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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 09:28
Le retour aux affaires

Alors petit frère me dit le type près du bar. Toi tu es mon petit frère tu es de quelle année 77 ou 78 ? Ah non je rigole je suis de mille neuf cent soixante sept. Le second groupe s'échine a jouer un ska punk très daté, j'ai l'impression d'être au siècle dernier chez les bouducons. Il me fait répéter deux ou trois fois et quand il comprend ce que je dis il n'en peut plus de rire. J'ai quitté la mer, je suis allé le soir une dernière fois alors que c'était marée montante, je me suis assis sur un banc pour retourner en suède avec knausgaard alors que le soleil malouin me caressait une dernière fois le visage comme pour ne pas que je l'oublie. Et puis j'ai longé le sillon pour finir a rochebonne ou j'ai dis adieu aux mouettes et a la mer électrique qui tentait de se défaire des surfers. Le type me dit qu'il est né en 72 et que je suis forcément plus jeune que lui. Il dit je le vois a tes cheveux a tes yeux a ton visage, tu n'es pas né en 67. On a pas cette peau là quand on est né en 67 il dit. Et il repart à rire alors que je commande une bière a un euro cinquante au bar du lieu. Quelques minutes auparavant un autre type est venu me dire bonjour en me claquant la bise et en m'appelant par mon prénom. Bordel céki je me suis demandé, mais bordel céki. Il m'a parlé très naturellement et quand enfin j'ai compris que c'est un gars que je n'avais pas vu depuis vingt ans j'ai été soulagé de ne pas l'avoir reconnu. La tragédie rouquemoutte je me suis dis, tout le monde te reconnait tout le temps, même si parfois on te prends pour un autre rouquemoutte. Dès que je quitte saint malo le soleil disparaît et j'arrive a rennes dans un dégradé de gris et un ciel plus vieux d'un siècle ou deux. Je débarque en plein psychodrame chez les vieilles dames, une histoire de lancer de verre rempli d'eau et de vin qui a mal tourné, je régale tout le monde de chouquettes, j'ai ce charisme curieux qui attire les enfants, les animaux et les petites vieilles. Sans doute que je suis un enfant et un animal. J'ai 12 ans. Je bois le café qui a goût d'eau chaude et je regarde par la fenêtre le soleil de saint malo tenter de vaincre le ciel de rennes. Je cherche le regard de la plus belle femme du monde en me demandant ce qu'elle fait à ce moment précis, ce que disent ses yeux, ce que traduisent ses lèvres, je me demande un peu et puis je la vois, dans la prégnance de mon regard, je me dis qu'elle veille sur moi. Allez me dit le type tu es en 77 ou 78, dis le moi. Bordel je te dis que je suis né en 67. Et me voilà a sortir mon portefeuille, je trouve pas de pièce d'identité et tout à coup je vois ma carte vitale. Pendant que j'essaie de l'extraire vu que j'ai jamais du m'en servir, elle est comme collée, le type me dit ah oui ça la carte vitale ça ne ment jamais. Et enfin quand je la sors si je puis dire, je lui montre les chiffres, 1 67 12 75...Ah oui il dit tu es né en 67. Je t'offre une bière il dit pour fêter ça. Mais j'en reviens pas quand même. Moi non plus je dis vu que j'ai l'impression d'être un ado. Le soir a rennes, je n'appelle personne pour sortir, les bars regorgent de monde comme presque tout les soirs dans le quartier sainte anne rue de la soif, je vais voir le film du petit génie québecois. Presque tout le film je pense au fantôme, a chaque image je devine presque son émotion et ce qu'elle ressentira, je devine comme elle sera bouleversé. Je regarde le film en regardant la plus belle femme du monde le regarder. Je trouve ça bien mais je ne suis pas retourné par le film, j'ai ce problème avec la musique avec le coté clip je crois. Au fond je préférerais toujours comment j'ai tué ma mère je me dis. A peine posé le pied a paris, je dois un peu courir pour aller manger chez le type qui m'attends pour picoler. Je me sens un peu épuisé et j'ai pas le courage d'aller à la manif pour le jeune fille violée par un faf. Je me sens un peu coupable quand garçon tout maigre me dit qu'il n'y avait pas deux cent personnes. Au concert du soir à la parole errante, je retrouve tous ces frères de concerts, j'ai à peine le temps de commander, on m'offre des bières. Je souhaite un bon anniversaire au garçon tout maigre. Je cherche le fantôme des yeux et je sais qu'elle veille sur moi. Tu veilles sur moi.

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