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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 09:14
La pluie sur le zinc

La ville semble comme vidée de sa pulpe, il n'y a plus d'habitants, plus personne sauf des hordes de touristes qui errent entre le soleil et la pluie, notre dame et hôtel de ville. Le matin je ne croise pas âme qui vive, même pas un type en jogging qui promène son clébard, même pas des gens qui rentrent d'une nuit blanche. Je vais jusqu'au bus sans croiser le moindre pékin. J'ai de la chance ce soir là, alors qu'il a draché toute la journée comme s'il fallait nettoyer la ville de toutes les scories de l'année, une éclaircie se pointe vers les dix huit heures. Je profite de cette fenêtre de tir pour larguer les amarres et quitter le politburo ou étonnamment presque tout le monde est là. Je vais rejoindre la fille qui ne peut plus travailler depuis qu'un jour à son travail, elle a découvert son bureau ou il ne restait qu'une chaise et une table, et ou l'on avait enlevé tout le reste, et puis on lui a ensuite dit qu'elle ne dirigeait plus personne, qu'elle n'était plus personne. Je laisse l'église des nazis à ma droite et je passe devant chez le chanteur de la souris déglinguée et je rejoins la rue monge après avoir monté le cardinal lemoine si je puis dire. Il y a un peu de monde dans les rues, comme si après les dix heures de bombardement de cette pluie drue, épaisse et incessante, les gens profitaient des quelques heures de répit. La fille qui est ma plus vieille amie à été voir le syndicat des rebelles en carton ou on lui a expliqué qu'on ne pouvait rien faire pour elle car le syndicat n'attaquait pas une mairie communiste puisque lui même dépendait des subsides de ce même parti. J'arrive en bas des gobelins que je remonte jusqu'au parcours. Rien n'a changé depuis que j'habitais là, enfant, les dix premières années de ma vie, avant qu'on ne déménage jusqu’à la place d'italie. Il y a toujours le monoprix ou l'on allait faire les photos d'identité. J'arrive au carrefour qui marque la délimitation entre le cinquième et le treizième. Port royal le boulevard ou habitait mon second père qui vient de fêter ses quatre vingt six ans. L'escurial. La rue pascal ou habitait carax à l'époque de boy meets girl. Les années quatre vingt, tout ça, tout ça. Je ne remonte pas les gobelins, je prends le boulevard arago et je bifurque assez vite dans la rue berbier de mets. La fille a accepté un boulot à la con dans un service à la con ou on la paye pour faire un boulot d'étudiant débile. Elle a tenu deux ans. Jusqu’à ce qu'on lui remette la pression pour qu'elle se barre. Il y a des draps aux fenêtres du mobilier national un peu comme à l'hôtel dieu, des trucs disant qu'il faut sauvegarder les emplois, qu'il faut embaucher. Ensuite je passe devant la tour blanqui de la rue corvisart. Je crois que c'est la première tour qui fut construite a paris. Il y a plus de 50 ans. Il y a le parc un peu pourri sur ma droite ou déjà ma mère allait user ses fonds de culottes avant-guerre. Le lycée rodin qui semble pioncer avant la reprise des hostilités. Et puis le bas de la rue des reculettes ou un prof de gym un peu sadique nous faisait courir comme des dératés dans cette rue au dénivelé hallucinant, quelques années plus tard, j'apprendrai les démarrages en côte dans cette même rue. La fille est en arrêt maladie maintenant, en dépression comme ils disent maintenant, on ne la licenciera jamais, on ne licencie pas chez les amis des travailleurs, tu dois démissionner. Je suis inquiet pour elle, je me demande comment elle va passer l'hiver. Je déboule boulevard blanqui ou je passe devant le journal le monde avec son mur vitré qui rend bien mais pas de près, de loin quand on passe en métro aérien par la 6. Je fais défiler les milliers de nom de la résidence ou habite la fille, on peut prendre l'alphabet dans les deux sens, mais quand comme elle et moi le nom commence par une lettre du milieu de l'alphabet, il faut faire défiler. Plus tard avec la fille et le garçon tout maigre, profitant de cette journée ou tout le monde est a paris avant que les deux autres repartent ailleurs, on parlera de la possibilité d'une île. Une autre île que belle-île. J'inviterais le fantôme à venir avec nous, elle nous souriera et me tiendra la main. Elle dira à la fille de ne pas se faire du mal. La nuit tombera sur la ville. La pluie ne reviendra que le lendemain. On rentrera en se tenant par la main. Avec la plus belle femme du monde, on se tiendra par la main.

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Published by ma vie en biture - dans paris
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