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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 15:37
La déroute du retour

C'est pas grand-chose en fait la vie qui n'existe plus. C'est pas grand-chose, le retour vers le rien. Des corps qui succèdent a des corps, et sans doute des verres a d'autres verres. Parfois aussi pas de verres du tout. J'aimerais que ça ressemble a de la folie, j'aimerais que ce soit vivant, mais ce n'est sans doute pas ainsi que la vie se déroule. Je regarde les mots qui m'échappent, qui s'échappent vers d'autres, et je me dis que c'est sans doute mieux, que la vie n'y revienne plus. Aujourd'hui je sais détacher la vie normale de la vie de songe. Je continue ma vie de songe solitaire et au fur et a mesure que je m'éloigne de ma propre existence, je deviens de plus en plus normal, ma vie devient une vie comme les autres. Une vie de peu, une vie de rien. Je reste assis dans mon fauteuil lisant des mots imprimés sur des pages. Pour moi je sais que ça n'existe pas, pour moi je sais que ce ne sera pas, pour moi je sais ce qui ne sera pas, je sais ce qui ne sera plus. J'aurais cru un peu, pendant ces quelques mois, pendant cette vie de rêve, cette vie d'absence pourtant si remplie, j'aurais cru que tu allais y arriver, j'ai cru que tu allais un jour ne plus repartir. Au fond j'ai toujours eu confiance en toi, et j'ai eu bien raison, au fond j'ai toujours cru que tu allais y arriver. Je sais que tu y serais arrivé. Comme pour la littérature. J'ai toujours cru en toi et j'ai eu bien raison. Ce n'est rien, tu sais, ce n'est rien qu'un mouvement, ce n'est rien que l'idée de ce qui ne sera pas, ce n'est rien d'autre que l'idée de ce qui fut peut-être. Je continue ma vie de songe et de rêve, parfois je t'enverrais des nouvelles, pour me donner l'illusion que j'existe encore, parfois je t'enverrais des nouvelles pour me donner l'illusion que tu existe encore. Je sais que tu existe encore. Je sais bien que tu existe.

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 20:11
Respirer une autre fois...

Il s'est suicidé me dit une voix que je n'ai pas entendu depuis un siècle ou deux, peut-être dix ou vingt ans. C'est vrai qu'on ne devait plus se parler depuis des millénaires. Il avait tellement de respect pour toi me dit la voix dans le téléphone, il détestait tout le monde sauf toi. Il s'est suicidé je répète et je me dis peut-être qu'il était cohérent. Je me dis qu'il était peut-être cohérent. J'avoue enfin a la fille qui aime tant le fantôme, je lui avoue enfin qu'elle m'a quitté. Elle me regarde interdite. Elle t'a quittée ? Je lui dis oui elle m'a appelée un matin et elle m'a dit qu'elle me quittait. Et toi tu as accepté ça me demande la fille que je connais depuis vingt cinq ans avec un air ahuri. Toi tu as accepté ça j'en reviens pas. Il s'est suicidé me dit la femme qui je crois bien s'avère être sa femme, je me demande comment les choses deviennent, comment la vie se transforme, je me demande pourquoi il s'est suicidé, et je me souviens qu'il était alcoolique. Je me souviens comme il était alcoolique. Je ne crois pas qu'il m'aimait. Je ne crois pas. Sa femme enfin celle que je crois être sa femme me dit je ne crois pas qu'il t'aimait mais il disait toujours que tu étais le joueur de rugby le plus intelligent qu'il n'ait jamais rencontré. Pas très dur j'ai pensé. Pas très dur j'ai pensé très fort. Elle t’appelle le matin elle te dit qu'elle te quitte et tu acceptes ça elle me regarde interdit. Non je n'accepte pas je lui réponds. Non je n'accepte pas je lui réponds encore. Non je n'accepte pas et je lui réponds encore et elle me regarde totalement interdite. Elle me regarde en sachant bien que je mens. Il ne parlait jamais de toi dit sa femme qui m'apprends son suicide. Il ne parlait jamais de toi. Je sais bien qu'elle dit la vérité. Je sais bien que c'est la vérité.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 07:57
Se regarder tomber

Je vais rendre les armes et entrer dans le domaine de l'intemporel je me dis alors que le jour parvient a se lever. Je vais rendre les larmes. Je constate chaque matin la bérézina de mon existence avec une sorte de bienveillance un peu usé. Ma vie factice. Des vies derrière moi, brouillard devant moi. Je suis comme ce personnage du meilleur film de l'année dernière, cette femme qui conduit une camionnette et qui embarque des hommes. J'erre dans des villes et j'embarque des âmes, j'erre dans belleville et j'embarque le néant de ma propre vie. Le miroir me renvoie ce visage fatigué, sans âge, sans gravité ni faiblesse, sans profondeur ni force. J'entends la voix de garçon tout maigre qui s'enfonce de plus en plus dans la solitude tout au bout du monde, tout au bout de ce monde, tout au bout d'un monde. Vieillir c'est sans doute cela en fin de compte, faire tellement le ménage qu'il n'y a plus personne. On chasse la poussière pour ne pas le devenir. Pour ne plus y revenir même s'il sera bien temps. Je ne peux plus tomber puisque je suis a terre. Je rampe sur les sentiments diffus qui m'assaillent, je dérive sur les photos papiers glacés qui me ramènent a ce qui n'est plus. Ma vie est un souvenir qui ne veut pas disparaître. Alors qu'il sera bien temps. Alors qu'il sera toujours temps. J'aimerais bien m'évader de moi-même, me fuir quelques temps, me regarder tomber pour être debout ailleurs. J'aimerais bien nager dans d'autres fleuves, flotter sous la surface et m'éviter du regard. J'aimerais te regarder ne pas me ramasser, j'aimerais voir les larmes qui jaillissent de mes yeux et se mêlent au goudron, mon fleuve de larmes qui noierait belleville. Ressentir l'asphyxie, cette respiration qui disparaît peu a peu. J'ai sans doute été rarement aussi heureux dans ma vie de savoir ou je ne vais pas, sans doute que je n'ai que rarement ressenti ces coups qui ne me touchent pas. Je vais laver mes carreaux sans doute qu'il fera plus beau dehors. Sans doute qu'il fera plus beau dehors. Plus beau encore.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 20:34
Agent trouble

Il se met a pleuvoir des draches incroyables sur la petite ville de province du pays imaginaire. Je reste a l'abri sous la devanture du supermarché. Un type me parle dans la langue que je ne comprends pas, je lui réponds que je suis français et il me jette un oeil totalement ahuri. Français il répète dans leur langue imaginaire. Il se met a me chanter cette chanson qui parle de paris. Le garçon qui semble a peine sorti du ventre de sa mère m'explique qu'il a 3 enfants. Mais tu as quel âge je demande ? La fille qui écrasera une larme la veille de mon départ, me laissant interdit et idiot, dans mon état normal quoi, la jeune fille donc qui écrasera une larme m'explique qu'a 23 ans ici on est considéré comme une vieille fille. Je demande au nigérian s'il peut venir avec moi pour commander la bière que je vais lui offrir. Ici les filles veulent toutes sortir avec un américain il m'explique au comptoir. Tu es drôle dira la fille qui me semble immense et a déjà été a bordeaux pour je ne sais plus quelle raison cosmique. C'est un voyage de songe dans un pays de songe. Tu es alcoolique me demande la fille qui parle pas si mal anglais car elle travaille avec des chinois. Une fille m'invite pour une sorte de slow, elle sent la sueur il me semble. Je suis vautré dans l'immense baignoire de l'appartement qu'on m'a prêté, cette drôle de baignoire pour deux personnes. Je dors pendant le trajet de ce mini bus ou s'empile une bonne quinzaine de personnes par je ne sais quel miracle. Je m'ennuie tellement partout, tellement de tout, et là dans ces villes dans ce pays de songes, tout à coup je ne m'ennuie de rien. La femme qui doit tamponner mon visa itinérant qui me permet de changer de ville me laisse debout devant son bureau, et met de l'eau a chauffer. Elle tourne mécaniquement les pages de mon passeport. L'enfant me saute au cou alors que je lui offre les cadeaux de paris. Tu es déjà monté sur la tour eiffel me demande toute la soirée le garçon bourré. Il te faut au moins un million sur toi m'explique la copine de mon copain, sinon tu ne pourras pas aller jusqu’à l'aéroport. La professeur d'anglais dans le métro qui parle avec cette accent si précieux qu'on entend qu'a boston. Je m'ennuie tellement que je pourrai vivre ici, j'ai tellement pas de vie que je pourrais vivre ici. je n'ai tellement plus de vie que je pourrai vivre ici. Une vie de songe et de non-sens, une vie qui n'a pas de sens. Ma vie en somme. J'erre dans la cité imaginaire au milieu de ces dizaines d'immeuble ou même le taxi se perd, je croise des gens qui ne sourient plus, j'entends une langue que je ne connais pas. Je suis revenu il y a presque un mois du pays imaginaire, j'y pense de temps en temps, j'y pense régulièrement. J'y pense de temps en temps. Ou alors j'y suis encore. Ou alors j'y suis toujours. J'y suis peut-être encore.

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 09:26
Mille belleville

Ma vie est un sentiment qui ne me quitte pas. Des pavés de belleville des murs de la vieille ville au loin, si loin. La vie est une douleur qui ne me quitte pas. Comme un regard soudain, comme un regard si soudain. La vie est un bonheur qui ne me quitte pas. Arrivé en bas du parc on enquille la rue pali-kao. Je bois mon café au bord de la seine alors que le jour retient le soleil. En face d'où est né mon grand-père. Pas loin d'ou ma mère était dans une chambre d'hôpital. Près d'une femme aux cheveux longs qui les perdaient. Ses cheveux longs. On regarde le ciel qui passe du bleu au gris. On regarde le ciel. Le matin j'ai croisé ce type près du palais de justice dont je me persuade qu'il est l'avocat de la veuve de céline. J'ai déjà vu le film plusieurs fois mais je reste quand même scotché devant l'écran. J'essaie de ne plus penser a la plus belle femme du monde mais je me dis que l'enfant lui ressemble un peu. Marrant comme tous les enfants ressemblent au fantôme. Il se met vaguement a pleuvoir. Vous n'aurez qu'a tous nous passer par les armes quand vous serez au pouvoir je dis au type. Le copain du garçon vaguement corse a une voix hallucinante de suffisance. Vous avez dit quoi monsieur drink me dit le type en me regardant interdit. Je lui répète. Vous pourrez nous passer par les armes quand vous serez au pouvoir ça résoudra la problème. Je veux voir un responsable il dit. Je ne suis pas sur qu'il y en ait de présent. Des irresponsables à la rigueur je hausse les épaules en décrochant mon téléphone. Tout est fermé rue des envierges, il n'y a que le café ou je ne vais plus qui est ouvert, celui que le fantôme voulait cramer. En face, c'est ouvert maintenant, comment s'appelait le café les balcons je crois, maintenant on dirait un resto de loin. Je traverse la place krasucki il est dans les une heure du matin. Je reste avec le garçon si jeune a la station ermitage ou il attends le 26. A l'aube je regarde les prévisions et je vois qu'ils annoncent de la grêle. Je bois une ou deux leffe pendant le film. Tout recommence a l'identique sans doute, tout recommence à l'identique. Un jour tu auras un vélo, un jour tu l'auras. La vie est une fusion qui ne me quitte pas. Tes yeux ton regard. Ca ne me quitte pas.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 20:41
Belleville morceau

Tu es un écrivain. Un écrivain. Tu es un écrivain elle écrit. J'ouvre une des nombreuses bouteilles de vodka qui hantent mon immense frigo. Enfin mon grand congélo. Tous ces cadeaux de femme polonaise. Tu es un écrivain elle dit et même si elle seule le pense ça me suffit. Ça suffira. Ça suffisait. Alors ça suffira non ? Un con a vélo essaie de m'écraser sur le trottoir du pont recouvert de cadenas. Ils enlèvent ceux du pont des arts. Vous connaissez le pont de l'archevêché les gars ? Des cadenas et des cadenas et des putains de cadenas et des touristes, et des mariées qui font des photos au petit matin un peu après l'aube. Je m'attaque au bateau. Il va falloir le détruire. Comme tout le reste. Ne pas solder les comptes. Je pourrais pas. Si tu me quittes est ce que je peux venir aussi. On ne peut solder ce qui n'est pas terminé. Elle ne va pas la lire tu te dis. Elle écrit c'est bien que tu ais fini mais elle ne vas pas la lire. C'est quoi ton putain de problème podna, c'est cette fatigue un peu raide, cette vie un peu vide, cette illusion que la vie va revenir, bordel la vie c'est pas du cinéma, on ne peut pas retourner les scènes, la vie c'est pas une putain d'illusion ou une sorte de rêve qui te fait croire que les choses vont s'améliorer, que la vie va changer, mais bordel non bougre de con, la vie ne va pas s'arranger, tu peux chanter le refrain a l'infini c'est le couplet qui compte, c'est toujours le couplet qui compte. Tu peux entendre cette femme qui dit vous me dégoutez tous avec votre bonheur de merde, tu peux l'entendre mais tu ne l'écoute pas. Des musiques te parviennent dans ce non sens qu'est devenu ta vie, une pauvre réalité qui n'est qu'un néant, tu devrais oublier sans doute, tu devrais mieux ne pas. Tu lis et relis les mots, tu lis et relis les mots. C'est la fin maintenant, c'est la fin, tu le sais, tu écris les dernières lignes, tu les lis et les relis. Tu pense a nick tosches, bordel tu adorais nick tosches c'est juste l'inverse de philip roth, il disait quoi déjà jauffret, le meilleur écrivain français vivant, il tweetait quoi déjà, "philip roth arrête d'écrire : il avait donc commencé ?. Je vais faire les lits dit la mère de famille dans la série branchouille, je me demande si réellement les mères font encore les lits. Je me demande. Si les femmes disent encore a leur fille qui vient les voir je vais faire ton lit. Le rire cristallin de la plus belle femme du monde quand elle me racontait le tweet de jauffret. Je peux venir avec toi puisque tu ne vas nulle part. Je peux me quitter moi aussi, me quitter déguisé en pas moi. On ne va partir nulle part, dis. On ne va pas partir nulle part. Ma cantine qui ferme racheté, par le café d'à coté, putain il n'y a plus que des caves a vin qui ouvrent dans le quartier avec des planches a la con. Il faut détruire le bateau, il faut brûler le port, il faut oublier non oublier n'est pas le mot, il faut vivre sans, tu n'auras jamais de jugement pour la dernière, tu resteras face au silence, tu ne sauras pas. Tu sauras juste, tu es un écrivain. Vodka, vodka, vodka, tu parles, mon cul ouais, tu bois un malheureux petit shot dans ces verres épouvantables que tu as ramené de vegas. Tu es un écrivain elle répète a l'infini elle écrirait a l'infini si elle t'écrivait encore. La saison 3 de la série qu'était bien. C'est la mer a boire, ce rade, cette vue, c'est la mer a boire. Même redécoré c'est la mer a boire. Ils ont tourné quand, je passe souvent par la, il n'y a pas eu de tournage. Il y a des tournages partout dans la quartier, des catering sur la place des rigoles, des catering sur la place du guigner, des tournages dans la librairie de l'autre con, une des quatre de la rue du jourdain, des tournages dans la maison aux volets bleues de madame machin là. Les pigeons me parlent. Ils ont grossi. Un tournage à la mer a boire j'en ai pas souvenir. Les pigeons ont grossi, la plus belle femme du monde ne les chasse plus, ils font du gras, ils ne s'envolent plus. Ils ne s'envolent plus pour échapper a la furie hystérique qui leur court après. Un peu nostalgiques ils ont l'air. Ce rade c'est la mer a boire, la nouvelle saison est pas terrible, trop de fric, il n'y a plus le bricolage du début. La femme court rue piat. Ce soir j'irais au belvédère du parc de belleville, ce soir j'irai au belvédère, ce soir ivre de je ne sais quoi, ivre d'amour et de larmes, ivre de peur et de sperme, ce soir ivre des images, ivre de toute ma vie, ivre de ton absence, ce soir je vais pleurer, je vais pleurer toutes mes larmes, ce soir je vais regarder la tour eiffel et ne jamais oublier. Des gens partout et nulle part, des gens partout et moi tout seul parmi eux, fascinant cette solitude au milieu du monde, ce soir seul en haut tout en haut, aux 100 mètres d'altitude de la rue de ménilmontant, enfin 108 tout en haut, 100 mètres c'est à la maison, a l'angle de la rue des Pyrénées. Tout se finit, c'est sans doute ça qui est bien, tout se finit c'est sans doute le mieux, pas pour moi, mais pour les autres c'est beaucoup mieux ainsi. Tu es un écrivain, elle écrit et elle écrit encore. Tu es un écrivain. J'écrirais plus je lui dis, j'écrirais plus, je lui dis, j'écrirais mais de temps en temps je te donnerais des nouvelles. Des nouvelles de rien. Des nouvelles du vide. Tu es un écrivain elle écrit, je lui montre la tour eiffel depuis le belvédère. Il se passe pas grand-chose sinon, il se passe pas grand-chose depuis que tu es parti. Il se passe pas grand-chose.

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 20:40
Aveugle et sourd

En fait tu n'as rien compris tu ramènes tout a toi et tu n'as rien compris même au bout de ces semaines de ces mois même au bout d'un siècle tu ne comprendrais toujours pas, tu pourrais lécher la boue tu croirais encore qu'elle a le goût abricot du sexe d'une femme oui vraiment tu n'as rien compris je ne sais pas comment tu peux encore te morfondre et vivre dans un rêve qui n'aboutira jamais tu es un enfant de dix ans qui n'a pas obtenu son jouet vraiment tu me fais un peu de peine, j'ai comme une pitié langoureuse, comme une sorte de dégoût un peu urbain, tu continue de cogner sur des murs de métal, pauvre con, tu continue de frapper de ton petit poing sur des murs de métal et tu ne comprends toujours pas que l'écho qui viendra a tes oreilles ne sera que le tien définitivement le tien pauvre crétin, alors tu t'accroches a l'espoir, tu raccroches un espoir, mais tout cela est vain, tellement vain, pauvre petit occidental, comme si elle allait te répondre comme si elle allait revenir, tu ferais aussi bien de passer a rien, c'est ton domaine ça le rien, ton domaine de prédilection, mais non tu continues d'écrire des mots vains que personne ne lit tu cries mais plus personne ne t'entends, pauvre petite marionnette pitoyable, s'agitant au bout de fil dans un soubresaut mécanique, la raison te dit qu'il faut tout arrêter, la raison te dit d'arrêter mais tu ne peux pas hein, tu ne peux même pas te taire, tarir la source que personne ne boit, non tu ne peux pas, ce sera comme rendre les armes, agiter le drapeau blanc, ce serait comme renoncer et ta petite fierté pathétique ne peux pas l'accepter. Même ça tu ne peux pas l'accepter. Tu ne peux pas l'accepter.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:31
Le vide belleville

Alors que je reviens de faire trois courses pour manger quelque chose, je passe devant la terrasse du café ou se trouve le patron du restaurant d’à côté et mon voisin un peu cinglé. Ils m'invitent et je prends un picon en cette fin d'après-midi paresseuse. Un dimanche qui pionce doucement. J'ai rangé tout l'appartement un peu poussiéreux suite aux travaux et j'ai lavé tout la vaisselle que j'avais stocké dans des cartons avant de partir pour le bout du monde. Je sirote mon picon alors que voisin un peu secoué verse un calvados dans sa tasse de café vide et que le patron du restaurant semble boire un whisky. Terminer la dixième je me dis, terminer, solder tout cela. C'est si difficile si tu savais. Denis Lavant passe juste devant nous et commande un café au comptoir. Le visage du fantôme m'arrive alors en pleine tronche. Je l'imagine en train de boire un thé a cette terrasse miteuse dans ce café vaguement mafieux. Elle me dirait oh c'est denis lavant avec son grand sourire de petite fille. Je pourrais aller au cinéma aujourd'hui, je pourrais aller nager, je pourrais aller au café ou il y a une sorte de vente de petits trucs sympas, je pourrais aller au concert des ramonheurs de menhir au cicp. Je pourrais et je ne fais rien. Le patron du restaurant part pour une fête dans le treizième après avoir payé mon verre. On discute littérature russe avec voisin. Il a vécu a moscou, il parle russe et créole aussi. On parle de pouchkine. Des gens passent, ils me parlent de ma voisine. La fascination qu'elle exerce sur lui me fait rire. C'est le genre de journées qui s'étirent, j'aurais pu aller voir ma mère, elle aurait fait un bon repas, j'aurais un peu picolé pour noyer l'angoisse. C'est dommage qu'elle soit morte. Mon voisin continue de tenir le crachoir a jactance, il me parle du livre qu'il est en train de terminer, une sorte de comparaison entre le cyrillique et le créole parce qu'il a vécu a la réunion aussi. Pas gagné de trouver un éditeur il dit. Il me demande conseil, je ne lui dis pas que je suis bien la dernière personne capable de trouver un éditeur. Je rentre avec mes courses et je commence a couper les carottes alors que je mets l'huile d'olive et les oignons a roussir tranquille. Maintenant je regarde par la fenêtre quand je fais la cuisine, la vue imprenable sur la cour et les achélem d'en face. Je ne trouverais plus de post-it maintenant que la cuisine est neuve. J'entends de la musique au loin. Une voix qui chante en allant vers la bastille. Mais peut-être que je rêve. Peut-être que c'est un rêve.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 10:15
Un dernier verre avant l'absence

Un picon je demande au petit jeune qui me regarde d'un air pas trop rassuré. Allez n'aie pas peur du fantôme je dis, il n'y a plus de fantôme. C'est vrai que ça fait un bail dit le vieux collé au comptoir. Elle a peut-être disparue pour de bon. Je suis content de vous voir dit le jeune, allez un petit picon pour fêter votre retour. Vous étiez parti loin il parait. En fait non je lui réponds je n'étais pas si loin mais c'était un peu comme un nouveau monde. Le magicien me dit bonjour de loin, il est devenu un peu bizarre ces derniers temps, comme s'il savait, comme s'il était dans le secret des dieux, il ne réclame plus le fantôme, il prend un air pénétré comme s'il lui parlait, comme s'il la voyait. Je m'en fous en fait, tant mieux pour lui s'il parle avec elle. Mon propre coeur s'est arrêté depuis que la plus belle felle du monde s'est envolé, même si c'était écrit même s'il le fallait. C'est de la faute de personne c'est la vie qui est ainsi, j'ai pas beaucoup grandi depuis mes 12 ans mais je sais juste qu'il ne sert a rien d'affronter la vie et la mort, il faut juste courber l'échine en espérant ne pas avoir trop mal. Le gamin me sert un second picon après que j'ai asséché le premier mais le coeur n'y est pas, depuis quelques temps déjà j'ai remarqué que la cuite ne venait plus, comme si mon corps refusait, comme si mon corps renonçait. Je ne sais plus boire je dis au vieux. Sentiment de culpabilité il lâche. C'est peut-être pas plus mal ainsi dit le jeune au comptoir vaguement soulagé, dès fois que le fantôme réapparaisse pour le buter parce qu'il m'a servi a boire. Aucun risque je pense. Je vais peut-être partir pour de bon je dis au vieux, disparaître a mon tour, ne plus y revenir. Vous iriez ou demande le serveur ? On s'en fout un peu non, je réponds au vide. Je réussis péniblement a boire mon second picon mais le coeur n'y est pas.Je crois que c'est un peu le sentiment qui m'obsède en ce moment. Le coeur n'y est pas. Le coeur n'y est plus. Plus vraiment.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 07:53
Dernières lignes

La vie continue. La vie continue je le vois bien autour de moi. La vie continue sans moi. La vie continue sans elle. La vie continue sans elle émoi. Je meurs un peu chaque jour d'un silence qui ne se rompt pas, je fuis, de plus en plus, de plus en plus loin, je fuis dans les méandres de mon esprit qui ne veut plus fonctionner. Ma bouche se fige, ma langue peu à peu reste collé au fond de mon palais. Enfermé dans mon palais. Je retourne a cette solitude que je n'aurais sans doute pas du quitter, retourner au bal des corps, aux rencontres fortuites, retourner a la fuite. Je considère que ces lignes sont les dernières, ces mots sont les derniers, même si ce n'est pas vrai, même si ce n'est pas le cas, même si je continue encore et encore. La vie continue, en attendant moins bien, en attendant que ça se passe, en attendant rien. Le rien. En attendant des vies qui n'arrivent pas, des pensées qui ne parviennent plus, des désirs qui ne se rencontrent pas. Je ne suis pas exsangue, pas essouflé de ma propre course, même si, j'ai un peu le vertige, sans doute le vertige d'être monté trop haut, sans doute. Même si parfois, la nuit m'envahit, je ne suis même pas triste, enfermé en pas moi, enfermé en pas moi-même. A rebours toujours, aller en arrière, je ne cherche plus refuge dans l'alcool, je ne cherche pas, je n'en veux pas. Je dis adieu même si je sais que je ne pars pas, je parle a des absentes, je parle a une absence. Je fuis encore et toujours, naufragé a sec, locataire du dehors. Je regarde ailleurs pour ne voir que toi. Je regarde ailleurs et je ne vois que toi. Aveugle de mon émoi. Aveugle de toi.

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