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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 05:42

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Le mot juste c’est le silence. Même s’il m’est impossible de m’abandonner dès maintenant à cette muette sagesse – comme je le ferais bientôt – il faut que je cesse sans plus tarder d’être écrivain dans le sens le plus misérable du terme. Il faut que je laisse sans plus tarder le putanat le plus roublard derrière moi. Il faut que je fasse preuve de simplicité. D’une simplicité que je n’aurai pas le temps de trop polir, pas plus que je n’aurai le temps de revenir sur ce que j’écris, de m’arrêter ou de me livrer à de longues réflexions. Comment pourrais-je considérer comme un livre ce flot de paroles qui s’échappe de moi ?

 

                                                                      Nick TOSCHES

 

 

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 18:02

 

 

Je parle un peu avec ma mère. Elle me dit a tout à l'heure. Et puis elle raccroche le téléphone et elle ferme ses yeux et s'endort. Une femme entre dans sa chambre quelques minutes plus tard. Se rend compte que ma mère ne respire plus. La femme du bar sort dehors sur la terrasse et pose sa main sur mon épaule en me disant quoi de neuf. Ma mère est morte je réponds pas. Je me dis que le taureau la tuerait pour sa main sur mon épaule sauf que je me dis juste après que je serais déja mort avant vu que le taureau m'aurait tué d'être en train de siroter un picon-bière. Je dors en pointillé. Nièce l'américaine m'envoie un sms a 4 heures et quarante minutes du matin pour me dire qu'elle adore mon cadeau d'anniversaire. Je me souviens de la vendeuse, c'est un cadeau parfait pour une jeune fille de 15 ans. Le taureau fulminait derrière moi en disant je vais lui faire bouffer moi son collier et ses boucles d'oreilles. On se gèle sur la petite place devand ce film hallucinant et kitsch. Je me réveille a nouveau dès l'aube, je regarde la nuit sur la cour a travers ma fenêtre. Je suis un enfant de l'hiver qui regarde le printemps mourir. Je croise la fille du politburo dont le père vient de mourir, bienvenue au club des orphelins elle me dit des larmes dans les yeux. Je regarde le visage du petit taureau qui essaie de franchir les barrières du cauchemar, ça fait tanguer tout le bateau. Pourquoi m'as-tu quitté elle me dit au réveil alors que je sirote mon café. Mon genou se traîne derrière mon corps comme une excroissance morte. Je commence à me préparer pour aller voir ma mère quand on m'appelle pour me dire qu'elle est morte.Faudrait peut-être passer une échographie me dit le type sympa du dispensaire. Le visage de votre mère s'éclairait quand elle parlait de ses enfants me dit une femme. Ma vie est un ligament qui se fissure. Tu pose ton coeur sur mes yeux. Nous regardons le cercueil en bois descendre en bas du caveau. Tu ouvres un parapluie, il reste dans mes mains et je regarde tes yeux qui essuient la vitre trempée par la pluie. Je regarde tes yeux.

 

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 08:49

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L'une est née avant-guerre dans un hôpital parisien de la rue d'assas. Je ne sais pas si de la chambre de sa mère, on voyait le jardin du luxembourg. La seconde femme est née dans un pays qui n'existait plus, ancienne colonie allemande qu'on avait placé sous la tutelle de la france suite à la guerre de 14. La première de ces femmes a vécu à paris toute sa vie, sauf pendant la guerre ou on l'a envoyé chez de vagues cousins en auvergne. La seconde de ces femmes a vécu toute sa vie en afrique dans son pays devenu indépendant. Il n'y avait qu'une faible probabilité que ces deux femmes se rencontrent. Très faible. La première quittait parfois la france, mais c'était pour aller dans un autre pays d'europe, limitrophe, une fois à la retraite elle partirait un peu plus loin jusqu'au etats-unis pour y avoir sa fille et  sa petite-fille. La femme du pays d'afrique eu de nombreux enfants, certains partirent pour la france. Certes, les chances que ces deux femmes se croisent, se rencontrent, se parlent, certes ça pouvait devenir un peu plus crédible, mais les chances restaient minces. On a détecté chez la première femme un cancer assez grave, elle a commencé à fréquenter l'hôpital. Les choses se sont améliorés pour elle. La seconde femme venait parfois en france, rarement, pour assister à une naissance, un mariage, une fête familiale. Peut-être que ces deux femmes auraient pu se rencontrer, peut-être, ce ne fut pas le cas. Pas encore.  Un jour, la première femme a ressenti des douleurs, il a fallu la réopérer d'urgence, et puis la reréopérer, elle ne pouvait plus marcher. La seconde femme, celle d'afrique, est venue a paris pour assister à la naissance de sa petite fille. Son dos s'est bloqué, on lui a détecté un problème dans les reins, il a fallu l'opérer. Ces deux femmes se sont donc retrouvés dans le même service, peut-être a quelques mètres l'une  de l'autre, proche voisine, mais pourtant elles ne se sont pas rencontrées. Leurs enfants, leurs familles, leur entourage, peut-être se sont croisés, mais ils ne se sont pas parlés. Peut-être un sourire dans un couloir, ou devant l'ascenceur, mais rien de plus. On a envoyé la seconde femme dans le service de réeducation de l'hôpital. Quelques jours plus tard, on a aussi envoyé la première femme dans le service de réeducation de l'hôpital. Elles auraient pu etre a des étages différents, dans des chambres différentes. Elles auraient pu ne jamais se croiser, ce ne fut pas le cas. Elles se sont retrouvées dans la même chambre a quelques mètres l'une de l'autre. A quelques mètres. Des semaines, des mois ont passés, et un jour,  il a fallu que la femme originaire du pays d'afrique libère de la chambre. Elle était guérie. On a installé quelqu'un dans son lit en fin de matinée, elle est resté toute la journée près de la première femme, sans vouloir partir. Et puis le soir venue, sa fille est venue la chercher, et ses deux femmes qui ne se connaissaient pas quelques mois avant se sont dit au revoir  comme deux soeurs. La femme d'afrique a dit qu'elle reviendrait le dimanche. Le lendemain, la femme parisienne a fermé ses yeux et s'est endormi. Quelques minutes plus tard, elle était morte. Elles ne se sont jamais revues. 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 08:28

 http://image.toutlecine.com/photos/g/u/m/gummo-1997-03-g.jpg

 

Je reste totalement abasourdi quand ma soeur dit je suis en colère contre dieu. Je me demande si elle n'a pas sniffé un rail de verveine. Soeur l'américaine me dira plus tard, non mais qu'est ce qui lui a pris de dire un truc pareil. La femme dit au téléphone tu comprends drink j'avais une place particulière dans le coeur de ta mère. C'était un peu spécial entre elle et moi. Comme une bonne autre centaine de personnes je lui réponds pas. Mes soeurs se partagent les bijoux, veulent absolument que je prenne la chevalière de mon père, un truc moche et gros en or avec ses initiales. On erre dans l'appartement sans trop savoir que faire. La pluie succède au soleil. Je regarde le visage de ma mère pendant que le médecin montre au flic qui doit sceller le cercueil un truc qui doit prouver que ma mère est morte. Je suis un peu surpris pendant la messe quand un des prêtres nous demandent de venir autour du cercueil pendant qu'un autre prêtre se lance dans un solo a la ivan rebroff. Le curé nous dit vous savez votre mère, elle était incroyable, quand je venais la voir elle m'engueulait presque en me demandant pourquoi j'étais venu et si je n'avais pas mieux a faire. Soeur krishna qui est en free style dit au prêtre vous savez notre mère avait un caractère incroyable, elle ne disait jamais du mal de personne, elle ne s'énervait jamais, c'est pour ça que tout le monde l'aimait. C'est pas de chance, aucun de nous trois n'a sa patience et son caractère, elle ajoute en se marrant. On tiens de notre père, je ne dis pas. Le coeur d'une femme palpite à l'autre bout de la france, elle ne peut plus se lever, elle est à bout de souffle. On lui fait tout les examens du monde on ne trouve rien. Peut-être que son coeur ne veut plus battre, comme si la mort de sa meilleure amie lui coupait l'envie de vivre. Je n'ai jamais envie de pleurer, je n'ai pas le temps de penser, j'essaie de repousser les sentiments qui me faillent. Oh mon fils me dit la vieille femme noire qui marche avec sa canne, oh mon fils elle pleure dans mes bras. Une femme qui doit avoir plus de 60 ans et qui n'a pas changé d'un pouce depuis dix ans que je ne l'ai  vu, me demande si je la reconnais. C'est curieux comme l'émotion ne te prends jamais quand tu t'y attends. C'est comme les feuilles qui volent sous le vent d'automne, tu ne devines jamais leur direction. Ma vie est une feuille d'automne balayé par le vent. La boucle est bouclée je me dis en entrant dans l'église de la butte aux cailles, ils se sont mariés ici, ils sont morts ici, ils sont enterrés à quelques pas de la. L'ami de mon père me dit qu'il lui prêtait sa mobylette pour qu'il aille draguer ma mère rue des saints pères, là ou elle travaillait. Je lis une lettre de la voisine du deuxième étage qui me dit qu'elle adorait ma mère et mon père. Je ne vois pas du tout qui c'est. Je dis a mes soeurs c'est quand même pas la vieux carne avec son clébard pourri qui n'a jamais répondu à un de mes bonjours. Bordel maman était capable de devenir ami avec n'importe qui, répond soeur l'américaine. Le petit fantôme me dit c'est la première fois que je vois une prêtre ému. Nous avons enterré une sainte je réponds en rigolant. Mais vous vous rendez compte enchaîne ma soeur, comme ma mère a souffert alors qu'elle ne le méritait pas. Et vous croyez que dieu, il méritait de souffrir, assène le prêtre d'un air bonhomme. J'essaie un peu de lire, j'essaie un peu de regarder devant moi les pas qui disparaissent sur le bitume fumant. Nos vies sont des publicités ridicules des années 80. La très vieille femme apprend de la bouche de sa fille la mort de ma mère. Ses yeux deviennent brillants. Elle demande qu'on la couche. Elle dit à sa fille de partir, celle-ci comprends qu'elle ne veut pas qu'elle la voie pleurer. Le prêtre totalement cinglé qui me faisait le catéchisme quand j'avais dix ans est à l'enterrement de ma mère. Je me souviens de ses cheveux longs qui me fascinaient, pour moi c'était un prêtre beatnick. A la fin de la messe, il me dit écoute si tu veux passer me voir, je suis dans un quartier mal famé, avec des loubards et des drogués, mais n'hésite pas. Guy gilbert sors de ce corps, je dis pas. Il m'indique une petite église vers la rue st denis. Je suis content qu'il fasse plutôt soleil en sortant du funérarium alors qu'il pleuvait quand j'y suis entré. Une veille femme dans sa chaise roulante apprends la mort de ma mère de la bouche de sa meilleure amie. J'aimais tellement ta mère, elle me dit au téléphone, alors là tu m'étonnes vraiment je ne dis pas, je me doutais qu'elle n'allait pas bien puisqu'elle ne venait plus me voir elle ajoute. Je lui dis qu'elle s'est endormie, qu'elle n'a pas souffert, j'aimerais mourir ainsi elle me dit, m'endormir et ne pas me réveiller. Les jours passent comme des visions un peu surannés d'un rêve un peu moisi. Le soleil succède au vent.  Nous nous tenons par la main. Nous nous tenons par le coeur. Quelques gouttes de pluie commencent à tomber quand on sort du cimetière. Ouvre ton parapluie pour qu'on s'y réfugie. En attendant la prochaine tempête. Ou la prochaine accalmie.

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 23:00

http://www.rhythmcircus.co.uk/wp-content/uploads/2011/10/orphans-1.jpg

 

Je raccroche le téléphone après que ma mère d'une voix fatigué mais ferme m'ait dit à tout à l'heure. Je raccroche le téléphone. Une demie-heure plus tard le téléphone sonne. On m'annonce qu'elle est morte. Je voudrais acheter deux cent timbres je dis au type de la poste, c'est pour une entreprise il demande. Non c'est pour un enterrement réplique soeur l'américaine dont la patience deviend très limité vu qu'elle vient de se taper douze heures d'avion et qu'elle ne doit pas avoir dormi depuis des semaines. Ma mère raccroche le téléphone après que je lui ai parlé. Elle ferme les yeux et s'endort. La très vieille dame qui fait dix ans de moins entre dans la chambre de ma mère. Elle croit qu'elle dort. Alors c'est douze timbres par carnet dit le second comique de la poste, donc si je vous mets douze carnets ça nous fait combien de timbre tout ça ? Cent quarante quatre je réplique en voyant qu'il part à la rechercher d'une hypothètique calculatrice pendant que soeur l'américaine lève les yeux au plafond. J'embrasse une dernière fois les joues glacées de ma mère, je caresse son front, je la regarde, immobile dans la mort. Soeur l'américaine me raconte que nièce l'américaine lui as dit qu'elle s'en voulait de ne pas avoir assez prié pour elle. On a un putain de gêne pour l'auto-flagellation dans cette famille je lui dis pas. Tu sais j'étais sa troisième fille me dit en pleurs la filleule de ma mère alors que je reste interdit à l'autre bout du fil. Je raconte ça à mes soeurs le soir à la table des trois orphelins, alors que nous sommes tous tellement fatigués que nos fous rires ne s'arrêtent plus. L'amie de ma mère totalement abattue au téléphone me dit c'est bien ta mère ça, elle est partie sans déranger personne, sans faire de bruit. Cette élegance.  Soeur l'américaine demande au type de la poste on est sur que ça arrive demain si on poste aujourd'hui avec les timbres les plus chers. On est jamais sur de rien réplique le postier philosophe. Ah bon s'énerve  soeur l'américaine, et il faut faire comment alors. Il y a chronopost mais ça coute 24 euros dit le type a soeur l'américaine qui en perd son strabisme tellement elle est excitée. La vieille se dit que ma mère ne dort pas, mais qu'elle ne respire plus. Elle appelle les infirmières. Le type qui chante dans le métro dit je n'ai rien a cacher je n'ai pas de cheveux. Dehors on dirait qu'il pleut. Les hurlements de la femme africaine quand elle apprends la mort de ma mère, plus tard elle me dira mais ce n'est pas possible, on devait se voir dimanche. Pour la première fois elle ne m'appelle pas papa, elle me dit sois courageux mon fils. Je caresse une dernière fois le visage osseux, j'embrasse une ultime fois les joues creusés, une goutte de pluie tombe sur le front de ma mère. Ou alors c'est des larmes. Ou alors c'est mes larmes.

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 21:00

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Je voulais écrire quelques lignes. Mais aujourd'hui ma mère est morte. Alors j'ai décidé que ça suffisait. Ces mots sont déja de trop. Clap de fin.

 

 

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 15:56

 

Je partage le dernier diner de la vieille femme qui va repartir en afrique bientôt. Elle me demande quand je viendrais la voir. Quand ma mère sera morte je ne lui réponds pas. Comment veux-tu partir quand presque chaque jour, peut devenir le dernier je ne rajoute pas. Je regarde ma mère au bout du souffle, au bout de tout.  Je regarde ses bras de plus en plus maigres, je regarde mon ventre de plus en plus gros. La vieille femme n'arrête pas de dire des gros mots pendant qu'elle ouvre ses cadeaux, qu'est ce qui te prend demande ma mère. Ahuri au politburo, la femme de ménage du chanteur célèbre m'offre un de ces cédés ou il est écrit pour drink amicalement. Une autre me dit je vais vous ramener des noix de cajou du togo. Je regarde la nuit qui se couche sur la ville. Je découvre sur la toile l'endroit ou ma mère veut finir ses jours. Congrégation religieuse de spiritualité ignatienne il est écrit. Je sens qu'on va se marrer. J'entends ta voix, grave, qui me dit je ne supporte pas ta solitude. Je t'imagine bouillonnant, écumant la houle, courant le long des vagues. J'entends le bruit de la foule mais il n'y a personne sous les fenêtres de l'hôpital. La vie est cette illusion qui se termine dans un début d'automne. La vieille femme africaine m'étreint contre ses seins, ma mère porte son masque de spiritualité, mon corps se fige dans les grincements de mon genou. J'entre dans la nuit de la ville, j'erre entre tes bras, je ne suis pas seul je te souffle puisque tu es toujours la. Nous remontons le boulevard, il fait comme un peu frais tu murmures, il ne fait jamais assez froid je te réponds. Jamais assez froid.  

 

 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 07:00

http://www.picturenose.com/wp-content/uploads/orig_fink.jpg

 

Les mains sur les cadavres dépouillées des bêtes. La vapeur qui sort des bouches dans le froid givre de l'hiver. Nos vies amphibies en sursis. Tous ces animaux morts sur la plaine. Les ombres des hommes derrière qui sortent de table. Le café brûlant dans les sacs en plastique. Les nuits détestent le vide. Le peu de vie qui reste dans le brouillard du sommeil. Je pense au vieil homme sur le seuil de sa maison de saint malo, je pense à la tombe de mes grands-parents, à la receptionniste de l'hôtel, je revois la mer, je ressens le vent et le sable, les rochers sculptés au loin de rothéneuf dans mon champs de vision. Des animaux morts sur un champs de bataille quand je m'endors de nouveau. Et puis des pensées fugaces et rigolotes, albert camus écrivait dans combat, fréderic beigbeder écrit dans le figaro magazine. Chacun est a sa place je rigole dans mon sommeil. Je me réveille de nouveau. La vision des chevaux morts dans la campagne prussienne disparait et je repense au vieux sur le seuil de sa maison. Je pense à un autel dédiée a sa femme comme dans la chambre verte de truffaut. Je cherche mendant que je suis devand la tombe de mes grands-parents, dois-je raconter une histoire, je revois la scène ou je bois le café avec le vieil écrivain dans son jardin, dois-je lui parler. Je devrais peut-être errer de nouveau dans saint malo intra-muros. Je m'agite dans mon lit, tournant et retournant des dizaines et des centaines de questions, en me disant que je n'y arriverais pas. Il manque comme une flamme. Tu te réveilles et nous voila projetés sur les couchettes du bateau. Qu'est ce que tu as tu me demandes, tu ne dors pas ? Je me pose mille questions je te dis. Oh alors depêche toi d'y répondre et de te rendormir car dès demain je dois te poser dix mille questions. Ah bon je demande ahuri, mais quelle genre de questions. Par exemple, tu as étudié le latin, elle murmure en s'endormant. Je me retourne et le bateau s'efface et aussi la trace de toi. Je hausse les épaules, je regarde une dernière fois le vieil écrivain sur le seuil de sa maison dont je ne sais plus si elle est a st malo ou paramé, je dis au revoir à la tombe de mes grands parents et j'essaie de sombrer dans la nuit. Je joue dans ma tête a la bataille navale pour m'endormir. Puis je disparais dans tes bras. Je disparais pour un autre toi.

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 23:00

http://www.lesinrocks.com/wp-content/thumbnails/uploads/2012/02/guerred6042-604x345.jpg 

 

L'animal revient sur ses pas, regarde la proie qui cavale au loin pensant pouvoir lui échapper. L'homme attend sur le quai d'une gare, une vie, la femme qui ne devrait pas lui échapper. L'enfant ressasse les paroles de ses parents, il regarde ses devoirs comme on pleure en silence. La nuit, s'étire, se recouvre de la lumière de la lune, protège les amoureux sur leur banc, arrose avec fracas les perdants de la cuite. L'ivresse te prends, parfois, encore,comme pour  enlacer ton propre dépit. Tu as l'arrogance des timides, l'énervement soudain de ceux qui ne sauront jamais. Le nourrisson hurle sa faim dans la couveuse de l'hôpital. La femme appuie sur sa joue avec son doigt comme pour réclamer un hypothétique baiser. Le vin blanc se vide du verre au gosier, le vin rouge se dissout, les fumées des cigarettes rejoignent un monde qu'elles n'auraient jamais du quitter. Le jour ne se lève plus, la nuit revient de plus en plus vite, comme un fait exprès, comme un fait divers. Des mains se serrent comme pour se dire adieu alors que c'est le début de l'éteinte. Des larmes se figent dans l'atmosphère suspendu. L'animal renifle le goût du retour. L'homme se vaporise un parfum ambré au son de la litanie des informations. Les rails semblent ne jamais finir. Des murs arrêtent l'impression de vitesse. Des milliers de personnes errent dans les gares, suspendus.. Mais il n'y a qu'un seul émoi. Un seul émoi.

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 16:19

 

 

Vous savez qu'elle pête les plombs me dit le vieux con a casquette. Vous savez qu'elle n'est pas comme vous et moi. Ah bon je le regarde d'un air ahurI. Elle a raison je crois, il dit, elle a raison, vous ne comprenez rien a rien. Je fais une grimace. Je danse avec l'enfant pendant le concert de little ballroom au bar du marché a montreuil city. Je fume une cigarette dehors en regardant la nuit fondre sur la ville. J'erre au bord du canal en claudiquant comme un damné sous le soleil du midi, la position assise dans une salle de cinéma ne réussit pas a mon genou ou ce qu'il en reste. Mais ce n'est pas grave le film en valait le coup. Le cauchemar ne fait que commencer il est écrit sur les murs du métro pour la nouvelle daube d'harlan coben. Faudrait que ce type arrête d'écrire je me dis, le cauchemar prendrait fin. Au politburo la femme me dit que son astrologue lui a dit que ça se passerait bien avec moi. J'en reste ahuri. Et puis elle me dit nous sommes le 17 donc tout va bien. Oui elle enchaîne, en regardant ma mine surprise, le dix sept est un très bon chiffre en numérologie c'est pour ça que j'ai pris rendez vous avec vous aujourd'hui. Vous ne comprenez rien, me dit le vieux, et toi tu comprends tout vieux grigou je lui crâche aux oreilles. Le type dit qu'il adore le nouvel album de lou doillon et qu'il déteste le nouveau livre de christine angot. C'est cohérent je me dis. C'est le genre de type qui n'aime pas le dernier carax. Les types a l'eau tiède. Je vomis les tièdes. En lisant que foster wallace étale pleins de feuillets sur son lit dans sa cabine - des carnets, des crayons de bois, comme pour donner l'impression d'une intense activité - en lisant qu'il fait cela juste pour justifier d'appeler le service en cabine, je pense a ma mère qui s'excuse de ne rien manger de son plateau repas de l'hôpital comme si on allait la virer a cause de cela. L'acteur africain me montre un journal qui fait un article de 4 pages sur lui, sa femme m'explique qu'il est plus connu que le pape dans son pays. Elle parle de lui a la troisième personne, on devient pote avec l'acteur, il me parle de jean paul belmondo. La femme voilée et enceinte- sans que je n'y vois de rapports ces deux élèments me semblent comme liés par un fluide mystérieux - me dit que si tous les clients étaient comme moi, la vie serait formidable. Je suis pas très contrariant je lui explique mais je suis pas très emballant. Larguer les amarres, c'est bien son genre me dit l'autre vieux con a casquette. Vous ne comprenez rien a rien c'en est déprimant il rajoute des fois que je n'ai pas compris. J'ai l'impression que la vie se retire de ma mère comme le brouillard sur saint malo au matin. L'écrivain que j'ai déja croisé avec son caddie rouge avenue simon bolivar vient faire le beau à la télé. J'ai pas lu un livre de lui depuis plus de vingt ans, il ne dit jamais qu'il a été influencé par despentespour son dernier livre,  il parle d'une série avec des bonnes femmes désespérées ce qui me semble un pléonasme. Le concert est vraiment chouette, je cherche du regard celle qui parfois fume un plomb, celle qui des fois frissonne et rompt, et je sais qu'elle reviendra forcément. Quelques minutes ou quelques heures. C'est la seule chose que je suis capable de comprendre. Quelques minutes ou quelques heures. C'est déja beaucoup pour un type comme moi.

 

 

 

 

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