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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 21:34
Le beau rôle

C'est fassbinder qui disait que ce qu'on ne pouvait expliquer il fallait essayer de le décrire. Mais c'est complétement con parce que je peux expliquer. Je dois expliquer que j'ai le beau rôle même si j'essaie de me morfondre et de faire croire que je suis le plus a plaindre. Et ce n'est pas la vérité. J'ai bien entendu le rôle le plus facile. C'est sans doute cela la littérature, transformer la réalité, la tordre pour la rendre plus acceptable, l'apprivoiser pour s'en démarquer et se donner le beau rôle. Mais la réalité n'est pas cela. Je ne suis pas dans une prison, je suis libre de mes mouvements, je suis libre de partir et de revenir et au lieu de m'apitoyer sur mon sort pourtant si enviable je devrais peut-être regarder l'image dans la lucarne. Tu n'es pas une sorcière mon amour, tu n'es pas une malédiction, tu n'es pas tout ce que tu crois, tu n'es pas une image en négatif. Tu n'es pas cela. Tu n'es pas celle qui joue avec les autres, tu n'es pas l'absente, tu n'es ni innocente ni coupable comme nous tous, tu n'es pas le reflet dans la glace, tu es toi, tu es celle qui... La vie n'est pas toujours si simple, si limpide, la vie n'est pas cette illusion, ce champs de bruyère, ce chant du petit matin, la vie n'est que le reflet de notre adaptation. Je ne saurais te convaincre, je ne saurais t'expliquer. Tu n'es pas un mirage, tu es le jour et la nuit, le printemps et l'automne. Tu n'es pas qu'une image. Tu es un sourire, tu es l'enfant et l'adulte, tu es la vie, tu n'es au fond que ce que tu peux être. Crois-moi. J'ai le beau rôle. Tu n'es pas une sorcière tu es une bénédiction. Ne croies pas ce que la rumeur chante, ne croies pas ce que ton cerveau enfle. Nous savons toi et moi que j'ai le beau rôle, nous savons toi émoi, enfin non toi tu ne le sais pas. Alors je te le dis, surtout ne l'oublies pas, je n'ai que le beau rôle. J'ai toujours le beau rôle. Le beau rôle.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 07:21
Un type a l'écroule

La porte du bar s'ouvre et je crois que le petit magicien me dit une des choses les plus sensées que je l'ai jamais entendu dire depuis le temps que je le connais : Les emmerdes sont de retour. La porte s'ouvre et la capitaine n'arrive pas totalement a l'ouvrir. Et puis si. Il la pousse et il s'effondre, bordel le bruit que ça fait quand la masse tombe a terre vous n'imaginez même pas, ce type est juste un corps qui fait vibrer le sol. Je regarde le vieux, je regarde les joueurs de cartes, je regarde le magicien, je regarde tout les crétins qui peuplent le bar et je leur dis, il est entré ivre mort, vous êtes témoins ce n'est pas moi qui l'ai fait boire. Ils me regardent tous avec un air qui ne me plaît pas du tout et je me rends compte que si le fantôme ramène sa fraise, je vais pas y couper, cette dingue va me fumer. Faut voir le capitaine se relever, se mettre a genou, et puis agripper le philosophe qui passe et se mettre sur ses guiboles pas humaines, ses cuisses ahurissantes et ses mollets énormes. Je pense au fantôme qui est venu me voir deux fois déjà, et a sa dinguerie, et je ne ris pas avec le reste du bar. Ses crétins semblent tous heureux de le voir de retour le fait qu'ils soit ivre mort ne semble pas les affecté. C'est pas eux que le fantôme va venir voir ! Le capitaine arrive au bar avec un énorme sourire, il claque la bise au petit magicien j'en perds mon torchon, il caresse la tête du vieux. Ta baguette m'a manqué il déclare hilare au magicien. Alors jeune couillon il déclare, toujours jeune et toujours couillon et il se met a se marrer tout seul. C'est la première fois que je vois le capitaine bourré, quelqu'un m'a dit qu'en général il était assez marrant. En tout cas je l'ai vu plus sourire en cinq minutes que depuis les quelques semaines que je le connais. Tournée général il dit en jetant quelques billets sur le comptoir. Le vieux collé au comptoir se précipite pour terminer sa bière et me tendre son verre vide. Capitaine, je lui dis, je crois que vous avez assez bu, je parle comme les serveurs dans les films vu qu'il y a que des mecs qui n'arrêtent jamais de boire sur le port et que j'ai jamais dis a personne qu'il avait assez bu. Je vous propose un jus, un café, une eau pétillante ? Un picon il quémande, un petit picon. Ça a l'air d'aller demande le philosophe au capitaine, ça s'est bien passé votre petit séjour ? T'es toujours aussi chiant toi, lui réponds le capitaine, et puis il se met a rigoler encore. Bon s'il n'y a rien a boire je rentre au bateau, il déclame avec emphase. Soulagement de mézigue. Je prends son argent que je dépose dans la caisse et je me dis que je lui rendrais demain. J'offre une bière au vieux pour ne pas qu'il chouine toute la soirée. Je confie le bar au magicien et je décide de rentrer avec le capitaine pour vérifier qu'il ne tombe pas à l'eau. Je me rends compte sur le chemin que je dois quand même subir l'influence du fantôme pour faire aussi attention au capitaine. J'ai claqué la bise au magicien, il rigole sur le chemin, j'ai claqué une putain de bise au petit magicien et il rigole de plus belle. Vous avez l'air heureux je dis au capitaine, alors qu'il zigzague un peu mais qu'il marche tout de même vers son bateau. Tu m'étonne, il répète, tu m'étonnes que je suis heureux. On monte sur le ponton et il s’assied dans son fauteuil. Je suis heureux petit il dit avec des étoiles dans les yeux, a moins que ce ne soit des larmes et tu sais pourquoi ? Non je réponds en lui souriant bêtement. J'ai entendu le fantôme il me dit avec une voix de possédé, j'ai entendu la voix du fantôme. Tu comprends ? J'ai entendu la voix du fantôme.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 19:44
Peut-être respirer...

Je retiens mon souffle parce que je suis fou mais je ne devrais peut-être ne pas, peut-être ne plus, tu sais, je suis tellement dingue, je vais prendre ce taxi pour attraper ce train qui part si tôt et arriver dans cette gare au petit matin et puis prendre un taxi pour aller dans ce café que je vois tout les matins quand je sors de mon lit, sur une photo, avec au milieu cet enfant qui a le nom d'un aliment pour cheval ou d'un médicament pour chien ou l'inverse je ne sais plus et puis je vais prendre un autre taxi qui va m'emmener un peu en-dehors de la ville et je vais aller dans cet hôtel qui se trouve dans une sorte de zone industrielle et demander les clés d'une chambre d'hôtel, me déshabiller après avoir fermé les rideaux et me retrouver dans le noir et m'allonger nu dans un lit pour attendre celle qui ne viendra pas. Je retiens mon souffle parce que je suis dingue et j'écoute les battements de mon coeur et j'entends mon propre souffle sous les draps et je sais que je resterais seul ainsi, pathétique, à l'orée d'une vie qui ne recommence plus. D'une histoire qui ne recommencera pas. Je vais calmer les battements de mon coeur et taire ma douleur, je vais retenir mon souffle en attendant que tu ne reviennes pas, je vais m'étreindre pour ne pas être seul, me parler pour ne pas devenir sourd, regarder pour ne pas devenir aveugle, je vais t'entendre sous la douche, et puis regarder tes yeux qui me regardent avec tellement d'amour, et je sais que je ne suis pas vraiment seul, dans cette chambre d'hôtel alors que la ville est comme un coeur qui ne s'arrête pas, alors que les voitures continuent leur ballet, je sais que je ne suis pas vraiment seul. Même si tu ne seras jamais vraiment là, même si tu ne seras plus jamais là. Il faudra bien respirer, peut-être respirer...

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 23:35
Volutes

Je suis déjà mort plusieurs fois. Je crois au miracle. La force de repartir à chaque fois, on ne la trouve pas seulement en soi, ni auprès d’un autre. Ce mystère me paraît le plus essentiel, ce qui vaut qu’on passe sa vie à le chercher, à le comprendre. Et puis l’idée que l’amour transcende la souffrance. J’ai eu envie de me cramer, d’être maître de mes douleurs, de mes plaisirs, sans emmerder personne. Il y a des souffrances que l’on ne choisit pas. Donner, recevoir, la musique, l’amour, la vie.

Alain BASHUNG

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 13:42
Anatomie bousculaire 50 (Welsh)

J'en perds presque une couille quand je vois la chanteuse du groupe qui vient vers le rouquemoutte de mes deux pour lui claquer une bise et roucouler gentiment devant lui. La danse de l'amour mon pote, oh mon cher drink c'est gentil d'être venu, ça fait trop plaisir mon cher drink, elle sussure. J'en perds une seconde couille quand ce crétin de léopard me dit qu'elle est gentille mais que c'est no way. Il se croit ou ce couillon, sur la cinquième, sur le strip, bordel mon rouyer on est à la flèche d'or rue de bagnolet parle moi pas rosbeef. La chanteuse du groupe, elle est habillée fifties avec une robe moulante et un sacré décolleté, ses nibards sont deux obus qui vous fixent jusqu'a ce que vous baissiez les yeux. Une fille comme ça apprécie un type a la peau carotte qui aurait comme bronzé a travers une passoire ? J'en perds ma troisième couille. Une fois le fantôme m'a dit qu'elle méritait pas l'amour que lui portait ce couillon. C'est pas un problème de mérite chéri, c'est juste que ce type à un grain, en même temps vous connaissez un poil de rousseur qui n'a pas un grain ? Attaque drink je lui dis alors qu'on sirote une bière pas très bonne au bar de la flèche d'or. Ils ont changé le bar de place il me dit comme si on devisait architecture. Et ta quéquette de poil de carotte elle a changé de place aussi, je crois que la chanteuse du groupe s'intéresse a toi, bordel, la putain de bombe anatomique qui rendrait dingue un moine tibétain. Elle s'intéresse a un putain d'écureuil de laboratoire dans ton genre ! Il rigole franchement ce con de drink. C'est pas mon genre il dit. C'est pas ton genre ? Ce type est bon pour l'asile. J'en termine ma bière. Et c'est quoi ton genre, je lui demande. Le fantôme il me répond avec des étoiles dans les yeux. Le fantôme je me dis, une hystérique sans nibard qui court après les pigeons ! Elle te mérite pas le fantôme, elle le reconnaissait elle-même. Moi non plus il réponds du tac au tac. Elle t'a largué bordel - sincérement poil de carotte c'est mon poto mais il est pénible avec son fantôme - elle t'a largué il y a deux mois, depuis, elle ne donne plus signe de vie. C'est mort mon pote. Je la méritais pas il continue. Je commande deux bières à la serveuse, qui n'est pas du tout mon genre non plus, pas de seins, pas de cul, rien a grailler quoi. Elle a un petit air au fantôme non, je dis en la désignant a drink. Tout petit il dit en haussant les épaules, elle est brune. La chanteuse arrive sur scène avec son groupe, et en plus elle est sympa et marrante je me dis. Plus tard, alors qu'on sirote une dernière bière avant de partir, je demande au rouquin crétin combien de temps il va attendre un fantôme qui ne reviendra pas. Le temps qu'il faudra il me réponds naturellement. Ni triste, ni en colère. Le temps qu'il faudra me réponds ce dingue de rouquemoutte.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 20:52
Le silence

C'est le silence je crois le plus difficile, le silence absolu, prégnant, comme si l'écho ne revenait pas. Comme si je n'entendais plus ta voix. Enfin non, en fait, pas comme si, puisque je n'entends plus ta voix, j'aimerais tant pourtant. J'aimerais juste savoir si tu vas bien mais je sais bien que je ne le saurais pas, alors je regarde le silence de belleville, alors je cours après les pigeons, alors je commande cette boisson épouvantable a la mer a boire. Ma vie est une parenthèse qui ne se referme pas. Je lis des livres de songe, et puis je vais voir des films de songe, et je continue ma vie de songe en trainant dans mon quartier de songe. Je regarde les nuits qui passent et puis je compte les jours qui ne passent pas. Je me lève de mon bureau après ton coup de téléphone, je me lève et je ne sais plus. Je me lève et je ne sais pas. C'est le silence je crois le plus difficile, avec tout le reste, mais c'est surtout le silence, cette voix que je n'entends plus, ta voix que je n'entends pas. c'est le silence qui m'envahit, le silence qui m'entoure, le silence de ta voix qui ne me parle pas. Je deviens un automate de ma propre vie, je sais que désormais j'attendrais un signe de toi et je sais que désormais je ne récolterais que le silence. Ma vie est un silence que plus rien ne brisera, ma vie est une absence que rien ne comblera. Une absence que rien ne comblera.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 19:34
Anatomie Bousculaire 49 (st john mandel)

L'homme court dans les rues de belleville, montréal. A bout d'un souffle qu'il ne maîtrise plus. Au bout de sa vie. L'homme a cru voir un fantôme, l'homme a cru voir le fantôme vers la gare de belleville, l'homme a cru voir le fantôme monter dans un train. L'homme écoute le bruit de la nuit, a belleville, montréal, l'homme essaie de deviner les yeux du fantôme, mais peut-être qu'il a rêvé, peut-être qu'il n'a pas vraiment vu le fantôme, peut-être que ce n'était pas le fantôme. L'homme a parfois du mal a trouver le sommeil, l'homme n'est sans doute plus tout a fait lui-même, comme si la raison l'avait un peu quitté, comme si parfois il ne savait plus qui il était lui-même. On ne sait pas ou est la fantôme, elle n'est peut-être plus a belleville, montréal ou peut-être qu'elle y est toujours, ou peut-être qu'elle a prit ce train, ou peut-être pas. Le fantôme est un être a part, c'est sans doute pour cela qu'on l'appelle le fantôme, certains l'appellent la plus belle femme du monde, tout le monde est un peu amoureux d'elle, parce que tout le monde sait bien qu'il n'arrivera jamais a la retenir. L'homme ne dort plus très bien, sans doute qu'il se rend compte a son tour, il se rend compte a son tour que lui non plus ne pourra pas retenir le fantôme, qu'il pourra courir dans toutes les gares de toutes les villes, qu'il pourra errer dans belleville, paris, ou belleville, montréal. Le fantôme est un fantôme, même si l'homme pense que le fantôme est la plus belle femme du monde, même si l'homme pense qu'il doit attendre le reste de sa vie, même s'il pense qu'un jour elle reviendra. Le fantôme ne reviendra pas, l'homme le sait sans doute, mais il ne peut pas encore l'accepter, il ne peut encore l'intégrer. On aimerait savoir ou est le fantôme mais on ne le sait pas. Alors peut-être que l'homme l'a vraiment vu, peut-être qu'il a rêvé. Il faut laisser le coeur de l'homme battre pour le fantôme. Il faut laisser le fantôme continuer sa propre vie. Il n'y a pas de questions. Pas de réponses. Juste une soirée a belleville, montréal ou un homme court après une femme. Ou un homme court après un fantôme. Ou un homme court a belleville, montréal. Ou a belleville, paris.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 09:42
Le dense du ventre

Le matin au réveil, je regarde mon corps fatigué, même si tout le monde me donne 10 ans de moins que mon âge, mon corps me semble vieux et fatigué. Je regarde mon ventre et je me demande comment la plus belle femme du monde peut me trouver beau. Je me demande d'ailleurs comment n'importe quel être humain peut me trouver beau. Je me dis qu'il faut que j'arrête de me plaindre et de m'apitoyer, j'en deviens un peu pathétique, je pense aux sms que j'ai envoyé à la blonde pour pleurer sur mon sort et je me dis que je suis franchement ridicule. C'est ton problème mon petit pote je dis a la glace, c'est ton problème si tu choisis de rester fidèle a un fantôme, alors ne fait pas supporter aux autres ce destin que tu as choisi. Ça sonne a l'interphone, il est pas dix heures du matin, je me dis que ce doit être un paquet ou une erreur. J'ai une invitation a vous mettre dans votre boîte me dit une femme a la voix jeune. Ah je marmonne. Oui un grand événement se prépare, elle me dit, je veux vous inviter à une cérémonie pour fêter la mort du christ. Après avoir raccroché je me dis que je croyais qu'il était mort a noël et puis ensuite je me rappelle qu'il est né a noêl. Je voulais aller voir violence conjugale à la méca et je me retrouve au chinois pour un festival punk sans groupe punk. C'est normal qu'il n'y ait que de la pouliche de compét' a ce concert me demande garçon a casquette avec une rare élègance. C'est pas la journée de la femme je lui demande. Après le premier groupe un duo électro punk qui m'a rappelé liège et que j'ai trouvé terrible car ils étaient tout a fond, on va au fumoir. C'est sympa quand on fume pas, je me retrouve dans une pièce tout petite ou 50 gugusses tirent sur leur clope. Un type arrive et me dit, on t'a jamais dit que tu ressemblais a, comment il s'appelle déjà ? Ca faisait longtemps je dis aux autres qui sont morts de rire. Si on m'a me l'a déjà dit je réplique aux gars, alors au choix je ressemble a sanseverino, jack bauer, horacio des experts, denis brongniard, bartabas ? Le gars explose de rire, ah ah rien a voir, ah ah. Tu ressembles au premier bassiste de noir désir. J'essaie de me souvenir a quoi ressemble le premier bassiste de noir désir, et je me souviens d'un brun un peu fluet. On restera plus tard avec la mère de mon filleul et son frère a regarder des photos sur mon téléphone du bassiste de noir désir, un peu dubitatif. Il voulait peut-être dire le batteur note garçon a grande barbe. Je me prends une seconde pinte et décidant de m'arrêter a trois, Le deuxième groupe est très bizarre, pas mal musicalement, un peu garage mais le chant est hallucinant. Le type marmonne des fadaises pathétiques avec une toute petite voix pop. Le groupe suivant a pour chanteur le seul type de la librairie monte en l'air qui te regarde pas comme si c'était un étron. Je croise des gens que je connais, et des gens que je ne connais pas. Je sirote ma troisième pinte pendant le formidable dernier groupe. Je sens enfin une énergie positive, je me dis que je suis encore vivant. Plus tard dans le métro, je ressens toujours une pointe de tristesse en regardant les couples qui rentrent chez eux, je sais que je dois continuer a supporter la solitude. L'apprivoiser. Ma vie ne sera pas pire que celle des autres, alors je souris en imaginant la plus belle femme du monde, je me dis que je ne dois plus être un fardeau. Et quand je sors du métro, je suis un peu plus léger. Plus léger du poids que tu ne plus supporter. Plus léger du poids que je ne dois pas supporter. Plus léger de ta main dans la mienne. De ta main dans la mienne.

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 11:01
Anatomie Bousculaire 48 (camilleri)

Je regarde la mer depuis la terrasse du restaurant ou je me régale de poulpe. Ce tableau idyllique est interrompu par un olibrius du nom de mimi augello qui vient briser l'absolu équilibre de ce moment de plénitude. Il s'assoit en face de moi en posant son gros cul d'imbicile sans que je ne lui ai rien demandé. Oh commissar, il dit, oh je suis venu vous raconter la nouvelle des nouvelles, parce que la commissaire, il va falloir vous assir pour bien entendre ça. Je suis déjà assis, mimi, et j'aimerais continuer de manger tranquiliment je dis en repoussant mon assiette et en posant mes mains sur mon ventre. Toi par contre je ne suis pas sur que tu reste assis très longtemps je lui dis d'un air mauvais. Oh commissaire, oh quel bouillabaisse sur le port si vous saviez ! Pourquoi tu me parles de bouillabaisse je demande a mimi ? Toi mimi augello ty connais la bouillabaisse ? Une fois dottori je suis monté au nord, tout au nord et je suis arrivé a marseille en france ! Et la on me sert le plat local, la bouillabaisse. Et ? je m'impatiente. Ce plat la bouillabaisse, une mère n'y retrouverais pas sy pitits commissar, c'est moi qui vous le dis, et ben sur le port c'est pareil. Ils ont quoi encore sur le port, ils commencent tous a me courir sur ce satané port. Vous n'êtes pas au courant, dottori. Au courant de quoi mimi ? Ce cornar fait durer un suspense qui n'a pas lieu d'être. Mais commissar me dit mimi avec un air de conspirateur, vous n'êtes pas au courant vous, que le pitaine a disparu aussi ! Comment ça le capitaine a disparu, je demande a la fois énervé par cette nouvelle et énervé que ce soit mimi qui m'apprenne la nouvelle. Mimi sort son calepin et me lit ce qu'il a écrit. D'après le magicien il est parti a la recherche du fantôme, d'après le philosophe il erre dans les limbes de son cerveau, d'après les joueurs de cartes il se bourre la gueule dans un coin, d'après le vieux du comptoir il pratique l'éclipse partielle et d'après le jeune serveur il a fui la pression imbicile de tout les abrutis du port. Mimi pose son calepin avec un air satisfait. Je repousse définitivement l'assiette de poulpe et je fais signe a mauro que je veux un café. Et toi tu crois quoi mon cher mimi je lui demande tout en réfléchissant. Vous savez commissar, moi si le fantôme était parti je crois que je serais parti aussi. Je reste songeur devant mon café. J'ai rien compris a ce qu'a voulu me dire mimi. Il a disparu ou il est parti ? Il a dit qu'il partait donc il a pas vraiment disparu m'explique mimi. Je suis sur que le capitaine a cru que partir allait faire revenir le fantôme. La naïveté de son amour l'a aveuglé. Le fantôme n'a pas disparu, elle est partie. Le capitaine n'a pas disparu non plus, il lui court après. Je regarde l'immensité de la mer, et je me dis que ce couillon de capitaine court après une chimère. Court après un fantôme. Et je hausse les épaules en me disant que ce couillon est amoureux. Il lui reste ça. Il est toujours amoureux.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 23:48
La plus belle femme du monde

Je sais que tout le monde pense que je m'en fous alors que je pleure chaque jour et chaque soir, ou chaque soir et chaque jour. Je sais que tout le monde rigole. Alors que je regarde mes larmes dans mes mains. Comme les gouttes de mes larmes ne deviennent rien du tout au creux de mes mains. C'est andré breton qui je crois disait, oui il disait je crois, c'est breton qui écrivait un philosophe que je ne comprends pas est un salaud. J'aligne les mots et je sais que tout le monde s'en fout, je sais que personne ne les lis comme je les écris, et je me dis que je dois être un salaud moi aussi. Je crois que c'est rien votre boule me dit le type en bouse blanche, vous semblez presque déçu il ajoute pas, oui je voulais en finir je ne lui dis pas. C'est tout en fin de compte, c'est juste ça, on vit seul, on meurt seul, ou peut-être pas mais tout le monde s'en fout. C'est dingue comme tu as cru un jour que ta vie allait changer, comme tu as pensé que ta vie pouvait se transformer. Il faudrait que tu boives un peu moins pour ne pas être celui que tu vas devenir, il faut que tu boives un peu moins. Vous savez monsieur, je suis sorti avec la plus belle femme du monde, pendant quelques jours, pendant quelques semaines, pendant quelques mois, pendant quelques années, elle m'a aimé et je l'ai aimé. On va tirer le rideau monsieur, on va le tirer parce que je n'ai plus rien a espérer, Je dis ça et puis et je comprends comme je suis égoïste, et comme je ne pense pas aux autres, et comme je ne pense pas aux enfants surtout les enfants. Tu veux que je te dise drink, j’aime pas ta colère, j'aime pas ta putain de colère parce qu'elle est facile. Tellement facile. Tu aimerais parler avec ces gens qui te disent de relativiser, tu sais que tu ne vas passer a autre chose, tellement pas. Tu sais que tu ne veux pas passer a autre chose, tellement pas. C'est pas si facile de ne plus être toi, tu as trop bu ce soir, sans doute que tu as compris qu'elle ne reviendrait jamais et tu t'es dis que c'était peut-être vrai, elle ne va pas revenir bordel autant se flinguer, cette nouvelle que tu as écrite ou un type toute sa vie attends une femme qui ne viendra jamais, qui jamais ne viendra, cette nouvelle c'est de la prégnance. J'aime pas ma fureur, j'aime pas mes pleurs, j'aime pas ce que je suis, un pauvre con qui vrille, attendant la nuit. Ne pas me morfondre, ne pas. Je m'assieds sur les marches et j'attends que la vie me laisse une autre chance. Et si ce n'est pas le cas, j'attendrais la prochaine. Si ce n'est pas le cas, j'attendrais la suivante.

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