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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:43
Silence de mort

Les disparitions c'est pire que la mort en fait. Quand les gens disparaissent. Un peu comme les mots, quand les mots rapetissent. Quand les gens disparaissent c'est pire que la vie en fait. C'est pire que tout, c'est le genre de phrases sans intérêt et que quiconque écrit devrait être passé par les armes dans la minute, un peu comme c'est pas si simple. C'est pire que tout ce genre de phrases qu'on éructe quand on ne sait plus parler, ce genre de phrases qu'on gueule quand on ne sait plus murmurer. J'ai toujours détesté le silence, je viens d'une famille ou l'on ne lui laisse jamais de place. On dit silence de mort parce qu'on ne sait pas quoi dire d'autre. La douleur est une prégnance qui semble jamais ne devoir se finir, qui sans doute ne devrait jamais devoir se finir. Je me dis chaque jour que je dois arrêter cette comédie, arrêter d'écrire ces notes qui n'intéressent personne, qui n'intéressent plus personne, je rêve une dernière note ultime, j'imagine que chaque note est la dernière, que chaque mot est le dernier. Je vais enfin retourner au silence. Je me suis toujours trompé. Je me serais toujours trompé. C'est la seule constante de ma vie. Toujours trompé sur tout, comme un enfant que je suis, les gens trouvent que je fais plus jeune que mon âge mais c'est juste que j'ai le cerveau d'un enfant de douze ans. Comme disait kakfa, je suis très ignorant la vérité n'en existe pas moins. Je n'ai pas bu une goutte d'alcool depuis un truc comme une semaine, j'y pense un peu et puis j'oublie, je me rends compte a quel point l'alcool est lié a une vie sociale. Si vous ne sortez pas vous ne buvez pas. Et l'inverse est sans doute vrai aussi. J'ai toujours envie de partir vers nulle part, je me dis qu'ainsi je n'attendrais plus que le silence soit rompu, si je vais dans un endroit ou personne ne vit, je ne risque pas de te rencontrer. J'espère que ce sont les derniers mots que j'écris, même si je n'y crois pas. Même si je ne me crois pas.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 16:57
Elégie d'une autre vie

C'est comment la fin. Ca ne porte même pas de nom. Tu croyais quoi ? Tu ne sais pas, tu ne savais pas, tu ne sauras jamais. Tu es un pion sur un échiquier qui n'aura jamais trouvé sa place. Un néant qui n'ose pas articuler son nom. Un néon éteint. Je ne vais pas me mettre a genou puisque je suis déjà allongé, je ne vais pas devenir quelqu'un puisque je ne suis même plus personne. Mon cerveau est un cerveau de songe, ma vie est une vie de songe. Mes pensées se perdent dans un souffle qui expire, tentation un peu cru de ne même pas être. Des théories pour un autre moi j'en aurais encore et toujours, mais on ne peut jamais recommencer, on ne peut jamais dans la vie. Alors je vais déposer mon âme dans un congélateur, je vais vider mes pensées dans une poubelle, je vais arracher mon coeur et l'enterrer aux buttes chaumont, je vais arracher mes yeux et les jeter a la seine. Je vais attendre que le bourreau lève son arme, je vais attendre je crois, ou bien ne pas, ou bien ne plus attendre. C'est sans importance. Je n'ai plus a donner le change. A personne. Pour personne. Je vais déposer mon crâne au soleil, je vais nourrir mon corps ou lui imposer un jeûne, je vais continuer de parcourir le monde pour fuir et voir là-bas si je n'y suis pas. Ce n'est plus important. Tout ce que je vivrais à compter de ce jour n'a plus aucune importance, tout ce que je vais ne pas vivre a compter de ce jour n'a aucune importance. Ma vie désormais est un songe qui n'a plus aucune identité. J'ouvre un peu les fenêtres pour me donner l'illusion que je fais encore parti du monde. J'ouvre un peu les fenêtres pour me donner l'impression que j'ai encore ma place dans ce monde. Mais le coeur n'y est pas. Mais le corps n'y est plus. Même le corps n'y est plus.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 13:25
Chronique du néant

J'entends la voix du lointain de garçon tout maigre, il me dit qu'il se sociabilise dans son village de cent quatre vingt sept habitants peut-être cent quatre vingt huit. Il me dit qu'il arrive a tenir une conversation tout les deux jours. Je me demande ce que fait la plus belle femme du monde a cet instant précis, je me demande. La nuit précédente j'ai fais un rêve assez prégnant, je me suis demandé si ce n'était pas la lecture du livre de carrère. Il raconte cette courte période de sa vie ou il est devenu croyant. C'est un peu tortueux comme toujours chez moi, mais la religion me fait toujours penser a ma mère, et ma mère me ramène sans doute a ce rapport sur l'enfance. Le rêve de la nuit précédente, si prégnant, si léger et si lourd a la fois, m'a ramené a un souvenir de ce que me disait la plus belle femme du monde. Mon grand regret c'est que je ne pourrai pas te faire un enfant. J'étais toujours un peu estomaqué et surpris qu'elle me dise ça. Je me suis toujours demandé si le fait d'avoir un enfant pour un couple n'était pas une manière de créer un lien pour toujours. Enfin de compte c'est vrai, on ne fréquente plus que rarement les femmes avec lesquelles on a eu une histoire d'amour. Le seul lien pour les couples brisées ce sont les enfants. Donc dans ce rêve j'avais un enfant avec une femme pas vraiment identifiée, mais ce dont je me souviens c'est que j'avais un enfant. Je me demande si je ne devrais pas partir loin de tout comme garçon tout maigre a des kilomètres de toute civilisation, attendre de devenir vieux à mon tour pour mourir loin de tout. Encore plus vieux qu'aujourd'hui. J'aimerais bien ne plus attendre que tu ne me parles pas, ne plus entendre ton silence, j'aimerais bien en fin de compte que tu m'appelles ou tu m'écrives comme avant, que tu continues de corriger mes écrits. Je n'ai jamais pensé que ce serait ainsi après la parenthèse que je représentais, je n'ai jamais pensé que ce serait ce néant et ce silence. J'ai toujours été un indécrottable optimiste. Dépressif certes, mais optimiste. Je regarde le gris sur belleville en attendant l'automne et l'hiver, je regarde le ciel si gris qui semble prêt a vouloir exploser. Il va faire comme moi, il peut menacer et gronder mais il va juste rester dans le gris. En attendant rien. En attendant un silence qui ne se rompra pas. Rester dans le gris. Juste rester dans le gris.

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 15:14
Odyssée de la déroute

La douce dérive de mon esprit. L'impossible extase de la déroute. Je me laisse divaguer un peu, les neurones anéantis par deux vodka-tonic. Tu sais ce que j'adore chez toi, dis une jeune fille a une autre fille sur la ligne 11 entre arts et métiers et république alors que je lis un pete dexter qui est comme tout les pete dexter aride et sec, racial et bestial, c'est l’intérêt et la fascination que tu porte a des petites choses et des petits détails. Je souris. Il y a un philosophe assez connu un mec genre Nietzsche qui a écrit que la vie serait totalement impossible si on accordait pas de l'importance à ce qui n'en a pas. De l'importance. Ou alors c'est cioran. Si ça se trouve c'est cioran dont j'ai découvert la veille dans libé qu'une bourse portait son nom. En même temps recevoir la bourse cioran c'est autre chose que de recevoir le grand prix de l'académie française. Je continue ma vie sans. Ma vie sans poil, ma vie sans cinéma, ma vie sans sortie. Au rugby la mi-temps, pour les types de ma génération c'est à dire les vieux qui vont vers la cinquantaine, c'était s'asseoir en rond au milieu du terrain comme pour le jeu du foulard et écouter l'entraîneur gueuler comme un putois au réveil. Au rugby donc à la mi-temps, quand on coulait tel le titanic, qu'on se prenait une branlée devant, qu'on vouvoyait notre rugby, l'entraîneur disait toujours, faut revenir aux fondamentaux les gars. Revenir aux fondamentaux. Je levais les yeux au ciel surtout que c'est capitaine drink qui devait expliquer avec sa putain de voix de canard éraillé ce qu'était revenir aux fondamentaux. Des touches propres, des mêlées propres, du basique, des trucs qu'on apprend en section poussin en école de rugby. Comme disait l'entraîneur qui me détestait et m'adorait en cadet, monsieur drink qui est resté un poussin visuellement va vous expliquer les fondamentaux les gars. Je continue con comme je suis, et pour moi maintenant dans ma vie vide et même pas tourmentée, revenir aux fondamentaux c'est aller acheter des livres. Je prends le 96 sans poussettes d'un samedi de juillet et je file vers ce qui me rend un peu vivant, acheter des livres. Ma vie ce sont des pages qui se tournent, ma vie ce sont des pages. Déjà écrites et récitées par coeur mais qu'on tourne quand même. J'ai fini par acheter le dernier carrère d'occasion, je le trouvais jamais, je n'achète jamais de livres neufs, je rends assez nostalgique ma banquière comme ça, je n'achète que d'occasion, je me souviens monsieur drink elle dit parfois ma banquière, je me souviens qu'une fois dans votre vie vous n'avez pas été a découvert en fin de mois. En entamant le royaume de carrère je me suis demandé si je l'aurai donné a lire a ma mère. C'est bizarre de penser a ma mère, ça faisait quelque temps que ça ne m'était pas arrivé. Soeur krisha m'a dit l'autre fois qu'elle ne dormait plus jamais bien depuis la mort de ma mère. Comme les deux activités principales de soeur krisha dans la vie sont dormir et jacter j'ai eu un petit moment de surprise. Je me souviens de cette bande dessinée le cancer de ma mère qui m'avait beaucoup troublé. Je me demandais si je devais lui prêter ou pas a ma mère alors qu'elle passait déjà une bonne partie de sa vie avec le cancer. Comme je suis lâche je ne lui ai jamais donné cette bande dessinée. J'en ai jamais juste parlé à la plus belle femme du monde qui l'a lu sur les marches d'une église en pleurant un midi je crois. C'est curieux tous ces détails auxquels on donne une importance alors qu'il n'en ont pas. C'est curieux. Je vais continuer les deux seules activités qui m'intéressent dans la vie. Lire et picoler. Ecrire maintenant c'est fini. La vingtième sera la dernière. Je ne saurais jamais ce qu'elle en a pensé. Je ne saurais jamais. Ca me suffira pour arrêter. Ce sera même parfait pour arrêter.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 17:36
Marcher dans le vide

Je me souviens comme la lecture est liée a l'écriture. Alors je relie le jour et la nuit, pour que ma vie enfin ressemble a quelque chose. Je lis dans libé les souvenirs un peu épars de françois guérif sur quelque écrivains. Sans doute le plus grand éditeur français vivant, guérif, même s'il ne dit pas grand-chose, pas grand-chose de sa correspondance. Il y a juste cette phrase que répétait goodis que je me remèmore en remontant la rue de l'ermitage : "Je n'écris pas des romans policiers j'écris des des mélodrames avec action". Je me souviens comme j'aimais quand elle me lisait, comme elle me disait que c'était formidable mais que ça n'allait pas. Je ne saurais jamais pour la dernière. Elle ne m'a jamais dis. Elle ne me dira jamais. Je me dis que je mourrais sans savoir. Faudra vivre avec ça. Comme avec tout le reste. Je me connais, je pense aux morts dix ans après, j'appréhende les ruptures au siècle suivant, au moins, je sais bien bien que la douleur sera de plus en plus prégnante, au fur et a mesure que je m'enfoncerais dans les sables mouvants d'une autre vie. J'ai comme l'impression que la vie ne se peut, ne suffit pas, c'est comment déjà chez conrad suivant la traduction. Il était écrit qu'il me fallait rester fidèle au cauchemar de mon choix. Guérif dit qu'il a découvert peace grâce à l'éditeur de robin cook, le vrai hein pas l'autre escroc, et tout d'un coup au bout de toutes ces putains d'années je fais la connexion entre robin cook et david peace. Bordel ce que je suis con je me dis, j'avais jamais fais le rapprochement. Je suce les glaçons de la vodka tonic dans la chaleur assourdissante de paris belleville, je me demande si je ne suis pas en train de sombrer de nouveau dans l'alcoolisme. Je devrais aller vivre dans le pays ou les gens n'existent pas, ces odeurs d'alcool tout ces gens qui n'ont que cela, tout ces hommes morts. Je me dis que je serais à ma place. Enfin de compte je suis un mélancolique de l'est je me dis dans un exercice d'auto-analyse de ma pomme, tout le monde croit que je suis un rigolard irlandais mais que nenni je suis pas un très gai. Le garçon que je ne vois plus et qui était je crois amoureux de moi me disait toujours un truc dans ce genre là pour paraître malin. Au fond les gens ne te connaissent ils te croient drôle et heureux et tu es la personne le plus torturée que je connaisse. Peut-être qu'il connaissait pas grand monde. Guérif parle de léo malet de truffaut. La veille j'ai voulu écouter le masque ou l'on parlait du dernier ellroy mais je me suis endormi au début du podcast. Je ne serais jamais publié je comprends, c'est fascinant comme je ramène tout à moi, j'ai perdu les baisers de la plus belle femme du monde, son corps d'ébène, ses courses après les pigeons, ses chansons sous la douche, et tout ce que je garde c'est que je ne serais jamais publié. Parfois je me maudis. Parfois pas. En attendant de ne pas te revoir, je n'ai plus que des souvenirs de toi. En attendant de ne pas me revoir, je n'ai plus que des souvenirs de toi. Faudra bien faire avec ça. Faudra bien ne faire qu'avec ça.

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 17:27
Roll-back

On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou. Il recommence encore et encore les mêmes gestes, exécute encore et encore les mêmes pas. Encore et encore. Encore et encore. L'homme descend du métro, se rend a l'arrière de la ligne et bifurque vers la correspondance pour une autre ligne. Pour un ailleurs. Pour une vie qui n'existe pas. Pour une vie qui n'existe plus. Encore et encore. On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou. On peut se demander si je ne suis pas totalement fou. Je regarde les touristes imperturbables qui continuent de se prendre en photos sur le pont au cadenas. Il faudrait que je me taise. Il faudrait. Je ne peux pas m'empêcher de revenir et encore et encore et encore et encore. Je devrais sans doute partir vers le pays qui n'existe pas. Vers ce pays ou il n'y a personne dans les rues, vers ce pays ou il n'y a pas de terrasse, ou les rues sont vides, ou la vie est ailleurs, enfin sans doute nulle part. Il faudrait que je me taise et que je n'y revienne plus. Il faudrait cesser de parler, cesser d'écrire, cesser d'analyser ce qui n'est plus, ce qui n'est pas. Il faudrait cesser. On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou, on peut ne pas se le demander. On peut ne pas. On peut se dire que l'homme est totalement fou. L'homme prend le couloir qui mène vers l'autre ligne. Et il s'arrête. Après les escaliers descendus et remontés, l'homme commence a marcher dans le couloir et puis il s'arrête. Comme pétrifié, comme foudroyé. Je me rends compte a quel point la vie n'est qu'une succession d’événements qui recommencent à l'identique. Un peu comme un anniversaire, une fête. Chaque jour de chaque année est identique ou presque, on a beau essayé d'occuper l'espace avec des choses de ci de là, tout recommence encore et toujours. Je me rends compte a quel point je ne suis plus sensible a rien. Je regarde bêtement les gens et le monde qui continue de croire à l'avenir. Je continue de regarder passer les jours. Essayant juste d'attendre le point de solitude le plus absolu. On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou. Comme foudroyé il s'arrête au milieu du couloir de correspondance, comme foudroyé il se rapetisse, comme foudroyé son regard se perd vers un corps imaginaire qui s'éloigne. Son regarde se perd, ses yeux disparaissent, se rapetissent, son regarde se perd, son corps ne bouge plus. Il voudrait ne plus être. Après tout cet homme n'est peut-être pas. Après tout cet homme n'est peut-être plus. Je croise des touristes dans le centre de paris autour du politburo, des gens me parlent, des vies me croisent, des douleurs s'esquissent, je croise des visages, je danse rempli de bières, je rentre chez moi dans le petit matin, je siphonne mon esprit, sillonne la vie belleville. Je regarde cette chaleur de débile. Je hais l'été, la chaleur, le soleil, le ciel bleu, le seul avantage c'est que tout le monde quitte paris, pour aller étaler sa bidoche sur des plages blindés de monde. Le seul avantage c'est que la ville est vide. Au fond je n'aurais jamais eu d'enfants pour ne pas partir en vacance l'été. L'homme baisse la tête. On peut se demander si elle n'est pas totalement fou. Peut-être bien, peut-être pas. L'homme se retourne et repart vers le quai d’où il vient. Il descend l'escalier et remonte l'escalier. Il repart au bout du quai pour reprendre le métro en sens inverse. Tous les soirs vers 6 heures, ou peut-être 5, tous les soirs un homme semble aux portes de la folie. Tout les soirs. Cet homme c'est peut-être moi. Cet homme c'est sans doute moi. C'est peut-être moi.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 11:12
Les valises

Je n'aime pas l'été en fin de compte, j'en ai jamais vraiment douté mais je n'ai pas vraiment pas du tout ça. Parfois je me demande si ma seule motivation pour ne pas avoir d'enfants est de ne surtout pas partir en vacances en été. Je déteste l'ambiance, la chaleur; toute ces conneries. Alors que je rentre dans mon appartement suffoquant, je me rends compte comme c'était une bonne idée d'aller en bretagne pour respirer. Je me rends compte qu'il va falloir revenir a la vie sociale, parler et encore parler. Ils font voeux de silence les gars qui vivent dans certains monastères. Je me demande comment ça peut-être. Ma vie est une valise que je passe mon temps a remplir et vider pour la trimballer un peu partout. Sans trop savoir. La vie est une élègance qui s'ignore. Voeux de silence c'est bien ce dont j'aurais besoin, fermer ma gueule et ne plus y revenir. Des types manifestent en solidarité avec le peuple grecque au bout de la rue, moi je mange des yaourts. C'est marrant je me dis ce sont les mêmes qui nous expliquent qu'il faut être solidaire avec les grecques qui veulent que ce soit poutine qui décide de l'avenir des ukrainiens. Mais bon je suis un peu con faut dire. Je suis toujours heureux de revenir a belleville, je me demande si vraiment je pourrais partir d'ici. J'ai toujours pensé que si j'avais de l'argent, j'aurai des appartements un peu partout, et j'entretiendrais ma solitude en essaimant les villes pour ne pas mourir. La vie est une fuite qui ne mérite pas de retour. Une impression que le jour ne veut jamais finir. J'erre parmi ma vie, dans les effluves de la ville, je retourne vers cette solitude que je n'aurais jamais du quitter. Une solitude que je ne devrais plus quitter.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 11:56
Paris n'est pas une ville

J'ai toujours pensé que je finirais ma vie ici sans trop savoir pourquoi. Mais je crois bien que ce sera ainsi. Il va falloir quitter belleville, il faudra bien. Ce qui n'était qu'une impression au début, un sentiment diffus de tristesse, d'éloignement, comme l'impression de déposer mes pas dans ceux d'une autre qui n'est plus la, cette vision a prit forme. La veille pourtant dans le centre de la ville, alors que je mangeais attablé au dehors, écoutant la cérémonie des vivants pour joe leaphorn a travers des mots édités sur une feuille, alors attablé, mangeant des aliments de peu d'intérêt; j'ai compris ce que je n'aimais pas dans la vie de province. La promiscuité avec les bourgeois. Ce que ne veulent ou ne peuvent pas comprendre les personnes de province c'est que paris n'est pas une ville. C'est une agrégat de village, de bourg, un ensemble de quartier. Mais paris n'est pas une ville. Belleville n'est rattaché a paris que depuis un gros siècle, un siècle et demi pour être plus précis, et c'est sans doute pour cette raison que l'on a pas l'impression d'être a paris quand on est a belleville. Il n'y pas de touristes, il n'y a pas de bourgeois. Il y a des gens qui ont de l'argent, mais pas réellement de bourgeois. Les villes de province ont encore cette sociologie de l'habitat qui fait que le centre est bourgeois, surtout quand le centre est historique, composé de vieilles batisses. Le centre est bourgeois. J'ai marché sur la plage, le sable était un peu chaud, c'est curieux je me suis dis cette fascination pour la mer, comme si les vagues qui venaient crever sur la plage ramenait à la vie. Je n'aime pas saint malo l'été, c'est vraiment ce genre de ville qui n'a de la gueule qu'en hiver. J'avais envie de vent et de pluie et je crois que c'est pour cette raison que j'aimais aussi par ici. Le vent et la pluie ce qui me nourrit. Les trois filles a la table d'a côté commandent, ce qui s'avèrent vaguement compliqué, on sent déjà une sorte de vague concurrence sociale quand elles commandent, un peu comme avant quand une des trios donzelles a expliqué qu'elle n'avait pas fait toutes ses études brillantes pour prendre un boulot sous payé. Ce qui m'a au passage conforté dans l'idée que je n'avais jamais été au chômage car je n'avais jamais fais d'étude. Le vrai moment drôle est arrivé pour les boissons. Quand la fille a demandé a la serveuse quelles marques d'eau elle avait en stock. C'est bien les bourgeois j'ai pensé. Carafe d'eau du robinet c'est tout ce que je vous proposer a souligné la jeune fille, j'ai eu un petit sourire sadique quand j'ai entendu les organes bourgeois d'une des trois fifilles a son papa descendre d'un coup d'un seul. Le dernier événement vaguement important avant mon départ de paris c'est le nouveau changement de nom du café qui prépare la boisson que le fantôme aime tant. Tu sais quoi je dis au serveur qui me regarde en souriant après m'avoir redit le nom du rade, le troquet je vais continuer a l'appeler la mer à boire, parce que le O paris c'était déjà pas fameux mais alors votre nouveau nom c'est tellement con que je vais jamais m'en souvenir. Il y a belleville dedans tu t'en souviendras il me dit. Tu sais a force de l’appeler la mer a boire, un jour dans un siècle ou deux, un type le rachètera et l'appellera la mer à boire. Mon coeur belleville, je répète d'une voix ahurie, quel est le con qui a trouvé un nom de rade aussi débile ? Une des trois jeunes filles bourgeoises se lève, elle dira plus tard qu'avec adrien ils cherchent un appartement avec terrasse, elle a bien une gueule a sortir avec un mec qui s'appelle adrien. Elle dit je reviens je vais chercher une bouteille d'eau chez moi. Je la regarde partir en comprenant la folie du monde et effectivement elle reviendra quelques minutes plus tard avec sa bouteille d'eau de je ne sais quelle marque fière comme le jour de sa première communion. Je traîne encore un peu dans saint malo comme ensuite je traîne dans la ville, je suis assis sur la terrasse et je regarde le jour qui ne veut pas lâcher l'affaire, et puis j'entame un nouveau livre, et puis je regarde encore la nuit qui tombe sur ma propre vie, et le jour qui dit adieu, je sais que je finirais ainsi, loin de tout, ce sera sans doute mieux ainsi. Ce sera sans doute mieux comme ça. Loin de tout ce sera sans doute mieux pour moi.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 10:17
Le vide espoir

Il fait un peu frais sans doute a cause de l'orage de la veille qui a martelé la coque et le zinc de la cabine du bateau une partie de la nuit. Il n'y avait pas de courriers dans la boite aux lettres, je n'avais pas reçu un courrier important depuis plus de trois mois, et heureusement que je n'en avais pas ce jour la car la boîte aux lettres étaient encore humide des draches de la veille. Le gamin est venu m'apporter mon café et s'est assis en face de moi. C'est curieux vous avez une sacrée bonne mine capitaine, a ne pas sortir de votre bateau ainsi, je pensais que vous ne seriez pas en forme. Je prends le soleil toute la journée sur le pont je lui ai répondu après avoir bu une gorgée de son café qui entre parenthèse était quand même bien meilleur que le mien, et puis je ne peux pas beaucoup manger alors j'ai un peu maigri, ça me fait pas de mal. Un virus il me demande. Stress et fatigue je hausse les épaules, stress de quoi, fatigue de quoi, on ne saura jamais. Vous me manquez capitaine m'a lancé le petit jeune en rapportant le second café que je lui ai commandé a peine le premier avalé, c'est plus pareil depuis que vous ne sortez plus du bateau, des fois je regarde tout les crétins au café et je me dis le capitaine il leur clouerait le bec une bonne fois. La vie c'est du manque je lui ai dis. La vie c'est parvenir a combler les manques je lui ai répondu dans une bouffée délirante et philosophique. Tu vois moi je suis serein maintenant, je n'attends plus rien. Les derniers mois j'étais triste car j'étais en colère, je ne comprenais pas les choses, je ne les acceptais pas. Je voulais que tout redevienne comme avant alors que ça ne se peut pas. Vous êtes serein car vous ne reverrez jamais le fantôme de toute votre vie ?, vous parlez d'une satisfaction il a soupiré en secouant la tête comme un épileptique. Je l'ai regardé durement car je n'aimais pas entendre que l'on parle de la plus belle femme du monde en ma présence et je n'aimais pas ces putains de conclusions même si elles étaient justes. Je ne suis pas serein espèce de petit crétin je lui ai répondu alors qu'il s'est marré croyant que je plaisantais, c'est juste que j'ai décidé de ne plus me battre. J'ai assimilé la défaite et la perte. Je ne l'ai pas accepté je l'ai assimilé. Il m'a regardé un peu curieusement, ne sachant trop si je plaisantais un peu ou si j'étais devenu totalement dingue. Je ne pouvais lui en vouloir. C'est pour cette raison que je ne trainais plus dehors, j'étais replié dans mon pays de songe, je pouvais avoir des visites et même des conversations mais dorénavant une partie de ma vie ne serait qu'une ombre que personne ne croise, un repère que personne ne pouvait atteindre. Je n'étais pas a plaindre, je n'étais pas triste, ma vie désormais ne serait plus que cette impression de vie, cette copie de la vraie vie. Un buvard. J'ai dis au petit jeune avant de partir qu'il ne devait pas me juger ni me comprendre, je lui dis qu'il ne devait juger ni comprendre personne d'ailleurs. Nous avions tous nos raisons, nos bonnes raisons. La vie ne nous laissait pas trop le choix. Pas vraiment le choix. Il comprendrait bien assez vite que la vie ne nous laissait jamais vraiment le choix.

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 10:05
Tirer des bords

Je me suis réveillé en sueur, trempé de la chaleur de la nuit, malgré la fenêtre ouverte il n'y avait que de peu de vent. Je me suis réveillé alors que les gens tentaient de prendre la scène d'assaut pour me pêter la gueule. Je rêvais que j'étais caroline fourest. J'avais nettoyé les fenêtres de la salle a manger dans la journée quand j'avais constaté a quel point dehors était gris malgré le soleil prégnant. L'appartement était vide depuis maintenant 5 ans et c'est a ce genre de détails qu'on le devinait. Crasse des vitres. Aux quelques araignées aussi. La mer me manquait mais il était agréable d'avoir encore un endroit ou se réfugier pour s'échapper. Je souffrais toujours de la bouche, et je ne mangeais que peu, mes gencives étaient toujours écarlates, je les regardais chaque matin en espèrant qu'elles tombent comme des fruits trop mûrs. Et puis je me souvenais que les gencives ne tombent pas. Sans qu'on sache trop pourquoi. Je n'ai pas pensé a la mort cette nuit la en me réveillant, l'insomnie passé 40 ans, voulait dire penser à la mort presque a coup sur, je crois que j'y avais tellement pensé avant 40 ans que ce genre de soucis m'étaient désormais étranger. Pour éviter de trop cogiter j'ai pris le livre de hillermann. C'était assez fascinant de continuer de lire les aventures des navajos maintenant que hillermann était mort mais je dois avouer que je ne pouvais occulter une certaine admiration pour le travail de sa fille. C'était la même chose avec sans doute une plus grande acuité pour le personnage féminin. Je me demandais depuis quelques semaines si j'allais continuer a écrire en imaginant que sans doute pas, ce qui prouve bien que je n'étais pas fais pour écrire puisque l'idée de la lecture des autres me tenaient plus que l'écriture elle même. J'hésitais a louer une voiture pour aller voir la mer, maintenant saint malo me paraissait très loin, comme une île qu'on ne pouvait rattraper. J'avais un peu envie de traîner aux alentours et la voiture semblait une meilleure idée que le train. Je me sentais a nouveau serein depuis quelques jours, dorénavant que tout mes espoirs d'une quelconque vie sociale ou sentimentale étaient enterrés, je n'avais plus aucune empathie pour l'avenir ou pour ma propre existence. C'est hun zé qui disait que la vraie vie c'était de détacher son âme de son corps et de flotter quelque part au-dessus des montagnes. Il y a peu de montagne en bretagne mais mon âme flottait en dehors de moi, c'est une certitude. La veille j'avais été voir la vieille femme dans la maison des vieilles femmes et elle m'avait dit qu'elle se sentait inutile. Je pensais un peu comme elle, ou plutôt j'aurais pensé comme elle à sa place. Dans mon rêve, j'étais caroline fourest et je montais sur scène et je disais au micro comme j'étais fière d'avoir un ya bon machin truc quand je voyais le jury et les membres de l'association qui remettaient ce prix. Etre reconnu comme raciste par un ami de dieudonné, par un type qui fait parti d'un journal qui explique de clément méric est coupable et que son assassin nazi est une victime, par une femme qui toute les semaines discutent le bout de gras sur une station périphérique avec des fachos notoire, être reconnu comme raciste par des personnes aussi parfaites c'est un honneur j'ajoutais sous les quolibets de la salle. Il était bizarre ce rêve je me suis dit le lendemain. Il faudrait peut-être que j'aille voir la mer je me suis dit le lendemain. Voir la mer si j'y suis pas. Le ciel se chargeait de nuages. On aurait dit qu'il allait pleuvoir. Je me suis dis que c'était une bon jour pour marcher dans le sable. Pour marcher dans les sables. Je me suis dis que c'était un bon jour tout court.

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Unsane Minds Unsane Bodies

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