Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 09:52
La poussière sur les murs

Le voyage en train se déroule très vite. Je me plonge dans le livre de mille deux cent vingt deux pages écrit par le père de ce type qui a obtenu le prix goncourt et dont on a plus jamais entendu parler. Je me rends compte que le polar de dan fante que j'ai acheté quelques jours auparavant ne me servira a rien. J'aurais un peu le temps de lire mais pas tant que ça. Et le livre de mille deux cent pages vingt deux pages suffira largement pour mes trois jours de présence. J'emporte toujours trop de livres quand je pars, comme j'ai toujours pleins de choses a lire dans mon sac en cas de transports trop long ou d'inactivité soudaine. Je ne sais jamais quelle sortie prendre quand je descends sur le quai, je ne sais jamais , si c'est la sortie nord ou la sortie sud. Je sais juste qu'il faut remonter pour arriver a la gare. J'ai habité dans cette ville quand j'étais en seconde après la fugue de chez mes parents. La gare n'avait pas encore été reconstruite. Je prends le métro pour deux stations que je pourrais faire a pied mais je porte un sac un peu lourd sans doute a cause des journaux et des livres que j'ai pris pour le train. La ville semble vide quand je sors au métro république. Le centre du jour n'est pas le centre de la nuit dans cette ville. Le centre commerçant n'est pas le centre de la nuit. A quelques rues de la, les bars doivent être remplis d'étudiants ivres morts. Je me dis que je dois être vieux pour ne plus avoir d’appétence pour l'ivresse brute, qui cartonne, pour un souffle collé au mur. Je me dis que je dois être vieux pour avoir juste envie de cette légère ivresse, juste un peu au-delà de la limite. Comme un fantôme qui aurait bu deux verres de champagne. Je n'ai pas envie d'attendre un hypothétique bus, a dix heures du soir, j'imagine qu'il en passe un de temps en temps mais je ne suis même pas sur qu'il me rapproche, alors je prends le chemin de l'appartement ou j'ai vécu un an quand j'étais en seconde. J'étais quand même sacrément en retard vu que j'ai eu dix huit ans dans cette ville. Après j'ai arrêté l'école pour rompre cet ennui absolu. Je pense devant le nouvel immeuble de luxe estampillé jean nouvel et je vais au bout du mail pour prendre la rue qui monte vers l'appartement. Les murs n'ont pas bougé, les livres n'ont pas bougé, les photos n'ont pas bougé. L'appartement est vide depuis quatre ans. Il n'y a que moi qui vient parfois dormir. Dans ce qui était ma chambre, des gens ont déposés des cartons qui devaient se trouver dans un garage ou une cave quelconque. Il y a des photos sur les murs de gens qui sont morts, il y a des photos sur les murs de gens qui sont vivants. Il y a de très vieilles photos dans des cadres de gens que je ne connais pas. Morts bien avant ma naissance. Je souris en me demandant combien de milliards de questions poseraient le fantôme en regardant les photos. Et je souris en imaginant le peu de réponses que j'aurais a lui donner. Je la prendrais par la main et je me coucherais contre elle. Dans l'appartement ou plus rien ne bouge, ou le temps s'est arrêté, dans cet appartement je dormirais contre elle. Je dormirais contre toi.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Saint Malo
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite