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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 10:29
Le refrain de la guerre

Les femmes chantent. Les hommes chantent. La foule chante. C'est juste avant. Les femmes chantent. Les hommes chantent. La foule chante. C'est juste avant la guerre. Déjà il est la, sur la tribune, déjà il chante, il chantera pendant tout le film. Dans quelques mois il n'y aura plus personne. Dans quelques mois il n'y aura plus que des ruines. Et puis quelques mois plus tard même plus de ruines. Il n'y aura plus que des tunnels. Des mains qui se rencontrent dans des tunnels sans qu'on sache si elles sont amies ou ennemies. Les enfants chantent. Les femmes chantent. Les hommes chantent. Bientôt le sifflement des bombes. Bientôt les chars. Bientôt les trous dans les murs. Bientôt les hommes qui tombent. Bientôt. Les hommes qui meurent. Bientôt. Tout le monde meurt sauf lui. Tout le monde. Il dit tout mes amis sont morts. Je suis fatigué. Tout mes amis sont morts. Disparus. Ressortir de Homs pour y revenir. Risquer sa vie pour sortir de Homs. Les tunnels. Risquer sa vie pour rentrer dans Homs. Les hommes chantent. Encore et toujours. Il chante et puis d'autres hommes chantent. Il n'y a plus d'enfants. Il n'y a plus de femmes. Il n'y a plus d'immeubles. Ruines. Il n'y a plus de ruines. Les hommes chantent. Plus de femmes ni d'enfants. Il n'y a plus de rues. Il n'y a plus d'immeubles. Homs n'est plus. Homs n'est plus un chant de ruines. Homs n'existe plus. Même plus d'immeuble, même plus de ruines. Porter les morts, enterrer les morts, opérer les vivants, réparer les vivants. L'homme qui filme avec son téléphone, l'homme qui prends des photos avec son téléphone, l'homme se réveille. Des tuyaux partout, des tuyaux, lit de fortune, des tuyaux, l'homme ouvre les yeux, l'homme regarde sous son bandage, l'homme montre sa main valide, l'homme montre les cinq doigts de sa main valide, l'homme regarde sous le bandage, il compte les doigts qui lui reste avec sa main valide, on se croirait chez buster keaton. On ne le verra pas mourir, il disparaîtra un peu plus tard, en revenant a Homs, en ressortant de Homs, il disparaitra on ne sait ou. Tout les autres meurent, sauf le gardien de but, sauf le chanteur, sauf lui, il dit je suis fatigué, son frère mourra, son oncle mourra, lui n'est que blessé, plusieurs fois. Toujours repartir a homs. Toujours repartir. Les femmes ne chantent plus. Les enfants ne chantent plus. Il n'y a plus de foule. Les hommes chantent. Quelques hommes dans leur tunnel. Quelques hommes. Il ne reste plus rien. Homs n'existe plus. Il ne reste rien. Quelques hommes qui chantent. Quelques hommes.

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Published by ma vie en biture - dans exercice d'admiration
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