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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:17
Suspendre les mots

Tu ne sais pas te suspendre dans le vide non tu ne sais pas alors tu regarde le jour qui surprend la nuit ou bien est-ce l'inverse tu ne sais pas trop mais tu sens le souffle de la plus belle femme du monde sur le bout de tes joues. Le bout de ta joie. La joie de ta joue. Je remonte le boulevard de clichy et je croise quelques travelos de compet' en me disant que je ne suis pas venu ici depuis quelques siècles. Il pleut un peu alors que je ressors du monoprix avec une bouteille de vinho verde et un moulin à vent. Je me promets d'aller au bal qui se trouve pas très loin, puisque hormis relire Dostoïevski, j'ai décidé de fréquenter un peu plus les lieux d'expos pour essayer de devenir vaguement cultivé avant de mourir. J'inscris dans le calepin électronique que j'ai dans le cerveau que je dois absolument aller voir l'expo à la maison rouge avant la fin août. Je flotte un peu dans un nuage d'ouate et de bonheur. Dix jours avant l'eden, avant les bulles de bonheur. Dix jours je me répète alors que je croise deux ou trois grappes de deux ou trois asiatiques en mini-jupe. Je me demande si ce sont les sœurs de celle du boulevard de la villette. Je n'ai jamais aimé le dix huitième arrondissement et pas plus le dix septième ou je me trouve très précisément de ce côté là du boulevard. Je croise des filles sans doute jolies mais je me rends compte comme je ne les regarde pas, comme je ne les regarde plus, parce que j'ai toujours le visage de la plus belle femme du monde devant mes yeux et sa main dans la mienne. Je passe devant quelques cafés miteux dans la rue de la mère de garçon tout maigre. Tout m'a toujours paru factice ici, comme à montmartre, comme à pigalle, comme place de clichy. Le dix huitième est cet arrondissement ou l'on a l'impression que tout les habitants sont des figurants d'un film un peu usé. Une fleur fanée. J'ai l'impression qu'a belleville ménilmontant nous sommes acteurs de nos propres vies. Même si elles sont toutes cabossées. J'arrive un peu a bout de souffle au cinquième étage de l'immeuble de la mère de garçon tout maigre. Le fantôme roule dans des contrées digne de la savane au bout du bout du monde, et je me dis que nous allons encore communiquer comme un d'entre nous était en pleine tempête sur son bateau. En fait ça ne se passera pas comme ça. La tempête s'est calmé au dehors, il ne pleut ni sur elle ni sur moi. Je suspendrais mes mots a ses mots, je m’accrocherais aux branches de son esprit. Je me suspends à elle. Je suis suspendu à toi.

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Published by ma vie en biture - dans Elle émoi paris
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