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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 19:20
Loin

Une partie du film se déroule à oulan-bator. J'ai toujours voulu y aller, j'irais sans doute jamais. J'ai envie de fuir. Pas forcément loin mais ailleurs. Je me dis que j'ai rarement touché d'aussi près la sensation que je ressens en ce moment, alors qu'après la projection, je suis au milieu d'un groupe qui parle dans une langue que je suis le seul a ne pas comprendre. Étranger au monde. Enfermé dehors comme dirait l'autre. C'était donc ça vieillir je me dis, la maturité est synonyme d'ennui. Ou peut-être est-ce la solitude que je m'impose. J'ai pourtant repoussé les limites. Mais mon corps ne suit plus. Partir loin pour accepter de vieillir tout seul. Le vent souffle sur le canal alors que je sors de l'avant-première du film un peu décevant. C'est un doc ou une fiction je me demande. J'aime pas les films qui ont le cul entre deux chaises. Pauvre fantôme je me dis, elle aussi avait le cul entre deux chaises. Pauvre fantôme je pense et je repars vers mon appartement là-haut sur belleville. Je regarde mon agenda qui est rempli de manifestations diverses et variées presque chaque jour, je regarde ces films a voir, ces gens a rencontrer, ces soirées d'anniversaire, ces concerts pleins de bière, ce vide rempli par mon écriture tremblante. Je regarde les jours a venir, je décompte le compte, je souris a l'évocation des jours a fêter. C'est étonnant je me dis en remontant l'avenue simon bolivar comme on peut être absolument seul sans ne jamais être seul, parce que c'est bien le cas en fin de compte, je peux pleurer crier me rouler par terre, je peux me plaindre mais je ne suis jamais tout seul, je sais que la plus belle femme du monde marche toujours avec moi alors que nous atteignons le métro pyrénées et la rue du même nom, alors que la nuit se couche sur ménilmontant alors que la tour eiffel s'allume pour saluer la plus belle jolie de ses fans qui s'empresse de sourire. Je revis toujours les mêmes événements, revois les mêmes images, mais je ne m'en lasse pas, on peut aller tout les jours rue piat, descendre la rue des envierges, regarder la vitrine de chez diego, traverser la place krasucki, remonter les escaliers ou passer par la rue des cascades. Je ne me lasse pas de ton souvenir, parce que ton souvenir c'est ma vie, parce que vivre c'est me souvenir, parce que ma vie c'est de penser, même si tu n'as pas trop le choix, au fond personne ne mérite un fardeau pareil, je me dis en remontant la rue de l'ermitage, au fond personne ne mérite le poids d'un amour surhumain, alors peut-être que je devrais le taire, peut-être que je devrais me taire et ne plus te déposer sur les épaules ce fardeau que tu ne mérites pas. Je traverse la place du guigner, un rideau a bougé à une fenêtre de la maison bleue que tu aimes tant. Je me demande si ce n'est pas toi qui m'a regardé passer. Je me demande si ce n'est pas toi. Si ce n'est pas toi qui sourit tout bas.

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Published by ma vie en biture - dans elle sans moi La vie belleville
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