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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:59
La vie souvenir

Je vois mon nom écrit sur une pancarte que tient un type relativement jeune. Je pose un sourire débile sur mon visage et je dis c'est moi monsieur drink. Bienvenue il me répond dans un français parfait, nous sommes ravis de vous recevoir, j'espère que vous avez fait un bon voyage. Je croise cette fille très maigre a l'aéroport qui a toujours un sourire curieux dessiné sur son visage. Nous allons dans le même pays mais pas dans la même ville. J'aime bien aussi la capitale du pays je dis mais j'aime vraiment la ville ou je vais, de toutes façons c'est pour le boulot j'ai pas trop choisi. Il y a quelques années cette fille m'avait donné rendez vous à une soirée et je m'étais dis pourquoi pas après tout, elle est pas si mal, même si elle fait toujours un peu dépressive sans que je puisse m'expliquer pourquoi. Sa maigreur peut-être. Bref, je me pointe au concert ou je devais aller de toutes façons, elle était avec une bande de filles comme ce matin même à l'aéroport et alors que je me disais que cette affaire allait être rondement mené j'avais compris qu'elle m'avait fait venir pour récupérer le numéro de téléphone d'un ami a moi. On parle cinq minutes dans l'aéroport elle est toujours entourée d'une nuée de gonzesses dans son style, un peu poseuse et très maigre. Je m'installe dans la voiture du type qui me dit qu'il n'est né en france et je comprends mieux son français parfait, il me demande si je suis déjà venu. Deux fois je lui réponds même si je me rendrais compte au fil des heures que la ville a encore beaucoup changé. Et puis ensuite je me souviens que la première fois que je suis venu c'était avec cette fille avec laquelle je sortais il y a 20 ans et je me souviens de la gueule des gamins dans un bus de campagne en voyant une asiatique et un rouquemoutte assis a l'arrière, on était un peu l'attraction. Je continue le livre que j'ai commencé dans le rer pour venir à l'aéroport, un manotti toujours agréable à lire qui doit avoir un lien avec l'histoire de battisti, c'est ce que j'aime chez manotti cette connexion au réel. Je recommence a lire donc pendant que les hôtesses exécutent les gestes de secours dès fois qu'on tombe à la mer a la suite du suicide raté du pilote. La fille a mes côtés se tourne vers moi et me parle directement en anglais ce qui est mon lot commun partout ou je vais rapport a ma tronche de rosbeef. J'ai peur elle dit, je ne veux pas mourir, vous pourrez me tenir la main pendant le décollage ? Son anglais est tout pourri, accent de l'est, gueule de l'est, c'est le genre de fille ultra pas naturelle qui doit se lever à 5 heures du matin pour partir bosser a huit heures. On se présente du coup, drink from paris je lui dis, sans trop savoir si elle comprend quelque chose, natalia from st petersbourg elle me dit. Le fantôme dirait qu'elle me drague mais je ne crois même pas, elle semble comme terrorisée. D'habitude je prends le car pour tout mes voyages elle m'explique. La ville est devenu une ruche, il y a du monde pleins les rues, le soir quand je me promènerais vers le pont construit par eiffel je ne croiserais que des touristes qui parlent français. Je m'installe dans un fauteuil au bord du fleuve, je commande un verre de vinho verde et je me rends compte après coup que c'est le premier verre que je bois depuis presque deux semaines. Au politburo du pays, une fille qui pense me faire une révélation me dit une phrase que j'ai entendu un petit millier de fois dans ma vie, vous ne ressemblez pas a un français mais plutôt a un irlandais. Je souris bêtement. Évidemment je détonne un peu au milieu des brunes et des très brunes, des bruns et des très bruns. Le jeune qui est venu me chercher a l'aéroport me le dira un peu plus tard, alors qu'on mange ensemble, si tu cherches une fille il y a des candidates. Je souris bêtement. La russe dort le reste du voyage puis on recommence le cirque du serrage de paluche a l’atterrissage. Son copain hollandais l'attend a la sortie de l'avion elle m'explique comme si tout cela avait une vague logique. Je reste deux heures les yeux fixés sur le fleuve, je regarde les bateaux, je regarde le téléphérique en face suspendu dans l'air, je sirote la demi-bouteille de vinho verde puisque l'on ne sert pas au verre. Je remonte les rues escarpés pour rejoindre mon hôtel. Le soleil disparait peu à peu et j'ai comme l'impression que mon crâne a vaguement chauffé. Je pense au prochain anniversaire que j'ai avec le fantôme. Je remonte les rues. Je remonte les rues du souvenir. Je remonte les rues du souvenir.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 20:59
La vie loser

Comme je ne suis pas quelqu'un de foncièrement bon je me fous de la gueule de la neuneu du politburo, celle qui n'a jamais croisé une putain de neurones dans toute sa vie. Une maladie assez foudroyante je lui explique quand elle me demande ou sont passés mes favoris et mes cheveux. Vous êtes tellement sympa monsieur drink me dit la femme qui revient d'argentine, j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi souriant et détendu que vous. Alors qu'elle m'offre son cadeau qui a traversé l'atlantique je me demande si je suis totalement dingue ou si je souris pour ne pas pleurer. Le matin j'ai regarde le ciel bleuté se découper sur l'hôtel-dieu. C'est juste pas possible je me suis dis, c'est juste pas possible. Je regarde les avions qui ne partent plus et je me demande si je vais aller pour deux ou trois jours au sud. Après les deux jours de boulot je me dis, il faudra que j'aille voir cette formidable librairie, je me souviens assez précisément ou elle se trouve. Il y a des banderoles sur l’hôtel dieu pour ne pas qu'il ferme l'hôpital, bordel je me dis, qui voudrait se faire hospitaliser dans cet hôpital ou les chambres pour deux personnes sont grandes comme un placard a balais. Je regarde les avions qui s'annulent, je regarde ceux qui ne partent pas, il va falloir que je me lève a l'aube pour choper un putain d'avion. Je regarde les gens qui passent, les dingues qui courent dans le petit matin devant le palais de justice, les deux touristes matinaux qui se lèvent a 6 heures pour se prendre en photo devant le pont au cadenas vide. Je regarde ces gens habillés en mariés qui font des photos dans le jardin de l'archevêché derrière notre dame alors que je le jour se lève. Je traite de nazi un cycliste qui tente de m'écraser alors que je traverse au feu rouge. Ma vie n'est que légèreté et hébétude, je suis de plus en plus furieux contre moi-même, je suis de plus en plus en désespéré a l'idée de ne jamais revoir le fantôme. Je n'ai pas de meilleur cause que de penser au fantôme, je n'ai pas de meilleur cause que de t'attendre. Je me regarde, loser de ma propre attitude, je me regarde pathétique et furax. Pathétique d’être furax ou furax d'être pathétique. Je regarde le panneau et même mon avion est annulé, même les pilotes suicidaires ne veulent pas de moi a bord. Je regarde la seine qui continue de baisser, je regarde mon âme qui ne veut plus parler. Je pense a la plus belle femme du monde et je me dis que je n'ai pas de meilleur cause. Pas de meilleur cause que d'attendre une femme qui ne reviendra pas. Ma femme qui ne reviendra pas.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 18:05
Anatomie Bousculaire 53 (welsh)

Vous voulez que je vous dise un putain de truc pas totalement con même si je passe ma vie a le dire depuis des chiées de décennie : Soit rouquemoutte premier est devenu totalement dingue, ce qui est quand même envisageable je vous le cache pas, soit dans un éclair de génie il a enfin compris qu'il fallait pas trop la ramener avec le rouquin powaa mon frère et il se la joue enfin incognito. Quand je l'ai vu, ça m'est tout d'un coup apparu comme une satané évidence, il raserait ses sourcils le blond vénitien, il ressemblerait presque a monsieur propre. Bordel mon écureuil je lui ai demandé, tu veux enfin me ressembler j'y ai demandé. Il a pas eu le temps de répondre que je lui ai demandé s'il s'était rasé aussi autour du pistolet a sexe. Ca l'a pas fait rire le rouyer, il est tellement pudique qu'il se promène même pas a oilpé tout seul chez lui de peur de rougir. Et c'est moi qui suit dingo. Bon je le trimballe au rade ou je commande une pinte pendant que déglingo la rousseur commande un perrier. T'es sérieux je lui demande ? J'en chie dans mon falzard quand il me répond le plus sérieusement du monde : La vie n'est pas un truc qui vient se glisser entre l'alcool et toi. Je rigole deux minutes et je lui demande ce qu'il lit en ce moment. Il me sort le nom d'une poétesse russe qui s'est suicidée, une de ses filles est morte de faim, enfin voyez le truc, j'arrive pas a retenir le nom parce que ces poétes russkofs ont tous des putains de noms à la con, comment tu veux qu'ils vendent, c'est impossible de se rappeler leur nom. Un de mes écrivains préferés c'est john king, bon tu vois, il y un autre écrivain qui s'appelle qui s'appelle king mais john king ça peut marcher. Pas comme la nouvelle idole de l'impayable mister fox, karl-ove knausgaaard, non mais ce nom, bordel rien que de le dire j'ai l'impression d'avoir une malformation de la mâchoire. Tu aurais pas des cacahuètes je demande au connard de serveur. Et vous savez ce que me répond ce débile : Je me demande si le premier truc que tu t'es demandé en sortant du ventre de ta mère, c'est combien de personnes tu allais pouvoir emmerder au cours de ta putain d'existence. T'es anglais toi j'y demande avec ton putain d'accent cockney. Quand je vois votre équipe de rugby, je préférerais en perdre une plutôt que d'être écossais, il me répond. Je commence a m'échauffer avec le rosbeef quand rouquinou rasé me ramène au seul sujet qui l'intéresse depuis quelques temps. Tu as vu le fantôme il me demande ? Oui j'approuve d'ailleurs elle m'a caressé la joue. Je sais que c'est con à dire mais c'est juste la putain de vérité. Je crois aussi que tu n'auras jamais de cérémonie d'adieu, d'au-revoir poignant, enfin tu vois quoi je lui dis sans même moi-même ne rien voir de bien précis. Il faut que tu acceptes les choses comme elles sont. J'aime bien ce genre de phrase on se croirait dans un de ces putains de soap que ma mère-grand regarde a l'hospice de croulant. J'aimerais mieux ne pas me répond le rouquin. Je le regarde en hochant la tête vu que j'y pige que dalle a ce qui lui passe par le cortex a carotte man. En plus comme il ne boit pas, il est moins malléable, bien sur il va pas se mettre a chialier comme une mauviette anglaise, mais il est un peu flippant. Le rouquemoutte entre nous c'est vraiment le gus le moins flippant du monde, même quand il fait la gueule on a l'impression qu'il déconne. Mais là je le sens pas. Tu n'auras jamais les adieux que tu veux rouquemoutte de mes deux, je redis vu que ça rentre bien dans la tête de l'écureuil de laboratoire. Pourquoi tu veux que je désire des adieux me demande le rouquin avec une certitude qui fait froid dans le dos. Pourquoi tu veux que je lui dise adieu. Je commande une autre pinte au connard de serveur anglais. On se dira jamais adieu puisqu'on se quittera jamais ricane le rouquin fou. Puisque tu ne la quitteras jamais je rectifie. Tu ne la quittera jamais je rectifie. Et je noie la détresse que je ressens pour poil de rousseur dans ma pinte. Oué je suis un sentimental au fond, et je noies le chagrin que je ressens pour le fantôme et le rouquin. Je noies mon chagrin.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:23
La vie sans poils

Le chanteur hirsute et trempé me prend dans ses bras, il pose sa tête au creux de mon épaule, se laisser comme si toute son énergie se reposait tout a coup au creux de mon épaule. Un type me dit bonjour dans le bus qui rentre de montreuil, enfin dans le 26 qui rentre de maraîchers, Je lui réponds sans savoir si je le connais ou s'il me prend pour quelqu'un d'autre. Je pose un peu de mâche dans le fond de l'assiette, je découpe un avocat qui vient du marché du guigner en lamelles, je coupe en petits dés la feta qui vient du turc de la place des rigoles, je coupe les petits poivrons jaune et rouge et vert en deux et j'en mange un après avoir déposé les autres entre l'avocat et la feta. J'inonde d'huile d'olive et je me coupe deux tranches de pain aux abricots et aux noix et je me dis que ça suffira pour aujourd'hui. Je me demande depuis combien de siècles je n'ai pas été au cinéma, je me demande pourquoi, le dernier film que j'ai vu c'est avec cet acteur qui joue dans des bons films en général avec cet errance ultra chiante dans new york d'un type qui ne veut pas déscotcher d'une fille qui l'a largué. Je ne me suis pas du tout senti visé. Je reprends la vie tunnel, je continue d'avancer parmi les vivants et les morts, je continue de ramper parmi les cadavres et les chiens, je continue de parler pour que personne ne m'entende. Tu perds tout tes poils me demande le père du garçon, bordel t'es rasé de partout on dirait un poussin, il te reste que les sourcils. Dans cet époque hipster poilu et hyper tatoué, j'ai décidé d'affronter le monde le monde nu de tout poil et de tout signe de reconnaissance, la peau vierge de tout signe encré, je lui explique un peu pontifiant. Tu ressemble au dingo dans full metal jacket en moins gros me dit la fille qui semble toujours hilare quand elle me voit. Elle doit sniffer de l'hélium je me dis, ou plus simplement être alcoolique. Chaque jour qui passe sans alcool semble me rapprocher de l'alcool. Chaque jour qui passe sans alcool semble me ramener vers l'alcool. Je regarde le soleil qui brille sur la tour eiffel dans le froid printanier, je ne crois pas que ça me rende très heureux. Je longe les pavés et les murs, je longe les cailloux et les bosses, j'aspire un peu l'espace, je respire encore et encore belleville. Le soleil me fait fermer les yeux, des gouttes naissent au creux de mes cils, je suis un peu perdu alors je marche encore. Sans toi je suis perdu, alors j'avance encore pour aller nulle part. Ne plus aller nulle part.

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 11:30
Le vide du port

Quand j'arrive devant le rade, le gamin sort avec deux cafés et les pose sur une petite table ou le vieux est déjà accoudé si je puis dire avec sa bière devant lui. Le gamin me serre la main, je lui dis que je suis content qu'il soit revenu. Je suis content de vous revoir capitaine, il dit, vous avez l'air en forme, il dit. J'ai ouvert une terrasse il dit en me tendant mon café, primo il fait pas si mauvais aujourd'hui, et puis le bar est vide, ils sont tous partis fêter pâques en famille, je préfère être dehors a mater les bateaux, tout seul avec le vieux dans le rade je déprime. A ton âge, je lui dis, tu devrais plutôt mater les gonzesses que les bateaux, je souligne. Le vieux ricane. En plus tu vas pouvoir nettoyer le bar à l'endroit que le vieux n'avait pas quitté depuis un siècle. Le gamin ricane, le vieux grogne. On voit un enfant avec sa mère qui porte un panier rempli d'oeufs j'imagine, et qui en mange un bien trop gros pour lui, le visage barbouillé de chocolat. Il y a encore des enfants qui vivent sur le port je demande interrogatif au vieux. Non ça doit être le petit-fils d'un joueur de cartes, ils font des chasse au trésor sur leur bateau. Bordel je dis, je préfère couler mon bateau plutôt que voir des hordes de gamins débouler dessus pour chercher des oeufs en chocolat. Vous ne fêtez pas pâques en famille capitaine, me demande le petit jeune. J'ai plus vraiment de famille je hausse les épaules, ce qui à mon âge n'a rien de bien surprenant. Et toi, je lui demande. Incompatibilité d'humeur, il m'explique. Ce qui à mon âge n'a rien d'étonnant il joute en rigolant. C'est pas si mal, je dis, un week end sans magicien, sans philosophe, sans joueurs de cartes qui vous jugent d'un coup d'oeil hargneux. Le jeune serveur, repart et revient avec un autre café. Je dépose quelques minutes mon visage au soleil pour que mes taches de rousseur de saison ressortent. Je reste assis a la terrasse avec le jeune et le vieux, nous sommes comme trois générations un peu cabossés, je n'ai jamais su ce que le vieux attendait. Rien peut-être. Je ne connais pas les rêves du gamin, il doit en avoir plein c'est de son âge. Et moi entre les deux. A cet âge ou l'inconnu disparaît de plus en plus, a l'âge ou l'on sait que la partie est quasiment perdue. Je regarde l'horizon ou le fantôme n'apparait pas, je regarde cette horizon ou le fantôme n'apparaît plus. Vous pensez a elle hein capitaine me demande le jeune serveur alors que le vieux lève les yeux au ciel. Je suis bon qu'a ça, je dis en souriant vers l'horizon, je suis vraiment bon qu'a ça.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 23:36
Un manque de bulbe

Tu vois me dit le type qui est accoudé au comptoir près de moi, le groupe est un peu trop hardcore bas du front pour moi. Il faut savoir varier bordel. Je regarde la bière posé devant lui. Je ne sais même plus de quel fruit est le jus que je bois. J'ai pas bu une goutte d'alcool depuis plus de dix jours, rien que d'y penser au décompte des jours c'est que je dois être un putain d'alcoolique je me dis. Je suis comme toujours quand je ne bois pas et que je sors en collectivité, a la limite de l'autisme. Je parle avec quelques personnes que je connais plus ou moins de vue, je parle avec des gens qui semblent me connaître mais que moi je ne connais pas. La ville est grise depuis le matin, je suis allé dans ce quartier totalement déprimant, ou la bourse qui ne sert a rien trône encore au milieu de la place, je venais de la place de l'opéra envahi de hordes de touristes. J'ai cherché la rue que j'étais venu chercher au milieu des restaurants japonais qui font la célébrité du coin. Je me souviens que j'avais mangé un ramen dans le coin, c'était ceux auquel j'avais prêté saint malo qui voulait me remercier. On risque pas de me réinviter pour me remercier vu que l'appartement de saint malo a été vendu. J'ai signé tout les papiers et je suis ressorti de la boutique en me demandant si j'aurais le visa. Au concert dans le bar, il y a encore cette fille qui me dit bonjour et que je ne connais pas. Il faudrait peut-être que je lui explique qu'elle se trompe de personne. Je pense a ce livre que je suis en train de terminer, je pense a cette homme qui veut faire revivre la femme qui est morte, je pense a ces croyances des états du sud, je pense a ce serpent placé à la place du cœur. Je devrais aller acheter des livres je me dis, des fois que je m'emmerde le week-end prochain quand je vais dans cette ville ou j'ai déjà été plusieurs fois, quand je vais dans ce pays ou j'ai déjà été plusieurs fois. Je termine ce jus de fruit quelconque et je me retourne pour écouter le groupe suivant. Je continue de vivre, je continue de me promener parmi les vivants et les morts, je continue de raconter ma vie au fantôme le soir en rentrant. Parfois je lui demande comment elle va, même si je sais qu'elle ne me répondra pas. Parfois, je lui demande comment elle va. Parfois, je me demande comment elle va.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 22:07
Le début du vide

C'est quoi ce dicton a la con déjà, la nature a horreur du vide, ben pas les rouquemouttes croyez-moi, je suis en plein dans le vide et je m'y vautre avec une joie non dissimulé ou plutôt avec cette platitude d'émotions dont je peux faire preuve en ce moment. Je tape du poing sur la table et ça fait un boucan de dingue car je me suis un peu laissé aller et je me mets a hurler ce matin il faut pas m'emmerder vous comprenez, il ne faut pas m'emmerder ! Les deux olibrius qui sont debout dans mon bureau me regardent comme si je venais de sortir ma quéquette tachetée. Puis ils se barrent en courant. Dix minutes plus tard ma collègue arrive a moitié hilare, dis donc il parait que tu viens de gueuler comme un putois elle dit, les autres en tremblent encore, bordel tu fais une crise tout les trois ans et je viens de la rater. Je monte et remonte les rues de belleville ménilmontant, je monte et je remonte les souvenirs de ma vie d'avant, je monte et je remonte les rues de ma vie d'après, je monte et je démonte ma vie d'après. Je lis cet auteur qui ne me convainc jamais tout à fait, il manque toujours un truc a ses livres, le souffle d'ellroy, le style de peace, l’originalité de st john mandel, la tenue de lehane, je ne sais pas, il manque toujours un petit quelque chose, c'est peut-être un peu mieux cette fois-ci je me dis. Je suis toujours fasciné comme la littérature peut me parler de moi, comme chaque jour de ma vie, j'arrive a identifier a mon sentiment du moment dans ce que ressentent les personnages. Je pense a cette femme, cette femme qui se suicide au bout de 20 ans quand elle comprends qu'il n'y aura plus a attendre, qu'il n'y aura plus personne a attendre. Mon corps se sent de mieux en mieux même si je suis toujours un peu inquiet de mes sautes d'humeur incontrôlées, je me sens de mieux en mieux, ou de moins en moins malade, alors qu'une de mes collègues m'explique en rigolant qu'il va falloir que je me remette a picoler. J'écoute ces vieilles paroles sur mon ipod, on dit que l'art est mort et s'il ne l'est pas encore il faut le tuer. Je me rends compte de l'aridité de mon inspiration, de la non pertinence de mes mots. Je me rends compte de la futilité de mes plaintes. Je traverse les seine, je traverse la vie, je regarde les gens. Je monte et démonte les rues de belleville ménilmontant. Des fois que tu y sois encore. Que tu y sois encore. Que tu y sois toujours.

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 20:29
Commencer son deuil

Je me demande quoi préparer pour l'enfant. Il faudrait que j'arrête d'appeler l'enfant, l'enfant. Je regarde ma nouvelle cuisine et j'ouvre mon nouveau frigo et je prends le sachet de feuille d'épinard. Je vais lui faire sa salade préférée a l'enfant. Ma fille apparait dans mon champs de vision et s’assied sur un des tabourets du bar. Je dépose les feuilles d'épinard dans le fond du saladier, et je regarde ma fille, et comme chaque jour de ma vie je suis émerveillé de sa ressemblance avec sa mère. Quand elle était plus petite, l'enfant escaladait le tabouret et me demandait de lui parler de sa mère. Je lui disais qu'elle était belle, je lui disais elle est aussi belle que toi, je lui disais tu es aussi belle qu'elle, l'enfant souriait, l'enfant battait des mains. Tu veux quoi ma chérie, je demande a ma fille, elle fait une moue, comme faisait sa mère, elle fait la moue, elle dit qu'elle n'a pas faim, comme disait sa mère. Papa, commence ma fille, papa je veux qu'on sorte ce soir. Je suspends mes gestes, je dépose mes mains sur le plan de travail de la cuisine, et puis je repose l'avocat que j'allais m'apprêter a couper, et je repose mes bras et mes mains, et je demande a ma fille ou elle veut aller manger. Papa, elle me dit, et je lève mes yeux et je regarde le plus bel enfant du monde, et je regarde la plus belle fille du monde, et je plante mes yeux dans les siens et je sais que le jour est arrivé, je sais qu'un de ces jours est arrivé, ce n'est pas le premier ni le dernier, mais un de ces jours est arrivé. Papa, je veux qu'on aille a la mer a boire et je veux prendre cette boisson que maman aimait tant. C'est pas la mer a boire, ça s'appelle le o paris maintenant. Il y a tellement de siècle que je n'ai pas été là-bas, je dis a ma fille, que si ça se trouve ça vient encore de changer de nom, c'est peut-être le mont piat ou je ne sais comment. Papa, me dit ma fille, ça s'appelle le O paris et on sert toujours la boisson de maman. Je dépose le saladier dans le frigo, la salade est foutue mais j'ai pas envie de la jeter. Tu sais que je n'ai jamais remis les pieds à la mer a boire depuis que ta mère est partie je dis a ma fille. Ma fille lève les yeux au ciel, sans doute pour la première fois de ma vie, ma fille lève les yeux au ciel. Papa, tu passes devant ce rade depuis des années et le patron te demande depuis des années pourquoi tu ne viens plus, et toi tu lui racontes n'importe quoi, le type croit que tu es fou. Je vais ouvrir la bouche quand ma fille me devance en imitant ma voix. Mais ta mère n'aimait pas le patron donc je ne l'aime pas non plus. Et je me suis juré que je n'irais jamais sans ta mère. Ma fille reprend sa propre voix. Papa je veux y aller avec toi et je veux y aller ce soir. Je passe par la salle de bains, je pleure en peu sous la douche, non en fait je pleure beaucoup. Puis je m'habille, j'enfile mon costume mad men comme dirait ma fille, un costard noir et une chemise blanche, je dépose ma casquette sur mon crâne et j'enfile mes docks grenat pour la touche de couleur. Je suis au bord des larmes tout le chemin, ma fille tient mon bras, on passe devant la maison bleue et ma fille tient mon bras, on descend les escaliers et ma fille tient mon bras, je suis au bord des larmes car ma fille chante a mon bras, comme sa mère le faisait. Elle ne connait pas ce détail ou peut-être que si, je ne sais plus trop. Je l'ai trop enfermé dans le souvenir de sa mère je me dis, j'ai tellement voulu qu'elle connaisse sa mère que je l'ai écrasé avec ce souvenir. On remonte la rue des envierges, je te vois courir après les pigeons, on remonte la rue des envierges, notre fille me tient le bras, on remonte la rue des envierges tu me dis que tu veux aller voir la tour eiffel depuis le belvédère, on remonte la rue des envierges. Notre fille me tient le bras. Notre fille me tient le bras.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 15:16
Ma vie en bitume

La veille je chauffais mon corps épuisé sur le pavé de belleville. Dans le petit matin de la place du guigner je marche sous la pluie vers le politburo du samedi. Le lendemain je marche encore sous la pluie. Le lendemain un homme me dira : après la guerre ils ont tourné un film en utilisant l'ancienne gare place rungis comme décor, c'était sensé être un film qui se passait pendant la guerre, et ils avaient tout reconstitué. Et bien ta grand-mère n'a plus été faire ses courses place rungis pendant des mois, elle disait des boches j'en ai assez vu pendant la guerre. J'ai une telle crêve un matin que je décide de me faire un grog avant d'aller bosser mais je dois mettre un peu trop de rhum ce qui fait que je suis incapable d'aller bosser. Je ne trouve plus les mots mais je ne sais pas si c'est mon état de fatigue ou juste la lassitude de mes propres mots. Je n'arrive plus a parler à la plus belle femme du monde, ça me rends tellement triste. Je ne sais pas si c'est l'épuisement que je ressens, c'est comme si mon propre corps ne voulait plus, lui non plus, écrire un mot après l'autre, comme si mon âme ne savait plus parler. J'essaie de me reposer et je suis encore plus épuisé, j'essaie d'écrire et je ne trouve plus les mots. et plus je cherche les mots, moins je les trouve. J'erre dans les rues de belleville, il pleut des cordes, je reviens de saint fargeau, les rues de belleville semblent comme passé au gris, comme déjà un autre monde. Un peu comme les gens avec lesquelles j'ai passé mon dimanche, derniers vestiges d'une famille qui s'éteint. Je suis tellement contrarié de ne plus trouver les mots, je les ressasse a l'envers a l'endroit et ils ne reviennent pas. Je te ressasse a l'endroit a l'envers mais tu ne reviens pas. Non tu ne reviens pas. Tu ne reviens pas.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 23:03
Pas gâcher

J'aime pas les murmures que j'entends, les commentaires qui parsèment le brouhaha du bar, j'aime pas les gueules de cons qui me regardent comme si j'étais en phase terminale, je n'aime pas la sensation que tout le monde pense que je suis un vieillard au seuil de la mort. Je dis au jeune que je ne connais pas derrière le bar de me servir un picon. Le vieux m'a dit que le petit jeune qui m'apportait le café tout les matins a prit quelques jours de repos. Un monde de dingue il aurait dit il partant. Il me manque un peu, il reviendra. Le magicien vient vers moi en souriant, alors il dit il parait que c'est reparti comme en 40, vous disparaissez, le fantôme apparaît, le fantôme disparaît, vous apparaissez, je ne pensais pas que le vaudeville allait repartir de plus belle. Je l'ignore, j'entends bien le bruissement et les murmures des ragot du port. Le grand william, je dis au vieux collé au comptoir qui sirote sa bière, le grand william dans la tempête : Le passé est un prologue. Il hausse les épaules. Je me retourne vers tout les joueurs de carte, vers le philosophe, vers la bande de couillons qui peuplent le bar. A quoi joue le fantôme me demande le philosophe, elle revient ou elle ne revient pas, moi j'y comprends rien. Ils se marrent tous. Le passé est un prologue. Je leur demande de ce taire. Ils vont se taper un petit cours de morale. Le premier et le dernier.. Vous savez je dis, on peut penser ce qu'on veut du fantôme, on peut l'aimer, on peut ne pas l'aimer, on peut la comprendre, on peut ne pas la comprendre. Je prends mon verre de picon dans un silence de mort et je bois une ou deux gorgées. Je suis dans un état de furaxitude qu'ils ne mesurent pas. On peut penser ce qu'on veut du fantôme, vraiment, chacun d'entre nous peut penser ce qu'elle veut d'elle. On peut lui trouver des défauts, on peut lui trouver des qualités. On peut aimer ses défauts, on peut lui reprocher ses qualités. Je finis mon verre de bière et je le pose sur le comptoir avant de l'envoyer à la gueule d'un des cons qui peuplent ce bar. On peut donc penser ce qu'on veut du fantôme je répète, mais il n'y a une chose, une toute petite chose qu'on ne peut reprocher au fantôme, elle n'a jamais jugé personne. Elle aurait pu, toi, toi et toi aussi - je les désigne tous un par un d'un doigt furieux ça prend une plombe - elle aurait pu vous juger. Elle aurait pu. La fantôme n'a jamais jugé personne. Jamais. Alors ne la jugez pas. Vous pensez ce que vous voulez mais ne la jugez pas. Je me barre du rade très digne alors que ce con de petit vieux au bar ricane dans mon dos. Je suis juste furieux contre tous ces cons et je rejoins mon rafiot au pas de course. Bien sur le pont est vide. Bien sur le bateau est vide. Bien sur mon lit est vide. Mais je ne laisserais personne juger la plus belle femme du monde. Personne ne la jugera, même pas moi, encore moins moi.

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Published by ma vie en biture - dans la vie du port
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