Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:59
La vie souvenir

Je vois mon nom écrit sur une pancarte que tient un type relativement jeune. Je pose un sourire débile sur mon visage et je dis c'est moi monsieur drink. Bienvenue il me répond dans un français parfait, nous sommes ravis de vous recevoir, j'espère que vous avez fait un bon voyage. Je croise cette fille très maigre a l'aéroport qui a toujours un sourire curieux dessiné sur son visage. Nous allons dans le même pays mais pas dans la même ville. J'aime bien aussi la capitale du pays je dis mais j'aime vraiment la ville ou je vais, de toutes façons c'est pour le boulot j'ai pas trop choisi. Il y a quelques années cette fille m'avait donné rendez vous à une soirée et je m'étais dis pourquoi pas après tout, elle est pas si mal, même si elle fait toujours un peu dépressive sans que je puisse m'expliquer pourquoi. Sa maigreur peut-être. Bref, je me pointe au concert ou je devais aller de toutes façons, elle était avec une bande de filles comme ce matin même à l'aéroport et alors que je me disais que cette affaire allait être rondement mené j'avais compris qu'elle m'avait fait venir pour récupérer le numéro de téléphone d'un ami a moi. On parle cinq minutes dans l'aéroport elle est toujours entourée d'une nuée de gonzesses dans son style, un peu poseuse et très maigre. Je m'installe dans la voiture du type qui me dit qu'il n'est né en france et je comprends mieux son français parfait, il me demande si je suis déjà venu. Deux fois je lui réponds même si je me rendrais compte au fil des heures que la ville a encore beaucoup changé. Et puis ensuite je me souviens que la première fois que je suis venu c'était avec cette fille avec laquelle je sortais il y a 20 ans et je me souviens de la gueule des gamins dans un bus de campagne en voyant une asiatique et un rouquemoutte assis a l'arrière, on était un peu l'attraction. Je continue le livre que j'ai commencé dans le rer pour venir à l'aéroport, un manotti toujours agréable à lire qui doit avoir un lien avec l'histoire de battisti, c'est ce que j'aime chez manotti cette connexion au réel. Je recommence a lire donc pendant que les hôtesses exécutent les gestes de secours dès fois qu'on tombe à la mer a la suite du suicide raté du pilote. La fille a mes côtés se tourne vers moi et me parle directement en anglais ce qui est mon lot commun partout ou je vais rapport a ma tronche de rosbeef. J'ai peur elle dit, je ne veux pas mourir, vous pourrez me tenir la main pendant le décollage ? Son anglais est tout pourri, accent de l'est, gueule de l'est, c'est le genre de fille ultra pas naturelle qui doit se lever à 5 heures du matin pour partir bosser a huit heures. On se présente du coup, drink from paris je lui dis, sans trop savoir si elle comprend quelque chose, natalia from st petersbourg elle me dit. Le fantôme dirait qu'elle me drague mais je ne crois même pas, elle semble comme terrorisée. D'habitude je prends le car pour tout mes voyages elle m'explique. La ville est devenu une ruche, il y a du monde pleins les rues, le soir quand je me promènerais vers le pont construit par eiffel je ne croiserais que des touristes qui parlent français. Je m'installe dans un fauteuil au bord du fleuve, je commande un verre de vinho verde et je me rends compte après coup que c'est le premier verre que je bois depuis presque deux semaines. Au politburo du pays, une fille qui pense me faire une révélation me dit une phrase que j'ai entendu un petit millier de fois dans ma vie, vous ne ressemblez pas a un français mais plutôt a un irlandais. Je souris bêtement. Évidemment je détonne un peu au milieu des brunes et des très brunes, des bruns et des très bruns. Le jeune qui est venu me chercher a l'aéroport me le dira un peu plus tard, alors qu'on mange ensemble, si tu cherches une fille il y a des candidates. Je souris bêtement. La russe dort le reste du voyage puis on recommence le cirque du serrage de paluche a l’atterrissage. Son copain hollandais l'attend a la sortie de l'avion elle m'explique comme si tout cela avait une vague logique. Je reste deux heures les yeux fixés sur le fleuve, je regarde les bateaux, je regarde le téléphérique en face suspendu dans l'air, je sirote la demi-bouteille de vinho verde puisque l'on ne sert pas au verre. Je remonte les rues escarpés pour rejoindre mon hôtel. Le soleil disparait peu à peu et j'ai comme l'impression que mon crâne a vaguement chauffé. Je pense au prochain anniversaire que j'ai avec le fantôme. Je remonte les rues. Je remonte les rues du souvenir. Je remonte les rues du souvenir.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans elle sans moi
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite