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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 14:04
L'émoi

Alors je déplie mes doigts et je commence a compter, je déplie mes doigts et je commence a compter, et je compte un, et je compte deux, et je compte trois, et je souris et je déplie mes doigts pour continuer a compter, et je compte quatre, et je compte cinq, et je déplie l'autre main et je déplie d'autres doigts pour continuer a compter, et je compte six et je compte sept et je compte huit et je compte neuf et je compte dix, et je souris toujours mais ce n'est pas suffisant. Alors je souris et je me souviens des gens qui marchent dans la gare, et des gens qui attendent les trains, et des gens qui descendent des trains, et des gens qui montent dans les trains, et des gens sur le quai de la gare et moi qui attends que le train arrive, et moi qui attends le train qui n'arrive pas, et je me souviens de ces gens qui continuent de marcher et de moi qui continue d'attendre, de ces gens qui traversent mon champs de vision alors que je continue d'attendre, de ces trains qui démarrent et arrivent alors que je continue de t'attendre. Alors je déplie mes doigts et je recommence a compter, je déplie mes doigts et je recommence a compter, et je compte onze et je souris et je recommence a compter et je compte douze et je souris toujours et je compte treize et je continue de compter, et je compte quatorze et je déplie mes doigts et je compte quinze et je change de mains, et je compte seize et j'ai toujours le sourire, et je compte dix-sept et j'ai toujours le sourire, et je compte dix-huit et j'ai encore le sourire, et je compte dix-neuf et je déplie mon dernier doigt et je compte vingt et je souris encore. Le train va bientôt entrer en gare, et des gens continuent de marcher, le train va bientôt entrer en gare et des gens marchent dans tout les sens, le train va entrer en gare et je suis immobile, le train va entrer en gare. Alors je déplie encore mes doigts et je compte vingt et un, et puis je déplie mes doigts et je compte vingt-deux, et je déplie mes doigts et je compte vingt-trois, et je souris encore et toujours, et je compte vingt quatre, et je déplie mes doigts et je souris et je compte vingt-cinq. Et puis l'autre main et je compte vingt-six, et puis je déplie mes doigts et je compte vingt-sept, et je déplie mes doigts et je compte vingt-huit, et je déplie mes doigts et je compte vingt-neuf. Et je souris alors que je déplie mon denier doigt alors que je compte trente. Je ne bouge plus alors que des gens continuent de marcher ou d'errer dans la gare, je ne bouge plus alors que le train freine a son entrée dans la gare. Je compte trente un sur le doigt que je déplie. Le train s'arrête en gare et des gens marchent autour de moi et des annonces résonnent dans la gare. Je compte trente deux et je souris. Des gens descendent du train, des gens s'embrassent sur le quai, des gens se hèlent. Je déplie mon doigt et je compte trente trois et puis je souris en repensant a ce jour ou je suis seul au bout du quai et je regarde les gens qui descendent du train et qui passent sur ma gauche et sur ma droite, et qui s'éloignent. Je compte trente quatre et tu arrives en face de moi et tu me souris et je comprends que le décompte n'aura pas de fin. Je compte trente quatre et tu me souris. Je compte trente quatre et je te souris. Je compte trente quatre et tu es juste en face de moi. Ce décompte qui n'aura pas de fin. Tu es juste en face de moi.

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Published by ma vie en biture - dans Elle émoi
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