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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 17:06
Moments inutiles

La vie continuera avec ou sans toi. Avec ou sans toi. La vie continuera, il y aura des jours de n'importe quoi, des illusions qui ne prennent plus forme. Je compterais les jours, je décompterais les nuits, je compterais les nuits, je décompterais les jours. La vie continuera que tu le veuilles ou pas, la vie continuera même si tu ne le veux pas. Les jours inutiles succèdent les uns aux autres, comme des vies parallèles, de petits moments éphémères qui ne sont que des images déjà jaunies et cornées. Déjà écornées sans doute. La fin du début. Des jours qui n'existent plus, des moments volés au reste du monde, des pas feutrés sur le pavé de Belleville. En fin de compte, c'était juste cela, en fin de compte. Tout a la fin, tu te souviendras de cela, tout a la fin, dans pas si longtemps sans doute, tout a la fin, alors même que la vie sera la plus belle que tu aies jamais vécu, alors que tu écriras tes dernières lignes volées a la mort, alors que tu siroteras le meilleur vin que tu n'es jamais bu, alors que le printemps sera le plus beau et le dernier des printemps, alors que le souffle sera presque le dernier sans doute, tout à la fin tu te souviendras de cela, tout a la fin, tu te souviendras d'un quai de gare, d'un corps qui s'éloigne dans un tunnel vaguement sordide, tout à la fin. Tout a une fin. Tu te souviendras de tout cela, des couinements un peu rigolos d'un sommier pourri, des cris un peu rigolo d'une fille irréelle, des odeurs extatiques de sa peau, tu te souviendras quand ce sera la fin. Ou peut-être que tu ne te souviendras plus, mais bon ça m'étonnerait que tu vives aussi vieux. Pour ne plus te souvenir. A moins que ça te vienne jeune. Je crois que quand ce sera la fin, tu te souviendras de tout cela et sans doute que tu te diras que même si toutes les vies ne peuvent être vécu, tu en auras vécu le maximum. Tu déposeras un joli sourire sur ta gueule de con et tu te diras que si toutes les vies ne peuvent être vécues, tu auras fait de ton mieux et le maximum. Un chant sous la douche, un cri dans le matin, une main sur un front, des voix au téléphone, des transports amoureux. Oui tu t'en souviendras quand la fin viendra. Tu te souviendras de l'émoi. Crois-moi tu t'en souviendras.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 19:30
Little bit

Les mots viendront alors que je ne les sens plus entre mes doigts, tu sais la plus belle femme du monde disait toujours que j'étais écrivain et je sais que ce n'est pas vrai parce qu'il a toujours fallu, tu te souviens il a fallu toujours que je trouve une amorce comme dirait les pêcheurs, il a toujours fallu et ce ne fut jamais tout à fait ce que j'aurais voulu. Ecrire, c'est juste cela tu sais, écrire tu sais c'est juste cela, cette impression de déjà vu qui nous revient en mémoire, enfin tu vois, parce que la vie n'est pas grand-chose en fin de compte, surtout la mienne, la vie n'est plus grand-chose, la vie est une fragrance que je ne suis pas capable d'appliquer. Une expérience de laquelle je n'aurais jamais été capable de tirer la moindre morale. Les mots viendront ou reviendront, ils reviennent toujours, il partent presque toujours mais ils reviennent toujours. Les mots ne me lâchent plus, alors je laisse se promener dans mon cerveau usé, je les regarde prendre possession de mon âme, me dévorer tout cru. Les mots ne m'auront servi a rien en fin de compte, et a tout sans doute, les mots me reprennent la plus belle femme du monde après l'avoir déposé sur mon palier. Je ne connaîtrais jamais la sérénité ni l'absolu bonheur mais grâce aux mots je l'aurais un peu approché. Une légère félicité. Grâce aux mots je t'aurai approché. Grâce aux mots je t'aurai approché.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 18:53
La vie qui manque

Bordel il fait chaud hein capitaine même avec le vent qui souffle un peu, il fait sacrément chaud ! Aussi chaud que dans le trou du cul d'un éléphant, je réponds alors que le petit jeune me dépose mon troisième café de la matinée. Je viens de lire cette phrase quelques pages auparavant j'explique au gamin, le bouquin se passe en floride, bordel gamin la floride, on dirait la fosse sceptique du monde, des moustiques, une putain de chaleur, une humidité et des alligators. Je passe mes matinées en terrasse maintenant, le gamin m'apporte quelques cafés, je lis une partie de mon livre quotidien, et parfois on discute un peu. Je ne sors plus que le matin, parce que je sais que les poivrots du port - c'est a dire la quasi-totalité de ses habitants - soignent leur gueule de bois. Je suis devenu une sorte d'ermite, je ne sors plus du bateau, au fond la littérature est le seul truc qui m'aura toute ma vie tenu en vie, ce bateau est une bibliothèque ambulante d'ailleurs, et donc je lis des livres. Une fois par mois je pars a la ville acheter quelques tonnes de livres. Il en tenait une bonne le petit magicien hier soir, me dit le gamin, il me fatigue capitaine si vous saviez, il parle encore du fantôme, il dit qu'elle ne l'aime pas mais que lui au moins il la voit encore. Je jette un sucre dans mon café et je regarde l'horizon qui commence a me gonfler, toujours ce soleil a la con en ligne de mire, j'ai envie de l'hiver et de l'automne, a moins que ce ne soit l'inverse. Il a peut-être raison je dis au jeune, c'est sans doute la vérité. Le vieux lui il dit que maintenant que vous pourriez picoler autant que vous voulez c'est curieux que vous ne picoliez plus. Il a raison le vieux, je pourrais aller me murger tout les soirs, je sais qu'aujourd'hui ça ne poserait plus aucun problème. C'est quoi votre putain de blocage capitaine, me demande le petit jeune. Vous pourriez vous laisser un peu aller désormais, le fantôme ne viendra plus, on le sait vous et moi, je pourrais vous servir autant de picon que vous voulez en boire, autant de gin-gini que vous pouvez en boire. Je suis lessivé mon garçon je dis au petit jeune, je suis trop fatigué pour toute cette comédie, même écrire me prend l'énergie que je n'ai pas, je n'ai jamais été trop doué pour la vie et les sentiments. SI je me mettais a boire je deviendrai encore plus con que je ne suis, et je lâcherais pas l'affaire. Je suis trop jeune pour vous comprendre, je suis trop jeune pour ça vous savez, je peux pas m'imaginer sacrifier ma vie, je ne peux m'imaginer refuser de vivre a cause d'une gonzesse. Je termine mon café. Il me reste assez peu de pages a lire de mon livre. Je le terminerais plus tard, j'aime bien garder la fin d'un livre. Finir au réveil. J'aime bien m'arrêter juste avant la fin et la garder pour plus tard. La ou tu me déçois mon petit gars c'est que tu n'as rien compris, tu subis peut-être trop l'influence du magicien et du vieux collé au zinc, tu n'as peut-être pas toute les cartes entre les mains mais il faut que je te dise quelque chose auquel tu dois réfléchir pour plus tard. Je ne sacrifie rien du tout et crois-moi ou pas mais je n'ai pas le mauvais rôle. Tu sais c'est presque a gerber comme je n'ai jamais le mauvais rôle. C'est toujours moi qui m'en sort le mieux, crois moi, toujours moi qui m'en sort le mieux. C'est pas juste mais c'est comme ça. C'est pas juste. Mais c'est comme ça. C'est vraiment comme ça.

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 20:24
Des pas dans le vide

Je devrais peut-être retourner dans le pays qui n'existe pas pour voir des gens qui ne vivent pas ou qui n'existent pas, je devrais sans doute y retourner encore un peu. Pour goûter à la pluie, pour retrouver des yeux vides qui ne me regardent pas, pour retrouver une irréalité qui m'échappe un peu au bout des doigts en ce moment. J'écoute des groupes qui n'existent plus dans mes écouteurs alors que je traverse la seine dans une douce euphorie que je ne m'explique pas. Je croise des allumés qui courent alors que la chaleur est resté prégnante toute la nuit. J'aime paris vide de l'été, je crois que j'aurais passé tout mes étés à paris depuis le début de ce siècle. Je me réfugie dans les livres alors que le chauffeur de bus s'essaie a battre des records de vitesse dans la descente de la rue de ménilmontant. Je reste dans mon bureau au politburo à l'écart des conversations, je ne pense a rien, je pense un peu au fantôme, je pense beaucoup au fantôme. J'ai toujours des putains de remugles de cette éducation chrétienne à la con, je paie pour tout le reste je me dis, je paie pour tout mes adultères, pour toutes les souffrances que j'ai infligé, pour les larmes que j'ai provoqué, je dois payer pour tout cela, je dois payer pour mes mensonges, pour mes vols, pour mes tromperies, pour ma lâcheté quotidienne. J'imagine que ma sérénité vient de la, de cette absolue nécessité de ne plus croire, de ne plus espérer, j'imagine que ma tranquillité vient de la. Je dépose un sourire crétin pour donner le change, je repose mon âme dans une boite en carte, je dispose de ce qu'il me reste a vivre en me laissant bercer par les vagues. Le soleil se lève sur le palais de justice et la seine un peu plus loin, j'ai cru à un soupçon de vie, j'y ai cru, sans doute que ce n'était pas raisonnable, sans doute que je ne suis pas raisonnable, mais j'ai approché la vie, un tout petit peu, sans doute que j'ai approché la vie. Un peu approché la vie. Un petit peu sans doute.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 19:47
Coloration en demi-teinte

Je reste un peu idiot chez la marchande de journaux de la rue de ménilmontant qui chante toujours des chansons d'un autre siècle que je ne connais pas. Que ce soit les chansons ou le siècle. Je reste un peu idiot car une femme qui raconte sa vie a la marchande de journaux - il faut dire que chez la marchande de journaux il y a toujours une femme qui raconte sa vie a la marchande de journaux ou alors c'est la marchande de journaux qui raconte sa vie a une cliente - enfin bref après que j'ai dis un truc du genre quand j'étais jeune ma grand-mère lisait point de vue image du monde, c'est après que la femme qui erre dans la boutique à demandé ce qu'elle pouvait acheter pour sa mère et donc j'ai récité les journaux que lisait ma grand-mère quand j'étais jeune, c'est a dire point de vue image du monde, notre temps et la sélection du reader's digest, et donc après que j'ai dis ça la marchande de journaux dit c'est dingue vous voulez ma place vous avez donné exactement les journaux que j'aurais donné, et donc pour rebondir j'ai haussé les épaules et j'ai dis a la marchande de journaux qui chante tout le temps, vous savez quand j'étais jeune c'est ce que lisait ma grand-mère et c'est vrai que j'étais jeune car ma grand mère a du mourir quand j'avais 25 ans et quand j'allais passer du temps chez elle c'est que j'étais jeune, il y avait pas le tgv a l'époque, c'était des trains sans fin et je finissais en stop s'il n'y avait plus de car et du coup la marchande de journaux a laquelle je tends ma monnaie pour mon libé du samedi me dis ne dites pas quand vous étiez jeune mais vous êtes toujours jeune. Et là je reste un peu idiot en me demandant ce que la cliente veut pouvoir dire après qu'elle est lâché : Mais monsieur avec le physique que vous avez, vous paraîtrez toujours jeune. La marchande de journaux semble penser que c'est un compliment vu le clin d’œil qu'elle me fait en rigolant. Je me barre courageusement de la boutique et alors que je redescends la rue de ménilmontant pour rejoindre la rue des Pyrénées j'essaie de comprendre ce que ça voulait dire. J'ai un moment de pure nostalgie brutale, ce genre de moment ou on se demande pourquoi on est en vie et ou on a juste envie de se couper les veines, enfin bref un moment de déprime brutale qui ne dure que deux secondes. Je pense au fantôme qui aurait dit mais elle te draguait espèce d'andouille. Je lui aurais répondu en haussant les épaules mais arrête de croire que toutes les bonnes femmes me draguent. Je souris et en même temps j'ai envie de me pendre. J'ai un peu de pur bonheur et un instant de pur douleur. Alors que je rejoins ma rue ou des cars de crs ont chassé les dealers pour surveiller les migrants qui ne resteront pas vingt quatre heures dans le local qu'ils ont squattés, je me demande ce que voulait dire la cliente chez la marchande de journaux. J'ai peu être un physique de vieux. Ou peut-être pas. On verra bien assez tôt. On verra bien assez vite. Enfin on verra.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 12:58
A côté de moi

Les jours semblent se mélanger dans une inexorable fuite en avant. Il y a plus de 200 jours que je n'ai pas entendu la voix de la plus belle femme du monde. Je sais qu'un jour il y aura deux mille jours, il y aura des semaines et des mois. J'essaie de me souvenir. Une part de moi me dit qu'un jour je l'entendrai de nouveau et que je la reverrai. Tout mon être pense ainsi en fait. Alors je continue de vivre a côté de moi parce que je n'ai pas trop d'autres choix, alors je continue de regarder les jours et les mois qui passent ou ceux a venir. Ma vie de songe ne connaitra jamais de fin, je suis un peu triste pour ceux qui pensent que je vis auprès d'eux, je suis un peu triste car je ne serais jamais plus moi-même, jamais plus tout a fait vivant. Je ne me plains pas, je ne me morfonds pas, je fais partie du troupeau des gens qui n'auront pas tout à fait choisi. Je crois que je ne suis ni heureux ni triste, je crois que j'ai toujours su que ma vie serait ainsi. Peut-être bien que ça remonte a l'éducation, cette espèce de culpabilité prégnante et ce goût pour la défaite. Je vais peupler ma vie de songe, d’événements passés et a venir, au fond qu'est ce que la vie si ce n'est un éternel recommencement, comme si chaque année remplaçait l'année précédente par une vie identique. Bien sur je vais embrasser d'autres lèvres, je vais caresser d'autres seins, bien entendu je vais donner l'impression que je suis heureux et en vie, au fond j'ai toujours su que ça finirait ainsi et je l'ai accepté, je le savais sans doute avant même que ça ne commence. Mais ça n'a pas d'importance. J'ai vécu ce que je voulais vivre, nous avons vécu ce que nous voulions vivre, elle m'a tenu par la main alors que le cercueil de ma mère descendait en terre. Je l'ai regardé dormir. Je lui ai posé ma main sur le front quand elle en avait besoin. Et ça ne s'effacera pas. 9a ne peut s'effacer. Alors je vais continuer de vivre a côté de moi puisque ma vie est avec toi. Je vais continuer de vivre avec toi. Puisque ma vie est près de toi. Tout près de toi.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 06:50
Jours divers

Le garçon tout maigre n'en peut plus de rigoler et me dit sacré drink. On est aux pieds des tours jumelles de la porte de bagnolet, balayé par un vent marin, alors que le bruit des balances du premier groupe parvient a nos oreilles. On parle d'un type qui dirige un rade sur montreuil ou l'on doit aller à une fête vers la fin août et garçon tout maigre m'a lâché tu vois le genre du gars qui tient le rade, son troquet s'appelle le montana. Le montana me fait immédiatement penser à l'état américain et à l'école de missoula. Harrison, ford, crumley, tout ça tout ça. C'est un café littéraire ? j'ai donc demandé a grand garçon tout maigre qui est parti d'un éclat de rire tonitruant. Je monte jusqu'au quatrième étage du politburo, c'est comme tout les tafs plus tu es haut plus tu es important, autant vous dire que je suis au premier étage. Le rez de chaussée n'était pas libre. Je m'assieds et je ferme la porte du bureau de chef, elle me sourit et puis viens s'assoir autour de la petite table ronde qui vous montre que l'on parle d'égal à égal. Plus de bureau pour créer une sorte de séparation factice. On a un petit problème drink elle me dit en prenant un air un peu las. Le "on" veut dire que j'ai un petit problème mais comme nous sommes une équipe la chef partage ma charge. C'est beau je me dis en rigolant intérieurement. Quelqu'un dont tu t'es occupé a saisi le service client. Il y un air service client au politburo je l'interroge en prenant un air totalement ahuri. Drink me dit garçon tout maigre on parle d'un bar de montreuil mon gars. C'est pas des poètes. Le bar s'appelle ainsi car le type se prend pour tony montana. Le groupe que j'aime bien termine la balance, je reconnais la guitariste qui sort dehors. Garçon squatteur qui parle par onomatopées vient me claquer une bise. Mais c'est qui tony montana je demande a grand garçon tout maigre qui fait des yeux ronds en tirant sur son pétard et alors que sa copine vient me faire une bise. Garçon qui parle par onomatopées et qui met une petite demi-heure a dire une phrase que vous crachez en trois secondes me tend sa canette comme si j'avais besoin de boire de la bière très forte et dégueulasse. Un autre squatteur vient nous dire bonjour celui qui s'est fait casser la gueule par une milice privée envoyée par le propriétaire. Il n'a pas de trace apparente sur le visage et il a l'air un peu triste. Mais il a toujours l'air un peu triste en même temps. Bon alors c'est qui tony montana les gars, j'ai l'impression d'être la seule personne au monde a ne pas le connaître. Après un échange fructueux avec monsieur drink, alors que j'ai exprimé un point de vue qui visiblement heurtait les convictions de votre employé, celui ci est devenu totalement furieux et m'a dit "quand vous serez au pouvoir, vous pourrez tous nous passer par les armes si c'est ce que vous voulez" et puis il a ajouté "allez donc prier a l'église d'a côté c'est saint nazi du chardonnet vous reverrez des amis de la grande époque de la rue lauriston". Je rigole. Pas ma chef. Deux jours auparavant lors de la grande comédie de l'entretien annuel je lui exprimais mon désir de partir, loin de tout, elle m'expliquait qu'elle serait vraiment triste si je m'en allais. Tu lui as vraiment dis ça ? Oui je réponds c'est même assez étonnant c'est précisément au mot près ce que je lui ai dis. C'est épatant. Oui j'ai dis ça je reprends alors que ma chef essaie de retrouver sa respiration, j'ai écouté pendant un quart d'heure ses considérations nazies et puis a la fin j'ai craqué. Drink me dit garçon tout maigre, tony montana c'est le personnage d'al pacino dans scarface tu vois le genre. Le mec se prend pour al pacino dans scarface enfin pour son personnage. Mais dans le scarface des années 30 le nom du personnage c'est pas tony montana j'interroge. Et puis je suis un peu triste pour al pacino. Voila un acteur de théatre, un grand acteur de théatre, qui a joué dans des chefs d'oeuvre comme un après-midi de chien ou panique a needle park, qui a réalisé un film formidable d'après shakespeare, et tout ce qu'il restera de lui c'est le personnage grotesque d'un film gluant et bouffi de de palma. Idole des bulbes mous. Un type sort dehors et dis que le concert va commencer. En tout cas je dis a garçon tout maigre, ce patron de café il a des goûts de chiottes en matière de cinéma. La responsable du service m'a appelé et demandé si ça me semblait crédible reprend ma chef. J'ai dis que tu étais l'idole ici, que tout le monde t'adorait, que des gens viennent tout les mois pour te voir, que tu as plus de cadeaux a toi tout seul que tes vingt collègues réunis. C'est pas faux je dis. Mais qu'est ce qui t'a pris ? elle me demande. C'était un nazi je lui explique. Ma chef me regarde. Tu as raison drink je vais répondre à la dame bien casse-burne du service clientèle que c'était un nazi. Dis-lui que j'avais mes règles je propose. J'ai besoin de vacances me dit ma chef. Moi j'y vais j'ai mes règles je dis en me levant de ma chaise.

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 19:50

http://25.media.tumblr.com/tumblr_kveb9kZJcw1qzu6nxo1_500.jpg

 

Un pas après l'autre, un jour après l'autre, une vie après une autre, mais un seul amour. Un seul amour.  Un corps après l'autre, une âme après l'autre, une danse après l'autre, mais un seul amour. Un unique amour. Bien sur des milliers de baisers, bien sûr des centaines d'étreintes, bien sur des dizaines de corps, bien entendu des émotions, bien entendu des sentiments, mais un seul amour. Un seul et unique amour. Des sourires qui claquent, des phrases qui foudroient, des cheveux au vent, des mains dans les mains, mais un seul amour. Un seul, unique amour. Des pas dans l'escalier, des cris dans le téléphone, des photos déchirés, des abandons sans fard, des courses dans la nuit. Mais un seul amour, un unique amour, un seul et unique amour. Des fusions, des admirations, des désirs, des plaisirs, des odeurs, des senteurs, des nuits, des jours, mais un seul amour. Un unique amour. Un seul et unique amour. Des attentes, des replis, des renoncements, des impossibilités, des fureurs, des sévices, mais toujours l'amour. L'unique et seul amour. Nos vies sont les miroirs de nos passés, notre présent est un brouillon mal maîtrisé, tu ne rends pas ta copie, tu retravailles encore et toujours. Tu ratures, tu soulignes, tu soupèses, tu déchires, errance et puis relance. Un jour après l'autre. Un pas après l'autre. Ton coeur brûle, ton corps fusionne, ton âme s'étire, ta vie est un chewing-gum collé sous une semelle de plomb. Apprends la patience, attends encore, un pas après l'autre, un jour après l'autre. Le temps ne compte plus. Nous sommes le temps. Un jour après l'autre. Un seul amour. Un seul et unique amour. Unique amour. Même si je ne suis plus. Même si je ne suis pas. Même si je ne te reverrais pas, même si. Un seul et unique amour. Même si  seule la mort m'attends, même si la vie n'est plus en moi, même si ton corps ne viendra pas contre le mien. Un seul et unique amour. Même si aujourd'hui encore et toujours, même si aujourd'hui encore et toujours, même si aujourd'hui je suis seul. Encore et toujours. Un seul et unique amour. Même si tes lèvres jamais plus. Un seul et unique amour. Même si la douleur seule reste, même si. Un seul et unique amour. Ne pas oublier son seul et unique amour. Mon seul et unique amour. Un seul et unique amour. Mon seul et unique amour.

 

 

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 19:41

 

http://www.lebleudumiroir.fr/wp-content/uploads/2012/04/still_tyrannosaur1.jpg

 

 

Un moment de grâce, l'un de ces rares moments qu'il faut être assez âgé pour savoir apprécier car, au fond de soi, on sait qu'il pourrait être le dernier. Le bonheur.

 

                                                                                   Olen STEINHAUER

 

 

 
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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 08:14
Vision du vide

Une femme au politburo qui se dit dépressive m'explique que c'est chouette que je m'occupe d'elle, moi qui est toujours de bonne humeur et optimiste. J'ai dépassé la dépression je lui explique, je me repais de peu. Se souvenir du néant. Se repaître du néant. Je n'ai aucune envie ni ambition, c'est tellement léger. Je slalome entre des émotions rancies, entre des vies mécaniques, entre des douleurs qui n'en sont pas. Ma vie est un pavé de paris immobile. Qui ne bougera plus. Qui ne bougera pas. Céline expliquait qu'au commencement était l'émotion. Mais si tu n'as plus l'émotion, quand tu n'a plus rien, tu reviens ou, avant le commencement ? La vie est une émotion qui ne se renouvelle pas. Ce qui est un peu terrible quand ta vie est terminée, quand tout est fini, c'est que tu te rends compte a quel point tu n'as pas apprécié ce qui te rendait vivant. J'en suis la, avec mes ridicules questions adolescentes, quand on découvre avec la puberté que l'on va être mortel, j'en suis encore la. Je regarde la dérive de mon âme, spectateur de ma vacuité. Je termine des bouteilles d'alcool pour retrouver un semblant de dignité dans la déroute. J’étreins les mots pour ne pas qu'ils me quittent. Eux, peut-être ne me quitteront jamais, eux peut-être. Je ne suis ni triste ni gai. Je ne suis plus tout simplement. Je suis bartleby. I want prefer not to. Épitaphe de ma propre vie. Retourner dans le pays qui n'existent pas, celui de mes nouvelles soeurs et de mes nouveaux frères, devenir un des leurs, devenir un fantôme. Errer sur ces larges routes ou il n'y a pas de voiture. Rouquin errant, ne comprenant pas la langue, ne comprenant pas l'alphabet sur les panneaux. Certains meurent d'avoir trop vécu, je mourrais de n'avoir pas vécu. En attendant je brise mon coeur sur des murs de métal, je jette mes larmes sur des mots que je ne lis pas, je ferme mes yeux pour sentir contre moi un corps qui n'est plus là, je lèche une sueur qui n'existe plus, j'entends parfois la nuit des orgasmes dépassés. J'entends parfois la nuit des cris qui datent un peu. Une seconde vie qui n'est plus dans les murs. Qui n'est plus tout court. Qui n'est plus.

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