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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 23:03
Pas gâcher

J'aime pas les murmures que j'entends, les commentaires qui parsèment le brouhaha du bar, j'aime pas les gueules de cons qui me regardent comme si j'étais en phase terminale, je n'aime pas la sensation que tout le monde pense que je suis un vieillard au seuil de la mort. Je dis au jeune que je ne connais pas derrière le bar de me servir un picon. Le vieux m'a dit que le petit jeune qui m'apportait le café tout les matins a prit quelques jours de repos. Un monde de dingue il aurait dit il partant. Il me manque un peu, il reviendra. Le magicien vient vers moi en souriant, alors il dit il parait que c'est reparti comme en 40, vous disparaissez, le fantôme apparaît, le fantôme disparaît, vous apparaissez, je ne pensais pas que le vaudeville allait repartir de plus belle. Je l'ignore, j'entends bien le bruissement et les murmures des ragot du port. Le grand william, je dis au vieux collé au comptoir qui sirote sa bière, le grand william dans la tempête : Le passé est un prologue. Il hausse les épaules. Je me retourne vers tout les joueurs de carte, vers le philosophe, vers la bande de couillons qui peuplent le bar. A quoi joue le fantôme me demande le philosophe, elle revient ou elle ne revient pas, moi j'y comprends rien. Ils se marrent tous. Le passé est un prologue. Je leur demande de ce taire. Ils vont se taper un petit cours de morale. Le premier et le dernier.. Vous savez je dis, on peut penser ce qu'on veut du fantôme, on peut l'aimer, on peut ne pas l'aimer, on peut la comprendre, on peut ne pas la comprendre. Je prends mon verre de picon dans un silence de mort et je bois une ou deux gorgées. Je suis dans un état de furaxitude qu'ils ne mesurent pas. On peut penser ce qu'on veut du fantôme, vraiment, chacun d'entre nous peut penser ce qu'elle veut d'elle. On peut lui trouver des défauts, on peut lui trouver des qualités. On peut aimer ses défauts, on peut lui reprocher ses qualités. Je finis mon verre de bière et je le pose sur le comptoir avant de l'envoyer à la gueule d'un des cons qui peuplent ce bar. On peut donc penser ce qu'on veut du fantôme je répète, mais il n'y a une chose, une toute petite chose qu'on ne peut reprocher au fantôme, elle n'a jamais jugé personne. Elle aurait pu, toi, toi et toi aussi - je les désigne tous un par un d'un doigt furieux ça prend une plombe - elle aurait pu vous juger. Elle aurait pu. La fantôme n'a jamais jugé personne. Jamais. Alors ne la jugez pas. Vous pensez ce que vous voulez mais ne la jugez pas. Je me barre du rade très digne alors que ce con de petit vieux au bar ricane dans mon dos. Je suis juste furieux contre tous ces cons et je rejoins mon rafiot au pas de course. Bien sur le pont est vide. Bien sur le bateau est vide. Bien sur mon lit est vide. Mais je ne laisserais personne juger la plus belle femme du monde. Personne ne la jugera, même pas moi, encore moins moi.

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Published by ma vie en biture - dans la vie du port
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serrurier paris 29/03/2015 14:13

Votre blog est une source d'inspitation ! merci pour vos articles.
Patrick.

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