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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 22:27
Le dernier souffle

C'est quoi votre putain de problème me demande le magicien a peine je suis rentré dans le bar. C'est quoi son putain de problème a lui je demande au vieux en lui offrant une bière. Mais c'est quoi votre putain de problème me menace le magicien de sa baguette tragique et agité. Il écume bordel, on dirait la tempête sur belle-île, je demande au serveur de me filer un jack daniel's de luxe. Bordel c'est quoi votre putain de problème capitaine me hurle le petit magicien. Il est vraiment colère me dit le serveur. Et toi c'est quoi ton putain de problème je demande au magicien qui est si rouge qu'on dirait le père noël en novembre. Le vieux pose sa main sur mon bras et me regarde d'un air dépité, je peux comprendre sa réaction me dit le vieux toujours collé au zinc, je peux comprendre sa réaction. Comment ça je demande au vieux ? Mais bordel de quoi vous parlez ? Et je me rends compte que j'étais sans doute fatigué ce soir mais que tout le monde m'a jeté un air un peu froid, je me rends que les gens m'ont salué d'un air impersonnel, je me rends que les joueurs de cartes semblaient maussade. Le serveur semblait contrarié mais le putain de serveur de ce putain de bar semble toujours contrarié, comme s'il faisait de la rétention anal. Je paie une bière au vieux, je vide mon godet cul-sec, je dis au magicien d'aller se polir la baguette ou il veut et je demande au vieux collé au zinc ce qui se passe. C'est le fantôme il me dit. J'ai pas eu trop le temps de m'occuper du fantôme ces derniers temps, je dois jeter a la mer tous les morts de faim avec les pieds collés dans le ciment pour ne pas qu'il remonte a la surface, je dois surveiller tout ces types qui ne rêvent que d'obtenir un rendez-vous ou un baiser ou je ne sais quoi d'autre de la plus belle femme du monde. Quoi le fantôme je me dis en culpabilisant déjà car je sais bien qu'alors que je nettoyais de la surface de la terre la race des morts de faim je ne m'occupais pas du fantôme. Le magicien dit qu'elle pleurait assise sur un banc du port, elle disait que vous alliez la quitter, que c'était mieux comme ça. Elle semblait ravagé de tristesse. C'est quoi ce bordel je demande au vieux. Tout le port dit que vous allez quitter le fantôme, la laisser seule, tout le monde vous déteste parce qu'elle dit que vous êtes un miracle, que vous êtes l'homme le meilleur qui n'ait jamais existé, elle répète que vous êtes le paradis sur terre. Et vous allez la quitter capitaine, ça ne se fait pas de quitter un femme pareille, une femme qui vous aime autant. Tout le port est choqué vous savez. Je fonce vers le magicien et je lui demande ce qui lui prends de raconter tout ça. Que j'ai quitté le fantôme, que je l'humilie ainsi. Capitaine si je mens je veux bien manger ma baguette ou me la mettre dans l'orifice de votre choix, il explique alors que le bar et moi-même sommes un peu grimaçants alors que les images défilent devant nos yeux, des images ou le magicien s'enfile la baguette par un des orifices non prévus a cet effet. Capitaine, je pensais que ça me rendrait euphorique le jour ou vous quitteriez le fantôme, vraiment, j'ai imaginé tant de fois cette journée. Je pensais que je serais l'homme le plus heureux du monde. Tout le bar semble suspendu aux paroles du magicien alors que j'ai juste envie de le jeter a la mer et de le maintenir sous l'eau jusqu’à ce qu'il ne respire plus. Mais je m'étais trompé capitaine reprend le dingo de la baguette, elle semblait ravagé de douleur, elle semblait si malheureuse, je n'ai ressenti aucun bien-être. Je déteste dire ça capitaine, mais j'étais triste, tellement triste de la voir ainsi. Je sors du rade et je fonce vers le bateau. Je crois que je préférerais être mort plutôt que de quitter le fantôme. Je monte sur le bateau, je suis un peu furieux mais surtout je suis inquiet. Elle n'est pas sur le ponton, elle est dans la cabine, elle semble dormir, je voudrais la réveiller et lui demander ce qui se passe mais je ne peux m'empêcher de la regarder dormir. Un spectacle a couper le souffle. La réveiller ce serait briser cet eden qu'elle atteins parfois, la réveiller ce serait briser ce bien-être qui semble l'envahir. Je la regarde dormir, et toute la nuit, je sais bien que je vais la regarder dormir. Toute la vie, je sais bien que je vais la regarder dormir. Toute ma vie.

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Published by ma vie en biture - dans la vie du port
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