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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 09:04
Les compte a rebours

Je regarde le type qui range ses courses dans les sacs, le caissier me regarde d'un air de conspirateur, le type devant moi c'est comme les vieux, il faut d'abord qu'il range ses courses bien proprement avant de payer. J'aime les caissières et les caissiers du carrefour de la rue de ménilmontant pyrénées, ils sont tous un peu secoués. En général j'aime bien les caissiers, sauf chez gibert ou ils vous regardent toujours comme si vous étiez la lie de lhumanité, et puis ou ils discutent entre eux de trucs très intelligents pour vous faire bien comprendre qu'ils sont caissiers mais qu'en fait ils sont bac + 8 et que le nobel de littérature leur tend les bras. Moi parano vous rigolez j'espère ? La dernière fois que je suis passé a une caisse chez gibert, ça commence a dater, le gars qui me faisait payer a montré le hilsenrath que j'achetais a une autre caissière derrière lui. J'ai fais ma thèse sur hilsenrath elle lui a dit mais celui la est nul. J'ai voulu sortir une connerie mais aucun des deux ne m'a calculé. Le problème est résolu maintenant, je passe au machine automatique, pour les livres c'est pas comme pour la bouffe ça marche toujours, le code barre est clean et les livres c'est dur donc ca passe bien au laser. Je vais faire une thèse bientôt sur les caisses sans caissières. Ça prend dix secondes et ça m'évite une sociabilisation déprimante. Il est plus de 21 heures, je suis juste venu m'acheter une bouteille de vinho verde par ce que j'ai envie d'en boire un verre ou deux, et que c'est pas vraiment de l'alcool même si c'en est un peu. Une gueule de bois au vinho verde, c'est pas gagné croyez moi. J'ai un peu d'hummous au pignon, je vais me faire ça ce soir en regardant les 3 épisodes que j'ai en retard d'american crime, la série la plus déprimante que j'ai vu depuis longtemps. J'ai passé une journée fascinante, aller chercher mon passeport avec le beau visa, acheter des cadeaux qu'on m'a commandé, des trucs aussi différents qu'une bouteille de cointreau ou un sac rose avec écrit paris. Je traîne un peu vers le louvre du coup vers les boutiques pour touristes. Ensuite je reste des heures a regarder la dixième qui n'avance pas, comme si je voulais jamais la finir. Sans doute que je ne vais jamais la finir. Quoique si puisque j'ai envie de briser le silence, si tu me réponds pas je peux continuer a te parler dis ? Tu m'étonnes qu'il a une carte de fidélité je répond pas au caissier qui demande au type s'il en a une, le type est toujours en train de ranger ses courses, j'espère qu'il aura fini avant que le magasin ferme a 22 heures. Oui répond le type, j'ai une carte de fidélité. Le type a 30 ans non, a peine plus, même si on ne sait plus l'âge des gens, regardez moi j'en ai 47 et j'en fais pas 40. Ensuite le type paie avec sa carte bleue ce qui prend un jour ou deux vu que la dite carte semble caché dans un coffre fort personnel qu'il cache dans son falzard, et puis ensuite il demande tout les tickets possibles. Je l'imagine le soir en train de recompter son ticket de caisse et son solde de points de fidélité, devant ses petites tableaux excel. J'ai toujours pensé que les gens rendaient la vie supportable en se consacrant a des trucs qui n'ont aucun intérêt. Juste pour s'occuper. La plupart ont des enfants, moi je picole. D'autres font leur compte toutes les semaines et des tableaux excel ou ils calculent ce qu'ils dépensent chaque mois. J'imagine le type qui part avec tout ses tickets et ses sacs de course en train de plier soigneusement ses affaires avant de baiser. Une fille me demande si je suis sérieux quand je lui dis le pays ou je pars. Ben quoi je lui dis, il fait pas beau, c'est une dictature, c'est pas loin de tchernobyl, que demander de plus ? Tu serais capable d'y aller elle me dit. Je suis tout content du compliment. Je passe à la caisse avec mon vinho verde, ma boule de pain, un peu d'hummous et ma nouvelle passion, le baba au rhum a la vanille. Les dealers ont pris leur quart de nuit sous les fenêtres de rue 89, la nuit tombe un peu sur la ville, il y a du jazz qui sort de la cave des trois arts, le quartier semble plongé dans le noir. Il y a des lumières aux fenêtres, il y a de la vie je crois Je prends la main de la plus belle femme du monde et je remonte la rue. Je l'entends chanter, je suis sur que je l'entends chanter. Je suis sur que je t'entends chanter.

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Published by ma vie en biture - dans elle sans moi
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