Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 19:17
Les jours sans elle

Belleville est vide la samedi matin vers 7 heures, ou peut-être 8, quand je pars pour le politburo du samedi. J'ai encore un peu mal jambe de la veille quand en sortant du nouveau planète mars, je me suis enquillé à pince la côte de la rue oberkampf enchaîné avec celle de la rue de ménilmontant. Il était deux heures du matin et la ville était remplie de filles bourrés et de garçons extatiques, ou peut-être l'inverse. Le nouveau planète mars est aussi grand que l'ancien était petit, aussi neuf que l'autre était vieux. Evidemment je préférais l'autre. C'était rigolo cet anniversaire, même si la chanteuse du groupe que je connais depuis plus de vingt ans était triste que son mec l'ait quitté, un type me parlait de groupe que je ne connaissais pas trop, et je suis vite passé à la bière parce que les pintes de picon m'auraient trop fracassé pour le politburo du samedi. Belleville est vide dans le samedi matin, des gens déménagent sur la place des rigoles un boucan d'enfer dans le jour naissant, je croise des gens qui ont continué toute la nuit à picoler ou danser ou draguer, je joue a essayer de deviner si les gens viennent de se lever ou vont se coucher, c'est pas très difficile a trouver, ça me permet de me tenir éveillé alors que je descends la rue de crimée jusqu’à jean jaurès. Je me demande si la plus belle femme du monde est en train de se reposer, je ne sais pas encore qu'elle va passer la matinée entre les murs blancs d'un hôpital, à maudire tout ces cons qui ont mal fait leur travail la veille. Je pense au cancer de ma mère. Le livre. La sœur du dessinateur qui s'énerve contre tout le monde. Je me souviens à l'époque ou je l'avais lu, comme j'avais hésité à le faire lire à ma propre mère. Et comme souvent dans ma vie, comme presque toujours quand j'hésite, je n'avais pris aucune décision, attendant que ça passe. La veille à planète mars on a tous parlé du bonheur qu'on avait eu en allant voir les combattants. C'était sympa cette euphorie. Je tenu la main du fantôme je m'en souviens très bien, il était presque minuit ou une heure du matin, et j'ai compris comme jamais je ne pourrais le lui lâcher. J'étais bien et heureux quand j'ai remonté la rue oberkampf et puis la rue de ménilmontant, avec cette énergie un peu brouillonne que vous donne deux ou trois pintes de bière. Je me suis couché dans ses bras pour quelques heures qui valaient des siècles tellement c'est bien de dormir contre la plus belle femme du monde, sentir tout son corps contre soi, toute son âme en dedans soi. Le matin comme j'étais fatigué j'ai pensé que c'était encore un jour sans elle et puis je me suis rendu compte que non. Il n'y avait jamais de jours sans elle. Jamais de jours loin de toi.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans La vie belleville
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite