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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 18:53

 

Dans le noir, j'entends une fille qui pleure, à moins que je ne la vois, je ne sais pas trop. La vodka frappe mes tempes et je sais que c'est le cœur de la nuit car je suis encore beaucoup trop bourré pour que ce soit le matin. Je sais bien que la vie est une suite de cuite et de gueule de bois. Je m'éveille un peu et je comprends que c'est une fille qui ronfle à côté de moi. Je me rendors pour l'écouter pleurer, à moins que ce soit une autre, a moins que ce ne soit pas elle. Plus tard, je m'éveille et c'est encore la nuit, et c'est encore le bourdon dans mon crâne et plus personne ne ronfle à côté de moi mais j'entends une fille vomir dans les toilettes et je me dis que je suis de retour aux affaires. Parce que la vie, le romantisme et les conneries de carrière c'est bien gentil mais la vie alcoolique c'est tout ce qui compte et tout ce qui reste. Tout ce qui compte et tout ce qui reste. 

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 10:47

 

Le retour a la vie. Des cabossés. Des flingués. Des tarés. Des retardés. Des perdants pas magnifique qui vont marcher dans le feu pour bien vérifier qu'il brûle. Je ne suis fait pour rien d'autre. La jeune fille qui est montée sur le pont n'aime pas trop le gin-tonic qui est pour moi, la meilleure saloperie au monde. J'ai acheté une bouteille de jack daniel's. J'aime bien les filles qui boivent des boissons dégenrées je lui explique alors qu'elle me regarde comme la langouste regarde la moule. Circonspecte. Elle s'assieds sur une caisse en bois qui traîne sur le rafiot pourri sur lequel on peut broder la poésie que l'on veut mais qui ne sera toujours qu'un vieux rafiot pourri. Nous buvons toute la soirée, discutant, comme le ferait de vieux amis, même si je pourrais être son père. Elle essaie de m'expliquer sa maladie sans vraiment y parvenir. Je dois lire un livre qui m'explique. Elle m'en conseille plusieurs. Il faudrait manger je lui dis car je sens que l'ivresse est en train de m'envahir, trop heureuse de reprendre possession de ce corps qui l'avait délaissé depuis quelques temps. Il faudrait boire, réplique la jeune fille dont l'âme et le corps ne sont pas aussi fracassés que moi. Elle m'embrasse avec ce détachement qu'ont les jeunes filles d'aujourd'hui, dont je ne suis pas capable de dire si c'est de l'indifférence ou de la légèreté. J'aimerais mieux manger avant que de baiser je lui ne explique pas. J'aimerais mieux boire avant que de baiser elle ne me réponds pas. Et puis j'écoute les bruits du port, si familier, ou que l'on soit amarré. J'écoute le corps calciné de la jeune fille. Pompier pyromane, c'est vraiment ce que je suis. C'est parfaitement ce que je suis.

 

 

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24 septembre 2022 6 24 /09 /septembre /2022 18:26

 

Je m'avance vers la mer. Un nouveau port, des vrais gens, des vagues qui sentent les embruns et l'alcool. Je veux me fondre dans la folie de cette ville de bord de mer. Aussi moche que Saint-Malo est belle. Des gueules calcinées par les marées. Je veux revenir a ce que j'ai toujours été. Un alcoolique parmi les alcooliques, un perdant pas magnifique parmi les perdants pas magnifiques, un type qui se suicide lentement : A l'alcool. Je ressens l'euphorie de la chute, et cette passion toujours qui me dévore, toujours, au début d'une ville, au début d'un nouvel appartement de nouvelles personnes, d'un nouveau lieu de travail, de nouvelles personnes. Je n'aime que cela, ces sauts dans l'inconnu, dans cette absolue solitude qui est désormais la mienne et sur laquelle cette fois-ci je ne reviendrais pas. J'irais bien entendu vers l'est, toujours, régulièrement, pour voir comment les gens survivent, pour essayer de me noyer dans la vodka. Je sais que je suis moi dans cette fuite en avant, dans ce saut de la falaise dans le vide, esquintant mon squelette jusqu'a ce qu'il cède. Vacillant mon âme, la remplissant d'ivresse, jusqu'a ce que la raison me quitte. La déraison m'habite. Elle ne me quittera pas. Elle ne me quittera plus. 

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 17:00

 

Le va le vient. Des lignes lues sur des feuilles, des étreintes bancales, des désirs qui s'ignorent. Et tout qui recommence encore. J'ai vu ma mère morte sur son lit d'hôpital, je l'ai vu, et puis ensuite ses yeux se sont ouverts et la vie a repris son cours. Une fille me dit je veux vivre avec toi car un jour tu me tueras et je veux mourir. Je divague entre les gens, je rencontre des corps, j'embrasse des lèvres, je caresse des ventres, et puis tout recommence et tout est fini. Je me demande vers quelles douleurs je vais encore, ma lâcheté me fracasse, mon désir me rumine, et puis l'alcool encore et toujours, l'alcool me rends mauvais en ce moment, je vais perdre ce que je n'ai plus. Je vais me perdre je crois, je me nuits et puis voilà. Je ne change pas je descends des verres sur des comptoirs en zinc, je cours dans la nuit, et puis j'ai peur, de tout, de elle, de elles, j'ai peur je ne peux plus. Il pleut je marche dans la nuit, métro, et puis marcher encore, et puis il pleut, et puis je cours. La lente descente en fièvre, les longues et inexorables descente en enfer. Il me reste les mots écrits sur des feuilles blanches, je me dis je suis mort, je me tue, je maudis mes larmes, je médis mon âme, je ne sais plus qui je suis, ce que je veux. Je rencontre des filles jeunes auxquelles je n'ai rien à dire, je dévoile mes mollets dans des bars, je vide ma canette sur le trottoir. Boire ne pas boire. Vivre ne pas vivre. Mourir, ne pas mourir. Candidat au suicide de l'ivresse, je ne sais plus ce qu'est la vie, je ne sais plus, les sourires des enfants, le souffle du vent, l'eau qui caresse les chevilles. Je m'abrutis de longueurs de piscine, je m'abrutis mais ce n'est rien, j'ai mal aux bras, aux jambes, j'ai mal comme un enfant, j'ai mal d'être vivant. Je lis ces lignes «et chacun s'en ira , en se consumant tels des petits soleils mort-nés à l'agonie». J'attends la chute, j'attends la fin, j'attends qu'elle me déteste, j'attends la fin de sa pitié. De la douleur à l'état brut qui ne dit pas son nom. Des larmes, des larmes dans la piscine. Tu pleures, tu vois, tu ne sais plus. De la douleur à l'état brut je vous dis. Des petits morceaux roses et multicolores. J'ai vu ma mère morte sur un lit d'hôpital, je vois mon père mort, j'ai vu mon frère mort. Je suis encore vivant. Je suis le seul vivant. Mais ma mère rouvre les yeux. L'absence, la présence, elle est absente quoi qu'il arrive. Elle n'est plus là. Ailleurs, toujours, ailleurs, vers d'autres rives, vers d'autres rêves factices, d'autres langues, d'autres bouches... Alors je me noies dans l'alcool, je m'inonde de maux, de douleurs exquises, je m'irrigue de nuit et de brouillard. Je meurs c'est beaucoup plus simple. Je meurs. Je meurs factice, je suis factice, je suis comme qui dirait l'ombre de mon ombre, le rêve de mes rêves, je suis celui qui ne peut, celui dont on ne veut, celui qui est non. Des nous qui ne se parlent plus, des jours qui se suivent, des cauchemars qui se ressemblent, des vérités qui s'assemblent. Et puis l'alcool au milieu de tous ça, nos ivresses, nos détresses, nos caresses sous le poids de l'ivresse. Et puis nos corps à l'abandon qui ne respirent pas l'un dans l'autre, qui ne se suivent pas, qui ne se parlent pas, qui ne savent plus comment vivre. Tu ne m'aimes pas, tu le répètes en boucle, tes yeux le disent encore et encore, ton corps m'accepte un peu je crois, mais ton âme ne veut plus de moi. Tu me dis je n'ai pas peur, tu m'effleures à peine. Alors je bois je continue ma déchéance, je suis là, encore au bout du zinc, je suis encore à enquiller les godets, je suis encore celui qui ne veut pas rendre les armes, je cours je cours je me souviens dans les rues dans la nuit, je cours après toi je cours pour t'échapper. Je veux boire boire et encore boire, je ne veux plus voir, je ne veux pas de ce miroir au dessus du bar, je ne veux plus de mon image, je ne veux plus. Je ne suis plus doué pour la parole, je ne sais pas parler, me plaindre, je ne sais plus, pas, je ne sais pas, je ne veux plus vivre, je ne veux plus boire. Mais je ne trouve que l'ivresse, l'ivresse et encore l'ivresse. Je veux me perdre, je veux me tuer, je veux rester hagard sur le bord de la route, je veux tendre le pouce, je veux vider des godets, je veux finir les verres, je veux m'enfiler la flasque, je veux...Je ne mange plus, je dors un peu, je ne pense pas. Je veux juste boire et m'enfiler des verres, je veux juste que l'alcool me prenne, je veux juste. Mais je ne peux plus, je ne peux pas, je ne sais plus, pas, je ne sais plus rien, je ne vois plus rien. Je suis hagard là, au bout de la route, je suis celui que tu verras, a 4 pattes dans le caniveau, je ne suis pas. Je ne suis plus. Le souffle coupé. Et je m'étonne de ça tu sais, je m'étonne, je détonne, je sais que ce ne sera jamais fini. Toi moi et tout les autres. Toi moi et toutes les autres. Comment te dire, que je serais toujours seul, toujours en moi-même, que je ne partage rien, jamais, rien de rien, je veux bien donner le change mais je ne veux plus. Je ne jouerais pas le rôle du passager. Laisse moi au bord de la route. Marcher vers nulle part c'est une des choses que je sais faire.

 

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 18:11

A partir de cette époque, il n'y a plus eu que l'alcool pour m'apaiser. Exactement, comme la première fois ou j'avais bu, il me donnait l'impression d'être normal, comme les autres. Envolés timidité et manque de confiance. Je me sentais bien. J'étais qui je voulais être. Plus rien n'était hors de portée. Avec l'alcool, j'étais moi-même. Mon problème c'est de ne pas avoir le sens de la mesure. Avec moi, c'est tout ou rien. Le juste milieu n'existe pas, presque a tous les coups, je dépasse les bornes. Ce qui me pousse à écrire, ce n'est pas l'envie de changer le lecteur, mais plutôt de lui faire savoir qu'il peut changer. J'écris sur la vie, sur la mort, sur l'amour et toutes les façons de le gâcher - et d'en réchapper. J'écris sur la folie et la mort. J'écris sur la survie de mon cœur.

 

                                                                        Dan FANTE 

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 20:12

 

J'amarre le bateau. J'en avais marre d'errer sur mer, surtout que même si tout le monde m'appelle le capitaine, au fond, ce que j'aime c'est errer sur terre. Ça fait du bien ce nouveau port. Loin de tous ces gens qui au fond se prenaient très au sérieux, loin de tous ces gens qui au fond n'étaient pas vraiment alcooliques, loin de tous ces gens qui au fond étaient des acteurs, des intermittents du spectacle, des petits bourgeois.  Ici je serais mieux, ce ne sont pas des personnages, ce sont des ratés et des losers. Des alcooliques. Des gens qui n'ont aucune illusion, des gens,  pas des personnages. Je descends du bateau. Je me rends compte a quel point, je suis loin de la vie. Il n'y a pas de café sur le port. C'est pas grave. Il suffit de chercher. Il suffit juste de chercher. 

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11 septembre 2022 7 11 /09 /septembre /2022 16:44

 

Quand tu es assis sur un bateau, que la mer est calme, tu entres en méditation sans même le vouloir. Tes yeux se fixent sur l'horizon et tu entres dans cet état parfois. Tu penses a des histoires, tu déroules le fil de ta vie. Tu te remémores des choses sans importance et d'autres oubliées ou enfouies depuis très longtemps. Le vent  dans les oreilles, je ne peux m'ôter cette phrase de Céline de mon esprit, le vent sifflant dans les oreilles, je ne peux détacher mon esprit de cette phrase :  "La grande défaite en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever."  Pour les gens comme moi qui se trompent sur tout et surtout sur les autres, cette phrase était simplement fascinante. Je pense souvent que c'est pour cela que je n'ai jamais été aussi heureux que j'aurais dû l'être, je pense souvent que c'est pour cela que je n'ai jamais été aussi malheureux que j'aurais pu l'être. Au fond, je suis neutre, je traverse la vie comme si c'était un songe, je ne comprends rien aux autres parce que je n'investis rien comme eux, j'aime les femmes qui veulent que je les aime, je baise celles qui veulent que je les baise, je déteste celle qui me déteste. J'apparais puis je disparais de la vie des gens car j'ignore ce qu'ils me veulent et je suis incapable d'entretenir une quelconque relation amicale ou sentimentale. Je me laisse voguer. Comme mon bateau. Je cherche une terre alors que je regarde l'horizon. Et j'en devine une. Pluvieuse, brumeuse, isolée. Je serais bien là-bas. Au milieu de personne, je serais à ma place. 

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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 15:21

 

Nos vies entières. Nos vies entières sont des mensonges et des histoires que personnes ne croient hormis nous. Nos putains de vies entières. J'ai envie de vomir, moi qui n'ait jamais envie de vomir, je me sens mal moi qui ne me sens jamais mal. J'ai la gerbe moi qui n'ait jamais envie de gerber. J'ai une putain de gueule de bois, alors que je suis sur mon putain de bateau. La veille, j'ai donc picolé comme un trou. Seul. Alors que le bateau voguait vers nulle part. Bordel. Mais bordel de bordel de bordel. Prendre une cuite sur un bateau, c'est la certitude d'une gueule de bois carabiné. Il faudrait que je plonge dans l'eau mais elle est glacée. Ma vie est une gueule de bois sur un putain de rafiot. On dirait que le vent de lève, on dirait que le vent gonfle les voiles, on dirait qu'il va pleuvoir. Quelques gouttes de pluie avant la nuit. Une gueule de bois sur les flots. Je vomis dans la mer. La bateau commence un peu a remuer, je vomis encore. Une gueule de bois sur un bateau. La nuit remplace la pluie. Enrobe ma vie. Je vomis encore un peu. J'ai mal partout. Je vais m'allonger sur le bateau. Il faudrait que je trouve un port. Pour une biture plus calme, pour une gueule de bois classique. Allongé dans ma cabine. Mort jusqu'au lendemain. Ma vie est une cuite qui n'a pas de fin. 

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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 19:25

 

Je me souviens qu'en 1976, l'été, alors que Raymond barre allait devenir premier ministre dans le courant du mois, mon père m'avait donné une gifle. Nous étions à table et je m'étais foutu de sa gueule. Nous étions une vingtaine à table, mes parents louaient toujours un gité en été avec pleins d'amis et leurs enfants, en général dans les alpes de haute Provence, vers le mont Ventoux, parfois un peu plus à l'ouest dans le Vaucluse, vers Gigondas ou Vacqueyras. Je me souviens de cette grande et vieille bâtisse ou l'on jouait au ping-pong à l'intérieur, et j'ai encore le souvenir de cette baffe sur ma joue. Une brulure. Mais surtout j'avais été horriblement vexé. Il y a quelques années, j'étais manager d'un plateau dans un centre d'appels téléphoniques et je ne m'entendais pas avec l'autre manager, qui était d'ailleurs une manageuse. Elle passait son temps à me débiner et j'avais de plus en plus de mal à la supporter. Je lui reprochais de me fracasser devant tout le monde. Le responsable de service m'avait convoqué, m'avait détruit, me reprochant cette mésentente. Elle dit du mal de moi et c'est de ma faute, je m'entends encore lui répliquer, ahuri. J'avais trouvé cela dingue. Ce sentiment m'est revenu. Ce sentiment d'injustice. Je vogue vers le néant avec légèreté, une espèce d'euphorie. Je voulais couler le bateau au milieu de la mer, mais il va sans doute voguer jusqu'à la prochaine terre. Je ris face au vent de la rapidité de ma disgrâce. Je n'essaie plus de comprendre. Je ne me suis jamais pris au sérieux, je n'ai jamais pris rien au sérieux. Je laisse aux autres le tout à l'égo de leur vie. J'ai quitté le port, quelques heures auparavant. Je ris de l'égo des autres, de cette connerie subtile qui les habitent. J'ai quitté le port et je ne sais pas ou je vais. Plus ou je vais. 

 

 

 

 

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 15:08

Vous savez ce que disait Céline (Louis-Ferdinand hein pas Dion), les hommes sont lourds. Les gens se prennent tellement au sérieux, les gens manquent tellement de légèreté, et c’était qui était chouette avec le fantôme, cette légèreté, c’était vraiment super, mais ça voulait dire effectivement que nous avions créé une intimité, une complicité et ce n’est  pas supportable pour quelqu’un de jaloux et de possessif. C’est un peu triste mais c’est ainsi. Ce qui me rends triste ce n’est pas que le type soit comme ça, c’est que le fantôme lui donnera toujours raison, elle reprend contact avec moi, de son plein gré comme dirait richard, sans que j’ai rien demandé, et c’est moi qui veut coucher avec elle. Qu’est-ce que vous voulez répondre a des arguments pareils ? C’est minority report leur truc, vous avez accepté de discuter avec ma femme, donc vous avez voulu la baiser, donc vous êtes condamné. La magicien rigole je crois qu’il n’a jamais vraiment osé se lâcher et du coup la transgression lui fait du bien. C’est plus le mâle dominant, c’est le mâle ruminant, il lâche un peu énigmatique alors que j’essaie de comprendre le sens de sa phrase. La vieille folle parle. Vous êtes tous les deux des cons, vous ne pouvez pas comprendre, vous ne connaissez rien à l’amour, elle dirait. C’est sur je réponds, moi je suis dur au mal.  J’ai pas de problèmes de correspondances d’avion, de fuite de piscine ou de locations de vacances. Les bourges ne savent pas souffrir, je sentence, tout en légèreté. S’ils savent aimer, quelle importance, dit la vieille. Vous savez dit la veille, il y a encore quelques jours le fantôme chantait vos louanges. Votre élégance, essayer de rester à la hauteur de cela.  C’est trop douloureux pour son mec, je réponds, elle ne le ferait plus aujourd’hui. Pourtant ça ne change rien aux sentiments qu’elle a pour lui mais le bonhomme est trop sensible. Vous savez, certains sont tellement raides dingues de leur femme, ils considèrent que c’est un tel miracle, qu’ils pensent qu’on veut forcément baiser icelle. Par contre le mec est trop intelligent pour penser que l’un de nous deux voulait baiser l’autre, enfin, je crois qu’il est jaloux qu’elle ait reprit contact avec moi, qu’il est jaloux de notre intimité, qu’il est jaloux que des événements lui échappent. Il est jaloux que je la fasse rire. Mais qu’il pense que l’on veuille baiser ensemble je n’y crois absolument pas. Oui mais reprends le magicien, elle se doutait que vous n’étiez pas intéressé tout de même. Je descends une caisse dans la cale et je me souviens tout à coup qu’un soir, bourré, j’ai raconté ma vie aux débiles du rade. Elle sait ou pas ? me redemande le magicien. Je lève les yeux en l’air. En fait ça ne s’est pas présenté, j’explique. Quoi ? demande l’autre con. Vous savez comment elle est. Un peu moralisatrice. Non c’est pas le mot, peut-être que j’ai eu peur qu’elle me juge, enfin bref, une fois j’ai semé un indice et peut être qu’elle s’est douté de quelque chose, mais non je ne lui ai pas dit. Et si vous me demandez pourquoi et bien je n’en sais rien. Ça ne s’est pas présenté c’est tout. Une fois ou deux j’étais bourré et je me demandais si je lui avais it mais non. J’ai jamais compris ce qu’elle trouvait d’élégant chez vous, le fantôme, elle me le disait encore récemment, il n’y a vraiment que le capitaine pour ne pas croire a son élégance. Tout ça pour dire ensuite que je voulais la baiser, je hausse les épaules. Vous ne comprenez rien a l’amour dit la vieille, non c’est vrai je réponds, je ne comprendrais jamais qu’une personne ait toujours tort, et l’autre toujours raison. Mais c’est sans doute ça l’amour, j’ajoute en me disant que le concept m’échappe complétement. C’est pas si simple, dit la veille, cette phrase que l’on dit quand justement tout est très simple. Avant vous aviez toujours raison, et ce n’est plus le cas maintenant, elle me dit fataliste. Ca je peux l’entendre, je me demande juste pour quelles raisons, désormais j’ai toujours tort. Elle n’a pas le choix, elle me réponds, elle ne va pas entrer en conflit avec son grand amour a cause de vous. Il sera encore là dans 20 ans alors que vous aurez disparu depuis longtemps. Ah oui je réponds, c’est un bon argument. En fait je n’en pense rien mais cette conversation me déprime un peu. Depuis ma disgrâce, j’ai été banni d’un peu partout, mais ce n’est pas plus mal, je ne perds plus des heures a contrarier des gens qui ne sont pas d’accord avec moi, où a le foutre de leur gueule, je ne fais que lire et écrire, c’est le mieux finalement. Je regarde l’horizon, j’ai une bonne vingtaine de livres près de ma couchette, des vivres et de l’eau pour tenir quelques jours, et je sais que je serais remplis de cette solitude toute ma vie. C’est sans doute mieux ainsi. Je ne suis pas fréquentable. Je vais accoster dans un pays en guerre, mais je me sens comme allégé, comme si je ne risquais plus rien. Quand j’ai largué les amarres, ce taré de magicien m’a hurlé, si vous la revoyez dites-lui que je l’attends pour un karaoké. Il agite sa baguette, de loin, j’aurais cru qu’il faisait l’hélicobite.  Je ne suis pas triste, la seule question qui reste en suspens, c’est qu’est ce qui a pris au fantôme de reprendre contact avec moi alors qu’elle se doutait qu’elle provoquerait un choc thermonucléaire ? Comprendrais jamais. 

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