Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 19:37

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Mairie d'ivry. Quand j'étais jeune, oui vraiment jeune, sous giscard d'estaing, il n'y avait pas deux branches à la ligne 7. Dans ce sens là, elle allait jusqu'a ivry. La ville tenue par un stalinien. J'allais jamais jusque là-bas. Ca me semblait déjà une contrée lointaine à l'époque. J'ai pris très jeune la ligne 7. Tout les jours. A mon entrée en sixième. Ca devait être à la fin des années soixante dix. C'est curieux qu'a nouveau aujourd'hui je la reprenne tous les jours. La boucle est bouclée.  A l'époque, la carte orange c'était vraiment une carte, dans un plastique. Il y avait encore les premières classes dans le métro c'était tentant, les gens étaient écrasées en seconde et en première tu pouvais te la couler douce, assis sur un siège. C'était tentant. Pierre et Marie curie. Je me suis dis que j'allais arrêter ce blog. Sans fleurs ni couronnes. Je me suis rendu compte qu'a force, de rencontrer des gens qui le lisent, de laisser glisser l'adresse quand je suis ivre mort, je me suis rendu compte que ce n'était plus une bonne idée ce blog. Je me suis dis que j'allais continuer d'écrire tout seul dans mon coin, comme j'allais me replier sur moi-même, vivre en pas moi, je me suis dis que trop de gens que je connaissais lisaient ce blog. En même temps les gens que je rencontre par ce blog, je les revois (presque) jamais. Je crois qu'ils comprennent vite que je suis vraiment alcoolique, et pas plus intéressant que ça. Que ma vie c'est un gros n'importe quoi. Et qui aurait envie de vivre dans un lessiveuse qui toute la journée essore, noie, remue, refoirdit, rechauffe. Qui voudrait ça ? Pas toi pas moi. Porte d'ivry. Tang. Ma madeleine de proust, les brioches à la viande toujours chaude, dans le petit boui-boui en face du  grand tang de l'avenue d'ivry. Le jour de l'an chinois. Je me souviens de tous ces plats qu'on mangeait autour de la table, et les enfants qui disaient le rouquin il sait mieux s'en servir que nous de ses baguettes, et le type qu me versait toujours un whisky et une bière. Et les joues rouges. Je me rends compte aujourd'hui comme les souvenirs de la vie s'éloignent aussi soudainement qu'ils sont arrivés, comme les choses apparaissent puis disparaissent, comme la vie continue sans nous. Porte de choisy. Il me regarde, je lui dis que je viens de la part de madame bidule. Il me semble un peu psycho rigide. Je crois qu'il s'en fout surtout. Je suis en train de terminer le dernier jo nesbo, un alcoolique qui porte des docks, qui fait n'importe quoi, qui couche avec tout le monde et avec personne, avec une gueule de norvégien. Me rappelle quelqu'un. Au politburo, la bonne femme un peu allumée, me dit vous devez être d'origine viking, avec votre tête et votre physique. Elle me dit mon fils est un drogué. Elle doit avoir de la chance votre mère de vous avoir comme fils, elle en a de la chance elle me dit, vous êtes tellement sympa et formidable. Tu m'étonnes je pense, m'avoir comme fils c'est vraiment un truc chouette, faut juste avoir le coeur bien accroché, le portefeuille bien garni, et les sentiments assez discrets. Mon oncle habitait porte de choisy, j'aime bien cet oncle, on croit toujours que je suis son fils. J'ai jamais beaucoup aimé ses femmes. J'adore la dernière. Je crois qu'elle à bien compris qui j'étais, elle m'a offert une bouteille de whisky, du foie gras, du vin blanc. Elle est complétement cinglé je crois. Pour ça que je l'aime bien. Porte d'italie. Quand il y eut l'autre branche de la ligne 7. J'ai souvent été au kremlin bicètre. La fille qui dit que je suis sa racine habitait la. A l'époque, je trainais surtout avec sa soeur. J'étais en classe avec elle. Une fois j'ai failli coucher avec elle je me souviens. Ou peut-être plusieurs fois. Sinon je descendais a place d'italie pour aller voir mes grands-parents. Bordel c'est vieux tout ça. C'était sous giscard d'estaing. Je jouais aux dames avec mon grand-père. Maison blanche. Les destins ne sont pas très important. Les réalités non plus d'ailleurs. La fille déguisé en pas moi me dit tu mens tout le temps. La fille dont je suis la racine me dit tu mens tout le temps. Les vigueurs normatives du matin ne sont que le reflet de la lune. Les douleurs esquissés un peu, la langueur monotone de ton corps, de son corps, de toi de moi de tout les autres. Nos lèvres qui se ne rencontrent pas, nos dents qui ne se heurtent plus. Il restera ça de ma vie, je ne me souviendrais pas de la moitié des filles avec lesquelles j'ai couché, des lèvres que j'ai embrassé, des corps que j'ai étreint. Il ne me restera rien de ma vie. Tolbiac.  J'emmagasine les larmes. Litanie de l'inconséquence. L'entrée de chinatown. Le quartier de ma mère. La butte aux cailles. Les pétards sur des bancs en hiver. Le début de l'espoir. L'illusion que ça commence. Le jack daniel's qui nous brûle les voies digestives, les cinémas derrière galaxie. Tolbiac c'était un repaire de redskins dans les années 80, c'est là qu'on se préparait pour les grandes joutes contre les fachos. Je ne suis pas nostalgique de ces années, je ne regrette pas, je me dis souvent que je pourrais reprendre du service. Deux packs qui s'affrontent ça me manque. Fracasser des fafs ça me manque. Tout me manque. Toi, toi, et tout les autres. Place d'italie. J'ai passé ma vie place d'italie, je passe ma vie place d'italie, je passerais ma vie place d'italie. Le parc au milieu quasi inacessible. Les premiers rails. Les premières vies. La première vie. La vie de toujours sans doute, la vie de jamais peut-être. Cette place est moche, mais bon. Les gobelins. Ma première carte orange donc, à partir de la sixième, je prenais le métro à gobelins et puis j'allais jusqu'a Sully morland. Mais entre ces deux stations il y avait censier daubenton. T'es à côté de la fac de censier, en bas de mouffetard, pas loin de la mosquée, d'une entrée du jardin des plantes. T'es pas chez les n'importe quoi crois-moi. Et puis entre les deux stations tu as place monge, tu es au milieu de mouffetard. Et entre ces deux stations tu as jussieu la station du politburo. J'ai été serveur a jussieu, c'était curieux d'ailleurs, dans ce restaurant tellement cher, j'avais des pourboires énormes ou c'était l'inverse les clients demandaient au patron de me virer dare-dare. J'étais au collège a sully morland, enfin un des collèges  que j'ai honoré de ma prestigieuse présence. Pont-marie. Et puis les larmes, toujours, les douleurs incessibles, les vapeurs du lointain, je me demande pour berlin. Pour demain. Depuis le temps qu'on voulait partir, tous ensemble, dans un drôle de voyage vers l'inconnu, la fille aux gitanes, garçon tout maigre et moi. Nous en sommes tous au même point, un peu défaits, beaucoup de cuites, des rides, des moments qui passent, nos parents morts ou qui vieillissent, les photos qui s'effacent, nos cheveux qui blanchissent, on voyage, on boit, on fume, on prends des pilules pour oublier que tout s'arrêtera avec nous. Nous n'aurons pas une descendance qui perpétuera notre souvenir. C'est pas plus mal.  Ca nous rends moins sentimental.  Chatelet. Je crois que chatelet pour moi ce sera toujours le théatre de la ville. Sans doute parce que j'y allais avec mes parents, et c'est une des seules choses dans la vie ou j'ai souvenir d'aller avec mes parents. Et puis avant on allait au restaurant il me semble. Dans un self peut-être, les fast-food de l'époque c'était les selfs. J'ai vu tant de pièces auxquelles je n'ai rien compris. De la danse aussi. J'y suis retourné il y a quelques années avec ma mère. Mon père commençait à être malade. Je l'ai remplacé. C'était comme si la boucle était bouclé une fois de plus. Je ne suis jamais aller au théatre de la ville sans mes parents. J'irais jamais sans doute. Pont-neuf. Faut comprendre un truc avec l'alcool. Il n'y a ni bons ni méchants, ni vainqueurs ni perdants. Après ce n'est pas la peine de venir pleurer contre un mur, de venir regarder les défaites sur le champs de bataille. Nous ne serons que ce que nous devons être, il n'est permis que ce qui est interdit. J'ai toujours aimé cette saloperie, depuis toujours, je finissais toujours sous la table dans ces réunions de famille, ou l'on regarde quelles seront les prochains a foncer tête dans le mur. Je vis depuis toujours en houblon, en gin, en whisly, ma vie à jeun n'est que le silence qui précède la tempête. Des instants légers entre deux cuites. Palais-royal. J'ai trois souvenirs au palais royal ou ces alentours. La comédie française avec mon père, la fête foraine en été avec la fille aux yeux bleus cheveux verts et le feu d'artifice du quatorze juillet avec la fille déguisée en pas moi il y a deux ans. Pyramides. Rien je crois bien, ni a  Opéra ou je n'ai jamais donné rendez vous sur les marches. Encore moins a chaussée d'antin, ou cadet. Poissonnière. On voyage maintenant c'est tout ce qu'il nous reste. Quand tu n'as pas de familles, pas d'enfants, pas de maris, pas de femmes. Pas tout ces élèments de la vie sociale, tu voyages. C'est un truc que j'ai remarqué. Comme si le mouvement trompait l'ennemi. Comme si la fuite permettait de ne jamais comprendre ce qui n'allait pas. Ou ce qui allait bien. J'ai toujours adoré ça. Les aéroports, les gares, les stations services sur l'autoroute, rouler, voler, railler, naviguer (euh non pas naviguer ça fout la gerbe). J'ai toujours eu l'impression que la vie c'était ce mouvement perpétuel. Je pense toujours à d'hypothètiques voyages, ou j'irais tu n'iras pas. En fait j'aime partir et revenir. J'aime l'idée du voyage. Comme j'aime l'idée de l'amour. Comme j'aime l'idée de vivre. La réalisation les émotions, peu me chaut. Gare de l'est. Parfois je pense à la fille du canal. Encore une disparition soudaine, incrédule. Je l'ai sans doute rencontré à un moment un peu complexe. Parfois je pense à elle, et ça me fait chaud au coeur, ce que nous aurions pu vivre ensemble. Etant bien entendu que la réalisation de cette amourette aurait fini dans le sang et les larmes. Chateau-landon. C'est comme si la vie ne me disait plus rien. Je veux dire la vie des gens, la vie des autres, la vie ailleurs. Une vie d'ermite. C'est peut-être le mieux. Je rendrais public mon blog à mes quelques amis et puis je leur dirais de suivre mes non-aventures. C'est comme si tout a coup, le devenir de tout ne m'intéressait plus. C'est sans doute cela vieillir. C'est sans doute cela. Je suis de plus en plus insensible au chagrin, aux névroses, au dépression, aux tempêtes. Je suis de plus en plus insensible. J'ai sans doute trop pleuré de ne pas être invité à la table du banquet. Il est trop tard pour moi. Louis-blanc. Je t'ai emmené pour le beaujolais nouveau a louis blanc. Nous étions ivres morts, je t'ai dis je n'habite pas très loin. Et puis tu as finis dans mon lit. Il y a quoi ? 20 ans. En fait c'est toujours la même chose. Encore aujourd'hui, toujours la même chose. Stalingrad. Il n'y a plus la came d'avant a stalingrad. Ca sent bon la javellisation des pauvres, des ratés et des perdants. Autour de la rotonde qui vient d'ouvrir, un café restaurant qui se la pête un peu sur les plats tu vois. Une terrasse immense l'esplanade de stalingrad. Maintenant les pauvres assis sur des parapets regardent les riches en terrasse. J'aime bien traverser cet endroit. Riquet. En fait je n'apprécie que la solitude. J'aurais du partir seul à berlin. Comme je vis seul. En fait je ne suis jamais seul, et pourtant j'entretiens une solitude absolue. Je suis sortie trois ans avec toi me dis la fille déguisée en pas moi et je ne te connais pas. Moi non plus je ne me connais pas j'y réponds .Tu commence à comprendre. Je crois que je tiens de mon père. Je crois que personne ne savait ce que ressentais mon père. Je crois que personne ne savait ce que ressentait mon grand-père. Curieux comme ils étaient tous les deux enfermés en eux-mêmes. Je suis un rêve éveillé. C'est dommage que je ne me réveille jamais vraiment. Crimée. Le siège du politburo. Pas loin du 104. Marrant comme le 104 est devenu un truc passionnant. Je me suis dis que je pourrais continuer ce blog. Pourquoi pas après tout. C'est ridicule un blog à mon âge, un peu plus de 40 ans, presque 44. Je ne suis pas doué pour écrire des histoires, des romans, j'ai pas le souffle. J'écris des nouvelles de temps en temps mais qui ne valent pas grand chose. Alors ce blog c'est sans doute la tentation d'exister par l'écriture. Corentin-Cariou. La piscine rouvet. Porte de pantin. C'était le terminus avant porte de pantin. Jusqu'a ce qu'ils rasent les abattoirs de la villette et que ça devienne la cité des sciences le zénith le trabendo la grande halle de la villette et j'en oublie. Moi quand je vais là-bas c'est plus souvent au glaz'art. Aubervilliers pantin quatre chemins et fort d'aubervilliers j'ai peu de souvenir. La courneuve. La fête de l'huma deux ou trois fois. Un concert de gotainer sous acide. Maintenant je pourrais plus. Le stand de la chine c'est juste pas possible.Et puis au fond les cocos m'ont toujours fatigué. Ce côté curé. Une fois en partant de pierre et marie curie, ivre mort après une soirée, je me suis endormi sur la ligne. Je me suis réveillé a la courneuve. Parfois je me dis qu'un jour je ne me réveillerais pas après une cuite. Comme une dernière cuite fatale. Parfois je me dis que je vais ne plus picoler. Et aussi ne plus écrire. Parfois je me dis ça. Et puis je recommence a vivre. Je recommence a boire. Et je prends le métro.

 

 

Par ma vie en biture
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