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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 21:14
Le temps qui vient

Je prends la rue compans après avoir dépassé la place des fêtes, je me demande si ce n'est pas dans cette rue qu'ils ont tourné casque d'or, de toutes façons la place des fêtes a tellement changé depuis que pompidou a lancé son massacre de l'architecture parisienne. C'est le problème avec les provinciaux, ils ont toujours la folie des grandeurs. Il reste les passage sur la gauche qui porte le nom de présidents de la quatrième république voire peut-être de la troisième je suis une buse en histoire. Rue compans c'est un des endroits ou gondry a tourné sa bouze épouvantable d'après boris vian, mais enfin il a tourné dans quasiment tout le quartier, même place krasucki c'est dire, avec tout les poivrots qui gueulaient le nom de son assistante car elle porte le même prénom que la patronne des cascades. Tout le monde se gondolait. Casque d'or j'ai toujours entendu que ça été tourné rue des cascades mais il me semble que rue compans aussi. Je retrouve la rue des lilas et je me rends compte que j'ai tourné en rond, il me semble que c'est la nuit précédente ou j'ai rêvé que je revenais d'un voyage et que je ne me souvenais de rien, comme après une longue cuite. Je ne fais rien de mes journées, j'attends l'hiver, je ne fais rien de mes journées je ne vais même pas au cinéma, je ne vais même pas à la piscine, je dévore des pages et des pages de littérature, j'écoute des podcasts, j'entends des écrivains que personne ne lit expliqué sur france cu avec une condescendance ahurissante que modiano c'est pas mal mais bon on comprends bien que c'est pas leur niveau. Trop populaire. L'une est professeur je vois tout à fais qui c'est la suffisance à l'état pur, l'autre dirige un centre littéraire dans la ville ou réside la plus belle femme du monde. Je retrouve la place des fêtes, c'est la place la plus compliqué du monde, c'est une place qui n'est pas une place, c'est la seule place que je connaisse ou tu peux vraiment te paumer, les grandes places tu peux les prendre dans le mauvais sens mais tu retomberas toujours là ou tu voulais aller un peu comme le périph tu vois ? La place des fêtes c'est une place qui n'est pas une place, déjà c'est sombre et tu ne vois pas d'horizon, et même si tu tournes en rond tu n'es pas sur de retomber sur tes pattes, c'est un peu comme la rocade chez les bouducons, elle ne fait pas le même trajet dans les deux sens, j'ai jamais compris. La pharmacie de la place des fêtes est immense, totalement impersonnelle c'est ça que j'aime bien et puis les produits à lentilles sont sur des rayons c'est parfait pour un type comme moi pour qui demander du produit a lentilles est déjà un effort social surhumain. En plus il y a une caisse pour ce qui n'est pas soumis a ordonnance avec une fille qui n'a pas fait dix ans d'étude pour vendre du doliprane, du coups elle semble moins aigrie. Je rigole en sortant de la pharmacie quand je repense à la conversation avec le médecin. Cette boule vous l'avez depuis longtemps elle me demande. Oh non je dis, quelques mois. Et puis ma mère me saoule avec cette boule depuis déjà quelques temps je continue pas en pensant que ma mère est morte depuis plus de deux ans, et que je dois l'avoir depuis trois ou quatre ans. Je descends un peu la rue de belleville et je prends la rue pixérécourt. Le type sympa qui tient le café sympa n'est pas derrière son comptoir. Je me rends compte a quel point j'aime traîner ici, on m'invite à une soirée déguisée a montreuil que je décline, même si je pourrais y aller à poil et dire que je suis en léopard, et je vais compter les heures jusqu’à ce que le fantôme rentre à la maison. Compter les heures. Jusqu’à ce que tu rentres à la maison.

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 20:32
La trentaine

Je regarde les heures qui passent, j'accompagne l'homme qui doit repartir chez lui et je me dis et de neuf, je compte les heures qui passent et je décompte les heures qui restent et je me demande ce que je vais faire jusque là, et je me dis compter et décompter les jours et je me dis compter et décompter les heures, et je me dis compter et décompter les minutes et je me dis compter et décompter les secondes et je sais que sa présence occupera mon esprit jusqu’à ce qu'elle vienne, et je sais que la prégnance de sa non-présence s'insinuera partout et je me rends compte que je l'attends, oui je l'attends depuis tout ce temps et je compte les jours et je compte les heures, et je compte les minutes et je compte les secondes depuis qu'elle est partie, et je me rends compte de la prégnance de son absence et je cherche les traces d'elle, encore et toujours, et j'entends sa voix encore et toujours, et je devine ses gestes encore et toujours, et je compte et décompte les mois depuis qu'elle n'est plus là, et je sais comme elle me manque mais j'attends qu'elle revienne car elle revient toujours, et je sais qu'elle revient toujours, alors j'attends et parfois je ne compte plus les mois, je ne compte plus les semaines, je ne compte plus les jours, je ne compte plus les secondes, alors je me souviens comme j'ai aimé sa peau, comme j'ai aimé son visage, comme j'ai aimé ses seins, comme j'ai adoré, il y a 30 mois de ça comme j'ai aimé tout ça, il y a 30 moi de ça comme j'ai adoré ça. 30 mois.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 12:32
Anatomie Bousculaire 38 (Knausgaard)

...et je me rends compte en sortant de la cuisine qu'il est encore arrivé de nouvelles personnes et vu leur tête et leurs fringues on peut se douter que ce sont des gens sans intérêt, des suédois qui se croient encore plus malin que les autres, et je me demande pour quelles raisons linda m'a fait venir à cette soirée insupportable ou les types vont s'écouter réciter des grandes théories sur la vie et la mort, la capitalisme et le marxisme, et ou les femmes vont prendre des airs dépressifs pour parler de leur carrière professionnelle, on va manger de la bouffe bio ou qui provient de je ne sais où mais qui de toutes les façons respectera les normes hygiéniste des suédois. Je me rends dans la cuisine, autant par habitude puisque chez moi quand nous recevons avec linda, une fois les invités réceptionnés je me réfugie dans la cuisine ce qui à le double avantage de me permettre d'échapper aux conversations futiles et de m'isoler du monde extérieur pour me consacrer à la préparation du diner, mais là je ne suis pas du tout isolé quand je me retrouve dans la cuisine, la moitié des gens qui sont présents à la soirée ont choisi le même lieu de villégiature, d'abord parce que les bouteilles sont stockés là, ensuite parce qu'il y a plus de place que dans le petit salon. Je tends mon verre à ce type dont j'ai oublié le prénom et qui chaque fois me regarde d'un air bienveillant en répétant comme pour se persuader, ah monsieur l'écrivain, bonjour monsieur l'écrivain il dit encore cette fois, et il me verse un verre de vin bio qui vient de je ne sais où. Il a deux garçons qui sont en classes avec les filles, mais je ne me souviens jamais de son prénom parce que son prénom c'est pas un prénom, encore des parents suédois qui se croyaient malins, et après une gorgée de vin, je me dis qu'il faut que je trouve le balcon pour aller fumer, a moins oh horreur qu'il faille descendre en bas de l'immeuble comme un pestiféré pour tirer sur sa clope. Je remarque tout de suite le couple qui entre dans la cuisine quelques minutes plus tard, alors que la mère d'une gamine qui est en classe avec mon ainée me dresse un tableau complet des activités de sa fille, c'est une femme seule qui élève sa fille et qui ne doit jamais tenir une discussion dans la journée, je crois qu'elle travaille mais j'ai oublié où, toujours est-il que dans les soirées de ce genre elle vous chope comme un morceau de barbaque et ne vous lâche plus pour vous raconter des trucs sans intérêt, surtout que comme très souvent chez les gens qui parlent beaucoup, elle n'a pas grand chose à dire. Ce couple qui entre dans la cuisine, je le remarque d'abord à cause du type, on pourrait croire que c'est un de mes compatriotes, il n'a pas beaucoup de cheveux sur le crâne et ils sont coupés assez courts, mais c'est un rouquin, recouvert de taches de rousseur, assez trapu, avec un embonpoint de buveur de bière, il a une vraie gueule de norvégien. J'apprendrai plus tard avec dépit que ce type est français. La seule chose marquante chez ce type c'est qu'il parle le suédois encore plus mal que moi. Et puis il y a la femme. La femme du couple, je me dis avec ahurissement, car on a jamais imaginé un couple aussi mal assorti que ce type un peu pataud, qui semble se demander ce qu'il fout là, comme perdu sur une île déserte et dont la principale activité dans la vie semble être de boire des coups en souriant bêtement, et d'attendre que l'ivresse le gagne pour réussir a parler, enfin a dire des trucs débiles et sans intérêt, j'en viendrais presque a apprécier les suédois, enfin non je les déteste, mais ce français est juste insupportable, enfin c'est un français, ils croient encore qu'ils sont le phare intellectuel du monde et les guides suprême de l'humanité et qu'il faut les regarder comme s'ils étaient des putains de génie. Sa copine, sa femme, enfin celle qui est avec lui et qui le regarde comme si ce rouquin était la huitième merveille du monde, oui je sais ça parait incroyable mais il faut voir comment elle le couve des yeux, il faut voir ensuite comme au cours de la soirée, elle le surveille et alors même qu'il discute enfin qu'il s'écoute parler avec une suédoise sans intérêt et pas très jolie, elle surveille et déboule comme si elle était jalouse, lui s'en fout visiblement, quand je parlerais avec elle pendant dix minutes, enfin qu'elle me fera parler de mon père et de ma famille avec un grand sourire, quand je parlerais avec elle il ne viendra jamais pour la surveiller, mais elle c'est tout l'inverse, on dirait qu'elle à toujours un coups d'avance, les yeux qu'elles jettent aux femme qui parlent avec son crétin de rouquin, je peux juste pas y croire. Plus tard quand on sera rentré linda me dira elle était jolie cette fille avec le rouquin, ah oui le français je dirait avec dégoût, oui elle était jolie je lui répondrais mais non elle était pas jolie, c'est juste un miracle, ses yeux sa bouche son corps ses jambes ses fesses ses seins, cette femme est juste un miracle je me dis en parlant avec elle, je bois mon vin doucement alors qu'elle est déjà au jus d'orange après qu'elle m'ait dit qu'un verre d'alcool la rendait ivre, mais qu'est ce qu'elle trouve à ce pataud rouquin je me demanderais tout au long de la soirée, linda m'a dit qu'il était drôle, mais non il est pas drôle il est français il donne juste envie de chialer, en plus il viendra sur le balcon avec moi pour fumer une clope enfin il m'en taxera une et m'expliquera comme si j'en avais quelque chose a faire qu'il ne fume presque jamais et donc il n'a pas de cigarettes et que c'est pour ça qu'il m'en taxe mais j'écouterais pas ces explications de culpabilité judéo-chrétienne. La femme brune viendra elle aussi sur le balcon, pensant peut-être que je vais essayer de rouler une pelle à son copain et elle se collera contre lui et alors que je viderais mon verre cul sec elle lui parlera en lui roucoulant des mots d'amour en français. On partira à peu près en même temps, car la plus jolie femme du monde tombe se sommeil aussi vite que linda, et ils nous laisseront le premier taxi qui passera, je les regarderais par la vitre arrière collés l'un à l'autre dans la nuit de stockholm et ma vie durant je me demanderais ce que ce miracle fait femme trouve à cet alcoolique rouquin sans intérêt. Ma vie durant. Je me demanderais.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 10:53
Le chantage

Le café s'endort tranquillement en ce début de soirée. Les joueurs de cartes jouent aux cartes, le vieux qui boit des bières boit une bière, le magicien avec sa baguette greffée a la main ne fait pas de magie, et moi je rentre dans le café en évitant de montrer que je suis penaud. Je commande un kir au serveur, en regardant ma main gauche avec l'envie de la couper. Ca va capitaine demande le vieux, avec un air du type qui sait très bien que ça ne va pas. Je me tourne vers lui pendant que le serveur me demande mure,cassis, pêche ou violette le kir. Romarin je lui dis et en voyant son air interdit du type qui n'a pas pété depuis 6 mois je lui réponds pêche parce qu'il fait soif. Tiens bonjour capitaine me lance le magicien comme s'il venait de m'apercevoir, c'est rare de vous voir si tard, vous êtes déjà au lit à cette heure là, d'habitude. Je hausse les épaules mais je comprends bien aux ricanements de tous ces crétins avinés qu'ils connaissent déjà les événements dont ils demandent l'explication. Le serveur me dépose mon kir sur le zinc et même lui me parait ricaner. Je demande une bière pour le vieux car je sais que c'est le seul moyen de lui extirper la vérité. C'est vrai capitaine dit le vieux il est tard pour que vous trainiez au café, bon en général, quand vous êtes encore au café à cette heure là c'est que le fantôme est en vadrouille. Et ? je demande. Et bien capitaine, le fantôme est sur le bateau et vous trainez au café. Elle devrait venir vous chercher si vous n'étiez pas rentré. Oui parfois je lui explique, il faut casser les habitudes et sortir du train-train quotidien. Le serveur lui dépose sa bière en se marrant franchement. Je vide mon kir, je me demande ce que je vais faire. Je vois cet instant ou je vais sortir du café et je me demande ou je vais partir du café mais bordel je vais aller où ? Je vais partir en dernier je me dis, comme ça personne ne me verra. Bordel je ne suis pas couché, personne ne part jamais de ce rade. C'est un bar avec que des gens qui entrent. Allez capitaine, dit le vieux, je vais vous dire ce qui se dit sur le port. Ah ? je souligne comme si je m'en foutais alors que mon oreille se branche en mode écoute maximum. Je commande un autre kir au serveur pour que celui-ci soit occupé et se mêle de ses torchons. On dit que vous êtes monté sur le ponton du bateau, lâche le vieux, et que le fantôme à refusé que vous restiez, on dit qu'elle vous a montré la sortie et que vous êtes reparti comme vous étiez venu. C'est pour moi dit le serveur avec un air de bon samaritain insupportable, un homme dans votre situation mérite du soutien. Un homme dans ma situation je me dis en moi-même. Évidemment, l'horripilant magicien pointe sa baguette à ce moment précis. On est S.B.F. capitaine, il me demande. S.B.F., je demande d'un air ahuri. Sans bateau fixe il gueule tout content de lui alors que tout le bar se met a hurler de rire. T'emballe pas mon pote, t'emballe pas trop je lui réponds, c'est pas ce que tu crois, c'est pas du tout ce que vous croyez, le fantôme est un tout petit fâché contre moi mais ce n'est pas du tout ce que vous croyez. Vous emballez pas, la place n'est pas à prendre. Il s'est passé quoi me demande le vieux, et je montre alors ma main gauche et je dis c'est à cause de ça. Je vois tout le bar qui fixe ma main pour essayer de comprendre et je lève le pouce et je dis c'est plus particulièrement à cause de ça. Quand je suis remonté sur le bateau une heure auparavant, le fantôme m'attendait en faisant semblant de ne pas m'attendre mais tout en m'attendant. Tu as rendez vous quand au fait avec le médecin elle m'a demandé alors que je finissais de monter sur la passerelle. Le médecin j'ai répète bêtement car je pensais à autre chose. Je montre à tout le bar la boule sur le haut de mon pouce et je leur explique que le fantôme veut que j'aille voir un médecin pour ce truc ridicule. Impressionnant, dit le magicien avec un air navré comme s'il s'agissait d'une maladie terrible et que j'allais mourir dans la nuit. Au lieu de dire des conneries, tu ne pourrais pas faire disparaître ma boule toi, si une fois dans ta vie tu pouvais faire disparaître quelque chose, c'est le moment. Le bar se gondole. Tu avais promis m'explique le fantôme que tu allais appeler le médecin aujourd'hui pour prendre rendez-vous, je vois que tu ne l'as pas fait, donc moi je vais tenir ma promesse et quitter ce bateau et je reviendrais quand tu auras pris rendez-vous. Bordel j'explique au vieux, la dernière fois que je suis allé chez le médecin c'était un pédiatre. On s'en fout de ma boule. C'est une boule constate le vieux avec un air pénétré comme s'il venait de dire un truc intelligent. Non sans déconner je lui réponds pas. J'appellerais demain je dis au fantôme et bien je reviendrais demain elle me sourit. Mais il est onze heures du soir, tu vas aller ou ? Oh, elle hausse les épaules, je vais trouver une banquette au bar ou peut-être que le petit magicien va pouvoir m'héberger elle explique. Je barre le passage de la passerelle. Je me coupe la main comme ça j'aurais plus de boules, je me coupe la main si tu pars je lui dis, je te laisse le bateau et c'est moi qui vait dormir ailleurs. Vous imaginez le fantôme sur une banquette dans ce rade de malade je dis au vieux, ou chez l'autre excité de la baguette magique, le putain de cauchemar. Du coup vous êtes à la rue me demande le petit vieux. On s'en fout je dis, demain matin j'appelle le médecin et je peux retourner sur le bateau. Vous savez capitaine, déclame le vieux pour bien que tout le bar entende, j'ai connu des mecs virés de chez eux par leur bonne femme, j'ai autant d'histoire que vous avez de taches de rousseur sur le corps et la gueule, mais je crois que vous êtes le premier type qui se fait mettre dehors parce qu'il n'a pas pris rencard chez le docteur. Le bar chavire dans un éclat de rire qui va durer toute la nuit. Une putain de longue nuit à écouter des plaisanteries débiles. Une longue nuit sans la plus belle femme du monde. Une trop longue nuit sans toi.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 18:54
Des maux sur l'hématome

Le type dit : nous étions deux mais nous faisons soixante kilos chacun et le monstre faisait presque deux mètres et plus de cent kilos. La voix est posée mais un peu tremblante, le type sur la scène dit ma voix est tremblante et ce n'est pas parce que je suis sur scène devant vous c'est parce que je sus en colère et que j'y pense chaque jour et que je n'en dors pas et que nous ne sommes plus ensemble avec mon ami. Parce que nous sommes morts le jour de l'agression quand le type est venu nous agresser parce que nous attendions le bus en nous tenant par la main. Je me pointe au concert un peu en avance, je me dis qu'il va y avoir beaucoup de monde mais en fait ce n'est pas le cas. C'est peut-être que je ne me rends pas compte, pour moi blackfire est un groupe un peu mythique qui ramenait beaucoup de monde, alors même s'ils ont perdus un membre et changé le nom du groupe, je me dis que ça doit cartonner. Le type dit le monstre nous est tombé dessus, le type dit le monstre a frappé mon ami alors que j'étais monté dans le bus, le type dit je suis descendu du bus pour aider mon ami, le type dit j'ai demandé de l'aide au chauffeur du bus qui peut appuyer sur un bouton pour prévenir la police, le type dit le bus a fermé ses portes et démarré, le type dit le monstre nous a massacré, le type dit mon copain est défiguré, prostré chez lui, il à 7000 euros de frais dentaire. Le premier groupe est un duo machine guitare un peu electro punk comme c'est beaucoup la mode à liège, sauf que c'est pas belge et que c'est pas fun, je trouve un décalage entre le projet musical et la voix de la chanteuse. Décidément je me dis j'accroche pas non plus a son autre groupe à la chanteuse, c'était quand même mieux avant quand elle chantait dans son tout premier groupe ou dans celui avec les deux soeurs qui ont ouverts un fast-food vegan. Le type sur la scène dit mon ami enfin mon ex-ami notre couple n'a pas résisté a cette épreuve, aux cauchemars quotidien, aux peurs quotidiennes, aux sanglots quotidien, le type dit mon ami était inconscient alors quand le monstre est revenu pour m'achever j'ai couru, je suis rentré dans une épicerie pour demander de l'aide et des secours mais l'épicier m'a mis dehors, je me suis posté devant un restaurant, et cinq types sont sortis pour me protéger et le monstre est arrivé et il a dit ce n'est qu'un pédé laisser moi l'achever, et 4 types sont partis et un seul est resté devant moi. J'aime bien le second groupe, ce sont des belges qui sont deux eux aussi, il y a le gars qui joue du clavier avec les binamé et c'est festif et punk même si ça ressemble beaucoup aux binamé. On joue un peu le match retour du concert de la veille et la moitié des gens qui sont présents étaient déjà la au concert d'hier soir. Le garçon tout mou m'offre une canette de bière qu'il sort de son sac. Plus de vingt ans que je le connais et c'est bien la première fois qu'il m'offre une bière je me dis. Le type sur scène connait les deux indiens navajos, il récite un poème qu'il a écrit dans leur ranch en arizona. Il dit que là-bas les homosexuels sont considérés comme des êtres à part et que tout le monde venait le toucher quand il était là-bas. Je crois qu'il dit qu'il est considéré comme un dineh là-bas mais je n'en suis pas sur je confonds peut-être avec les livres d'hillerman. Il dit aussi que le monstre est sorti de prison. Les deux anciens blackfire sont venus avec leurs parents et leurs enfants, le père du batteur chante un peu avec eux, un très vieil homme, très digne qui reste figé comme une statue. Le concert est puissant et émouvant. Il y a toujours cette rythmique ce coté très punk et très à part, ce coté navajo et ce coté très actuel. La chanteuse parle beaucoup de notre mère la terre, il y a toujours ces expressions et ce phrasé typique des navajos. Je me dis que le fantôme aurait adoré ça. Enfin je crois. Et je rentre en me sentant meilleur que la veille, je crois, un peu meilleur que la veille. En pensant a toi.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 09:28
Le retour aux affaires

Alors petit frère me dit le type près du bar. Toi tu es mon petit frère tu es de quelle année 77 ou 78 ? Ah non je rigole je suis de mille neuf cent soixante sept. Le second groupe s'échine a jouer un ska punk très daté, j'ai l'impression d'être au siècle dernier chez les bouducons. Il me fait répéter deux ou trois fois et quand il comprend ce que je dis il n'en peut plus de rire. J'ai quitté la mer, je suis allé le soir une dernière fois alors que c'était marée montante, je me suis assis sur un banc pour retourner en suède avec knausgaard alors que le soleil malouin me caressait une dernière fois le visage comme pour ne pas que je l'oublie. Et puis j'ai longé le sillon pour finir a rochebonne ou j'ai dis adieu aux mouettes et a la mer électrique qui tentait de se défaire des surfers. Le type me dit qu'il est né en 72 et que je suis forcément plus jeune que lui. Il dit je le vois a tes cheveux a tes yeux a ton visage, tu n'es pas né en 67. On a pas cette peau là quand on est né en 67 il dit. Et il repart à rire alors que je commande une bière a un euro cinquante au bar du lieu. Quelques minutes auparavant un autre type est venu me dire bonjour en me claquant la bise et en m'appelant par mon prénom. Bordel céki je me suis demandé, mais bordel céki. Il m'a parlé très naturellement et quand enfin j'ai compris que c'est un gars que je n'avais pas vu depuis vingt ans j'ai été soulagé de ne pas l'avoir reconnu. La tragédie rouquemoutte je me suis dis, tout le monde te reconnait tout le temps, même si parfois on te prends pour un autre rouquemoutte. Dès que je quitte saint malo le soleil disparaît et j'arrive a rennes dans un dégradé de gris et un ciel plus vieux d'un siècle ou deux. Je débarque en plein psychodrame chez les vieilles dames, une histoire de lancer de verre rempli d'eau et de vin qui a mal tourné, je régale tout le monde de chouquettes, j'ai ce charisme curieux qui attire les enfants, les animaux et les petites vieilles. Sans doute que je suis un enfant et un animal. J'ai 12 ans. Je bois le café qui a goût d'eau chaude et je regarde par la fenêtre le soleil de saint malo tenter de vaincre le ciel de rennes. Je cherche le regard de la plus belle femme du monde en me demandant ce qu'elle fait à ce moment précis, ce que disent ses yeux, ce que traduisent ses lèvres, je me demande un peu et puis je la vois, dans la prégnance de mon regard, je me dis qu'elle veille sur moi. Allez me dit le type tu es en 77 ou 78, dis le moi. Bordel je te dis que je suis né en 67. Et me voilà a sortir mon portefeuille, je trouve pas de pièce d'identité et tout à coup je vois ma carte vitale. Pendant que j'essaie de l'extraire vu que j'ai jamais du m'en servir, elle est comme collée, le type me dit ah oui ça la carte vitale ça ne ment jamais. Et enfin quand je la sors si je puis dire, je lui montre les chiffres, 1 67 12 75...Ah oui il dit tu es né en 67. Je t'offre une bière il dit pour fêter ça. Mais j'en reviens pas quand même. Moi non plus je dis vu que j'ai l'impression d'être un ado. Le soir a rennes, je n'appelle personne pour sortir, les bars regorgent de monde comme presque tout les soirs dans le quartier sainte anne rue de la soif, je vais voir le film du petit génie québecois. Presque tout le film je pense au fantôme, a chaque image je devine presque son émotion et ce qu'elle ressentira, je devine comme elle sera bouleversé. Je regarde le film en regardant la plus belle femme du monde le regarder. Je trouve ça bien mais je ne suis pas retourné par le film, j'ai ce problème avec la musique avec le coté clip je crois. Au fond je préférerais toujours comment j'ai tué ma mère je me dis. A peine posé le pied a paris, je dois un peu courir pour aller manger chez le type qui m'attends pour picoler. Je me sens un peu épuisé et j'ai pas le courage d'aller à la manif pour le jeune fille violée par un faf. Je me sens un peu coupable quand garçon tout maigre me dit qu'il n'y avait pas deux cent personnes. Au concert du soir à la parole errante, je retrouve tous ces frères de concerts, j'ai à peine le temps de commander, on m'offre des bières. Je souhaite un bon anniversaire au garçon tout maigre. Je cherche le fantôme des yeux et je sais qu'elle veille sur moi. Tu veilles sur moi.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 19:44
Frotter le sable

J'enlève mes docks et mes chaussettes pour aller tremper mes pieds dans la mer que je ne trouve pas si froide. C'est peut-être le soleil qui se reflète sur l'eau qui donne cette impression de température tiède. Une heure avant il pleuvait des trombes d'eau et le ciel était si bas qu'il faisait nuit dans l'appartement. Le climat de saint malo m'étonnera toujours. En une heure le ciel bleu s'est installé et le soleil s'écrase sur mon front pour le faire rougir. Plus tard, alors que je suis presque a intra muros il me semble voir la plus belle femme du monde qui lit un livre un peu plus loin, assise sur le sable, sereine. Elle me fait un signe de la main et me dit d'approcher en me faisant un sourire qui ferait quitter les ordres à n'importe quel religieux . Mais qu'est ce que tu fais là je lui demande alors que le soleil se reflète sur mes lunettes. Elle continue de me sourire et au moment ou je m'agenouille sur le sable pour l'embrasser elle disparaît. Ça fait beaucoup rire les mouettes qui se gondolent, elles volent au-dessus de moi et n'en peuvent plus de se marrer alors que la mer continue de se retirer. Je reste a traîner sur la plage, sur le mail, je continue de chercher la plus belle femme du monde, je la cherche dans intra muros. Et puis je comprends que je me suis sans doute trompé et je m'assois sur un des nombreux bancs du mail. Je lis les aventures suédoises de cette écrivain norvégien. La mer est remonté. Les vagues viennent mourir presque à mes pieds. Les surfeurs ont pris possession de la mer. Le bruit des vague envahit tout l'espace. L'écrivain norvégien me fait rire avec ses histoires de parents. La plus belle femme du monde me murmure a l'oreille. Curieux contraste entre le bruit des vagues et le souffle du fantôme. Ton souffle sur ma peau.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 18:49
Marée haute

Je m'assieds sur le banc en plein soleil. Le mail se remplit de gens qui font leur jogging, du vélo, des vieux qui se promènent avant de rentrer chez eux, et puis les surfeurs qui profitent de la mer haute et des vagues assez formés. Il y a de plus en plus de ces types qui font du surf old school avec une pagaie. Des vieilles se prennent en photo au bord du mail et je me dis qu'une vague pourrait vite les tremper. Une fille vient se poster juste devant mon champs de vision et je me dis que si le fantôme voyait cela, la pauvre femme serait balancée a la mer sans ménagement. Elle prend ses photos et me fait un sourire avant de partir comme si elle m'entendait penser. Je profites des rayons du soleil pour rester sur mon banc et continuer le david peace. Je reste fasciné par son style. L'histoire me laisse totalement froid, surtout la manière mécanique et répétitive du récit, ces matchs et puis ces autres matchs de football du club de liverpool, ces matchs et puis ces autres matchs sous la férule du même entraîneur. Ce livre n'a aucun intérêt, et pourtant c'est un grand roman, sept cent pages sur des résultats de football. 14 longues saisons du club de football de liverpool. Le type qui disait qu'un grand écrivain pouvait écrire le bottin. On y est. Sept cent putains de pages de résultats de football. David peace, david peace, david peace. Le fantôme me dit que l'escroc qui se fait passer pour un médecin lui dit que tout va bien. Il est aussi médecin que celui de lucky luke je ne dis pas au fantôme. J'entends sa voix et je sens qu'elle est heureuse. Je crois qu'elle est près de moi, et que depuis ce banc elle aussi elle regarde la mer. Toi aussi tu regardes la mer.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:08

 

 

Le matin, la mer est loin. Je pourrais venir sur le sable et ramasser les coquillages comme quand j'étais enfant. J'en faisais quoi d'ailleurs, je les nettoyais, je les peignais peut-être, tout ça me semble si loin, tout va vite. Les souvenirs s'effacent, comme les traces sur le sable quand vient la marée. Beaucoup trop vite. Il fait beau et froid auprès de la mer, j'hésite à enlever mes docks et a tremper mes taches de rousseur qui ornent le dessus de mes pieds et puis je renonce. Je longe la mer sur la plage presque vide ou le seul bruit - hormis celui des vagues - est celui des voiles de chars qui foncent sur le sable. Je pense à la fille qui était venu avec moi les deux dernières fois et a laquelle la directrice générale de la mairie ou elle travaille lui a dit qu'elle était responsable de ce qui lui arrivait vu que ce n'était pas possible de faire une dépression en travaillant pour une mairie communiste. Je regarde les traces des bâtons dans le sable, des milliers de trous depuis que les plus vieux du coin font de la marche comme s'il faisait du ski de fond. Je me demande si c'est mer montante ou descendante mais je sais que dans quelques heures on ne pourra plus marcher sur la plage vu qu'il n'y en aura plus, ça me fascine toujours de penser que dans quelques heures,je n'aurais même pas pied à l'endroit ou je suis. Je regarde les mouettes qui narguent les chiens à moins que ce ne soit les chiens qui courent après les mouettes pour les faire chier. Je regarde les coquillages sur le sable en me demandant s'il y a une vie sous le sable. Je pense a la fille qui vient avec moi parfois et je me dis que je vais foutre une bombe dans cette mairie stalinienne ou l'on pratique le harcèlement moral dans la plus pure tradition patronale. Je laisse le soleil me caresser le visage en me demandant si la plus belle femme du monde va mieux mais je pense que oui. Le vent souffle tellement fort au bord de la mer que mes deux camionneurs ne sont pas de trop, je suis toujours fasciné par la force du vent alors que dès qu'on s'enfonce dans la ville il ne souffle plus du tout. Mes docks sont pleines de sable alors que je remonte vers le mail. C'est peut-être la dernière fois que je reviens à l'appartement, mais j'espère qu'un jour je reviendrais avec la plus belle femme du monde. Appartement ou pas. Avec la plus belle des femmes du monde sur le sable de saint malo.

Marée basse
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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 09:22
Le temps qu'il faut

La pluie est venu effacer le soleil de la veille, une pluie drue pleine, une pluie de belle-île, une pluie que tu regardes a travers les hublots du bateau alors que la mer se forme. Il y a un fort vent d'ailleurs, il faudrait que j'aille voir la mer, c'est un jour de tempête, et je me dis qu'il faudrait sortir voir. Mais je reste au chaud avec david peace, je reste à liverpool. Les gens disent toujours que le meilleur livre écrit sur le foot c'est carton jaune de nick hornby. J'ai toujours trouvé qu'hornby était un médiocre écrivain et que 44 jours de peace était le meilleur livre sur le foot. Mais je me rends compte que rouge ou mort c'est encore autre chose. C'est sans doute sur un homme, peace dit : pour une fois je voulais écrire sur un type bien, peut-être qu'après tout peace avait besoin de voir la lumière lui dont les livres ne font que s'enfoncer dans les ténèbres. J'étais décidé à balayer la terrasse qui en a bien besoin, a virer les chaises en plastique, a couper ce rosier qui envahit la terrasse mais je regarde la pluie en me disant que ce sera pour demain. Et si ce n'est pas pour demain et bien j'attendrai. Le jour d'après. Je regarde la pluie et je me dis qu'il faudra bien sortir chercher à manger, tout était fermé le dimanche après-midi a paramé alors j'ai fais cuire du riz qui trainait dans l'armoire. On dirait qu'une branche du parc à côté de l'appartement s'est cassé, il faut que je regarde s'il y a un ciré, le parapluie il faut oublier, il y beaucoup trop de vent, ça ne servirait a rien. J'aurais du faire les courses en arrivant, le dimanche matin tout est encore ouvert, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'aller marcher sur le sable pour trois tout petit quart d'heure, je n'ai pas pu m'empêcher de rejoindre intra-muros, je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer par la porte principale et de prendre cette rue dont je ne connais jamais le nom. J'ai pris une galette saucisse et puis je suis reparti en sens inverse. Un dimanche au soleil intra-muros n'est pas fréquentable, on dirait le mont saint michel. Je reste donc dans l'appartement plongée dans une pénombre grise, j'allume les lumières et je pars avec cette homme qui veut retourner dans son pays. Je pars avec cette homme dont je me demande s'il est courageux ou inconscient. Ou fou. Dehors il souffle et il vente. Je pense à la plus belle femme du monde et j'espère qu'elle va se sentir mieux. J'espère qu'elle ira mieux quand je la tiendrais dans mes bras. Dans quelques jours. Mais j'espère qu'elle ira mieux. D'ici là.

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