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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 18:04
La distribution des cartes

Le magicien entre dans le café et sourit en me voyant, non pas du plaisir de me voir mais de cet air qu'il a quand il a trouvé une bonne vanne. Le cessez le feu semble donc terminé je me suis dis en voyant qu'il s'approche pour me sortir une vacherie. Mais vous ne quittez plus le comptoir capitaine, depuis qu'il y a ce nouveau serveur, on dirait que vous avez les mêmes goûts que le fantôme. La moitié du bar se bidonne. On peut dire ça je lui réponds en prenant mon verre de bière a la main, on avait quand même un petit différent je réplique. Tout le rade est suspendu a mes lèvres. J'en profite pour assécher mon verre de picon. Et d'un petit signe je dis au gamin que je veux son frère jumeau. Au verre hein pas au gamin. Après tout je me dis, deux picons dans une soirée n'ont jamais rendu personne, ivre. Ah oui je m'exclame en reprenant le fil de mes pensées, on avait un différent sur un zozo qui se prétendait magicien et qui semblait plus agile de la langue que de la baguette. Le bar se gondole comme on dit a venise. Le gamin pose le picon sur le zinc. J'y trempe mes lèvres. Pas mal je lui dis. Le dosage du picon, c'est un peu comme la cocaïne, un peu trop ou pas assez. Pas mal je lui dis. Il a tort le magicien, je dis au jeune un peu plus tard, il a complétement tort, le fantôme ne serait pas rester le cul sur un tabouret a se morfondre au comptoir, le fantôme m'aurait cherché au bout du monde. Et elle m'aurait ramené bordel. Tu sais gamin je lui dis, parfois je repense a tout cela. Le philosophe du quartier vient demander sa suze, le patron doit en commander spécialement pour lui, c'est la seule personne encore vivante que je connaisse qui boive de la suze. Tout les autres sont morts. C'est intéressant cette analyse presque psychanalytique du magicien, il dit le philosophe comme si parfois vous et le fantôme ne faisiez qu'un. Je vais me boire un troisième picon je dis au petit jeune. Le vieux n'est pas dans son assiette ce soir, il picole pas, il semble comme tétanisé. Je sirote mon troisième picon dans une douce mélancolie. Je sais qu'il est temps de rentrer, le troisième c'est la légère ivresse, il est temps de ne pas enquiller d'autres verres pour entrer dans la biture. Sur le chemin du retour je me souviens de ce que disait cet auteur. Devenir vieux c'était avoir soulevé les cartes distribuées. En longeant les bateaux je me demande si on me donnera d'autres cartes. Mais non on en aurait pas d'autres ajoutait l'auteur, il restait à jouer le mieux possible celles que l'on avait reçues. J'ai vu le bateau qui se rapprochait de moi. Toujours vide. Pour toujours vide je me suis morfondu et apitoyé. Et à rêver des cartes que l'on aurait pu recevoir, concluait l'auteur. Je me suis demandé si j'aurais des nouvelles cartes. Et je suis monté sur le bateau vide. Et je suis remonté sur le bateau vide.

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Published by ma vie en biture - dans la vie du port
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