Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 20:57
Sur mon 31

Je me rends compte a quel point je ressemble a mon père, je me rends compte a quel point je ressemble a mon grand-père. Je crois toujours que j'étais plus solitaire qu'eux mais en fait non, ils étaient comme moi, enfermé en pas eux, et le fait d'avoir eu une femme ou des enfants n'a au fond rien changé. 31 mois, 31 fois, 31 moi, 31 toi. Un quai de gare, tellement de monde, un quai de gare, tellement de monde, un quai de gare. Tellement de monde, un quai de gare. J'entends ce type insupportable qui semble acteur mais dont je n'ai pas le souvenir dans aucun film que j'ai vu et qui écrit des livres sur paris. C'est vraiment le paris des provinciaux, le paris des touristes, qu'est ce que j'en a foutre que louis je ne sais pas quel numéro se soit fait taillé une pipe par madame de Maintenon sous je ne sais quel porche du quatrième arrondissement ? Je me souviens bien de mon grand père, mécanicien toute sa vie. Un taiseux comme qui dirait. Son père était mort à sa naissance, ardoisier tombé d'un toit. Du coup sa mère qui était morte à presque cent ans avait été veuve toute sa vie, habillé de noir toute sa vie, un truc comme soixante dix ans. Le train arrive, le train n'arrive pas, le train arrive, le train n'arrive pas. Des flots de gens qui descendent du quai, des flots de gens, et des flots d'autres gens qui attendent et qui se mêlent au flot des autres gens qui descendent des autres trains ou qui veulent prendre d'autres trains. J'écoute ce con d'acteur qui raconte son histoire de paris, bordel il est royaliste, il ne semble pas savoir qu'on est en république, il ne semble pas avoir entendu qu'il y ait eu la commune. Ce type c'est l'héritier des bourgeois de province qui venait voir les communards enfermés au zoo de Vincennes. J'ai toujours cru que mon père était froid mais je me rends compte qu'il était comme moi, solitaire, au fond, solitaire jusqu'au bout, ce talent pour les relations publiques et cet absolu impossibilité de communiquer pourtant. Il avait toujours été seul j'imagine, toute son enfance en pension, sa jeunesse seul à paris. Je croise son regard, je me souviens comme elle sourit, je croise son regard et je vois son visage, je me souviens comme elle sourit, je croise son regard. J'écoute ce type qui ne connait pas paris et qui raconte une histoire que personne n'a vécu, j'écoute ce type et je comprends que nos paris ne sont pas compatibles, que nous ne nous croiserons jamais. Je préfère éteindre la radio avant de m'énerver. Je pense à mon père qui mettait des chaussettes bleus assortis à ses yeux, je sais comme il aurait fait le malin devant la plus belle femme du monde et comme elle l'aurait adoré, et je sais que je tiens un peu de lui lorsqu'elle vient vers moi sur ce quai de gare. Je ne vais plus arrêter de parler tellement je suis angoissé. Ou peut-être que je fais la roue. Il y a 31 mois 31 toi et je ne vais arrêter de lui parler. Pas arrêter. De te parler.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans La vie belleville
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite