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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 11:56
Paris n'est pas une ville

J'ai toujours pensé que je finirais ma vie ici sans trop savoir pourquoi. Mais je crois bien que ce sera ainsi. Il va falloir quitter belleville, il faudra bien. Ce qui n'était qu'une impression au début, un sentiment diffus de tristesse, d'éloignement, comme l'impression de déposer mes pas dans ceux d'une autre qui n'est plus la, cette vision a prit forme. La veille pourtant dans le centre de la ville, alors que je mangeais attablé au dehors, écoutant la cérémonie des vivants pour joe leaphorn a travers des mots édités sur une feuille, alors attablé, mangeant des aliments de peu d'intérêt; j'ai compris ce que je n'aimais pas dans la vie de province. La promiscuité avec les bourgeois. Ce que ne veulent ou ne peuvent pas comprendre les personnes de province c'est que paris n'est pas une ville. C'est une agrégat de village, de bourg, un ensemble de quartier. Mais paris n'est pas une ville. Belleville n'est rattaché a paris que depuis un gros siècle, un siècle et demi pour être plus précis, et c'est sans doute pour cette raison que l'on a pas l'impression d'être a paris quand on est a belleville. Il n'y pas de touristes, il n'y a pas de bourgeois. Il y a des gens qui ont de l'argent, mais pas réellement de bourgeois. Les villes de province ont encore cette sociologie de l'habitat qui fait que le centre est bourgeois, surtout quand le centre est historique, composé de vieilles batisses. Le centre est bourgeois. J'ai marché sur la plage, le sable était un peu chaud, c'est curieux je me suis dis cette fascination pour la mer, comme si les vagues qui venaient crever sur la plage ramenait à la vie. Je n'aime pas saint malo l'été, c'est vraiment ce genre de ville qui n'a de la gueule qu'en hiver. J'avais envie de vent et de pluie et je crois que c'est pour cette raison que j'aimais aussi par ici. Le vent et la pluie ce qui me nourrit. Les trois filles a la table d'a côté commandent, ce qui s'avèrent vaguement compliqué, on sent déjà une sorte de vague concurrence sociale quand elles commandent, un peu comme avant quand une des trios donzelles a expliqué qu'elle n'avait pas fait toutes ses études brillantes pour prendre un boulot sous payé. Ce qui m'a au passage conforté dans l'idée que je n'avais jamais été au chômage car je n'avais jamais fais d'étude. Le vrai moment drôle est arrivé pour les boissons. Quand la fille a demandé a la serveuse quelles marques d'eau elle avait en stock. C'est bien les bourgeois j'ai pensé. Carafe d'eau du robinet c'est tout ce que je vous proposer a souligné la jeune fille, j'ai eu un petit sourire sadique quand j'ai entendu les organes bourgeois d'une des trois fifilles a son papa descendre d'un coup d'un seul. Le dernier événement vaguement important avant mon départ de paris c'est le nouveau changement de nom du café qui prépare la boisson que le fantôme aime tant. Tu sais quoi je dis au serveur qui me regarde en souriant après m'avoir redit le nom du rade, le troquet je vais continuer a l'appeler la mer à boire, parce que le O paris c'était déjà pas fameux mais alors votre nouveau nom c'est tellement con que je vais jamais m'en souvenir. Il y a belleville dedans tu t'en souviendras il me dit. Tu sais a force de l’appeler la mer a boire, un jour dans un siècle ou deux, un type le rachètera et l'appellera la mer à boire. Mon coeur belleville, je répète d'une voix ahurie, quel est le con qui a trouvé un nom de rade aussi débile ? Une des trois jeunes filles bourgeoises se lève, elle dira plus tard qu'avec adrien ils cherchent un appartement avec terrasse, elle a bien une gueule a sortir avec un mec qui s'appelle adrien. Elle dit je reviens je vais chercher une bouteille d'eau chez moi. Je la regarde partir en comprenant la folie du monde et effectivement elle reviendra quelques minutes plus tard avec sa bouteille d'eau de je ne sais quelle marque fière comme le jour de sa première communion. Je traîne encore un peu dans saint malo comme ensuite je traîne dans la ville, je suis assis sur la terrasse et je regarde le jour qui ne veut pas lâcher l'affaire, et puis j'entame un nouveau livre, et puis je regarde encore la nuit qui tombe sur ma propre vie, et le jour qui dit adieu, je sais que je finirais ainsi, loin de tout, ce sera sans doute mieux ainsi. Ce sera sans doute mieux comme ça. Loin de tout ce sera sans doute mieux pour moi.

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Published by ma vie en biture - dans Saint Malo
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