul a adoré le second groupe du free jazz polonais qui m'a un peu emmerdé, et la fille suisse a adoré le troisième type qui m'a beaucoup déçu alors que je venais pour lui. C'est quoi ce prénom je demande aux filles alors qu'on attend le début d'une réunion dans notre local autour d'une petite table ronde, c'est un garçon ou une fille. Moi j'aime bien ce prénom dit la fille qui s'appelle comme la plus belle femme du monde. C'est un garçon me dit la fille enceinte. C'est pas un prénom je me dis dans ma tête en imaginant que le fantôme adorerait ce prénom. C'est le nom de famille d'une musicien d'origine espagnole non je me demande tout bas. A bout de souffle. Le gamin aura un nom de famille portugais remarque je me dis. J'imagine le rire et j'entends la voix de la pllus belle femme du monde qui me dirait que je suis si classique en matère de prénom. Ca me fait du bien de l'entendre rire et d'entendre sa voix dans ma tête, c'est fou le bien que ça me fait. Je bois une ou deux bières et je n'ai déjà plus envie d'en boire, l'alcool me lâche bien ces derniers temps, c'est peut-être cette fatigue, cette sorte de dépression. Je fais une dépression interne j'explique au garçon bizarre avec lequel je mange au soleil du canal en ce samedi ou les pauvres et les dépensiers viennent gratter de l'oseille au politburo. Une dépression c'est toujours interne non il demande. Oui mais moi je ne fais pas une vraie dépression tu vois, c'est comme si mon corps refusait de suivre mon esprit, ou alors l'inverse. La vie sans le fantôme c'est pas vraiment rigolo mais faut bien vivre je me dis. Peut-être trop longtemps que tu n'as pas couché avec une fille  il me dit ou je me dis. C'est quand la dernière fois que j'ai vu la plus belle femme du monde je me demande, six mois ou un truc comme ça. Six mois sans toi je me dis. Six mois sans moi. Six mois ou à peu près. Ou a peu près.

 

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 06:37
La peau sêche

Je regarde mon pif qui s'effrite, le soleil de porto a eu raison de ma peau de rouquemoutte. Je pèle et je touche mon nez ce qui m'évite de toucher mes cheveux que je n'ai plus. Le dernier soir a porto, je suis comme un con avec ma carte postale que je ne peux envoyer sans enveloppe déjà que ces cons ouvrent tout. Dimanche ville presque morte dans ce pays catho, impossible de trouver une enveloppe. J'enrage tout seul dans la sueur de la ville qui monte et qui descend, qui descend et qui monte. Comme souvent le bello se termine de manière un peu décevante, il n'arrive pas a transfigurer son écriture, bello c'est malin, très malin, trop malin, mais ça manque un peu de littérature. M'étonne toujours un peu qu'il soit chez gallimard. J'attaque le dernier harrison ou peut-être l'avant-dernier, bordel ca coule comme une rivière, ça parait si simple et si facile, et ça chemine tranquille. J'écoute des vieux trucs sur mon i-pod, des trucs qui chantent on dit que le peuple est mort mais si ce n'est pas le cas il faut le tuer. Une vieille me fait des signes un peu curieux sur la ligne des touristes parisiens, elle me prend sans doute pour un léopard rosbeef et me fait des signes comme si on parlait le langage des muets. Je me retourne en direction de ceux qu'elle semble désigner et j'aperçois une famille ultra classe. Les parents sont assez maigres, fringues pas mal, un peu sales, un peu vieilles, visage creusé et mat d'habitants de bord de mer ou de montagne. Ils sont avec une fille de 12 ou 13 ans à la beauté assez renversante, la peau sombre, les yeux noirs, les cheveux charbons. en mode fantôme enfant tu vois. J'enlève mes écouteurs et je me retourne vers la vieille assise dans son siège. Ils parlent bulgare ou albanais le couple avec leur fille, la vieille pensent qu'ils sont roms. Peut-être d'ailleurs. C'est quoi le problème je demande a la vieille. Faites attention a vos affaires elle me dit en désignant la famille. Je m'aperçois alors qu'ils ont des valises avec eux et je me demande si des grosses valises c'est le meilleur attirail pour faire du vol a l'arraché. Je ne regarde pas la télé et je ne suis pas militant au front national j'explique a la bonne femme. C'est une vieille rebeu elle me regarde un peu interloquée et surprise que je la traite de raciste. Je ne fréquente pas les fachos je hurle dans le wagon alors que tout le monde me regarde comme si j'étais totalement fou ce que je suis et que je descends pour me calmer et me dégourdir les docks. Plus tard je me demande comment j'ai encore pu me tromper de date d'anniversaire, plus tard je me demande si je reverrais un jour la plus belle femme du monde. Je ne sais pas. Je crois que je ne pense pas, je pense mais je ne sais pas. Je sais mais je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais plus.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 20:33
Un peu plus de 1000 jours

Il y a plus de 1000 jours je n'ai pas du beaucoup dormir. Il y a plus de 1000 jours mais c'était sans doute hier. Il y a plus de 1000 jours ma mère était encore en vie. Il y a plus de 1000 jours j'étais venu dormir chez elle. Car il y a plus de 1000 jours je devais prendre un train à l'aube. Il y un peu plus de 1000 jours, je devais me lever vers cinq heures du matin ou peut-être un peu avant ou peut-être un peu après. Il y a un peu plus de 1000 jours je devais y aller a pied, car il y a plus de 1000 jours je prenais le train à l'aube avant même que le métro n'ouvre. Il y a un peu plus de 1000 jours, il faisait nuit. Un peu plus de 1000 jours et il faisait nuit. Un peu plus de 1000 jours, c'est ça hein, 3 ans c'est un peu plus de 1000 jours, c'est comment tout ces jours qui passent, c'est comment je ne sais pas. C'est combien c'est un peu plus de 1000 jours, ça pourrait être 2000 ou 3000, mais un peu plus de 1000, c'est comme si c'était hier, et ce serait 2000 ou 3000, ou tout ce que tu veux, 1 jour ou 100 ans, c'est pareil non. Un peu plus de 1000 jours et je monte dans le train, un peu plus de 1000 jours et je monte au premier étage du train, un peu plus de 1000 jours et je cherche ma place, un peu plus de 1000 jours et je m'assieds a ma place. Un peu plus de 1000 jours et je pense que je vais dormir, un peu plus de 1000 jours et je ne vais pas dormir, un peu plus de 1000 jours et je ne vais pas pouvoir dormir. Un peu plus de 1000 jours et le train n'avance pas, un peu plus de 1000 jours et je suis encore en vie, un peu pus de 1000 jours et le train arrive enfin, un peu plus de 1000 jours et le train arrive enfin, un peu plus de 1000 jours et le train arrive enfin. Un peu plus de 1000 jours et je ne vois personne sur le quai, un peu plus de 1000 jours et je ne vois personne sur le quai, un peu plus de 1000 jours et il n'y a personne sur le quai, un peu plus de 1000 jours et il n'y a personne sur le quai. Un peu plus de 1000 jours et la ville grise et l'endroit le plus merveilleux du monde, un peu plus de 1000 jours et la ville grise est la plus belle ville du monde. Un peu plus de 1000 jours et le café et le plus beau café du monde, un peu plus de 1000 jours et le café est le meilleur café du monde, un peu plus de 1000 jours et le lieu deviendra une photo sur mon mur avec des enfants de dos. Un peu plus de 1000 jours et j'entends un souffle sur le quai, un peu plus de 1000 jours et j'entends le souffle sur le quai, et un peu plus de 1000 jours et le paradis a un nom. Un peu plus de 1000 jours et c'était il y a quelques secondes, un peu plus de 1000 jours et c'est il y a quelques instants. Un peu plus de 1000 jours et tu arrive sur le quai. Un peu plus de 1000 jours et tu es sur le quai. Un peu plus de 1000 jours mais c'est presque aujourd'hui.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 09:43
Soleil trompeur

C'est comment la vie qui s'éloigne, tu le sais toi moi je ne le sais pas alors je remonte les jours et les nuits et les autres jours et les autres nuits, et je reprends le chemin qui va vers nulle part, parce qu'au fond, nous ne sommes que le sentiment que nos vies sont possible même si ce n'est pas le cas. Surtout si ce n'est pas le cas. Je compte les jours de fête, je sais que le prochain se rapproche, je commence a me souvenir, je commence a me voir me lever a l'aurore, je commence a voir la gare qui s'approche, je commence a me voir descendre du train. J'erre un peu sur la plage de porto, je trempe mes pieds cramés dans l'eau froide, je prends une bière et je regarde a nouveau la mer. Je m'éloigne en écoutant le bruit des vagues, je m'éloigne en entendant le bruit des vagues. Dans l'avion du retour, je lis le début du livre de ce type qui se croit malin et c'est vrai qu'il l'est, mais il veut un peu trop le montrer. Expliquer les mécanismes du système de l'assurance américain tout en parlant de littérature et du rapport entre style et histoire c'est vrai qu'il faut être malin. On vient me chercher à l'hôtel et on m'emmène à l’aéroport malgré mes protestations, on me dit qu'on se souviendra de moi. Ça tombe bien je me dis toujours un peu cynique, moi je suis incapable de me souvenir de moi et c'est sans doute mieux comme ça. Je descends de l'avion, je me souviens que je suis descendu du train, j'essaie de ne pas être triste, j'essaie de ne pas. Je me souviens de la chance que j'ai, je me souviens de la chance que j'ai eu. Ni innocent, ni coupable comme disait l'autre. Je continue d'aligner les lignes pour ne pas te perdre je me dis, et puis je sais que c'est ridicule et vain puisque je ne peux pas te perdre. Je me souviens qu'il était si tôt ce matin là, qu'il faisait encore nuit. Mais c'est demain et c'est un autre jour. Mais c'est demain et c'est une autre histoire. Même si c'est encore toi. Même si c'est toujours toi. Même si c'est toujours toi.

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 09:09
Le renard rouge

T'es une sorte de renard me dit la femme du gentil garçon qui est venu me chercher à l'aéroport et qui m'a proposé de sortir manger avec des amis. J'ai accepté parce que comme pour beaucoup de choses, c'est tellement compliqué pour mézigue de dire non qu'en général je dis oui pour ne pas me poser de questions. Ainsi m'appelait la pomponnée russe à la fin du voyage en avion : mister da. Le lendemain j'irais traîner un peu vers la plage, le début me rappelle vaguement e sillon de saint malo, du coup ça me donne un peu la nostalgie de saint malo et c'est vraiment le truc que je voudrais éviter, la nostalgie c'est vraiment une putain de maladie de vieux. Un pré-alzheimer. Vous passez tellement votre vie a vous souvenir qu'ensuite ça disjoncte dans le cerveau et que vous ne vous souvenez plus de rien. Nous allons dans un vieux restaurant sur almada et c'est parfait car il n'y a pas un touriste, c'est une sorte de routier local. Sur la carte il y a encore deux choix pour les plats, dose et demi-dose, ce qu'on voit de moins en moins maintenant que la ville est devenu plus touristique. Certaines filles ressemblent vaguement au fantôme, en moins jolie, en moins tout, en moins fantôme quoi pour tout dire, il faudra que j'intègre désormais dans ma vie qu'aucune fille ou femme n'arrivera au niveau du petit doigt de pied du fantôme. Faudra bien vivre avec ça. Sinon c'est comme en amérique du sud les filles sont ultra moulées dans des pantalons qui doivent être trois tailles en dessous de la bonne pour y caser leur popotin princier. Je suis totalement scotché par la bouffe puisque pour faire le malin j'ai pris dose, et même pas ivre du vinho verde qu'on m'a versé généreusement. Je comprends vite avec une légère angoisse qu'il est simplement hors de question que je rentre me coucher a l'appartement et que la nuit ne fait que commencer. De toutes façons le lendemain tout est fermé c'est un rêve de coco-gaulliste ici, le dimanche est sacré, tout est fermé, du coup pour les jeunes le samedi n'a pas de fin. On se retrouve dans une soirée qui est tout simplement plus de mon âge. Une sorte de rave pour jeune dans un truc genre bercy. Une place apparaît dans ma main sans que j'ai rien demandé. Il faut que je rentre lire, écrire à l'hôtel mais je suis le mouvement. Je paie une tournée générale pour remercier je ne sais qui grâce auquel je n'ai pas payé les 20 euros d'accès. Je ne serais pas difficile a trouver je dis au garçon gentil, le seul rouquin parmi quinze mille bruns et brunes. Et puis je pourrais être le père de tous les gamins qui sont là. C'est hyper jeune, la moitié d'âge ne doit pas dépasser les 18 ans, les garçons sont tous bourrés et les filles laissent apparaître leur bidon rebondi. Je reste jusqu'a 5 heures du matin, a trémousser mon corps vieux et fatigué sur une musique un peu insupportable. Un type veut absolument me ramener alors que le garçon sympa et sa femme me disent qu'il faudra que je revienne. Je pourrais rentrer a pied ou prendre un taxi vu que ça ne coûte rien ici mais un type me dépose. Alors que j'essaie de dormir, je me demande ce que fait le fantôme a l'heure qu'il est. Elle se réveille déjà. Elle dort encore. Peut-être entre les deux je me dis. Peut-être entre les deux

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