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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 21:12
Vies diverses

Le taxi assez âgé, un truc comme 70 ans, commence a me chanter cette rengaine qui parle de paris. Je regarde la forêt défiler, des kilomètres, des centaines de kilomètres de forêt, tu m'étonnes que le pays soit un des moins dense du monde en population. Partout des forêts. La jeune fille qui fait sud américaine me traduit les questions de son copain, qu'est ce que je fais dans la vie, ce genre de truc. C'est marrant je me dis comme les gens n'ont pas une vie marrante par ici. Je rentre dans quelques heures prêt a écouter les jérémiades que je ne supporte plus. Une fille m'explique qu'elle travaille pour éviter de payer une amende, ici le chômage est interdit, ou alors tu paies, même les étudiants font quelques heures pour éviter de se prendre une prune. Des vies me parlent, ça me rappelle la première fois a prague, la première a liège, la première a sibiu, la première a bruxelles. Je me rends compte que je pourrais vivre ici, tellement c'est un dégradé de gris qui me conviendrait. A ma grande surprise, il est presque aussi compliqué de sortir du pays, une fille ausculte mon passeport et mon visa et finit par le tamponner presque a contre-coeur. Je me lève a trois heures du matin le jour de mon départ pour prendre une mini-camionnette ou nous nous entassons a onze. La veille j'ai visité cette église a moitié effondré, qui a fini dans le fleuve. Je me sens vide, tellement vide alors que l'avion se pose sur paris. Je sais bien que je ne pourrais plus écrire désormais, je sais bien que tout cela n'a plus de sens, que les mots vont me lâcher, comme le début d'une fin, comme un sentiment d'agonie, je me rends compte a quel point je suis hors du monde, à l'abri de tout, a l'amorce de rien. L'homme me dépose à l'aéroport, il me parle de jean paul belmondo sans que je comprenne trop ce qu'il veut dire. Je lui laisse vingt mille de pourboire. Je suis comme une ombre qui ne se voit pas, je suis une sorte de silhouette qui ne se dessine plus. Ma vie n'est qu'une suite de défaite que je ne décompte plus, des personnes qui s'effacent, des gens qui ne se retournent plus, de mots qu'on ne lit plus sur un écran lumineux. J'aimerais bien revoir son sourire. J'aimerais bien revoir ton sourire. Et je sais que ça n'arrivera pas. Je sais bien que tu n'arriveras pas.

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Published by ma vie en biture - dans au bout du monde
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