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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 19:47
Coloration en demi-teinte

Je reste un peu idiot chez la marchande de journaux de la rue de ménilmontant qui chante toujours des chansons d'un autre siècle que je ne connais pas. Que ce soit les chansons ou le siècle. Je reste un peu idiot car une femme qui raconte sa vie a la marchande de journaux - il faut dire que chez la marchande de journaux il y a toujours une femme qui raconte sa vie a la marchande de journaux ou alors c'est la marchande de journaux qui raconte sa vie a une cliente - enfin bref après que j'ai dis un truc du genre quand j'étais jeune ma grand-mère lisait point de vue image du monde, c'est après que la femme qui erre dans la boutique à demandé ce qu'elle pouvait acheter pour sa mère et donc j'ai récité les journaux que lisait ma grand-mère quand j'étais jeune, c'est a dire point de vue image du monde, notre temps et la sélection du reader's digest, et donc après que j'ai dis ça la marchande de journaux dit c'est dingue vous voulez ma place vous avez donné exactement les journaux que j'aurais donné, et donc pour rebondir j'ai haussé les épaules et j'ai dis a la marchande de journaux qui chante tout le temps, vous savez quand j'étais jeune c'est ce que lisait ma grand-mère et c'est vrai que j'étais jeune car ma grand mère a du mourir quand j'avais 25 ans et quand j'allais passer du temps chez elle c'est que j'étais jeune, il y avait pas le tgv a l'époque, c'était des trains sans fin et je finissais en stop s'il n'y avait plus de car et du coup la marchande de journaux a laquelle je tends ma monnaie pour mon libé du samedi me dis ne dites pas quand vous étiez jeune mais vous êtes toujours jeune. Et là je reste un peu idiot en me demandant ce que la cliente veut pouvoir dire après qu'elle est lâché : Mais monsieur avec le physique que vous avez, vous paraîtrez toujours jeune. La marchande de journaux semble penser que c'est un compliment vu le clin d’œil qu'elle me fait en rigolant. Je me barre courageusement de la boutique et alors que je redescends la rue de ménilmontant pour rejoindre la rue des Pyrénées j'essaie de comprendre ce que ça voulait dire. J'ai un moment de pure nostalgie brutale, ce genre de moment ou on se demande pourquoi on est en vie et ou on a juste envie de se couper les veines, enfin bref un moment de déprime brutale qui ne dure que deux secondes. Je pense au fantôme qui aurait dit mais elle te draguait espèce d'andouille. Je lui aurais répondu en haussant les épaules mais arrête de croire que toutes les bonnes femmes me draguent. Je souris et en même temps j'ai envie de me pendre. J'ai un peu de pur bonheur et un instant de pur douleur. Alors que je rejoins ma rue ou des cars de crs ont chassé les dealers pour surveiller les migrants qui ne resteront pas vingt quatre heures dans le local qu'ils ont squattés, je me demande ce que voulait dire la cliente chez la marchande de journaux. J'ai peu être un physique de vieux. Ou peut-être pas. On verra bien assez tôt. On verra bien assez vite. Enfin on verra.

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 15:14
Odyssée de la déroute

La douce dérive de mon esprit. L'impossible extase de la déroute. Je me laisse divaguer un peu, les neurones anéantis par deux vodka-tonic. Tu sais ce que j'adore chez toi, dis une jeune fille a une autre fille sur la ligne 11 entre arts et métiers et république alors que je lis un pete dexter qui est comme tout les pete dexter aride et sec, racial et bestial, c'est l’intérêt et la fascination que tu porte a des petites choses et des petits détails. Je souris. Il y a un philosophe assez connu un mec genre Nietzsche qui a écrit que la vie serait totalement impossible si on accordait pas de l'importance à ce qui n'en a pas. De l'importance. Ou alors c'est cioran. Si ça se trouve c'est cioran dont j'ai découvert la veille dans libé qu'une bourse portait son nom. En même temps recevoir la bourse cioran c'est autre chose que de recevoir le grand prix de l'académie française. Je continue ma vie sans. Ma vie sans poil, ma vie sans cinéma, ma vie sans sortie. Au rugby la mi-temps, pour les types de ma génération c'est à dire les vieux qui vont vers la cinquantaine, c'était s'asseoir en rond au milieu du terrain comme pour le jeu du foulard et écouter l'entraîneur gueuler comme un putois au réveil. Au rugby donc à la mi-temps, quand on coulait tel le titanic, qu'on se prenait une branlée devant, qu'on vouvoyait notre rugby, l'entraîneur disait toujours, faut revenir aux fondamentaux les gars. Revenir aux fondamentaux. Je levais les yeux au ciel surtout que c'est capitaine drink qui devait expliquer avec sa putain de voix de canard éraillé ce qu'était revenir aux fondamentaux. Des touches propres, des mêlées propres, du basique, des trucs qu'on apprend en section poussin en école de rugby. Comme disait l'entraîneur qui me détestait et m'adorait en cadet, monsieur drink qui est resté un poussin visuellement va vous expliquer les fondamentaux les gars. Je continue con comme je suis, et pour moi maintenant dans ma vie vide et même pas tourmentée, revenir aux fondamentaux c'est aller acheter des livres. Je prends le 96 sans poussettes d'un samedi de juillet et je file vers ce qui me rend un peu vivant, acheter des livres. Ma vie ce sont des pages qui se tournent, ma vie ce sont des pages. Déjà écrites et récitées par coeur mais qu'on tourne quand même. J'ai fini par acheter le dernier carrère d'occasion, je le trouvais jamais, je n'achète jamais de livres neufs, je rends assez nostalgique ma banquière comme ça, je n'achète que d'occasion, je me souviens monsieur drink elle dit parfois ma banquière, je me souviens qu'une fois dans votre vie vous n'avez pas été a découvert en fin de mois. En entamant le royaume de carrère je me suis demandé si je l'aurai donné a lire a ma mère. C'est bizarre de penser a ma mère, ça faisait quelque temps que ça ne m'était pas arrivé. Soeur krisha m'a dit l'autre fois qu'elle ne dormait plus jamais bien depuis la mort de ma mère. Comme les deux activités principales de soeur krisha dans la vie sont dormir et jacter j'ai eu un petit moment de surprise. Je me souviens de cette bande dessinée le cancer de ma mère qui m'avait beaucoup troublé. Je me demandais si je devais lui prêter ou pas a ma mère alors qu'elle passait déjà une bonne partie de sa vie avec le cancer. Comme je suis lâche je ne lui ai jamais donné cette bande dessinée. J'en ai jamais juste parlé à la plus belle femme du monde qui l'a lu sur les marches d'une église en pleurant un midi je crois. C'est curieux tous ces détails auxquels on donne une importance alors qu'il n'en ont pas. C'est curieux. Je vais continuer les deux seules activités qui m'intéressent dans la vie. Lire et picoler. Ecrire maintenant c'est fini. La vingtième sera la dernière. Je ne saurais jamais ce qu'elle en a pensé. Je ne saurais jamais. Ca me suffira pour arrêter. Ce sera même parfait pour arrêter.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 09:26
Mille belleville

Ma vie est un sentiment qui ne me quitte pas. Des pavés de belleville des murs de la vieille ville au loin, si loin. La vie est une douleur qui ne me quitte pas. Comme un regard soudain, comme un regard si soudain. La vie est un bonheur qui ne me quitte pas. Arrivé en bas du parc on enquille la rue pali-kao. Je bois mon café au bord de la seine alors que le jour retient le soleil. En face d'où est né mon grand-père. Pas loin d'ou ma mère était dans une chambre d'hôpital. Près d'une femme aux cheveux longs qui les perdaient. Ses cheveux longs. On regarde le ciel qui passe du bleu au gris. On regarde le ciel. Le matin j'ai croisé ce type près du palais de justice dont je me persuade qu'il est l'avocat de la veuve de céline. J'ai déjà vu le film plusieurs fois mais je reste quand même scotché devant l'écran. J'essaie de ne plus penser a la plus belle femme du monde mais je me dis que l'enfant lui ressemble un peu. Marrant comme tous les enfants ressemblent au fantôme. Il se met vaguement a pleuvoir. Vous n'aurez qu'a tous nous passer par les armes quand vous serez au pouvoir je dis au type. Le copain du garçon vaguement corse a une voix hallucinante de suffisance. Vous avez dit quoi monsieur drink me dit le type en me regardant interdit. Je lui répète. Vous pourrez nous passer par les armes quand vous serez au pouvoir ça résoudra la problème. Je veux voir un responsable il dit. Je ne suis pas sur qu'il y en ait de présent. Des irresponsables à la rigueur je hausse les épaules en décrochant mon téléphone. Tout est fermé rue des envierges, il n'y a que le café ou je ne vais plus qui est ouvert, celui que le fantôme voulait cramer. En face, c'est ouvert maintenant, comment s'appelait le café les balcons je crois, maintenant on dirait un resto de loin. Je traverse la place krasucki il est dans les une heure du matin. Je reste avec le garçon si jeune a la station ermitage ou il attends le 26. A l'aube je regarde les prévisions et je vois qu'ils annoncent de la grêle. Je bois une ou deux leffe pendant le film. Tout recommence a l'identique sans doute, tout recommence à l'identique. Un jour tu auras un vélo, un jour tu l'auras. La vie est une fusion qui ne me quitte pas. Tes yeux ton regard. Ca ne me quitte pas.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 20:41
Belleville morceau

Tu es un écrivain. Un écrivain. Tu es un écrivain elle écrit. J'ouvre une des nombreuses bouteilles de vodka qui hantent mon immense frigo. Enfin mon grand congélo. Tous ces cadeaux de femme polonaise. Tu es un écrivain elle dit et même si elle seule le pense ça me suffit. Ça suffira. Ça suffisait. Alors ça suffira non ? Un con a vélo essaie de m'écraser sur le trottoir du pont recouvert de cadenas. Ils enlèvent ceux du pont des arts. Vous connaissez le pont de l'archevêché les gars ? Des cadenas et des cadenas et des putains de cadenas et des touristes, et des mariées qui font des photos au petit matin un peu après l'aube. Je m'attaque au bateau. Il va falloir le détruire. Comme tout le reste. Ne pas solder les comptes. Je pourrais pas. Si tu me quittes est ce que je peux venir aussi. On ne peut solder ce qui n'est pas terminé. Elle ne va pas la lire tu te dis. Elle écrit c'est bien que tu ais fini mais elle ne vas pas la lire. C'est quoi ton putain de problème podna, c'est cette fatigue un peu raide, cette vie un peu vide, cette illusion que la vie va revenir, bordel la vie c'est pas du cinéma, on ne peut pas retourner les scènes, la vie c'est pas une putain d'illusion ou une sorte de rêve qui te fait croire que les choses vont s'améliorer, que la vie va changer, mais bordel non bougre de con, la vie ne va pas s'arranger, tu peux chanter le refrain a l'infini c'est le couplet qui compte, c'est toujours le couplet qui compte. Tu peux entendre cette femme qui dit vous me dégoutez tous avec votre bonheur de merde, tu peux l'entendre mais tu ne l'écoute pas. Des musiques te parviennent dans ce non sens qu'est devenu ta vie, une pauvre réalité qui n'est qu'un néant, tu devrais oublier sans doute, tu devrais mieux ne pas. Tu lis et relis les mots, tu lis et relis les mots. C'est la fin maintenant, c'est la fin, tu le sais, tu écris les dernières lignes, tu les lis et les relis. Tu pense a nick tosches, bordel tu adorais nick tosches c'est juste l'inverse de philip roth, il disait quoi déjà jauffret, le meilleur écrivain français vivant, il tweetait quoi déjà, "philip roth arrête d'écrire : il avait donc commencé ?. Je vais faire les lits dit la mère de famille dans la série branchouille, je me demande si réellement les mères font encore les lits. Je me demande. Si les femmes disent encore a leur fille qui vient les voir je vais faire ton lit. Le rire cristallin de la plus belle femme du monde quand elle me racontait le tweet de jauffret. Je peux venir avec toi puisque tu ne vas nulle part. Je peux me quitter moi aussi, me quitter déguisé en pas moi. On ne va partir nulle part, dis. On ne va pas partir nulle part. Ma cantine qui ferme racheté, par le café d'à coté, putain il n'y a plus que des caves a vin qui ouvrent dans le quartier avec des planches a la con. Il faut détruire le bateau, il faut brûler le port, il faut oublier non oublier n'est pas le mot, il faut vivre sans, tu n'auras jamais de jugement pour la dernière, tu resteras face au silence, tu ne sauras pas. Tu sauras juste, tu es un écrivain. Vodka, vodka, vodka, tu parles, mon cul ouais, tu bois un malheureux petit shot dans ces verres épouvantables que tu as ramené de vegas. Tu es un écrivain elle répète a l'infini elle écrirait a l'infini si elle t'écrivait encore. La saison 3 de la série qu'était bien. C'est la mer a boire, ce rade, cette vue, c'est la mer a boire. Même redécoré c'est la mer a boire. Ils ont tourné quand, je passe souvent par la, il n'y a pas eu de tournage. Il y a des tournages partout dans la quartier, des catering sur la place des rigoles, des catering sur la place du guigner, des tournages dans la librairie de l'autre con, une des quatre de la rue du jourdain, des tournages dans la maison aux volets bleues de madame machin là. Les pigeons me parlent. Ils ont grossi. Un tournage à la mer a boire j'en ai pas souvenir. Les pigeons ont grossi, la plus belle femme du monde ne les chasse plus, ils font du gras, ils ne s'envolent plus. Ils ne s'envolent plus pour échapper a la furie hystérique qui leur court après. Un peu nostalgiques ils ont l'air. Ce rade c'est la mer a boire, la nouvelle saison est pas terrible, trop de fric, il n'y a plus le bricolage du début. La femme court rue piat. Ce soir j'irais au belvédère du parc de belleville, ce soir j'irai au belvédère, ce soir ivre de je ne sais quoi, ivre d'amour et de larmes, ivre de peur et de sperme, ce soir ivre des images, ivre de toute ma vie, ivre de ton absence, ce soir je vais pleurer, je vais pleurer toutes mes larmes, ce soir je vais regarder la tour eiffel et ne jamais oublier. Des gens partout et nulle part, des gens partout et moi tout seul parmi eux, fascinant cette solitude au milieu du monde, ce soir seul en haut tout en haut, aux 100 mètres d'altitude de la rue de ménilmontant, enfin 108 tout en haut, 100 mètres c'est à la maison, a l'angle de la rue des Pyrénées. Tout se finit, c'est sans doute ça qui est bien, tout se finit c'est sans doute le mieux, pas pour moi, mais pour les autres c'est beaucoup mieux ainsi. Tu es un écrivain, elle écrit et elle écrit encore. Tu es un écrivain. J'écrirais plus je lui dis, j'écrirais plus, je lui dis, j'écrirais mais de temps en temps je te donnerais des nouvelles. Des nouvelles de rien. Des nouvelles du vide. Tu es un écrivain elle écrit, je lui montre la tour eiffel depuis le belvédère. Il se passe pas grand-chose sinon, il se passe pas grand-chose depuis que tu es parti. Il se passe pas grand-chose.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:31
Le vide belleville

Alors que je reviens de faire trois courses pour manger quelque chose, je passe devant la terrasse du café ou se trouve le patron du restaurant d’à côté et mon voisin un peu cinglé. Ils m'invitent et je prends un picon en cette fin d'après-midi paresseuse. Un dimanche qui pionce doucement. J'ai rangé tout l'appartement un peu poussiéreux suite aux travaux et j'ai lavé tout la vaisselle que j'avais stocké dans des cartons avant de partir pour le bout du monde. Je sirote mon picon alors que voisin un peu secoué verse un calvados dans sa tasse de café vide et que le patron du restaurant semble boire un whisky. Terminer la dixième je me dis, terminer, solder tout cela. C'est si difficile si tu savais. Denis Lavant passe juste devant nous et commande un café au comptoir. Le visage du fantôme m'arrive alors en pleine tronche. Je l'imagine en train de boire un thé a cette terrasse miteuse dans ce café vaguement mafieux. Elle me dirait oh c'est denis lavant avec son grand sourire de petite fille. Je pourrais aller au cinéma aujourd'hui, je pourrais aller nager, je pourrais aller au café ou il y a une sorte de vente de petits trucs sympas, je pourrais aller au concert des ramonheurs de menhir au cicp. Je pourrais et je ne fais rien. Le patron du restaurant part pour une fête dans le treizième après avoir payé mon verre. On discute littérature russe avec voisin. Il a vécu a moscou, il parle russe et créole aussi. On parle de pouchkine. Des gens passent, ils me parlent de ma voisine. La fascination qu'elle exerce sur lui me fait rire. C'est le genre de journées qui s'étirent, j'aurais pu aller voir ma mère, elle aurait fait un bon repas, j'aurais un peu picolé pour noyer l'angoisse. C'est dommage qu'elle soit morte. Mon voisin continue de tenir le crachoir a jactance, il me parle du livre qu'il est en train de terminer, une sorte de comparaison entre le cyrillique et le créole parce qu'il a vécu a la réunion aussi. Pas gagné de trouver un éditeur il dit. Il me demande conseil, je ne lui dis pas que je suis bien la dernière personne capable de trouver un éditeur. Je rentre avec mes courses et je commence a couper les carottes alors que je mets l'huile d'olive et les oignons a roussir tranquille. Maintenant je regarde par la fenêtre quand je fais la cuisine, la vue imprenable sur la cour et les achélem d'en face. Je ne trouverais plus de post-it maintenant que la cuisine est neuve. J'entends de la musique au loin. Une voix qui chante en allant vers la bastille. Mais peut-être que je rêve. Peut-être que c'est un rêve.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:23
La vie sans poils

Le chanteur hirsute et trempé me prend dans ses bras, il pose sa tête au creux de mon épaule, se laisser comme si toute son énergie se reposait tout a coup au creux de mon épaule. Un type me dit bonjour dans le bus qui rentre de montreuil, enfin dans le 26 qui rentre de maraîchers, Je lui réponds sans savoir si je le connais ou s'il me prend pour quelqu'un d'autre. Je pose un peu de mâche dans le fond de l'assiette, je découpe un avocat qui vient du marché du guigner en lamelles, je coupe en petits dés la feta qui vient du turc de la place des rigoles, je coupe les petits poivrons jaune et rouge et vert en deux et j'en mange un après avoir déposé les autres entre l'avocat et la feta. J'inonde d'huile d'olive et je me coupe deux tranches de pain aux abricots et aux noix et je me dis que ça suffira pour aujourd'hui. Je me demande depuis combien de siècles je n'ai pas été au cinéma, je me demande pourquoi, le dernier film que j'ai vu c'est avec cet acteur qui joue dans des bons films en général avec cet errance ultra chiante dans new york d'un type qui ne veut pas déscotcher d'une fille qui l'a largué. Je ne me suis pas du tout senti visé. Je reprends la vie tunnel, je continue d'avancer parmi les vivants et les morts, je continue de ramper parmi les cadavres et les chiens, je continue de parler pour que personne ne m'entende. Tu perds tout tes poils me demande le père du garçon, bordel t'es rasé de partout on dirait un poussin, il te reste que les sourcils. Dans cet époque hipster poilu et hyper tatoué, j'ai décidé d'affronter le monde le monde nu de tout poil et de tout signe de reconnaissance, la peau vierge de tout signe encré, je lui explique un peu pontifiant. Tu ressemble au dingo dans full metal jacket en moins gros me dit la fille qui semble toujours hilare quand elle me voit. Elle doit sniffer de l'hélium je me dis, ou plus simplement être alcoolique. Chaque jour qui passe sans alcool semble me rapprocher de l'alcool. Chaque jour qui passe sans alcool semble me ramener vers l'alcool. Je regarde le soleil qui brille sur la tour eiffel dans le froid printanier, je ne crois pas que ça me rende très heureux. Je longe les pavés et les murs, je longe les cailloux et les bosses, j'aspire un peu l'espace, je respire encore et encore belleville. Le soleil me fait fermer les yeux, des gouttes naissent au creux de mes cils, je suis un peu perdu alors je marche encore. Sans toi je suis perdu, alors j'avance encore pour aller nulle part. Ne plus aller nulle part.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 15:16
Ma vie en bitume

La veille je chauffais mon corps épuisé sur le pavé de belleville. Dans le petit matin de la place du guigner je marche sous la pluie vers le politburo du samedi. Le lendemain je marche encore sous la pluie. Le lendemain un homme me dira : après la guerre ils ont tourné un film en utilisant l'ancienne gare place rungis comme décor, c'était sensé être un film qui se passait pendant la guerre, et ils avaient tout reconstitué. Et bien ta grand-mère n'a plus été faire ses courses place rungis pendant des mois, elle disait des boches j'en ai assez vu pendant la guerre. J'ai une telle crêve un matin que je décide de me faire un grog avant d'aller bosser mais je dois mettre un peu trop de rhum ce qui fait que je suis incapable d'aller bosser. Je ne trouve plus les mots mais je ne sais pas si c'est mon état de fatigue ou juste la lassitude de mes propres mots. Je n'arrive plus a parler à la plus belle femme du monde, ça me rends tellement triste. Je ne sais pas si c'est l'épuisement que je ressens, c'est comme si mon propre corps ne voulait plus, lui non plus, écrire un mot après l'autre, comme si mon âme ne savait plus parler. J'essaie de me reposer et je suis encore plus épuisé, j'essaie d'écrire et je ne trouve plus les mots. et plus je cherche les mots, moins je les trouve. J'erre dans les rues de belleville, il pleut des cordes, je reviens de saint fargeau, les rues de belleville semblent comme passé au gris, comme déjà un autre monde. Un peu comme les gens avec lesquelles j'ai passé mon dimanche, derniers vestiges d'une famille qui s'éteint. Je suis tellement contrarié de ne plus trouver les mots, je les ressasse a l'envers a l'endroit et ils ne reviennent pas. Je te ressasse a l'endroit a l'envers mais tu ne reviens pas. Non tu ne reviens pas. Tu ne reviens pas.

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 19:20
Loin

Une partie du film se déroule à oulan-bator. J'ai toujours voulu y aller, j'irais sans doute jamais. J'ai envie de fuir. Pas forcément loin mais ailleurs. Je me dis que j'ai rarement touché d'aussi près la sensation que je ressens en ce moment, alors qu'après la projection, je suis au milieu d'un groupe qui parle dans une langue que je suis le seul a ne pas comprendre. Étranger au monde. Enfermé dehors comme dirait l'autre. C'était donc ça vieillir je me dis, la maturité est synonyme d'ennui. Ou peut-être est-ce la solitude que je m'impose. J'ai pourtant repoussé les limites. Mais mon corps ne suit plus. Partir loin pour accepter de vieillir tout seul. Le vent souffle sur le canal alors que je sors de l'avant-première du film un peu décevant. C'est un doc ou une fiction je me demande. J'aime pas les films qui ont le cul entre deux chaises. Pauvre fantôme je me dis, elle aussi avait le cul entre deux chaises. Pauvre fantôme je pense et je repars vers mon appartement là-haut sur belleville. Je regarde mon agenda qui est rempli de manifestations diverses et variées presque chaque jour, je regarde ces films a voir, ces gens a rencontrer, ces soirées d'anniversaire, ces concerts pleins de bière, ce vide rempli par mon écriture tremblante. Je regarde les jours a venir, je décompte le compte, je souris a l'évocation des jours a fêter. C'est étonnant je me dis en remontant l'avenue simon bolivar comme on peut être absolument seul sans ne jamais être seul, parce que c'est bien le cas en fin de compte, je peux pleurer crier me rouler par terre, je peux me plaindre mais je ne suis jamais tout seul, je sais que la plus belle femme du monde marche toujours avec moi alors que nous atteignons le métro pyrénées et la rue du même nom, alors que la nuit se couche sur ménilmontant alors que la tour eiffel s'allume pour saluer la plus belle jolie de ses fans qui s'empresse de sourire. Je revis toujours les mêmes événements, revois les mêmes images, mais je ne m'en lasse pas, on peut aller tout les jours rue piat, descendre la rue des envierges, regarder la vitrine de chez diego, traverser la place krasucki, remonter les escaliers ou passer par la rue des cascades. Je ne me lasse pas de ton souvenir, parce que ton souvenir c'est ma vie, parce que vivre c'est me souvenir, parce que ma vie c'est de penser, même si tu n'as pas trop le choix, au fond personne ne mérite un fardeau pareil, je me dis en remontant la rue de l'ermitage, au fond personne ne mérite le poids d'un amour surhumain, alors peut-être que je devrais le taire, peut-être que je devrais me taire et ne plus te déposer sur les épaules ce fardeau que tu ne mérites pas. Je traverse la place du guigner, un rideau a bougé à une fenêtre de la maison bleue que tu aimes tant. Je me demande si ce n'est pas toi qui m'a regardé passer. Je me demande si ce n'est pas toi. Si ce n'est pas toi qui sourit tout bas.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:49
Fougue sentimental

J'aime bien rêver, je crois. Alors j'imagine que la plus belle femme du monde va revenir fouler le pavé de belleville, j'imagine qu'elle va revenir, J'imagine parce que ça ne peut pas être autrement; Si je veux vivre je ne crois pas que ça puisse être autrement. J'aimerais mieux ne pas penser différemment, j'aimerais mieux ne pas. J'aime bien la réalité, je crois, alors je devine le pas léger et aérien, j'imagine qu'elle court après les pigeons rue des envierges, j'imagine qu'elle regarde la tour eiffel a l'angle de la rue des Pyrénées et de la rue de belleville, après qu'on ait croisé carax qui promène son chien vers le collège françoise dolto. J'imagine qu'elle me la montre alors que nous traversons la rue et qu'elle s'arrête au milieu, qu'elle tends le bras vers la tour eiffel et que je la porte jusqu'au trottoir alors que tout les demeurés en bagnole se mettent a klaxonner comme si ça allait leur faire pousser une troisième couille. J'ai besoin de rêver, je sais, alors j'imagine la plus belle femme du monde qui demande au serveur de la mer a boire s'il a du faux coca, j'imagine la plus belle femme du monde qui se perd dans le parc de belleville, je l'imagine qui chante a mon bras dans la rue des cascades après avoir jeté un sort au rade sur la place krazucki. J'aime bien rêver, je sais, et j'en ai besoin, Ca me fait du bien et ça m'apaise. Alors je ne m'empêche pas de rêver, je ne m'empêche pas de rêver a toi.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 10:27
Le tour de la propriété

Au rugby on dit revenir aux fondamentaux a la mi-temps quand on ne sait plus trop quoi dire. Pendant le match aussi, quand on sent que ça ne va pas trop bien. Revenir aux fondamentaux. Alors je descends la rue du guigner, je regarde cette crèche qui ressemble a une prison. Des types nous avait dit cela je crois, alors que j'étais avec la plus belle femme du monde. Je longe le marché du guigner et je regarde la vitrine de ce nouveau magasin qui ne vend que des bières. Je marche un peu rue des Pyrénées, je vais jusqu'au bout, quand elle devient l'avenue simon bolivar. Je repense au nom du magasin qui ne vend que des bières en dépassant le magasin de bricolage. A la bière comme a la bière. Un peu plus, je redescends sur belleville par la rue pradier, Je passe devant le fleuve rouge et je me dis qu'il y a bien longtemps que je n'y ai pas été mangé. Je cherche la trace de la plus belle femme du monde alors que le soleil vient me chatouiller l'épiderme. Je reprends la rue de belleville en passant devant le pacifique. Avec les énormes poissons dans les aquariums. Je redescends jusque sur le boulevard ou des femmes asiatiques font le pied de grue du matin au soir et du soir au matin. Je n'y verrais pas la plus belle femme du monde. Je parle avec un type qui visiblement me connait vers le métro ménilmontant un peu plus tard alors que j'ai repiqué vers l'arrêt du 96. Je remonte la rue de ménilmontant alors que j'essaie de sentir un peu de plénitude que je ne trouve pas vraiment. Plus tard, le patron du turc me fait la bise, sans que je comprenne trop pourquoi. Des gens écrivent des sortes de dazibaos sur la vitrine murée de la cantine des Pyrénées. Je cherche un peu partout la plus belle femme du monde, même si je sais qu'elle n'est pas tout a fait la, même si je sais qu'elle est partout avec moi.

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Unsane Minds Unsane Bodies

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