Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 16:49
Dans les nuages

Au moment du générique quand le titre original du film apparaît je me demande pourquoi ils l'ont raccourci. Il était mieux en entier. Le titre. Avant que le film ne commence, le seul moment ou j'ai levé les yeux c'est pour regarder la bande-annonce du film que j'avais vu la veille. J'ai douze ans je me dis. Il n'y a pas foule dans la salle, la séance du dimanche vers treize heures, c'est vraiment la séance des losers, des gens seuls, de ceux qui n'ont pas de famille, qui n'ont pas fait la fête la veille. Ceux qui sont capables de se lever pour venir vers treize heures au cinéma un dimanche et qui n'ont pas un repas de famille. Pendant les bandes annonces je comprends que je suis beaucoup plus proche de mon père que je n'ai jamais voulu le croire. Je lis un quotidien chaque jour, même si lui c'était plutôt le monde et moi plutôt libération, et lui aussi allait toujours tout seul au cinéma. Ma mère n'aimait pas ça. Quelques fois mon père m'a emmené au cinéma mais c'était comme le théatre, il m'emmenait voir des choses beaucoup trop compliquées pour moi. Mon père m'a toujours cru plus intelligent que je n'étais. Non mon père m'aimait sans doute. Pendant le film je reconnais un acteur des films de wenders années quatre vingt, l'âge d'or du cinéma de wenders. Il y a un type qui explique que assayas fait des plans de ouf quand même et que ça lui a donné envie de retourner à la montagne ce film. Ce commentaire déclamé alors qu'on sort de la salle sur le quai de seine ou une foule dense attends pour prendre la navette fluviale, me conforte d'aller seul au cinéma. Je déteste parler d'un film quand j'en sors. C'est trop impudique, c'est comme faire une analyse de la relation sexuelle qu'on vient d'avoir juste après l'orgasme. Aller au cinéma avec quelqu'un veut dire parler du film qu'on vient de voir et c'est la dernière chose dont j'ai envie quand je sors d'une salle. Je me demande si le fantôme est dans les montagnes turques ou dans la forêt en mode survie. Je me demande pour quelles raisons je suis de plus en plus fermé au monde. Je m'enfonce dans les bras de la plus belle du monde. Je sais qu'elle s'inquiète pour moi. Tu ne devrais pas tant que tu es là je lui murmure tout bas. Tout ira bien tant que tu es là.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans Elle émoi
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite