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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 22:44
Nos vies sans nous

Tout le monde attends une chute qui n'arrive pas je me dis, peu ou prou, tout le monde attends une chute qui ne va pas venir, ou qui va venir mais si tard que l'on ne s'en rends plus compte. Un jour, ça n'arrivera pas je mourrais avant, mais un jour, même si j'oubliais tout, j'espère que je ne t'oublierais pas. Je suis tellement dingue que je continue de vivre avec une femme qui n'est plus là, je continue nos vies sans nous, parce que ma vie sans toi ce n'est pas imaginable, parce que malgré nos vies sans nous, mon cœur continue de battre pour toi. Alors je dis nos vies sans nous. Ça me donne l'impression d'être vivant, cherche pas a comprendre. Je continue de marcher dans le matin, dans le soir, je continue d'avancer et de fuir, de me perdre, j'entends les voix des gens, je regarde des images, mais je ne suis pas vraiment là, je continue de vivre la vie sans nous, comme si ce n'était pas vrai que tu n'étais plus là. Je m'allonge dans mon lit et je te parle, même si tu ne m'entends pas, même si tu n'es plus là, je m'en fous tu sais, je m'en fous de tout ça, que tu ne sois pas vraiment la, mais nos vies sans nous je crois que pour moi ça n'existe pas. Je ris dans le vent du petit matin, j'alterne toujours entre les larmes d'une tristesse absolue mais parfois je ris dans le petit matin quand je pense a ceux qui croient que je vais renoncer. Ma vie sans toi ça n'existera pas, je crois que je me fous des conséquences, je me fous de rater ma vie, c'est déjà bien trop tard, je me fous de passer à coté de tout et même du reste, je vais passer ce qui me reste de jours a fuir, je vais passer les jours qui me restent et les suivants, je serais peut-être seul, je deviendrais peut-être fou. Mais ma vie ce sera ma vie avec toi. Ce ne sera pas nos vies sans nous. Nos vies sans nous ça n'existe pas. Non, ça n'existe pas.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 21:44
Un sentiment de larmes

Je sais que je fais chier tout le monde avec mes pensées alors je ne dis rien, je m'assieds dans le froid du petit matin, je regarde la seine ou j'aimerais tant me jeter et me noyer, je dis ça je dis rien, j'aimerais tant faire le malin pour la plus belle femme du monde, je dis ça je dis rien. Je reçois une invitation pour la parution d'un livre d'une fille qui m'a toujours paru assez médiocre comme blogueuse. Pendant que j'empile les lettres de refus des éditeurs, certains sont publiés, j'ai dis a la plus belle femme du monde que je ne le serais jamais, je me rappelle comme ça la rendait furieuse, heureusement elle n'est plus là pour voir ça, je me dis, c'est sans doute tant mieux, je dis ça je dis rien. Je compte les jours depuis que le fantôme est parti, je compte la prégnance des jours et des nuits, je décompte les jours de douleur, je sais que je ne devrais pas me morfondre, je sais que je ne devrais pas en parler alors je n'en parle pas, et je regarde les larmes coulées de mon visage, chaque soir de ce qui va rester de ma vie, parce ce que c'est ma vie tout simplement et que ce sera ma vie tout simplement, je dis ça je ne dis rien. Je tourne les pages des livres que je lis, certains changent ma vie et pas d'autres, d'autre pas, je ne fais plus que ça lire des livres, je n'ai plus envie d'images, je dis ça je ne dis rien. Ma vie est un soubresaut de l'âme, ma vie est une vision au loin, un homme dans le brouillard, ma vie est une brûlure qui ne s'éteint pas. Je ne dis rien. Je ne me complais pas, je ne me plais dans le chagrin, je n'ai juste pas le choix. C'est mon âme ne veut pas lâcher la plus belle femme du monde, alors même si mon corps abandonne, même si mes membres abandonnent, mon âme ne veut pas lâcher l'affaire. Non. Mon âme ne veut pas lâcher. Ne va pas lâcher. Mon âme ne va pas lâcher.

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 23:23
Demain

Demain je serais encore la, t'attendant, demain, bien sur, je ne serais pas las, je longerais le pavé des rigoles, le pavé des Pyrénées, le pavé de Belleville, le pave de Jourdain, demain je continuerais chaque seconde de te chercher, chaque instant de t’espérer, demain bien sur, demain ce sera comme hier, ce sera comme avant-hier, ce sera comme après-demain, demain ce sera demain, un jour de plus sans toi, un jour de plus loin de toi, un jour de plus a penser a toi, un jour de plus, ça ne se discute pas, demain ce sera demain, ce sera un jour de rien, un jour plein, un jour vide, un jour à écrire, un jour a lire, un jour a chercher ton regard sur les murs de Belleville, dans les yeux des pigeons, demain ce sera demain, demain ce sera un jour de plus sans toi, ce sera un jour de moins avec toi, demain ce sera demain, et ce ne sera pas bien ou mal, ce sera rien, demain ce ne sera rien. Demain j'ouvrirais les yeux et je penserais a toi, et demain je sortirais de mon lit et je regardais la photo des enfants de dos collé a mon mur, et puis je regarderais si j'ai un message de toi et bien sur je n'en aurais pas et je t'imaginerais en train de manger tes cochonneries du matin et de sourire en buvant ton chocolat et puis je penserais a toi sous la douche en me frottant les reins et puis je penserais a toi en buvant mon café et je sais que ce sera bien, parce que demain ce sera comme aujourd'hui et comme après demain, et comme hier et comme les autres jours sans toi, et puis je te chercherais sur les murs de la ville qui est un peu grise depuis que tu n'es plus là, et je sais que ce sera un jour de plus ou un jour de moins et je sais que je ne serais pas triste parce que ça ne se peut pas quand on a été aimé par toi et je fermerais la porte en espérant que tu sois la quand je reviendrais même si ça ne se peut pas, demain je sais que tu seras encore là même si tu ne seras pas la et je regarderais le ciel de belleville et la tour eiffel de belleville et je sais que demain tu seras là. Parce que le contraire ne se peut pas, non le contraire ne se peut pas. Ca ne se peut pas.

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 14:08
Rester debout

Un type me tend la main et comme il semble me connaître je lui serre la main a mon tour. Je regarde la mère de mon filleul après que le type lui ait fait la bise et se soit barré. On connaît ce type je demande. Oui elle dit, mais bon on le voit pas souvent. J'aime bien le groupe, rien de révolutionnaire c'est une sorte de mix entre helmet et rage, ça date un peu, d'ailleurs les gars ont pas loin de 40 balais, mais j'aime bien, ça me nettoie un peu les oreilles. Le café est un peu pourri, il y a des fanions de club de foot un peu partout, mais ce rade du fin fond de montreuil semble être devenu le haut lieu des concerts de soutien aux anars. Une fille passe avec un chapeau et je mets un bifton de 5 euros, j'ai assez organisé de concerts et d'évènements pour savoir que pour la plupart des gens prix libre veut dire gratuité et que du coup quand tu indiques prix libre tu ramasses que dalle. Je me prends une pinte a 4 euros, la serveuse un peu punk fait la danse du ventre comme dirait l'autre, enfin comme dirait le fantôme, je lui expliquerais que non c'est juste ce genre de filles un peu jeune qui se prend pour la huitième merveille du monde parce qu'elle a trois tatouages sur le corps. Le fantôme me répondrait, tu as raison drink, je te dis qu'elle fait la danse du ventre, faut pas me prendre pour une imbécile. Le fantôme me manque bordel, d'une manière presque physique, c'est curieux car on pourrait dire qu'elle me manquait tout le temps, mais en fait non, pas du tout, du tout, c'est maintenant qu'elle me manque. De plus en plus. J'aime bien l'ambiance du concert, j'aime bien tout ces gens, on sort un peu dehors sur une espèce de terrasse derrière la scène du rade, des types font un barbecue. Une fille me demande comment je vais et je suis bien incapable de lui répondre, surtout que je ne sais pas qui c'est. J'aimerais dire a la mère de mon filleul que le fantôme m'a quitté, mais je n'arrive pas. J'ai juste réussi a le dire a garçon tout maigre. Je voudrais juste dire a la mère de mon filleul que le fantôme est parti. Mais mon cerveau ne lâche pas le morceau. Je n'arrive pas a prononcer ces mots. Plus tard dans le métro, je n'arrive pas a accrocher au livre. Le meilleur film de l'année dernière. Peut être les quelques pintes a 4 euros. Je crois entendre garçon tout maigre qui me dit que la bière est coupée à l'eau. Il pleut des cordes quand je descends du 26. Je me dis que je ne vais pas vivre sans le fantôme. Je me fous un peu en fait de ce que chacun pense. Je me fiche de savoir ce qu'elle pense elle aussi. J'ai juste pas envie. Pas envie de vivre sans elle. Pas envie de vivre sans toi. Même seul avec moi, pas envie d'être sans toi.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 09:25
Le départ

Il prend un air un peu désespéré. J'en peux plus capitaine, vous me dites que vous allez partir, alors je vous dis bon vent, parce que moi aussi je vais partir. J'en ai marre de me faire engueuler, le fantôme m'engueule parce que je m'occupe pas assez bien de vous et vous m'engueulez parce que je vous répète ce qu'elle me dit. J'ai failli lui mettre mon poing dans la gueule quand le jeune serveur m'a dit il faut que votre chagrin s'envole. Le fantôme a dit qu'il faut que votre chagrin s'envole. Je n'ai aucune envie que mon chagrin s'envole. Aucune envie. Je regarde le jeune serveur qui chouine comme un gamin entraîné dans une histoire dont il ne maîtrise pas les règles. Je ne suis pas fait pour toutes ces conneries il répète un peu gauchement. Le vieux ricane a son comptoir mais il est un peu vexé. Pourquoi c'est toujours ce petit con que le fantôme vient voir. Il est neutre je lui explique pas, elle sait qu'avec vous ce serait beaucoup plus compliqué, vous êtes comme qui dirait trop impliqué. Le petit magicien se pointe dans le rade et fonce direct vers moi, c'est vrai que vous allez partir capitaine, mais c'est pas possible, vous allez partir ou d'abord. J'en sais rien je dis, et puis je vous laisse le bateau, il faut juste que je prenne un peu l'air, j'étouffe. Ben oui enchaîne le jeune serveur - qui fait toujours un peu droopy avec moi et aussi j'imagine avec le fantôme, mais qui se la pète toujours un peu avec le reste du port - il faut que le capitaine sente le poids du chagrin qui s'envole. Je lui jette un air mauvais. Tu veux sentir le poids de mon poing dans la gueule je lui demande, tu vas voir si tu t'envoles. Il disparaît pour débarrasser des tables dans le rade. Il commence a me courir sur le haricot le messager je dis au vieux et au magicien. Vous n'êtes pas sympa quand même dit le philosophe qui s'est pointé derrière moi sans que je l'entende, il transmet les messages et si le message ne vous plait pas ce n'est pas lui qu'il faut engueuler, ce n'est qu'un messager. C'est exactement la raison pour laquelle je veux partir, je dis au magicien, j'en peux plus des conseils a la con, j'en peux plus de vos analyses, de vos conclusions. Je veux être seul, loin d'ici. J'ai plus envie de partager tout cela pour le moment, je veux ressasser ma douleur tranquillement, je veux regarder mes jambes coupées, mes bras coupés, ma vie éteinte, je veux écouter le chant de ma chute. C'est léger dit le vieux en levant son verre de bière. Je lève mon verre de picon et je dis au jeune serveur je te nomme gardien du zoo. Et on rigole tous comme pour échapper un peu a la lourdeur de l'ambiance. Un peu plus tard alors que je fais ma valise sur le bateau, je pense aux paroles du magicien qui croit que je me barre juste pour tendre un piège au fantôme, juste pour lui montrer que moi aussi je peux disparaître. Il n'a vraiment rien compris, je me dis. Je veux échapper un peu a toute cette ambiance, ne pas porter le fardeau du départ du fantôme, que d'autres gens me regardent sans penser au fantôme dès le premier abord. Je descends du bateau et je cherche la plus belle femme du monde, parce qu'il ne faut pas se leurrer, je la cherche chaque seconde, chaque instant, je la cherche et je sais bien que je ne vais pas la trouver. Mais je ne peux pas m'en empêcher. C'est ma vie. Alors je ne peux pas m'empêcher de la chercher.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 21:25
Le niveau de la seine

Bordel t'en as pas marre je me dis tout les matins regarder la seine sur le pont, jeter un œil sur l'hôtel-dieu, regarder jussieu au loin, bordel t'en as pas marre chaque matin. Traverser la place de l’hôtel de ville en descendant du 96 ou de la ligne 11, traverser cette place toujours occupé, pour l'instant et depuis un sacré bout de temps c'est par la patinoire. Le jour se détache maintenant dans le ciel, il est un truc comme 7 heures du matin. Un jour sans elle, je me dis, une journée sans sa voix, une journée sans toi. Je ne pense pas a la journée qui m'attends, je ne sais pas que je vais recevoir encore une bouteille de vodka des sœurs polonaises et leur dire qu'il faut arrêter, recevoir ces bougies qui sentent bons et me dire oh ça plaira au fantôme. Je me dis que je vais continuer la fuite en avant, j'ai postulé a tout ce qui était possible au boulot, je bosse un samedi sur deux pour avoir des semaines de six jours et ne plus penser a rien, et puis je dis bien sur oui a porto après amsterdam et cologne. La semaine dernière quand je suis allé a amsterdam, j'aime pas amsterdam comme j'aime pas la flandres, je suis descendu du train et j'ai rejoint l'hôtel il était tard et mon collègue n'arrivait que le lendemain matin et je me suis un peu perdu dans la ville, il faisait nuit, les flamands étaient comme des playmobils dans leur ville propre et chiante. Avec leur canaux fades et déprimants. Le lendemain j'ai rencontré des français qui vivaient là et j'ai repris le train sans avoir le temps d'envoyer une carte postale au fantôme et je me suis détesté. Le matin quand je passe sur le pont de l'archevêché c'est tout vide, parfois je crois une ou un dingue qui fait son jogging mais sinon c'est vide, ou alors un touriste qui s'est levé pour faire des photos avec un pied, des photos de tout ces cadenas a la con et de notre dame en arrière-plan. J'aime bien le matin, ne voir personne dans la rue, personne dans le bus et arriver au politburo ou tout est calme. Souvent mon collègue qui prépare le café du matin est déjà là car il vient de super loin et je crois qu'il a un train toutes les heures, du coup il vient super tôt pour ne pas arriver en retard. Je bois mon café pendant qu'il me parle de fleurs et de voitures, qui sont juste les deux sujets qui m’intéressent le moins au monde. Les deux heures pour rejoindre cologne, je termine le knausgard funèbre et un peu épique malgré tout. Rejoindre l'hôtel et regarder la cathédrale dans un froid sibérien. Parler français avec le chauffeur de taxi qui a vécu a saint étienne. Rencontrer des français un peu raides qui vivent là. Et rentrer le soir en train. Regarder le quai a liège en ayant envie de descendre. Ma vie est devenu cette fuite qui ne veut pas dire son nom, cette vie qui ne veut plus dire son nom, ma vie n'est remplie que de mots que j'écris sur un écran, de souvenirs si prégnants, ma vie est une suite de scène que je ne joue pas, ma vie est une plainte mélodieuse qui ne veut pas dire son nom. Ma vie est un chant d'amour dont je ne veux pas lâcher la dernière note. Je regarde le niveau de la seine, je regarde l'île saint louis ou mon grand père est né au début du siècle, je regarde au loin, la ville qui se réveille. Je regarde un peu partout comme si j'allais voir quelque chose. Je regarde et j'essaie de deviner ton visage qui se dessine dans le jour naissant. Et puis j'entends ta voix et je construis ton corps. Et je me plonge dans tes cheveux et je me noie dans ta chatte, dans tes seins, et je me perds dans ton coeur. On dirait bien que la seine remonte un peu. On dirait bien que tes lèvres s'animent quand je te pénetre. On dirait bien que tes yeux deviennent comme des boules de billard. Ma vie est remplie de tes souvenirs. Ma vie est remplie de toi. Juste de toi. Ce sera parfait comme ça. Juste parfait comme ça.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 06:09
Les bons conseils

Je me retiens de rire quand le jeune serveur au comptoir après m'avoir déposé un picon sur le zinc, m'explique avec une grande finesse qu'un picon c'est bon mais qu'il faut pas en boire plus parce qu'ensuite on ne se sent pas bien. Il a beau dire je crois que le fantôme lui a fait un peu peur ricane le vieux collé au comptoir. Je serais tenté de me murger au picon juste pour le regarder se décomposer, je lui fais un clin d’œil et je lui dis on verra bien, et puis si j'en bois plus peut-être qu'elle n'en saura rien. Il a l'air un peu ennuyé. J'en boirais pas plus, t'inquiète, pas un jour comme aujourd'hui. Ah il dit dit visiblement soulagé et je vois bien qu'il se demande ce qu'un jour comme aujourd'hui il y a de particulier. Cherche pas tu trouveras pas j'ai envie de lui dire. Le magicien entre dans le rade, comme je suis parano mais presque je me demande s'il a un contact avec le fantôme, dans le cas ou je prendrais une cuite monumentale si c'est par lui qu'elle l'apprendrait. Le vieux me voit regarder le magicien. Non c'est peut-être hyacinthe, je dis au vieux qui me regarde sans comprendre. Ou peut-être toi je rajoute. Il boit une gorgée de bière et je me dis qu'il doit penser que je deviens dingue. Bonjour capitaine, me dit le magicien, toujours pas de nouvelles. Je hoche la tête comme tout les jours, parce que tout les jours il me demande ça. Il n'a pas de contacts avec le fantôme je déparanoïse, il est trop triste. Tout les putains de jours qui se succèdent je me dis. Sans vouloir vous vexez capitaine, je vais vous donner un conseil me lance le serveur. Il est vraiment complétement con me murmure le fantôme a l'oreille. J'entends sa voix et ça me fait sourire. J'avoue que c'est pas clair pour moi, reprend le serveur, parce qu'elle m'a dit qu'elle vous aimerait toujours et je sais que vous êtes dingue d'elle comme c'est pas humain, alors c'est vrai que je comprends pas parce que quand elle m'a parlé de vous j'ai jamais voulu un tel amour chez une femme pour un homme, c'est pas clair pour moi les raisons de son départ donc je suis pas bien placé pour vous donner un conseil. Je souris et je crois que c'est ce que je dirais au fantôme, le jeune serveur me fait sourire. C'est une bouffée d'oxygène, entre le magicien qui flétrit, le vieux qui geins, entre tout ces habitants du port qui sont dans une brume de deuil, c'est une bouffée d'oxygène pour moi qui ne sait même pas ou je suis, comment je m'appelle, si je suis encore vivant. Je lui souris. Il prend ça pour un encouragement. Faut recommencer a vivre capitaine, boire un verre ou deux, draguer des filles, vous êtes un peu vieux mais vous avez un petit truc, vous êtes pas si mal pour votre âge, bon faut aimer les rouquins, mais enfin vous êtes potable on va dire, vous pouvez trouver. Il faut vivre a nouveau capitaine, je crois que c'est ce que le fantôme voudrait. Je termine mon picon. Je crois que j'ai compris ce que j'aime chez lui. Il ne connait pas le fantôme et quand il en parle, c'est comme si elle revivait différemment. Les autres du port parlent de la plus belle femme du monde au passé, lui il en parle au futur. Je pose mon picon. J'ai envie de lui dire que ce qui n'est pas clair pour lui, c'est la vie, juste la vie, mais je me dis qu'il aura bien le temps de vieillir pour comprendre. Je sors du rade et je rejoins le bateau. Je descends dans ma cabine ou je pleure un peu et puis ensuite je ris beaucoup, ou l'inverse je ne sais pas trop, ou les deux en même temps je ne sais plus trop. Je ressors dehors et je me dis que pour l'instant je vais passer mon tour. Je vais seul rester seul avec mon souvenir, avec ce qui me rend vivant. Pour le moment je vais passer mon tour. Juste passer mon tour.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 21:23
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Tiens demain on sera le vendredi 27 et je me souviens qu'un vendredi 27 ma vie a changé. Mais c'était en janvier pas en février. Je ne sais plus si je suis heureux ou triste, je crois que ça n'a pas vraiment d'importance, plus vraiment d'importance. Demain on sera le vendredi 27 et je me souviens que même si c'était en janvier et pas en février, c'est le jour ou ma vie s'est transformé. Ou ma vie a changé, je ne sais pas si c'est gai ou triste, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Je me souviens que le vendredi 27 janvier, je suis resté dans la rue, collé contre une barrière, en haut des escaliers en face du cinéma de mocky, je me souviens. La suspension des sens, la suppression de l'angoisse, la démolition du doute. Ce ne sera jamais une oraison funèbre le vendredi 27, ce sera comme un éclair dans la nuit, comme quand elle s'endort dans le bus elle qui ne dort jamais en public, comme quand elle danse rue de ménilmontant en voyant la tour eiffel. Je me souviens comme tout était simple et délicat, serein et incroyable, la seule fois ou j'ai eu peur avec la plus belle femme du monde c'est quand elle ne répondait pas, endormie qu'elle était sur le canapé, comme elle ne répondait pas alors que je sonnais comme un débile a l'interphone, alors que je frappais a la porte comme si ma vie en dépendait. Demain on sera le vendredi 27, je me demande si je serais triste ou joyeux, si je vais sourire ou pleurer, je me demande si elle se souviendra, non je ne me demande pas si elle se souviendra parce que je sais bien que ce sera le cas. Demain on sera le vendredi 27, je retiendrai mon souffle vers midi plus trois, je sortirais dehors pour voir si elle m'appelle encore. Je sais bien que ce ne sera pas le cas, je le sais bien. Demain on sera vendredi 27 et je ne sais pas s'il fera beau ou pas, je crois que ce n'est pas très important, je retiendrais les battements de mon coeur qui risque de s'affoler un peu vers les midi et trois minutes, je crois que je serais heureux de penser a la plus belle femme du monde, et mon corps moins vieux de 3 ans qui écoutera sa voix, je crois que j'aimerais bien ça et même si quelques larmes couleront sur mes joues de garçon léopard, je crois que j'aimerais bien ça. Je suis sur que j'aimerais bien ça. Je le sais. J'aimerais bien ça.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 14:21
Le jour des morts

Le 24 février 2005, je regarde le corps de mon père allongé sur le lit. Il fait nuit, paris est sous la neige comme j'ai rarement vu dans ma vie, a tel point qu'on attendra plus d'une semaine pour l'enterrer car les cimetières et les jardins sont fermés. J'ai cette culpabilité que l'on ressent quand on ressent une forme de soulagement pour la fin d'un calvaire. Un coeur en trop bon état pour son âge me dira le cancérologue, un corps en bien trop bonne santé qui lui permettra de rester en vie beaucoup trop longtemps dans son état. Je me rappelle des paroles de ma mère, hormis son cancer tu sais, il est dans un état de santé incroyable. Mon père est mort le jour de son anniversaire, ma mère mourra quasiment au même âge a quelques jours près, sept ans plus tard. Ensemble jusqu'au bout. Il fait de moins en moins nuit je me dis 10 ans plus tard, le 24 février 2015, bientôt quand je partirais au petit matin il fera jour. J'ai appris la veille la mort de benotman. Ca fait bizarre me dit la fille enceinte, on a échangé avec lui par mail, il a failli venir et maintenant il est mort. Je regrette aussi qu'il ne soit pas venu pour parler du film dont il avait co-écrit le scénario. Je donne un peu d'argent a la collecte sur internet pour payer ses funérailles. J'ai appris la veille la mort du bateau d'inner terrestrial et de conflict. Je me souviens que la dernière fois que j'ai vu inner terrestrial au cicp, ce n'était déjà plus sa silhouette imposante derrière la batterie. Un gars tout fluet l'avait remplacé. J'avais entendu dire qu'il était malade. Ben maintenant il est mort je me dis alors que le jour se lève sur le pont de l'archevêché. J'aime bien la solitude dans paris au petit matin, il y a quelques voitures, quelques dingues qui font leur jogging mais il n'y a pas foule. Je regarde un bateau sur la seine, la pluie qui tombe un peu, le jour qui s'arrache a la nuit, je devine des souffles et des murmures, je jette mes yeux sur les façades du cinquième arrondissement. Je retiens mon souffle en attendant ta voix. Je retiens mon souffle en attendant.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:49
Fougue sentimental

J'aime bien rêver, je crois. Alors j'imagine que la plus belle femme du monde va revenir fouler le pavé de belleville, j'imagine qu'elle va revenir, J'imagine parce que ça ne peut pas être autrement; Si je veux vivre je ne crois pas que ça puisse être autrement. J'aimerais mieux ne pas penser différemment, j'aimerais mieux ne pas. J'aime bien la réalité, je crois, alors je devine le pas léger et aérien, j'imagine qu'elle court après les pigeons rue des envierges, j'imagine qu'elle regarde la tour eiffel a l'angle de la rue des Pyrénées et de la rue de belleville, après qu'on ait croisé carax qui promène son chien vers le collège françoise dolto. J'imagine qu'elle me la montre alors que nous traversons la rue et qu'elle s'arrête au milieu, qu'elle tends le bras vers la tour eiffel et que je la porte jusqu'au trottoir alors que tout les demeurés en bagnole se mettent a klaxonner comme si ça allait leur faire pousser une troisième couille. J'ai besoin de rêver, je sais, alors j'imagine la plus belle femme du monde qui demande au serveur de la mer a boire s'il a du faux coca, j'imagine la plus belle femme du monde qui se perd dans le parc de belleville, je l'imagine qui chante a mon bras dans la rue des cascades après avoir jeté un sort au rade sur la place krazucki. J'aime bien rêver, je sais, et j'en ai besoin, Ca me fait du bien et ça m'apaise. Alors je ne m'empêche pas de rêver, je ne m'empêche pas de rêver a toi.

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