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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 23:53
La montée

Je sais que je vais rentrer a pied. Je l'ai déposé, après la bastille, après la rue de lappe, après la rue du faubourg saint antoine, après la rue keller, je l'ai déposé. Ce premier jour qui sera aussi le dernier jour avant que nos mains ne se serrent, avant que nos lèvres ne s'embrassent, avant que nos corps ne s’étreignent. Le premier jour qui sera aussi le dernier jour. Le premier jour qui sera aussi le dernier jour. Alors je la dépose et elle disparaît derrière des vitres fumées qui s'ouvrent et se referment, alors elle disparaît pour la première fois, ce ne sera pas la dernière, mais elle disparaît pour la première fois. Derrière des vitres fumées. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi, je n'ai pas envie de rentrer, j'ai juste envie a mon tour de disparaître derrière des vitres fumées qui s'ouvrent et se referment, j'ai à mon tour envie de disparaître derrière des vitres fumées. Je traverse la place de la bastille en me demandant pourquoi je ne l'ai pas embrassé, je traverse la place de la bastille en me demandant pour quelles raisons je ne l'ai pas embrassé, je prends la rue de la roquette en me demandant pourquoi je ne l'ai pas embrassée, je marche rue de la roquette en me demandant pour quelles raisons je ne l'ai pas embrassée. Et puis je traverse la place voltaire en me demandant si je vais l'embrasser le lendemain, je traverse la place voltaire en me demandant si je vais l'embrasser. Et je continue la rue roquette en me demandant si je suis débile, et je continue de monter la rue de la roquette en sachant que je suis débile. Je passe devant le père lachaise, et je crois que je lui parle au téléphone, je sais qu'ensuite je devrais commencer à monter par l'avenue du père lachaise, ou prendre la rue des amandiers pour rejoindre la rue sorbier par les escaliers, mais je lui parle je crois, alors je ne veux pas qu'elle entende mon souffle court alors je continue tout droit sur le boulevard. Et j'arrive au métro ménilmontant, et je continue de lui parler, et il va falloir prendre la rue de ménilmontant, et je vais avoir le souffle court, et je ne vais plus pouvoir lui parler. Même si je ne vais pas aller jusqu'en haut, même si je vais bifurquer par la rue de l'ermitage, même si je sais bien que je ne vais pas pouvoir lui parler, je suis en train de comprendre qu'elle va m'entendre souffler comme un damné. Je regarde si le 96 va passer mais je crois qu'il n'y en a plus, je crois qu'il est déjà bien tard, alors je me dis que je vais monter la rue de ménilmontant, en me demandant pourquoi je ne l'ai pas embrassé, en me demandant pour quelles raisons je ne l'ai pas embrassé. Je vois le haut de la rue, je me demande si je ne dis pas que je vais la rappeler plus tard, je me demande. Je me dis que demain je vais peut-être l'embrasser, je me dis que demain je vais peut-être l'embrasser, je monte la rue de ménilmontant le souffle court. La nuit recouvre tout même si je suis l'homme le plus heureux du monde. Demain je vais l'embrasser. La plus belle femme du monde. Demain je vais l'embrasser. Demain je vais l'embrasser.

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Published by ma vie en biture - dans Elle émoi elle sans moi
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