Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 17:27
Roll-back

On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou. Il recommence encore et encore les mêmes gestes, exécute encore et encore les mêmes pas. Encore et encore. Encore et encore. L'homme descend du métro, se rend a l'arrière de la ligne et bifurque vers la correspondance pour une autre ligne. Pour un ailleurs. Pour une vie qui n'existe pas. Pour une vie qui n'existe plus. Encore et encore. On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou. On peut se demander si je ne suis pas totalement fou. Je regarde les touristes imperturbables qui continuent de se prendre en photos sur le pont au cadenas. Il faudrait que je me taise. Il faudrait. Je ne peux pas m'empêcher de revenir et encore et encore et encore et encore. Je devrais sans doute partir vers le pays qui n'existe pas. Vers ce pays ou il n'y a personne dans les rues, vers ce pays ou il n'y a pas de terrasse, ou les rues sont vides, ou la vie est ailleurs, enfin sans doute nulle part. Il faudrait que je me taise et que je n'y revienne plus. Il faudrait cesser de parler, cesser d'écrire, cesser d'analyser ce qui n'est plus, ce qui n'est pas. Il faudrait cesser. On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou, on peut ne pas se le demander. On peut ne pas. On peut se dire que l'homme est totalement fou. L'homme prend le couloir qui mène vers l'autre ligne. Et il s'arrête. Après les escaliers descendus et remontés, l'homme commence a marcher dans le couloir et puis il s'arrête. Comme pétrifié, comme foudroyé. Je me rends compte a quel point la vie n'est qu'une succession d’événements qui recommencent à l'identique. Un peu comme un anniversaire, une fête. Chaque jour de chaque année est identique ou presque, on a beau essayé d'occuper l'espace avec des choses de ci de là, tout recommence encore et toujours. Je me rends compte a quel point je ne suis plus sensible a rien. Je regarde bêtement les gens et le monde qui continue de croire à l'avenir. Je continue de regarder passer les jours. Essayant juste d'attendre le point de solitude le plus absolu. On peut se demander si l'homme n'est pas totalement fou. Comme foudroyé il s'arrête au milieu du couloir de correspondance, comme foudroyé il se rapetisse, comme foudroyé son regard se perd vers un corps imaginaire qui s'éloigne. Son regarde se perd, ses yeux disparaissent, se rapetissent, son regarde se perd, son corps ne bouge plus. Il voudrait ne plus être. Après tout cet homme n'est peut-être pas. Après tout cet homme n'est peut-être plus. Je croise des touristes dans le centre de paris autour du politburo, des gens me parlent, des vies me croisent, des douleurs s'esquissent, je croise des visages, je danse rempli de bières, je rentre chez moi dans le petit matin, je siphonne mon esprit, sillonne la vie belleville. Je regarde cette chaleur de débile. Je hais l'été, la chaleur, le soleil, le ciel bleu, le seul avantage c'est que tout le monde quitte paris, pour aller étaler sa bidoche sur des plages blindés de monde. Le seul avantage c'est que la ville est vide. Au fond je n'aurais jamais eu d'enfants pour ne pas partir en vacance l'été. L'homme baisse la tête. On peut se demander si elle n'est pas totalement fou. Peut-être bien, peut-être pas. L'homme se retourne et repart vers le quai d’où il vient. Il descend l'escalier et remonte l'escalier. Il repart au bout du quai pour reprendre le métro en sens inverse. Tous les soirs vers 6 heures, ou peut-être 5, tous les soirs un homme semble aux portes de la folie. Tout les soirs. Cet homme c'est peut-être moi. Cet homme c'est sans doute moi. C'est peut-être moi.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans elle sans moi Elle émoi
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite