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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:08

 

 

Le matin, la mer est loin. Je pourrais venir sur le sable et ramasser les coquillages comme quand j'étais enfant. J'en faisais quoi d'ailleurs, je les nettoyais, je les peignais peut-être, tout ça me semble si loin, tout va vite. Les souvenirs s'effacent, comme les traces sur le sable quand vient la marée. Beaucoup trop vite. Il fait beau et froid auprès de la mer, j'hésite à enlever mes docks et a tremper mes taches de rousseur qui ornent le dessus de mes pieds et puis je renonce. Je longe la mer sur la plage presque vide ou le seul bruit - hormis celui des vagues - est celui des voiles de chars qui foncent sur le sable. Je pense à la fille qui était venu avec moi les deux dernières fois et a laquelle la directrice générale de la mairie ou elle travaille lui a dit qu'elle était responsable de ce qui lui arrivait vu que ce n'était pas possible de faire une dépression en travaillant pour une mairie communiste. Je regarde les traces des bâtons dans le sable, des milliers de trous depuis que les plus vieux du coin font de la marche comme s'il faisait du ski de fond. Je me demande si c'est mer montante ou descendante mais je sais que dans quelques heures on ne pourra plus marcher sur la plage vu qu'il n'y en aura plus, ça me fascine toujours de penser que dans quelques heures,je n'aurais même pas pied à l'endroit ou je suis. Je regarde les mouettes qui narguent les chiens à moins que ce ne soit les chiens qui courent après les mouettes pour les faire chier. Je regarde les coquillages sur le sable en me demandant s'il y a une vie sous le sable. Je pense a la fille qui vient avec moi parfois et je me dis que je vais foutre une bombe dans cette mairie stalinienne ou l'on pratique le harcèlement moral dans la plus pure tradition patronale. Je laisse le soleil me caresser le visage en me demandant si la plus belle femme du monde va mieux mais je pense que oui. Le vent souffle tellement fort au bord de la mer que mes deux camionneurs ne sont pas de trop, je suis toujours fasciné par la force du vent alors que dès qu'on s'enfonce dans la ville il ne souffle plus du tout. Mes docks sont pleines de sable alors que je remonte vers le mail. C'est peut-être la dernière fois que je reviens à l'appartement, mais j'espère qu'un jour je reviendrais avec la plus belle femme du monde. Appartement ou pas. Avec la plus belle des femmes du monde sur le sable de saint malo.

Marée basse

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Published by ma vie en biture - dans Saint Malo
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