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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:16

http://3.bp.blogspot.com/_q8PKRJS_Dsk/TB6XZNUyj8I/AAAAAAAAACA/xICBZChQOys/s1600/a_bout_de_souffle1.jpg

 

J'ai quarante quatre ans. J'ai l'impression que j'ai eu 20 ans avant-hier et peut-être 30 ans hier. Toute ma vie je me suis vautré dans le moment, dans l'alcool, dans les femmes, dans la facilité, dans la déconcertante connerie de l'instant. Il ne reste pas grand-chose de toutes ces lignes lues, de toutes ces images revues, de toutes ces émotions broyées dans un mixer à souvenir. Tu es une rock star elle me dit. Une autre m'explique que je ne suis pas dans la vraie vie. Tu m'étonnes, j'ai toujours pensé que je tournais dans un film, qu'un jour un type sortirait du cadre pour me dire tout ça c'était du cinéma. Collègue jolie vient me voir en m'expliquant que collègue du dessus est venue lui demander si j'étais vraiment sympa ou incroyablement cinglé. Les deux elle dit qu'elle a répondu, les deux. Je marche dans le givre de la ville, c'est juste un moment incroyable. J'aime le froid et le soleil, j'aime ces gens, j'aime cette vie qui se fige comme si tout allait rester ainsi à l'arrêt. J'aimerais que plus rien ne me quitte, les morts, les vivants, les plaisirs, les tourments, les senteurs moites, les odeurs du soir, la vie en noir, les villes, les matins pour croire. Je me désarçonne encore un peu pour être sur de ne plus tenir debout. J'ai quarante quatre ans, je vis au jour le jour, au jour les jours, jour après jour après jour, je défaits des âmes, je dénies la vie, je façonne le vide, je déverse mes tourments. J'erre dans la ville glacée, j'ai envie de boire des vies et de vomir des âmes, j'ai envie de continuer ce chemin de déroute, j'aimerais détendre l'ivresse, déteindre les nuits, ne plus craindre la vie. J'ai trente quatre ans, j'ai vingt quatre ans, j'ai quatorze ans, j'ai quatre ans. Je suis cet enfant qui ouvre les yeux et qui se meut dans le vide. Je lève mes petits poings de lait, je rêve ma vie en déroute. J'ai quarante quatre ans, on dirait qu'il va neiger au dehors, que le froid viendra me cueillir comme un boxeur fatigué. On dirait qu'il va neiger, on dirait qu'il va vivre. Je n'ai plus le temps d'attendre, j'ai tout mon temps pour vivre, j'ai juste l'illusion du rêve. Il ne me quittera pas.

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 21:31

http://img.poptower.com/pic-37642/tilda-swinton.jpg?d=600

 

Elle m’a expliqué comment l’alcool devient aisément une gourmandise culturelle, et comment sans effort et consommé avec excès il devient très vite une cachette culturelle. La plupart d’entre nous, ne disposant d’aucun lieu réel où nous cacher, la gnôle remplit admirablement cet office.

 

 

                                                                                                                    Jim HARRISON

 

 


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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 19:33

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J'alterne. Entre maussade et dépité, entre tornade et fracassé. Je rentre dans le rade et le vieux en semble déjà tout enjoué, il ricane et redouble de ricanements quand je commande un perrier et un peu moins quand je dis un picon pour l'ancêtre. Le serveur me sourit. ce qui me semble totalement incongru. Alors c'est vrai ce qu'on raconte dis le vieux, c'est vrai. Parait que vous ne buvez pus et que vous devenez fou. Je me demande s'il faut y voir la cause et l'effet. Ou les faits de la cause. Bordel ta gueule tu vas la fermer je pense mais pas tant que ça je suis content de le voir descendre son verre. Même si j'en peux plus des alcooliques, c'est pas l'alcool qui fatigue c'est les poivrots. La fille couleur sable me dit tu devrais faire attention à qui tu te confies et ce que tu confies. Il parait dit le vieux qu'on vous voit en bord de mer en train d'écouter le bruit des coquillages. Il parait que vous écoutez le bruit des sirènes. Il parait que vous devenez fou. Il parait que tu me les casses je lui dis. Il parait que je ne vais pas t'offrir une seconde biere. Il rigole. Vous en dites quoi. J'en dis rien mon pote, je suis en train de m'ensevelir, tu peux comprendre cela ? Il hausse les épaules. Tu crois quoi, vous croyez quoi, tous, que la situation me fait rire. Je m'accroche a des chimères, je me paluche la réalité, je me verse de l'essence pure dans la gorge tous les matins. Du goudron et des plumes. Et puis vous en faites jamais trop il hausse les épaules. Je suis un pauvre type, lâche et présomptueux. Je me crois le plus malin. Je me prends pour une réalité. Mais je ne suis qu'une illusion. Encore un autre garçon dit la fille cheveux courts, servez moi un pastis, encore un autre garçon, elle répète, l'année commence bien. Elle me fait un clin d'oeil. Même si c'est toi le meilleur beau rouquin. Le vieux ricane. Le serveur me dit vous allez pas ramener toutes les cinglées que vous connaissez dans mon bar. La fille à la coupe de bird entre à son tour, un ricard elle dit. Et puis elle se met à pleurer sur le zinc. Le vieux ricane toujours. Me demandez pas de me la fermer il me dit, j'attends ce moment depuis si longtemps. Et last but not least. Non. J'ai crû qu'une autre allait rentrer dans le bar, mais elle m'a dit je disparais. Le garçon aux dents pourris vient chercher la fille aux cheveux couleur sable, il demande à la fille aux cheveux courts si elle veut venir aussi. Il ne me salue pas. Je vois le garçon tout le temps bourré qui danse au-dehors en me faisant force clin d'oeil. La fille a coupe de bird commande un second ricard. Le vieux ricane. C'est ce que tu voulais non elle me demande en me regardant dans les yeux. Ca va pas aller mieux vous, ricane le vieux. Verse lui de la bière jusqu'a ce qu'il se noie je dis au serveur. Tu le fais exprès ou t'es complétement cinglé me répond ce dernier. Je hausse les sourcils. La fantôme aussi va disparaître. Je sors dans l'air du dehors. Je les vois au loin qui chantent sur le chemin de chez le garçon aux dents pourris. La fille à la coupe de bird me dit même moi je peux plus supporter ça. Elle part les mains dans les poches en sanglotant de l'esprit. Je reste le regard dans le vague. La monnaie de ma pièce je me dis. Sans doute. Le fantôme s'est évaporé. Tout doit disparaître. Tout va disparaître.

 

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 06:14

http://1.bp.blogspot.com/_9Ah69a4ImCA/SwNvdqKRy6I/AAAAAAAAA3E/CjUV5L57gU4/s1600/limelight.jpg

 

Nous n'avons sans doute pas la même vision de l'alcoolisme. Nous n'avons pas la même vision tout court. En même temps, quand tu vois la mienne de vision, tu te dis que c'est plus prudent de ne pas avoir la même. J'ai jamais vu l'alcoolisme comme un systématisme. Je me souviens de cette fille avec laquelle je sortais, enfin avec laquelle j'ai couché quelques fois, nantes années 80, je ne sais même plus comment elle s'appelait, cette fille ramassait les verres en fin de soirée et ne les vidait pas dans l'évier mais les mettait au frigo pour ne pas gâcher. Ces fonds de verres qu'elle buvait au petit matin. Je n'ai jamais eu cette vision là, du systématisme de la cuite, de chaque jour au réveil, de chaque matin première idée. Je ne dis pas que j'ai raison ou que j'ai tort, je ne dis pas que c'est la vérité. Je me suis toujours considéré comme un alcoolique. Non pas car je buvais chaque jour. Mais parce que je rebuvais toujours. A toulouse, je n'ai pas bu pendant plusieurs mois. Mais c'était un effort, il fallait faire attention, c'était une pensée quotidienne. Ne pas boire. Et j'étais toujours alcoolique. L'alcoolisme ce n'est pas que ces gens qui s'arsouillent des journées entières au zinc des cafés, ces gens chez qui l'alcool remplace tout, la littérature, les autres, la musique, le cinéma et que sais je encore. Je n'ai jamais été vivant, jamais tu entends bien. Et encore moins quand je picole. Et encore moins quand je rigole. Je n'ai jamais vu l'alcoolisme comme un passe-temps, un art de vivre, ou une performance de haut-vol. C'est comme le reste, c'est une fuite. Mais comme ne pas boire est une fuite. L'alcool à toujours été mon somnifère. Alors maintenant, que je suis sur le bord de la route, je tends mon pouce en l'air. Parfois j'aimerais que quelqu'un m'emmène pour vivre quelques émotions. Parfois j'aimerais mieux ne pas. Parfois. Et sans doute je ne sais pas. Je ne sais plus.

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 18:00

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Tu ne crois pas qu'il serait temps d'arrêter ton petit manège mon bonhomme. Bordel tu ne veux pas laisser les gens peinards, les filles tranquilles, tu ne veux que ça cesse ce fleuve de douleurs, cette infusion de hurlements et de haine. Tu veux inoculer de la poudre d'une jalousie tellement pure qu'elle va en devenir mortelle. Tu veux sniffer quoi, de l'émotion factice ? C'est presque admirable cette manière balourde et totalement incohérente de se fracasser le crâne contre des murs de métal. Même plus besoin de boire mon con, tu es tout le temps ivre. Tu aspire l'air glaçé, remplit tes poumons de particules de givre. C'est quoi que tu recherches, personne ne peut t'aimer, tu n'es pas aimable, alors tu crées juste le manque. Comme une sorte de présence par l'absence. La vie épars. Tu n'aimes pas les gens mais tu veux qu'ils te regrettent, qu'ils vivent dans l'illusion de ton souvenir. Tu n'es qu'un escroc mégalo, un mytho facile dans le drame. Tu manies l'élegance et les bons sentiments comme d'autres vacillent de désillusions. Ce ne sont pas les autres le problème. C'est toi. Tu ne crois pas qu'il serait temps de laisser les gens vivre, ne plus les détruire, et les laisser se tromper, aimer ou mourir. Tu ne dois pas t'aligner sur la vie des autres. Ne les oublie pas mais ne pense pas pour eux. Et puis tu sais, ne fais pas boire des breuvages factices. Les autres ont des vies. Ils ne sont pas dans le virtuel. Leur vie n'est pas un jeu. Ils ne sont pas sur une scène de théatre. Ils ne sont de la littérature. Il ne font pas comme toi de la littérature pour ne pas vivre. N'oublie pas que tu vas partir. Ne berce pas d'illusions factices des âmes un peu fragiles. Laisse la vie des autres. Laisse leur vie aux autres.

 

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 09:30

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Je n'en peux plus de mon boulot, je n'en peux plus, elle dit d'une voix qui me semble lasse, et puis j'ai pas de mec et puis je vais avoir cinquante ans, il faut que je souffle un peu. Je la regarde, son corps semble encore agile, son visage a bien sûr vieilli depuis que je la connais. Plus de 20 ans. Plus tard, quand nous sortirons du merle moqueur, elle me raccompagnera vers la place d'italie en me tenant le bras. C'est un geste d'une intimité incroyable a son échelle. J'en reviens quasiment pas, et quand je la regarde s'éloigner sur le boulevard blanqui, je me dis qu'il faudrait que je l'aide. Je pense au garçon en belgique, qui vit sous une tente dans un appartement, sans chauffage, ni gaz. Je repense au trio que nous formions dans notre jeunesse. Je me dis que nous sommes toujours fidèles a ce que nous étions, fidèles les uns aux autres. Je prends la ligne 6 jusqu'a nation. Je sors dehors mais le 26 ne circule plus. Enfn dans longtemps. Je me dis que je vais rentrer a pied. Par la rue des pyrénées. Je suis couleur cendre. Après qu'on soit sorti de chez elle, en passant devand le monde, (le journal hein), elle m'a dit qu'elle avait envie de marcher. J'étais venu a pied jusque chez elle. La descente de la rue des pyrénées puis de la rue oberkampf ensuite richard lenoir jusqu'a bastille puis longer le port de la bastille, quai de la rapée, boulevard de l'hôpital. On peut marcher je dis, mais il est onze heures du soir et si on marche vers mouffetard tu crois qu'on trouvera un truc d'ouvert ? Du coup on rejoint la butte aux cailles, on passe devand mon lycée et puis devand l'école estienne ou mon grand-père fut professeur je crois bien ou élève remarque, ou les deux peut-être. Pendant qu'on remonte la rue du moulin des près dépassant l'indien ou si tu vas manger chez lui tu ne peux plus te lever, elle me dit la dernière fois qu'on était tout les trois dans le coin on a mangé chez pépé. Je m'esclaffe. Chez papa je lui dis, et puis on était quatre. Il est plus d'une heure du matin quand je dépasse le métro maraichers, j'envoie un sms assez neutre à la fille pour lui demander si je peux passer chez elle. Je me demande si c'est une bonne idée. Elle ne répond pas, elle doit dormir. Ou pas. Je suis soulagé en fait, je me rends compte qu'il faudra peser chaque mot. Et puis comme la veille en fin d'après-midi, je pourrais peut-être éviter de faire des surprises qui me font faire de drôle de rencontres. On va voir les prix de l'hôtel verlaine à côte de la piscine de la butte aux cailles. Après qu'elle m'ait expliqué qu'elle cherchait un endroit pas cher pour son pote du canada. Ensuite on va dans le restaurant d'en face, à la décoration rigolote. Je me souviens jamais comment il s'appelle. Ya le mot oreilles dedans. Une fois je suis venu mangé avec ma mère. Un midi. Je crois que c'est la qu'elle m'a annoncé qu'elle était malade. Quelques heures auparavant, alors qu'on partait de chez moi avec la fille qui a une coupe de bird, après qu'elle soit passé boire un thé, car elle avait une conférence sur je sais pas quoi à la maison des associations qui est juste a quelques mètres de chez moi, elle m'a demandé mais comment elle va ta mère. J'en sais rien j'ai répondu. Elle ne suit pas de traitement mais elle n'est pas guéri. J'en sais rien comment elle va, j'ai constaté un peu tristement. Il est toujours aussi maigre, celui que je considère comme mon deuxième père, il semble de plus en plus ailleurs, de plus en plus absent. Il me dit c'est bien chez toi, mais il remarque le dessin que m'offert la blonde que j'ai encadré et posé. Il faudrait l'accrocher il me dit. Il est tard, je suis toujours rue des pyrénées a gambetta, je me demande si j'ai pas fait une connerie de lui proposer de passer chez elle, si ça se trouve elle va prendre ça pour une agression. N'importe quoi je me dis, déjà la veille j'ai failli débouler alors qu'un autre l'attendait. Je suis même pas un loser je me dis, juste un demeuré mental. Je rentre dans la boulangerie pour acheter une brioche, tu sais la boulangerie de la rue des pyrénées qui est pas bonne et dont seule la brioche est extra. Je remarque la fille assez petite, en fait je remarque la couleur du pantalon de la fille, un rouge vif, j'en mate même pas son cul du coup, et puis tout soudain je vois le grand barbu frisé. Encore toi je dis. Ca fait deux fois qu'on se croise. Il me dit tu connais pas ma copine B. La fille dit non on ne s'est jamais vu et moi je dis si on s'est déjà vu. C'est bien la première fois de ma vie que je reconnais quelqu'un qui ne me reconnait pas. Alors je dis, oui oui on s'est deja vu. Je lui dis a un anniversaire, et en fait une autre fois avant dans un rade de la rue dénoyez mais c'est elle qui était ivre morte et je pense qu'elle n'en a aucun souvenir. On parle cinq minutes, il achète deux baguettes, nous sommes donc voisin je dis à la fille. La boulangère rigole, même quand elle me dit qu'elle vient de vendre la dernière brioche. Je lui laisse mes numéros au grand frisé et je me dis que ce serait chouette qu'il vienne chez moi, je lui prêterais des livres, j'inscrirais la liste de ceux qu'il a emprunté dans le cahier prévu a cet effet et je ne les reverrais jamais. Après la place gambetta, je suis presque chez moi. Je mélange tout ça, tous les gens que j'ai vu aujourd'hui, ma mère, la fille à la coupe de bird, le garçon frisé, mon deuxième père, sa femme, la copine du grand garçon frisé qui semble se demander ce qu'elle fout là. Je me roule une dernière clope. Je pense à la fille qui va avoir cinquante ans. Ma vie est épuisante je me dis. Mais j'aurai l'esprit ouvert chaque seconde. Chaque putain de seconde qu'il me reste à vivre.

 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 20:30

  http://photo.parismatch.com/media/photos2/3.-photos-culture/cinema/1104111-primera-imagen-de-hors-satan-de-bruno-dumont/2874389-1-fre-FR/1104111-primera-imagen-de-hors-satan-de-bruno-dumont.jpg

 

 

Pendant que je reste interdit sur les conséquences d'une simple boutade, mes pas me ramènent chez moi. Peut-être que ce n'est que notre destin je me dis, de toujours nous engueuler, fracasser nos âmes l'une contre l'autre, puis se tourner vers la déroute. Elle m'appelle a l'aube, elle n'a pas goûté la plaisanterie.  Ce qui doit arriver arrive je me dis. Ce qui ne peut, ne sera pas. Je suis un peu triste mais je me dis que je tiendrai silence. Ce sera sans doute mieux pour elle émoi. Je rentre vers la fin de la matinée. Le fantôme m'attends. Assise, sur le banc face aux quais. Elle me parle. Elle dit je suis mal, je vais mal, je me sens mal je me sens mal je me sens mal. Sa voix est enfantine et mature. J'ai un curieux sentiment, je ferme les yeux, je me laisse voguer comme une âme en sursis. J'ai fais du mal elle dit, du mal du mal du mal. Non je crois pas je lui dis, et puis vous ne saviez pas. Ensuite je ne la laisse plus parler, elle le dira d'ailleurs de temps en temps qu'est ce que vous parlez. Je lui dirais que je mens tout le temps et que même quand je ne mens pas, on ne me croit pas. Je lui dis que même quand je veux déconner, on le prend mal. Vous allez vous réconcilier elle dit, vous vous réconciliez toujours. Non je dis, j'ai pas aimé le chantage, et puis ça se finit toujours les histoires non ? Les amitiés, les amours, les gens qu'on rencontre. Mais elle vous aime elle dit, alors que je ris de plus belle, elle vous aime. Plus tard elle dit vous ne parlez jamais de vous, hein, jamais, c'est juste inconcevable. Tu n'es pas la première qui me dit ça je lui réponds. Un jour vous me parlerez de vous elle chantonne. Vous avez un joli sourire qu'on aimerait embrasser je lui réponds. Elle dit je n'en reviens pas, comme on se parle comme on se voit en plein jour. Elle dit elle vous aime. Elle dit vous l'aimez ? Elle dit un jour vous me parlerez de vous. Je crois que je veux danser avec vous. Je pense que j'aimerais aussi je réponds mais une autre fois. Je vais ouvrir les yeux et tu ne seras plus la. Pas cette fois elle répond. Pas cette fois. 

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 08:13

http://beyondmediaonline.com/wp-content/uploads/2009/02/ragingbull1.jpg


J'ai 54 ans. J'ai connu moins de femmes qu'un animateur du Club  med. J'ai gagné moins d'argent que mon voisin orthodontiste. Je suis moins sportif que ma belle-soeur. J'habite toujours a 500 mètres de chez ma mère. Et, bien sûr, je n'ai vécu aucune aventure de l'extrême. Je suis  un type inoffensif, une sorte de raté irrémissible.

                                                                                 Pierre LAMALATTIE

 

 


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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 17:59

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Je ne bois plus depuis trois jours. Ca ne va pas durer. Pendant le pogo je sens un liquide me couler sur la nuque. Le type parait désolé, je me dis qu'il faut être un peu con pour se pointer avec une pinte dans un pogo. Il me tends sa bière pour s'excuser. J'en reviens pas. Pour la seconde fois de ma vie on m'offre de la  bière alors que je ne bois plus. La première fois je me souviens c'était pour le concert de justin(e) à la miroiterie. Je venais d'arrêter de boire et une fille m'a tendu sa canette. Bon je pogote jusqu'a l'épuisement. Je tiens presque tout le concert. Le problème c'est quand ils jouent des morceaux de dub, j'ai du mal a garder l'énergie. Dans la salle en repartant, j'ai un doute, je me demande si je ne croise pas la fille qui ne me parle depuis que j'ai couché (ou pas) avec elle. Il pleut et il fait un peu froid dehors mais c'est juste l'espèce de verglas qui tombe sur la gueule. Le lendemain matin, après une nuit de non-sommeil, je pénètre dans la rame du métro un peu hagard, un peu mal aux oreilles, un peu courbattu, un peu pluvieux. Mais on est plus à ça prêt. J'entourne mon bras autour de la rambarde, et j'ouvre mon livre. Le type est au follies en terrasse. Dans la vraie vie, un gamin se lève et vient se planter devand moi. Les follies de tout façon, si tu vas pas en terrasse, ca vaut pas le coup. La serveuse était jolie la dernière fois que j'y suis allé. Le jeudi 19 janvier deux mille douze vers onze heures du matin. Mais quand elle m'a dit un euro quatre vingt, j'ai trouvé que c'était cher. Tu m'étonnes que ce quartier c'est picoland ville, on se croirait aux marolles à bruxelles mille. Le café est au prix de la bière. Bon revenons dans le métro a sept heures du matin sur la ligne onze, à peu près au même niveau que les follies entre les stations pyrénées et belleville, un enfant presque ado, à moins que ce ne soit l'inverse, vient se planter devand moi et me dit, allez-y monsieur asseyez-vous. Bordel c'est quoi cette farce je me dis. Faudrait peut-être que je me rase, je me dis, je dois paraître plus vieux. Je suis tellement halluciné, que je replonge le nez dans mon bouquin, mais le gamin reste à côte de moi. Me regarde en souriant. Bordel c'est quoi cette connerie je me dis, c'est la journée d'intégration des rouquins ? Je finis par m'asseoir. Le gamin me sourit. Je fais une espèce de grimace qui doit vouloir dire merci pour la place espèce de petit con. Puis je replonge dans mon livre. La vie me surprend chaque matin. Chaque matin. C'est toujours ça qu'est bien.

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 19:11

http://image.toutlecine.com/photos/c/h/u/chungking-express-1994-03-g.jpg 

 

C'est pas drôle d'être comme moi tu sais, dans cet absolu euphorie et ce désespoir collant. C'est pas très drôle crois-moi. Alors me regarde pas avec cet air d'ahuri du village tu es le plus intelligent dans tout le bar et les environs. Un coca je dis au serveur, et le premier qui dit quelque chose j'annonce a la cantonade, je lui fais compter mes taches de rousseur, croyez-moi ça va le calmer. Vous croyez que les choses sont simples je dis. En même temps, il opine vous croyez que les choses sont compliqués, il dit c'est pas forcément plus subtil. Vous savez je dis, l'autre soir j'ai vu qu'une émission à la télé s'appelait ainsi. Tout le monde veut prendre sa place. Bordel c'est ça, tout le monde veut prendre ma place. Mais je le souhaite à personne je dis, à personne tu m'entends, de prendre ma place. Vous en faites un peu trop, il reprend, vous faites tout pour que les gens vous aiment bien et quand ils vous apprécient et le montre, vous leur enfoncer le crâne dans la cuvette des chiottes. Je hausse les épaules. Tout le monde croit que les choix sont simples, que c'est facile d'errer au coeur de l'existence de la vie des autres. Qu'ils espèrent en moi, qu'ils voient une part non négligeable de ma personnalité, pleins de sympathies, d'humour et de punkitude. Vous n'allez pas me refaire le coup de docteur jekyll et mister hyde me dit le vieux. Il y a quelques jours, je lui explique, une fille m'a dit : Tu te complais dans cette image que tu te donnes d'homme qui ne se fait plus d'illusions, d'homme désenchanté. Seulement voilà cette image était séduisante quand tu étais adolescent. Maintenant c'est juste ridicule. Voyez, les gens qui me connaissent bien me trouvent un peu ridicule. Même ceux qui ne vous connaissent pas bien, il rétorque, . Je finis mon coca. Je sors dehors. Il fait nuit, il pleut, je vais passer quelques heures sous ses fenêtres, pleurer un peu. Je marche des heures sous la pluie. C'est entre la nuit et l'aube. Je croise le type qui ne tient plus debout, tellement il est bourré. C'est toi qu'elle attends je lui dis. Il me regarde. Elle ne pas une phrase sans prononcer ton nom. Je l'aide a s'asseoir sur un banc et puis je m'en vais. Je rentre lentement au bateau. Le fantôme est là. Je crois pas que j'ai envie de vous parler je lui dis. Je suis trop triste pour ça. Je vous regarderais elle répond. Tu vas me lâcher je lui dis. Tu vas me lâcher. Je suis en colère mais elle s'en fout. Ca jase en ville je lui envoie dans la gueule. Mais elle reste là. Et ne pleure pas je lui dis. Ne pleure pas. 

 

 

 

 

 


 


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