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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 09:23

 

 

C'est comment la phrase dans la règle du jeu de renoir. Le drame dans ce monde c'est que chacun a ses raisons. Tu peux la mettre a toute les sauces je me dis alors que le jour s'éteinds doucement sur le canal de l'ourcq. Je suis content qu'il y ait le quatrième groupe, une ambiance assez tendu un hardcore assez froid et classique, c'est tout à fait ce qu'il me faut. Le barbu a adoré le premier groupe qui m'a un peu emmerdé, la mère de mon filleul a adoré le second groupe du free jazz polonais qui m'a un peu emmerdé, et la fille suisse a adoré le troisième type qui m'a beaucoup déçu alors que je venais pour lui. C'est quoi ce prénom je demande aux filles alors qu'on attend le début d'une réunion dans notre local autour d'une petite table ronde, c'est un garçon ou une fille. Moi j'aime bien ce prénom dit la fille qui s'appelle comme la plus belle femme du monde. C'est un garçon me dit la fille enceinte. C'est pas un prénom je me dis dans ma tête en imaginant que le fantôme adorerait ce prénom. C'est le nom de famille d'une musicien d'origine espagnole non je me demande tout bas. A bout de souffle. Le gamin aura un nom de famille portugais remarque je me dis. J'imagine le rire et j'entends la voix de la pllus belle femme du monde qui me dirait que je suis si classique en matère de prénom. Ca me fait du bien de l'entendre rire et d'entendre sa voix dans ma tête, c'est fou le bien que ça me fait. Je bois une ou deux bières et je n'ai déjà plus envie d'en boire, l'alcool me lâche bien ces derniers temps, c'est peut-être cette fatigue, cette sorte de dépression. Je fais une dépression interne j'explique au garçon bizarre avec lequel je mange au soleil du canal en ce samedi ou les pauvres et les dépensiers viennent gratter de l'oseille au politburo. Une dépression c'est toujours interne non il demande. Oui mais moi je ne fais pas une vraie dépression tu vois, c'est comme si mon corps refusait de suivre mon esprit, ou alors l'inverse. La vie sans le fantôme c'est pas vraiment rigolo mais faut bien vivre je me dis. Peut-être trop longtemps que tu n'as pas couché avec une fille  il me dit ou je me dis. C'est quand la dernière fois que j'ai vu la plus belle femme du monde je me demande, six mois ou un truc comme ça. Six mois sans toi je me dis. Six mois sans moi. Six mois ou à peu près. Ou a peu près.

 

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 06:37
La peau sêche

Je regarde mon pif qui s'effrite, le soleil de porto a eu raison de ma peau de rouquemoutte. Je pèle et je touche mon nez ce qui m'évite de toucher mes cheveux que je n'ai plus. Le dernier soir a porto, je suis comme un con avec ma carte postale que je ne peux envoyer sans enveloppe déjà que ces cons ouvrent tout. Dimanche ville presque morte dans ce pays catho, impossible de trouver une enveloppe. J'enrage tout seul dans la sueur de la ville qui monte et qui descend, qui descend et qui monte. Comme souvent le bello se termine de manière un peu décevante, il n'arrive pas a transfigurer son écriture, bello c'est malin, très malin, trop malin, mais ça manque un peu de littérature. M'étonne toujours un peu qu'il soit chez gallimard. J'attaque le dernier harrison ou peut-être l'avant-dernier, bordel ca coule comme une rivière, ça parait si simple et si facile, et ça chemine tranquille. J'écoute des vieux trucs sur mon i-pod, des trucs qui chantent on dit que le peuple est mort mais si ce n'est pas le cas il faut le tuer. Une vieille me fait des signes un peu curieux sur la ligne des touristes parisiens, elle me prend sans doute pour un léopard rosbeef et me fait des signes comme si on parlait le langage des muets. Je me retourne en direction de ceux qu'elle semble désigner et j'aperçois une famille ultra classe. Les parents sont assez maigres, fringues pas mal, un peu sales, un peu vieilles, visage creusé et mat d'habitants de bord de mer ou de montagne. Ils sont avec une fille de 12 ou 13 ans à la beauté assez renversante, la peau sombre, les yeux noirs, les cheveux charbons. en mode fantôme enfant tu vois. J'enlève mes écouteurs et je me retourne vers la vieille assise dans son siège. Ils parlent bulgare ou albanais le couple avec leur fille, la vieille pensent qu'ils sont roms. Peut-être d'ailleurs. C'est quoi le problème je demande a la vieille. Faites attention a vos affaires elle me dit en désignant la famille. Je m'aperçois alors qu'ils ont des valises avec eux et je me demande si des grosses valises c'est le meilleur attirail pour faire du vol a l'arraché. Je ne regarde pas la télé et je ne suis pas militant au front national j'explique a la bonne femme. C'est une vieille rebeu elle me regarde un peu interloquée et surprise que je la traite de raciste. Je ne fréquente pas les fachos je hurle dans le wagon alors que tout le monde me regarde comme si j'étais totalement fou ce que je suis et que je descends pour me calmer et me dégourdir les docks. Plus tard je me demande comment j'ai encore pu me tromper de date d'anniversaire, plus tard je me demande si je reverrais un jour la plus belle femme du monde. Je ne sais pas. Je crois que je ne pense pas, je pense mais je ne sais pas. Je sais mais je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais plus.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 20:33
Un peu plus de 1000 jours

Il y a plus de 1000 jours je n'ai pas du beaucoup dormir. Il y a plus de 1000 jours mais c'était sans doute hier. Il y a plus de 1000 jours ma mère était encore en vie. Il y a plus de 1000 jours j'étais venu dormir chez elle. Car il y a plus de 1000 jours je devais prendre un train à l'aube. Il y un peu plus de 1000 jours, je devais me lever vers cinq heures du matin ou peut-être un peu avant ou peut-être un peu après. Il y a un peu plus de 1000 jours je devais y aller a pied, car il y a plus de 1000 jours je prenais le train à l'aube avant même que le métro n'ouvre. Il y a un peu plus de 1000 jours, il faisait nuit. Un peu plus de 1000 jours et il faisait nuit. Un peu plus de 1000 jours, c'est ça hein, 3 ans c'est un peu plus de 1000 jours, c'est comment tout ces jours qui passent, c'est comment je ne sais pas. C'est combien c'est un peu plus de 1000 jours, ça pourrait être 2000 ou 3000, mais un peu plus de 1000, c'est comme si c'était hier, et ce serait 2000 ou 3000, ou tout ce que tu veux, 1 jour ou 100 ans, c'est pareil non. Un peu plus de 1000 jours et je monte dans le train, un peu plus de 1000 jours et je monte au premier étage du train, un peu plus de 1000 jours et je cherche ma place, un peu plus de 1000 jours et je m'assieds a ma place. Un peu plus de 1000 jours et je pense que je vais dormir, un peu plus de 1000 jours et je ne vais pas dormir, un peu plus de 1000 jours et je ne vais pas pouvoir dormir. Un peu plus de 1000 jours et le train n'avance pas, un peu plus de 1000 jours et je suis encore en vie, un peu pus de 1000 jours et le train arrive enfin, un peu plus de 1000 jours et le train arrive enfin, un peu plus de 1000 jours et le train arrive enfin. Un peu plus de 1000 jours et je ne vois personne sur le quai, un peu plus de 1000 jours et je ne vois personne sur le quai, un peu plus de 1000 jours et il n'y a personne sur le quai, un peu plus de 1000 jours et il n'y a personne sur le quai. Un peu plus de 1000 jours et la ville grise et l'endroit le plus merveilleux du monde, un peu plus de 1000 jours et la ville grise est la plus belle ville du monde. Un peu plus de 1000 jours et le café et le plus beau café du monde, un peu plus de 1000 jours et le café est le meilleur café du monde, un peu plus de 1000 jours et le lieu deviendra une photo sur mon mur avec des enfants de dos. Un peu plus de 1000 jours et j'entends un souffle sur le quai, un peu plus de 1000 jours et j'entends le souffle sur le quai, et un peu plus de 1000 jours et le paradis a un nom. Un peu plus de 1000 jours et c'était il y a quelques secondes, un peu plus de 1000 jours et c'est il y a quelques instants. Un peu plus de 1000 jours et tu arrive sur le quai. Un peu plus de 1000 jours et tu es sur le quai. Un peu plus de 1000 jours mais c'est presque aujourd'hui.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 09:43
Soleil trompeur

C'est comment la vie qui s'éloigne, tu le sais toi moi je ne le sais pas alors je remonte les jours et les nuits et les autres jours et les autres nuits, et je reprends le chemin qui va vers nulle part, parce qu'au fond, nous ne sommes que le sentiment que nos vies sont possible même si ce n'est pas le cas. Surtout si ce n'est pas le cas. Je compte les jours de fête, je sais que le prochain se rapproche, je commence a me souvenir, je commence a me voir me lever a l'aurore, je commence a voir la gare qui s'approche, je commence a me voir descendre du train. J'erre un peu sur la plage de porto, je trempe mes pieds cramés dans l'eau froide, je prends une bière et je regarde a nouveau la mer. Je m'éloigne en écoutant le bruit des vagues, je m'éloigne en entendant le bruit des vagues. Dans l'avion du retour, je lis le début du livre de ce type qui se croit malin et c'est vrai qu'il l'est, mais il veut un peu trop le montrer. Expliquer les mécanismes du système de l'assurance américain tout en parlant de littérature et du rapport entre style et histoire c'est vrai qu'il faut être malin. On vient me chercher à l'hôtel et on m'emmène à l’aéroport malgré mes protestations, on me dit qu'on se souviendra de moi. Ça tombe bien je me dis toujours un peu cynique, moi je suis incapable de me souvenir de moi et c'est sans doute mieux comme ça. Je descends de l'avion, je me souviens que je suis descendu du train, j'essaie de ne pas être triste, j'essaie de ne pas. Je me souviens de la chance que j'ai, je me souviens de la chance que j'ai eu. Ni innocent, ni coupable comme disait l'autre. Je continue d'aligner les lignes pour ne pas te perdre je me dis, et puis je sais que c'est ridicule et vain puisque je ne peux pas te perdre. Je me souviens qu'il était si tôt ce matin là, qu'il faisait encore nuit. Mais c'est demain et c'est un autre jour. Mais c'est demain et c'est une autre histoire. Même si c'est encore toi. Même si c'est toujours toi. Même si c'est toujours toi.

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 09:09
Le renard rouge

T'es une sorte de renard me dit la femme du gentil garçon qui est venu me chercher à l'aéroport et qui m'a proposé de sortir manger avec des amis. J'ai accepté parce que comme pour beaucoup de choses, c'est tellement compliqué pour mézigue de dire non qu'en général je dis oui pour ne pas me poser de questions. Ainsi m'appelait la pomponnée russe à la fin du voyage en avion : mister da. Le lendemain j'irais traîner un peu vers la plage, le début me rappelle vaguement e sillon de saint malo, du coup ça me donne un peu la nostalgie de saint malo et c'est vraiment le truc que je voudrais éviter, la nostalgie c'est vraiment une putain de maladie de vieux. Un pré-alzheimer. Vous passez tellement votre vie a vous souvenir qu'ensuite ça disjoncte dans le cerveau et que vous ne vous souvenez plus de rien. Nous allons dans un vieux restaurant sur almada et c'est parfait car il n'y a pas un touriste, c'est une sorte de routier local. Sur la carte il y a encore deux choix pour les plats, dose et demi-dose, ce qu'on voit de moins en moins maintenant que la ville est devenu plus touristique. Certaines filles ressemblent vaguement au fantôme, en moins jolie, en moins tout, en moins fantôme quoi pour tout dire, il faudra que j'intègre désormais dans ma vie qu'aucune fille ou femme n'arrivera au niveau du petit doigt de pied du fantôme. Faudra bien vivre avec ça. Sinon c'est comme en amérique du sud les filles sont ultra moulées dans des pantalons qui doivent être trois tailles en dessous de la bonne pour y caser leur popotin princier. Je suis totalement scotché par la bouffe puisque pour faire le malin j'ai pris dose, et même pas ivre du vinho verde qu'on m'a versé généreusement. Je comprends vite avec une légère angoisse qu'il est simplement hors de question que je rentre me coucher a l'appartement et que la nuit ne fait que commencer. De toutes façons le lendemain tout est fermé c'est un rêve de coco-gaulliste ici, le dimanche est sacré, tout est fermé, du coup pour les jeunes le samedi n'a pas de fin. On se retrouve dans une soirée qui est tout simplement plus de mon âge. Une sorte de rave pour jeune dans un truc genre bercy. Une place apparaît dans ma main sans que j'ai rien demandé. Il faut que je rentre lire, écrire à l'hôtel mais je suis le mouvement. Je paie une tournée générale pour remercier je ne sais qui grâce auquel je n'ai pas payé les 20 euros d'accès. Je ne serais pas difficile a trouver je dis au garçon gentil, le seul rouquin parmi quinze mille bruns et brunes. Et puis je pourrais être le père de tous les gamins qui sont là. C'est hyper jeune, la moitié d'âge ne doit pas dépasser les 18 ans, les garçons sont tous bourrés et les filles laissent apparaître leur bidon rebondi. Je reste jusqu'a 5 heures du matin, a trémousser mon corps vieux et fatigué sur une musique un peu insupportable. Un type veut absolument me ramener alors que le garçon sympa et sa femme me disent qu'il faudra que je revienne. Je pourrais rentrer a pied ou prendre un taxi vu que ça ne coûte rien ici mais un type me dépose. Alors que j'essaie de dormir, je me demande ce que fait le fantôme a l'heure qu'il est. Elle se réveille déjà. Elle dort encore. Peut-être entre les deux je me dis. Peut-être entre les deux

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:59
La vie souvenir

Je vois mon nom écrit sur une pancarte que tient un type relativement jeune. Je pose un sourire débile sur mon visage et je dis c'est moi monsieur drink. Bienvenue il me répond dans un français parfait, nous sommes ravis de vous recevoir, j'espère que vous avez fait un bon voyage. Je croise cette fille très maigre a l'aéroport qui a toujours un sourire curieux dessiné sur son visage. Nous allons dans le même pays mais pas dans la même ville. J'aime bien aussi la capitale du pays je dis mais j'aime vraiment la ville ou je vais, de toutes façons c'est pour le boulot j'ai pas trop choisi. Il y a quelques années cette fille m'avait donné rendez vous à une soirée et je m'étais dis pourquoi pas après tout, elle est pas si mal, même si elle fait toujours un peu dépressive sans que je puisse m'expliquer pourquoi. Sa maigreur peut-être. Bref, je me pointe au concert ou je devais aller de toutes façons, elle était avec une bande de filles comme ce matin même à l'aéroport et alors que je me disais que cette affaire allait être rondement mené j'avais compris qu'elle m'avait fait venir pour récupérer le numéro de téléphone d'un ami a moi. On parle cinq minutes dans l'aéroport elle est toujours entourée d'une nuée de gonzesses dans son style, un peu poseuse et très maigre. Je m'installe dans la voiture du type qui me dit qu'il n'est né en france et je comprends mieux son français parfait, il me demande si je suis déjà venu. Deux fois je lui réponds même si je me rendrais compte au fil des heures que la ville a encore beaucoup changé. Et puis ensuite je me souviens que la première fois que je suis venu c'était avec cette fille avec laquelle je sortais il y a 20 ans et je me souviens de la gueule des gamins dans un bus de campagne en voyant une asiatique et un rouquemoutte assis a l'arrière, on était un peu l'attraction. Je continue le livre que j'ai commencé dans le rer pour venir à l'aéroport, un manotti toujours agréable à lire qui doit avoir un lien avec l'histoire de battisti, c'est ce que j'aime chez manotti cette connexion au réel. Je recommence a lire donc pendant que les hôtesses exécutent les gestes de secours dès fois qu'on tombe à la mer a la suite du suicide raté du pilote. La fille a mes côtés se tourne vers moi et me parle directement en anglais ce qui est mon lot commun partout ou je vais rapport a ma tronche de rosbeef. J'ai peur elle dit, je ne veux pas mourir, vous pourrez me tenir la main pendant le décollage ? Son anglais est tout pourri, accent de l'est, gueule de l'est, c'est le genre de fille ultra pas naturelle qui doit se lever à 5 heures du matin pour partir bosser a huit heures. On se présente du coup, drink from paris je lui dis, sans trop savoir si elle comprend quelque chose, natalia from st petersbourg elle me dit. Le fantôme dirait qu'elle me drague mais je ne crois même pas, elle semble comme terrorisée. D'habitude je prends le car pour tout mes voyages elle m'explique. La ville est devenu une ruche, il y a du monde pleins les rues, le soir quand je me promènerais vers le pont construit par eiffel je ne croiserais que des touristes qui parlent français. Je m'installe dans un fauteuil au bord du fleuve, je commande un verre de vinho verde et je me rends compte après coup que c'est le premier verre que je bois depuis presque deux semaines. Au politburo du pays, une fille qui pense me faire une révélation me dit une phrase que j'ai entendu un petit millier de fois dans ma vie, vous ne ressemblez pas a un français mais plutôt a un irlandais. Je souris bêtement. Évidemment je détonne un peu au milieu des brunes et des très brunes, des bruns et des très bruns. Le jeune qui est venu me chercher a l'aéroport me le dira un peu plus tard, alors qu'on mange ensemble, si tu cherches une fille il y a des candidates. Je souris bêtement. La russe dort le reste du voyage puis on recommence le cirque du serrage de paluche a l’atterrissage. Son copain hollandais l'attend a la sortie de l'avion elle m'explique comme si tout cela avait une vague logique. Je reste deux heures les yeux fixés sur le fleuve, je regarde les bateaux, je regarde le téléphérique en face suspendu dans l'air, je sirote la demi-bouteille de vinho verde puisque l'on ne sert pas au verre. Je remonte les rues escarpés pour rejoindre mon hôtel. Le soleil disparait peu à peu et j'ai comme l'impression que mon crâne a vaguement chauffé. Je pense au prochain anniversaire que j'ai avec le fantôme. Je remonte les rues. Je remonte les rues du souvenir. Je remonte les rues du souvenir.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 20:59
La vie loser

Comme je ne suis pas quelqu'un de foncièrement bon je me fous de la gueule de la neuneu du politburo, celle qui n'a jamais croisé une putain de neurones dans toute sa vie. Une maladie assez foudroyante je lui explique quand elle me demande ou sont passés mes favoris et mes cheveux. Vous êtes tellement sympa monsieur drink me dit la femme qui revient d'argentine, j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi souriant et détendu que vous. Alors qu'elle m'offre son cadeau qui a traversé l'atlantique je me demande si je suis totalement dingue ou si je souris pour ne pas pleurer. Le matin j'ai regarde le ciel bleuté se découper sur l'hôtel-dieu. C'est juste pas possible je me suis dis, c'est juste pas possible. Je regarde les avions qui ne partent plus et je me demande si je vais aller pour deux ou trois jours au sud. Après les deux jours de boulot je me dis, il faudra que j'aille voir cette formidable librairie, je me souviens assez précisément ou elle se trouve. Il y a des banderoles sur l’hôtel dieu pour ne pas qu'il ferme l'hôpital, bordel je me dis, qui voudrait se faire hospitaliser dans cet hôpital ou les chambres pour deux personnes sont grandes comme un placard a balais. Je regarde les avions qui s'annulent, je regarde ceux qui ne partent pas, il va falloir que je me lève a l'aube pour choper un putain d'avion. Je regarde les gens qui passent, les dingues qui courent dans le petit matin devant le palais de justice, les deux touristes matinaux qui se lèvent a 6 heures pour se prendre en photo devant le pont au cadenas vide. Je regarde ces gens habillés en mariés qui font des photos dans le jardin de l'archevêché derrière notre dame alors que je le jour se lève. Je traite de nazi un cycliste qui tente de m'écraser alors que je traverse au feu rouge. Ma vie n'est que légèreté et hébétude, je suis de plus en plus furieux contre moi-même, je suis de plus en plus en désespéré a l'idée de ne jamais revoir le fantôme. Je n'ai pas de meilleur cause que de penser au fantôme, je n'ai pas de meilleur cause que de t'attendre. Je me regarde, loser de ma propre attitude, je me regarde pathétique et furax. Pathétique d’être furax ou furax d'être pathétique. Je regarde le panneau et même mon avion est annulé, même les pilotes suicidaires ne veulent pas de moi a bord. Je regarde la seine qui continue de baisser, je regarde mon âme qui ne veut plus parler. Je pense a la plus belle femme du monde et je me dis que je n'ai pas de meilleur cause. Pas de meilleur cause que d'attendre une femme qui ne reviendra pas. Ma femme qui ne reviendra pas.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 23:36
Un manque de bulbe

Tu vois me dit le type qui est accoudé au comptoir près de moi, le groupe est un peu trop hardcore bas du front pour moi. Il faut savoir varier bordel. Je regarde la bière posé devant lui. Je ne sais même plus de quel fruit est le jus que je bois. J'ai pas bu une goutte d'alcool depuis plus de dix jours, rien que d'y penser au décompte des jours c'est que je dois être un putain d'alcoolique je me dis. Je suis comme toujours quand je ne bois pas et que je sors en collectivité, a la limite de l'autisme. Je parle avec quelques personnes que je connais plus ou moins de vue, je parle avec des gens qui semblent me connaître mais que moi je ne connais pas. La ville est grise depuis le matin, je suis allé dans ce quartier totalement déprimant, ou la bourse qui ne sert a rien trône encore au milieu de la place, je venais de la place de l'opéra envahi de hordes de touristes. J'ai cherché la rue que j'étais venu chercher au milieu des restaurants japonais qui font la célébrité du coin. Je me souviens que j'avais mangé un ramen dans le coin, c'était ceux auquel j'avais prêté saint malo qui voulait me remercier. On risque pas de me réinviter pour me remercier vu que l'appartement de saint malo a été vendu. J'ai signé tout les papiers et je suis ressorti de la boutique en me demandant si j'aurais le visa. Au concert dans le bar, il y a encore cette fille qui me dit bonjour et que je ne connais pas. Il faudrait peut-être que je lui explique qu'elle se trompe de personne. Je pense a ce livre que je suis en train de terminer, je pense a cette homme qui veut faire revivre la femme qui est morte, je pense a ces croyances des états du sud, je pense a ce serpent placé à la place du cœur. Je devrais aller acheter des livres je me dis, des fois que je m'emmerde le week-end prochain quand je vais dans cette ville ou j'ai déjà été plusieurs fois, quand je vais dans ce pays ou j'ai déjà été plusieurs fois. Je termine ce jus de fruit quelconque et je me retourne pour écouter le groupe suivant. Je continue de vivre, je continue de me promener parmi les vivants et les morts, je continue de raconter ma vie au fantôme le soir en rentrant. Parfois je lui demande comment elle va, même si je sais qu'elle ne me répondra pas. Parfois, je lui demande comment elle va. Parfois, je me demande comment elle va.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 22:07
Le début du vide

C'est quoi ce dicton a la con déjà, la nature a horreur du vide, ben pas les rouquemouttes croyez-moi, je suis en plein dans le vide et je m'y vautre avec une joie non dissimulé ou plutôt avec cette platitude d'émotions dont je peux faire preuve en ce moment. Je tape du poing sur la table et ça fait un boucan de dingue car je me suis un peu laissé aller et je me mets a hurler ce matin il faut pas m'emmerder vous comprenez, il ne faut pas m'emmerder ! Les deux olibrius qui sont debout dans mon bureau me regardent comme si je venais de sortir ma quéquette tachetée. Puis ils se barrent en courant. Dix minutes plus tard ma collègue arrive a moitié hilare, dis donc il parait que tu viens de gueuler comme un putois elle dit, les autres en tremblent encore, bordel tu fais une crise tout les trois ans et je viens de la rater. Je monte et remonte les rues de belleville ménilmontant, je monte et je remonte les souvenirs de ma vie d'avant, je monte et je remonte les rues de ma vie d'après, je monte et je démonte ma vie d'après. Je lis cet auteur qui ne me convainc jamais tout à fait, il manque toujours un truc a ses livres, le souffle d'ellroy, le style de peace, l’originalité de st john mandel, la tenue de lehane, je ne sais pas, il manque toujours un petit quelque chose, c'est peut-être un peu mieux cette fois-ci je me dis. Je suis toujours fasciné comme la littérature peut me parler de moi, comme chaque jour de ma vie, j'arrive a identifier a mon sentiment du moment dans ce que ressentent les personnages. Je pense a cette femme, cette femme qui se suicide au bout de 20 ans quand elle comprends qu'il n'y aura plus a attendre, qu'il n'y aura plus personne a attendre. Mon corps se sent de mieux en mieux même si je suis toujours un peu inquiet de mes sautes d'humeur incontrôlées, je me sens de mieux en mieux, ou de moins en moins malade, alors qu'une de mes collègues m'explique en rigolant qu'il va falloir que je me remette a picoler. J'écoute ces vieilles paroles sur mon ipod, on dit que l'art est mort et s'il ne l'est pas encore il faut le tuer. Je me rends compte de l'aridité de mon inspiration, de la non pertinence de mes mots. Je me rends compte de la futilité de mes plaintes. Je traverse les seine, je traverse la vie, je regarde les gens. Je monte et démonte les rues de belleville ménilmontant. Des fois que tu y sois encore. Que tu y sois encore. Que tu y sois toujours.

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 20:29
Commencer son deuil

Je me demande quoi préparer pour l'enfant. Il faudrait que j'arrête d'appeler l'enfant, l'enfant. Je regarde ma nouvelle cuisine et j'ouvre mon nouveau frigo et je prends le sachet de feuille d'épinard. Je vais lui faire sa salade préférée a l'enfant. Ma fille apparait dans mon champs de vision et s’assied sur un des tabourets du bar. Je dépose les feuilles d'épinard dans le fond du saladier, et je regarde ma fille, et comme chaque jour de ma vie je suis émerveillé de sa ressemblance avec sa mère. Quand elle était plus petite, l'enfant escaladait le tabouret et me demandait de lui parler de sa mère. Je lui disais qu'elle était belle, je lui disais elle est aussi belle que toi, je lui disais tu es aussi belle qu'elle, l'enfant souriait, l'enfant battait des mains. Tu veux quoi ma chérie, je demande a ma fille, elle fait une moue, comme faisait sa mère, elle fait la moue, elle dit qu'elle n'a pas faim, comme disait sa mère. Papa, commence ma fille, papa je veux qu'on sorte ce soir. Je suspends mes gestes, je dépose mes mains sur le plan de travail de la cuisine, et puis je repose l'avocat que j'allais m'apprêter a couper, et je repose mes bras et mes mains, et je demande a ma fille ou elle veut aller manger. Papa, elle me dit, et je lève mes yeux et je regarde le plus bel enfant du monde, et je regarde la plus belle fille du monde, et je plante mes yeux dans les siens et je sais que le jour est arrivé, je sais qu'un de ces jours est arrivé, ce n'est pas le premier ni le dernier, mais un de ces jours est arrivé. Papa, je veux qu'on aille a la mer a boire et je veux prendre cette boisson que maman aimait tant. C'est pas la mer a boire, ça s'appelle le o paris maintenant. Il y a tellement de siècle que je n'ai pas été là-bas, je dis a ma fille, que si ça se trouve ça vient encore de changer de nom, c'est peut-être le mont piat ou je ne sais comment. Papa, me dit ma fille, ça s'appelle le O paris et on sert toujours la boisson de maman. Je dépose le saladier dans le frigo, la salade est foutue mais j'ai pas envie de la jeter. Tu sais que je n'ai jamais remis les pieds à la mer a boire depuis que ta mère est partie je dis a ma fille. Ma fille lève les yeux au ciel, sans doute pour la première fois de ma vie, ma fille lève les yeux au ciel. Papa, tu passes devant ce rade depuis des années et le patron te demande depuis des années pourquoi tu ne viens plus, et toi tu lui racontes n'importe quoi, le type croit que tu es fou. Je vais ouvrir la bouche quand ma fille me devance en imitant ma voix. Mais ta mère n'aimait pas le patron donc je ne l'aime pas non plus. Et je me suis juré que je n'irais jamais sans ta mère. Ma fille reprend sa propre voix. Papa je veux y aller avec toi et je veux y aller ce soir. Je passe par la salle de bains, je pleure en peu sous la douche, non en fait je pleure beaucoup. Puis je m'habille, j'enfile mon costume mad men comme dirait ma fille, un costard noir et une chemise blanche, je dépose ma casquette sur mon crâne et j'enfile mes docks grenat pour la touche de couleur. Je suis au bord des larmes tout le chemin, ma fille tient mon bras, on passe devant la maison bleue et ma fille tient mon bras, on descend les escaliers et ma fille tient mon bras, je suis au bord des larmes car ma fille chante a mon bras, comme sa mère le faisait. Elle ne connait pas ce détail ou peut-être que si, je ne sais plus trop. Je l'ai trop enfermé dans le souvenir de sa mère je me dis, j'ai tellement voulu qu'elle connaisse sa mère que je l'ai écrasé avec ce souvenir. On remonte la rue des envierges, je te vois courir après les pigeons, on remonte la rue des envierges, notre fille me tient le bras, on remonte la rue des envierges tu me dis que tu veux aller voir la tour eiffel depuis le belvédère, on remonte la rue des envierges. Notre fille me tient le bras. Notre fille me tient le bras.

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