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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 22:07
Le début du vide

C'est quoi ce dicton a la con déjà, la nature a horreur du vide, ben pas les rouquemouttes croyez-moi, je suis en plein dans le vide et je m'y vautre avec une joie non dissimulé ou plutôt avec cette platitude d'émotions dont je peux faire preuve en ce moment. Je tape du poing sur la table et ça fait un boucan de dingue car je me suis un peu laissé aller et je me mets a hurler ce matin il faut pas m'emmerder vous comprenez, il ne faut pas m'emmerder ! Les deux olibrius qui sont debout dans mon bureau me regardent comme si je venais de sortir ma quéquette tachetée. Puis ils se barrent en courant. Dix minutes plus tard ma collègue arrive a moitié hilare, dis donc il parait que tu viens de gueuler comme un putois elle dit, les autres en tremblent encore, bordel tu fais une crise tout les trois ans et je viens de la rater. Je monte et remonte les rues de belleville ménilmontant, je monte et je remonte les souvenirs de ma vie d'avant, je monte et je remonte les rues de ma vie d'après, je monte et je démonte ma vie d'après. Je lis cet auteur qui ne me convainc jamais tout à fait, il manque toujours un truc a ses livres, le souffle d'ellroy, le style de peace, l’originalité de st john mandel, la tenue de lehane, je ne sais pas, il manque toujours un petit quelque chose, c'est peut-être un peu mieux cette fois-ci je me dis. Je suis toujours fasciné comme la littérature peut me parler de moi, comme chaque jour de ma vie, j'arrive a identifier a mon sentiment du moment dans ce que ressentent les personnages. Je pense a cette femme, cette femme qui se suicide au bout de 20 ans quand elle comprends qu'il n'y aura plus a attendre, qu'il n'y aura plus personne a attendre. Mon corps se sent de mieux en mieux même si je suis toujours un peu inquiet de mes sautes d'humeur incontrôlées, je me sens de mieux en mieux, ou de moins en moins malade, alors qu'une de mes collègues m'explique en rigolant qu'il va falloir que je me remette a picoler. J'écoute ces vieilles paroles sur mon ipod, on dit que l'art est mort et s'il ne l'est pas encore il faut le tuer. Je me rends compte de l'aridité de mon inspiration, de la non pertinence de mes mots. Je me rends compte de la futilité de mes plaintes. Je traverse les seine, je traverse la vie, je regarde les gens. Je monte et démonte les rues de belleville ménilmontant. Des fois que tu y sois encore. Que tu y sois encore. Que tu y sois toujours.

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Published by ma vie en biture - dans elle sans moi
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