Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 08:26

667

 

Je m'assois dans le fauteuil sans savoir que je ne pourrai pas me relever tout de suite. C'est avant les larmes derrière les yeux, avant les jambes qui tremblent, avant mon esprit qui s'affaisse. Plus tard quand je sors de l'hôpital, je me dis, il faudrait que j'arrive à pleurer, à mourir, à je ne sais quoi d'autre. Me jeter dans la seine, sans doute, merde faudrait que j'arrive a exprimer un putain de sentiment, faudrait que j'arrive à courir, à pleurer, à rire, à parler, merde faudrait que j'arrive. Je m'assois dans le fauteuil, un peu fatigué par ma journée d'ennui au travail, par ma journée de vie sans but, a peine apaisé par les rires des pigeons sur la cathédrale. Toujours ce flot de touristes, de flics, de gens hagards et perdus, à peine apaisé. Je m'assois dans le fauteuil, comme tous les soirs, l'infirmière vient me dire avec un grand sourire ça fait toujours plaisir de vous voir, ma mère me dit de ses beaux yeux rieurs je crois qu'elle t'aime bien. Je suis assis dans le fauteuil, je ne sais pas encore que les larmes ne vont pas venir, je ne sais pas encore, que je vais picoler en sortant pour supporter la douleur, je ne sais pas encore tout simplement. Plus tard je me souviens, la terrasse du café vide, tout le monde à l'intérieur pour regarder des milliardaires se disputer la baballe. Plus tard, le restaurant avec ceux que j'aime bien. Plus tard, acheter un paquet de cigarette, le fumer. Plus tard, dire je bois je fume, bordel je bois je fume parce que je suis lâche et la réalité ce n'est pas pour moi. Je m'assois sur la chaise, ma mère répond aux multiples coups de téléphone. Elle donne quelques mots comme des indications. Dans la chambre, les accros du tennis du lit d'en face m'offrent un chocolat. Bon alors, ma mère décroche le téléphone, il faut que je te parle elle me dit. On sait ce que j'ai. Des mois et des mois de recherche, je souris, je devrais pleurer, je souris, quel con je suis, je souris, je ne vais plus boire, ni fumer, je ne vais plus aimer, je ne vais plus. Juste travailler, venir à l'hôpital, et aligner les longueurs de piscine pour ne pas qu'on remarque que je pleure. Elle me dit, bon tes sœurs, on ne va rien leur dire, elles seraient capables de revenir, elles seraient capables . Oh non pas les secrets je me dis pas les secrets que je suis le seul à connaître et que je ne peux partager. Le médecin de mon père m'a fait la même. Ma mère plus tard, avant que je parte, après que j'arrive à me lever de ma chaise, après que je constate que je suis encore vivant, après que je me demande pour quelles raisons je tiens encore debout, juste avant que je parte, ma mère me dit, le plus difficile c'est d'apprendre la nouvelle aux autres. Je m'assois sur la chaise, je m'assois, mon petit sourire débile, je me dis tiens je vais être heureux de le voir, le beau cousin, l'aimant à jeunes filles. Je me dis bon c'est la fin, bientôt elle va me quitter, bientôt, un peu trop tard, un peu après, ne pas me servir de ma mère pour la retenir, ne pas user de la pitié, ne pas reculer l'échéance, ne pas repartir en arrière. Je m'assois sur la chaise, je me dis boire un café, je me dis la vie est une histoire qui ne veut pas dire son nom. Ma mère et son beau sourire, ma mère qui me dit les noms des choses, ou toutes les maladies se succèdent les unes aux autres, ou toute la douleur du monde me tombe sur les épaules, ou je ne sais plus qui tu es, qui je suis, je reste comme tétanisé sur ma chaise. Un peu plus tard, on parle de clés, d'organisations, de ce que je peux faire et ne pas faire, de ce que je dois vivre et ne pas vivre, je sens les larmes dans mes yeux, l'accro du tennis me donne un autre chocolat, la belle infirmière me demande comment je vais dans le couloir, un peu plus tard, alors que je pleure derrière mes yeux, alors que je me demande pourquoi le couloir me revient en pleine gueule, alors que je me demande comment je vais dire les choses sans les dire. Je me dis une seule des maladies prise séparément c'est possible mais toutes en même temps, c'est pas possible, bordel c'est pas possible. Des mois et des mois de recherches pour en arriver là, je me dis, je vais boire, fumer et oublier tout ce qui me rattache à la vie. Je ne vais plus boire, je ne vais plus rien, juste aligner les longueurs dans la piscine. Dans la journée, je me souviens, collègue gentille qui me demande des nouvelles de ma mère, et moi qui répond écoute elle a passé une échographie, déjà elle est pas enceinte. Plus tard, avec beau cousin, déjà dire les mots en terrasse au café, alors que je me demande pourquoi nous sommes tout seuls, c'est après avec les cris que je comprendrais qu'ils sont tous à l'intérieur a regarder des crétins qui font semblant de se battre pour un ballon. Je m'assois sur la chaise, déjà, et comment dire à cousin les mots sans lui dire. Alors je déballe tout, je décide de ne plus perdre de temps, comme un peu après dans le café, au bout de la nuit, avec ces deux filles qui semblent s'intéresser à beau cousin, bon je dis on va pas y passer la nuit, vous voulez son numéro ou pas, on va pas y passer la nuit. Plus tard, en rentrant, je dirais à beau cousin, tu m'en veux pas hein, mais je n'ai plus la patience. Il dit non mais tu as raison, n'aies plus la patience. Je m'assois sur la chaise, ma mère et son beau sourire, je ne pleure pas encore, je ne suis pas encore assommé, je repense a la veille. La mère de hell qui me dit si on ne trouve c'est que ça doit pas être si grave. Et toi qui me diras, tu sais, elle doit être soulagé de savoir enfin. Je m'assois sur la chaise, j'y suis encore, j'attends que le temps passe, j'attends de me demander comment je ne vais pas vivre. Je suis assis sur ma chaise, je regarde au-dehors, je regarde par la fenêtre, l'accro du tennis dans la chambre me demande si je ne veux pas un petit chocolat. Je pense à cette nouvelle de Ray Carver, c'est pas grand-chose mais ça fait du bien.

 

 

 

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Cancer
commenter cet article
27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 07:15

668


Mon moment favori quand je sors de l'hôpital c'est le moment précis ou je traverse la seine pour rejoindre l'hôtel de ville, je ne sais pas, on dirait que je suis comme aspiré par la beauté de la ville, je suis retourné comme une crêpe, je suis inspiré par la rumeur du soir. Tu sais, c'est peut-être aussi de respirer l'air du dehors, peut-être ou sans doute l'idée de revenir au monde, je ne sais plus trop, je ne sais pas, je ne sais plus et d'un coup la rumeur de la ville me ramène à la vie. Je descends les escaliers de l'hôpital, traverse le long couloir, sort par la monumentale porte, et je me retrouve sur le parvis de notre dame au milieu des touristes, des flics et des errants en tous genres. J'ignore ce que je fais là, je ne sais plus, j'ai un moment de flottement, je me demande ou je vais. Vers le palais de justice pour retourner à saint michel acheter des livres ? Traverser le pont au change pour aller vers chatelet et beaubourg ? Ou traverser l'autre pont là, celui qui rejoint l'hôtel de ville. Je longe le marché aux fleurs. Bientôt ce sera le marché aux pleurs non ? Non même pas sur, d'ailleurs, le pire n'est jamais sur, enfin c'est ce qu'on dit dans ces cas là, enfin c'est ce qu'on se dit dans ces cas là, enfin c'est ce qu'on croit dans ces cas là. Dans la chambre, l'autre femme regarde le tennis à la télé, je suis halluciné qu'on puisse être fasciné par ce spectacle d'une monotonie sans fin, sans fond. Bon j'imagine bien que mes propres fascinations n'ont rien de compréhensible pour les autres. Ma mère semble épuisée, à nouveau, je lui dis, j'ai tout annulé, tout annulé, à part ce concert de vendredi soir parce que mon pseudo fils ne comprendrait pas, mais sinon je passe le week end avec toi. Elle me dit, non mais t'es dingue, non mais t'es dingue, tu vas pas passer ton temps près de moi. Je pense, imagine que ce soit le dernier week end de ta vie ? On parle de choses et d'autres avec la mère de hell, on parle comme des automates, je pense à toutes ces voix au téléphone auxquelles je ne sais quoi dire, auxquelles je suis incapable de dire la réalité des choses, la gravité des choses, s'il y en une. L'hôpital semble comme anesthésier, il paraît que robin cook draguait encore les infirmières sur son lit de mort, ben je crois que c'est ce que je ferais je me dis. Une sourit me voyant arriver, une me regarde à travers la glace, mais je ne les reconnais jamais les infirmières avec leur costume et leur sabot en plastique je ne les reconnais jamais. Dans la fournaise du vieil hôpital je me promène sur la terrasse, me disant je vais me remettre à fumer, je vais continuer de boire et je vais me remettre à fumer, ça ira plus vite. Je fais le malin ensuite. Quand je pars, je sens comme une euphorie d'être dehors, l'hôpital c'est comme une relation de merde avec une fille, la prison ou le dentiste, tu aimes bien quand tu en sors. L'euphorie, sur l'esplanade, les touristes, les flics, les tous ce que vous voulez d'autres, les silhouettes, et puis traverser le pont, vivre à nouveau, marcher plus vite, se demander. J'aime quand je marche ainsi. J'aime quand je sors au-dehors. Je ne suis pas sur que ce soit rassurant.

 


Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Cancer
commenter cet article
26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:54

669

 


Je me lève assez tôt. Toujours. Je me lève assez tôt et puis j'éteins le téléphone qui vibre ou pas sur la petite table en bois. Je me lève je m'agite quelques instants dans la cuisine et puis avant ou après j'enfile mes lentilles. Et puis je la réveille. Nous faisons l'amour ou pas. Nous faisons l'amour parfois. Je me lève toujours tôt, je ne sais pas pourquoi, toujours la peur de mourir alors je me lève tôt. Après je vais au travail, ou je regarde le temps passer dans un morne ennui, dans un ennui qui ressemble à la mort je crois, et puis ensuite je vais à l'hôpital voir ma mère. Il est beau l'hôpital, tellement vieux, il est beau, sur la grande terrasse on voit notre dame juste en face. Hier dans la chaleur moite et suante de la journée, c'était le meilleur moment de la journée, debout sur cette immense terrasse avec la vue et un peu de vent. Et aussi la piscine plus tard. J'oubliais le temps, j'ai nagé des longueurs et des longueurs dans une torpeur monotone. Se vider l'esprit, anéantir la moiteur de mon corps, de mon cœur, effacer les tourments quelques instants. Je suis sorti de la piscine, il faisait toujours lourd dans le centre commercial sous la terre, j'ai pris le RER petit rat des villes que je suis. Je suis ressorti dehors un peu plus tard, sur la grande place qui ne s'arrête jamais. Je me souviens du sourire de la médecin quand elle m'a dit vous savez votre mère elle nous impose le respect à tous. Ben c'est ma mère quand même, j'ai répondu, et j'ai pensé à celle qui dirait tu ramènes toujours tout à toi. Dehors il faisait de plus en plus orageux, des voix au téléphone riaient comme pour conjurer le sort. J'entendais l'éclair dans le ciel au loin sur la grande place qui ne s'arrête jamais, lumière du tabac, des bars et de la pharmacie. Ça finit ou ça commence j'ai pensé en pleurant. L'orage s'annonçait, ma mère m'a dit il fait si chaud je t'accompagnerais bien sur la terrasse, mais s'ils voient que je me lève les infirmières vont m'attacher. D'autres voix au téléphone, je suis tout seul avec ma mère, ça finit ou ça commence je me dis. Je me lève tôt, toujours tôt. Parfois nous faisons l'amour, parfois non. Il commence à pleuvoir quand je tape le code de la porte cochère. C'est un peu dommage je me dis en rentrant à l'abri, un peu dommage. Ça m'aurait fait comme des larmes.

 

Repost 0
Published by ma vie en biture
commenter cet article
24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 15:58

670

Nos errances deviennent rances dans la ville enivré. Tu vois ce genre de phrases, tu vois ce genre de maux que j'aligne comme les canettes dans ce parc, pendant que les filles et les enfants s'acharnent sur un pauvre volant avec des raquettes abimées. Nos désirs ne font plus désordres. Tu me dis, je l'aimais car c'est le seul qui m'aimait moins que je ne l'aimais. Il pleurait je me dis, il voulait vivre avec toi alors que depuis 20 ans il n'a pas rompu le cordon, il avait peur que tu ne l'aimes plus mais tu es persuadé qu'il t'aimait moins que tu ne l'aimais. Que tu crois. Du coup il est partout, et par là aussi d'ailleurs. C'est curieux de constater que l'on n'est rien quand les autres sont tout. C'est drôle je me dis, curieux la perception des choses, je bois des canettes sous une légère pluie dans le parc, je vais rentrer tout à l'heure, nous allons un peu marcher dans ces lieux recouverts des milliers de fois déjà par nos pas, le vin me fera mal au bide, tout me fait au bide d'ailleurs, bière, vin ou alcool fort, tout me fait mal au bide. Tu feras une crise devant ce café ou je ne veux pas aller. C'est curieux comme tu aime ce genre d'endroit qui est tout ce que je déteste. Tu aime car tu trouves les gens anormaux, je déteste car je trouve les gens normaux. Un peu d'étreinte mais plus rien déjà entre nous. Plus d'amour, plus de désirs, presque plus de sexe. Tu es déjà parti ailleurs. Je fais des projets, un peu, je voyage dans ma tête, je me dis que je ne vais plus jamais vivre comme je voulais vivre, je me dis que je ne vais plus jamais tout simplement. Et puis je m'endors comme on meurt en silence, sans faire de bruit. Elle me dit j'ai peur que si ta mère meurt, tu devienne encore plus radical, plus d'amis, plus de relations, elle dit c'est curieux comme j'ai toujours eu l'impression que ta mère te ramenait à la vie sociale, comme une sorte de lien vers les autres. J'ai peur que tu changes totalement, que tu je ne sais pas quoi d'ailleurs. Et maintenant, je me dis attendre quoi ? Je vide des verres en attendant la chute, je vide les canettes en attendant de n'être même plus son amant, je bois pour oublier que je me noies, je bois pour ne pas oublier ce que je suis. Combien de temps je vais tenir je me demande, combien de temps je vais mourir ainsi, attendant l'étincelle qui ne viendra pas. Comment font les gens pour ne pas subir les choses, comment font ils pour regarder toujours de l'autre côté, pour ne pas s'évanouir sous le poids de la douleur. Je m'éteins, il fait nuit, je m'éteins, il fait jour. Combien de temps encore ?

Repost 0
Published by ma vie en biture
commenter cet article
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 09:40

671

 

Le va le vient. Des lignes lues sur des feuilles, des étreintes bancales, des désirs qui s'ignorent. Et tout qui recommence encore. J'ai vu ma mère morte sur son lit d'hôpital, je l'ai vu, et puis ensuite ses yeux se sont ouverts et la vie à repris son cours. Une fille me dit je veux vivre avec toi car un jour tu me tueras et je veux mourir. Je divague entre les gens, je rencontre des corps, j'embrasse des lèvres, je caresse des ventres, et puis tout recommence et tout est fini. Je me demande vers quelles douleurs je vais encore, ma lâcheté me fracasse, mon désir me rumine, et puis l'alcool encore et toujours, l'alcool me rends mauvais en ce moment, je vais perdre ce que je n'ai plus. Je vais me perdre je crois, je me nuits et puis voilà. Je ne change pas je descends des verres sur des comptoirs en zinc, je cours dans la nuit, et puis j'ai peur, de tout, de elle, de elles, j'ai peur je ne peux plus. Il pleut je marche dans la nuit, métro, et puis marcher encore, et puis il pleut, et puis je cours. La lente descente en fièvre, les longues et inexorables descente en enfer. Il me reste les mots écrits sur des feuilles blanches, je me dis je suis mort, je me tue, je maudis mes larmes, je médis mon âme, je ne sais plus qui je suis, ce que je veux. Je rencontre des filles jeunes auxquelles je n'ai rien à dire, je dévoile mes mollets dans des bars, je vide ma canette sur le trottoir. Boire ne pas boire. Vivre ne pas vivre. Mourir ne pas mourir. Candidat au suicide de l'ivresse, je ne sais plus ce qu'est la vie, je ne sais plus, les sourires des enfants, le souffle du vent, l'eau qui caresse les chevilles. Je m'abrutis de longueurs de piscine, je m'abrutis mais ce n'est rien, j'ai mal aux bras, aux jambes, j'ai mal comme un enfant, j'ai mal d'être vivant. Je lis ces lignes «et chacun s'en ira , en se consumant tels des petits soleils mort-nés à l'agonie». J'attends la chute, j'attends la fin, j'attends qu'elle me déteste, j'attends la fin de sa pitié. De la douleur à l'état brut qui ne dit pas son nom. Des larmes, des larmes dans la piscine. Tu pleures, tu vois, tu ne sais plus. De la douleur à l'état brut je vous dis. Des petits morceaux roses et multicolores. J'ai vu ma mère morte sur un lit d'hôpital, je vois mon père mort, j'ai vu mon frère mort. Je suis encore vivant. Je suis le seul vivant. Mais ma mère rouvre les yeux. L'absence, la présence, elle est absente quoi qu'il arrive. Elle n'est plus là. Ailleurs, toujours, ailleurs, vers d'autres rives, vers d'autres rêves factices, d'autres langues, d'autres bouches... Alors je me noies dans l'alcool, je m'inonde de maux, de douleurs exquises, je m'irrigue de nuit et de brouillard. Je meurs c'est beaucoup plus simple. Je meurs. Je meurs factice, je suis factice, je suis comme qui dirait l'ombre de mon ombre, le rêve de mes rêves, je suis celui qui ne peut, celui dont on ne veut, celui qui est non. Des nous qui ne se parlent plus, des jours qui se suivent, des cauchemars qui se ressemblent, des vérités qui s'assemblent. Et puis l'alcool au milieu de tous ça, nos ivresses, nos détresses, nos caresses sous le poids de l'ivresse. Et puis nos corps à l'abandon qui ne respirent pas l'un dans l'autre, qui ne se suivent pas, qui ne se parlent pas, qui ne savent plus comment vivre. Tu ne m'aimes pas, tu le répètes en boucle, tes yeux le disent encore et encore, ton corps m'accepte un peu je crois, mais ton âme ne veut plus de moi. Tu me dis je n'ai pas peur, tu m'effleures à peine. Alors je bois je continue ma déchéance, je suis là, encore au bout du zinc, je suis encore à enquiller les godets, je suis encore celui qui ne veut pas rendre les armes, je cours je cours je me souviens dans les rues dans la nuit, je cours après toi je cours pour t'échapper. Je veux boire boire et encore boire, je ne veux plus voir, je ne veux pas de ce miroir au dessus du bar, je ne veux plus de mon image, je ne veux plus. Je ne suis plus doué pour la parole, je ne sais pas parler, me plaindre, je ne sais plus, pas, je ne sais pas, je ne veux plus vivre, je ne veux plus boire. Mais je ne trouve que l'ivresse, l'ivresse et encore l'ivresse. Je veux me perdre, je veux me tuer, je veux rester hagard sur le bord de la route, je veux tendre le pouce, je veux vider des godets, je veux finir les verres, je veux m'enfiler la flasque, je veux...Je ne mange plus, je dors un peu, je ne pense pas. Je veux juste boire et m'enfiler des verres, je veux juste que l'alcool me prenne, je veux juste. Mais je ne peux plus, je ne peux pas, je ne sais plus, pas, je ne sais plus rien, je ne vois plus rien. Je suis hagard là, au bout de la route, je suis celui que tu verras, a 4 pattes dans le caniveau, je ne suis pas. Je ne suis plus. Le souffle coupé. Et je m'étonne de ça tu sais, je m'étonne, je détonne, je sais que ce ne sera jamais fini. Toi moi et tout les autres. Toi moi et toutes les autres. Comment te dire, que je serais toujours seul, toujours en moi-même, que je ne partage rien, jamais, rien de rien, je veux bien donner le change mais je ne veux plus. Je ne jouerais pas le rôle du passager. Laisse moi au bord de la route. Marcher vers nulle part c'est une des choses que je sais faire.

Repost 0
Published by ma vie en biture
commenter cet article

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite