Mercredi 11 novembre 2009
J'ai raté ta vie, je crois, je te l'ai déja dit, je sais, j'ai raté ta vie, j'ai raté nos vies. J'ai profité de ton amour, tu as profité du mien. Mais j'ai raté ta vie, comme si, on ne pouvait
que t'effleurer, à peine te toucher, comme si tu voulais garder le mystère de ton existence comme si tu ne voulais pas te dévoiler, comme si tu restais une et que tu ne voulais jamais devenir
deux. Comme si...Je remue le fond de mon verre, ça fait un peu de mousse, mais ça ne fait point remonter le niveau de mon picon qui est dangeureusement bas, elle me regarde de son air de on me
l'a fait pas mon petit bonhomme garde ta salive pour des naïves ou des plus jeunes. T'as pas raté ma vie, elle réponds, t'as pas non plus raté la tienne, c'est juste que la vie réelle ne
t'intéresse pas. Tu n'aimes que les fragments, les délfagrations, les ruades, les hurlements, tu n'aimes pas le quotidien. Tu rateras la vie de tout le monde et c'est tout ce que tu veux. Tu ne
comprends pas ce que les gens attendent de la vie, tu ne comprends pas l'attente des autres, et de ton côté attendre quoi que ce soit de la vie est totalement saugrenu. Tu es un être ailleurs, tu
n'es pas le néant, mais tu ne veux vivre que des moments. Tu hibernes le reste de ta vie, tu veux que je te dise, tu es un noctambule du jour, un noctambule de la vie quotidienne. Pendant qu'elle
assèche son propre verre, je me dis la même phrase que je me dis chaque début d'hiver, faudrait penser à m'acheter des mitaines. On ne peut pas t'en vouloir pour ça elle reprend, mais alors ne
sois pas contradictoire pour une fois, ne demande pas de respecter les règles, alors que les seules règles que tu acceptes ce sont les tiennes. J'ai regardé le fond de mon verre et je me suis
demandé si en vieillissant (quoi que) on parvenait à écouter, à prendre une main, à caresser une joue. Mais cet instant de mièvrerie instantané n'a pas duré si longtemps, et j'ai avalé la
dernière gorgée de mon propre verre de picon pour noyer le frisson.
Par ma vie en biture
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Grande maison, grosses voitures, grands voyages. Grande famille, grande piscine, grande autre maison, grands autres voyages. Essayer de ne pas boire jusqu'à ce que mort s'ensuive, vivre avec
style sans faire trop faire de vagues, garder un oeil sur le pognon, essayer de ne pas le pisser en gnôle, essayer de mener l'oeuf suivant à incubation, ne pas passer pour un pigeon, ne faire
confiance à personne, et rester à bonne distance de la presse...
Ne pas picoler jusqu'à ce que mort s'ensuive, c'est là l'obstacle le plus difficile. Tu as tout ce temps sur les bras, à disposition, tu comprends. Et rien à faire. Ca ne prend qu'une heure ou
deux de veiller sur le pognon, même si tu fais ça le plus sérieusement du monde. Combien de parties de tennis peux-tu jouer ? A combien de réunions de la société cousteau peux-tu assister ?
Combien de Bornéo peux-tu kayaker ?
Ce qu'il y a de bien et d'effrayant c'est qu'après que la picole t'aura rendu dingue ou bousillé les reins, l'argent non seulement t'empêchera d'aller chez les cinglés, mais il te permettra aussi
de t'offrir une nouvelle paire de reins pour que tu les re-bousilles. Avec quelques petits investissements intelligents, tu peux boire à jamais.
Jim NISBET
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(reprise mais reprise)
Hey ! Bois un café et redescends sur terre. Bien serré hein, le premier de la
journée, t'en boiras jusque 6 heures du soir pour rester éveillé face à l'ennui d'un ordinateur sans vie au politburo. Ca te fera pas de mal. Faut que t'arrête de lire tous ces commentaires
sur tes gribouillis de l'âme. T'as presque cru un jour ce que tu as lu en bas de tes histoires pas belles. Des gens qui croient réellement que tu es UN écrivain. Juste parce que tu écris
quelques lignes un peu chiadé qui impressionnent quelques jeunes filles un peu fragiles ou pas. Ne croies rien. Car tu n'écris pas si bien que ça. Tu n'est pas capable d'écrire un bouquin de
quelques centaines de pages qui se tienne. Le truc qui est à la portée de n'importe quel crétin que tu aperçois parfois dans la lucarne surexposée. Oh oui quelques fulugurances mais bon...Faut
arrêter d'espèrer tu t'es toujours fait jeter avec tes manuscrits et tu n'es pas un génie ignoré. Continue d'écrire et de bosser mais ne crois rien de ce que tu lis. Arrête de te palucher sur ces
compliments. T'as un peu mal à ta conscience. Parce que tu te shoote à ces notes, tu t'enfiles un bonne ligne de plaisir chaque jour, tu tire des bouffées en écrivant ici, ca te fait trop de
bien, c'est trop bon, on dirait une fille encore et toujours amoureuse, le genre de truc qui n'arrive jamais dans la vie. Faudrait peut-être arrêter -mais tu peux pas dire ça, on dirait le mec
qui veut encore plus de paluchages et de gens qui te supplient de rester - et puis t'en es incapable, tu serais beaucoup plus déprimé. Mais tu as déja arrêté, une première fois, c'était comment
tu sais plus, tu as rencontré cette fille qui a dit il faut continuer, il faut reprendre, mais c'était pas pour ça que tu avais arrêter. C'est juste quand tes lignes ont faillis tuer une fille.
Tu ne te connaissais pas ce pouvoir même si tu te fâcherais avec la terre entière pour un bon mot. Parfois tu as envie de vendre la mêche, des fois tu y penses, tu n'es pas loin de dire à
quelques connaissances que tu as un blog. Juste pour montrer que toi aussi tu fais quelque chose de ta vie. Tu en es là, c'est puéril. Ton oeuvre c'est ce blog. Ouarf. T'es malade mon pote. T'as
le cerveau en compote. Et l'autre soir au café. Tu regardais ces filles. Tu pensais cela. Peut-être qu'elle lit mon blog. Oui c'est inquiètant là. Tu y croies pauv'con. Tu m'inquiètes un peu. Bon
allez va prendre une douche, redescends de ton nuage monsieur le futur écrivain. Hein hein. En attendant va gagner ta croute. Evite la déroute. Shoote toi aux mots. Mais pas trop. Juste un peu,
juste assez.
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