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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 16:48
La poussière jaune

Je sors de la tente car il commence à faire très chaud dedans et alors que je fais quelques mètres pour aller pisser dans la sèche végétation je vois un bison de l'autre côté de la route a une vingtaine de mètres de moi. Je me dis que je ne suis pas très bien réveillé. On part aux aurores car traverser la cité des anges le matin peut prendre des plombes. On va malgré tout relativement vite, déjà parce que nous sommes deux a bord ce qui permet de rouler sur la voie autorisé aux personnes qui sont au moins deux dans une voiture et puis ensuite parce que le garçon formidable à une carte qui coûte un bras et qui permet de rouler sur une voie rapide spéciale pour les riches. Trois jours plus tard alors que nous rentrons totalement déphasé comme pour un retour à la civilisation, on sort dans ce bar a vin où des gens jouent aux français en buvant des crus hors de prix et en parlant fort. Un jeune garçon joue du piano à la mezzanine. Je parle avec le garçon originaire d'hawaï qui par le lendemain pour bordeaux étudier le vin. Il est inquiet pour son train qui l'attends a roissy pour l'emmener a Bordeaux, il a entendu dire qu'il y avait des grèves. On se retrouve a san pedro pour prendre le bateau qui mène a catalina island. Là ou los angelès ressemble au port du havre, ou des milliers de containers se bousculent et ou des énormes machines semblent avoir deux pattes tel des robots, il parait d'ailleurs que georges lucas s'est inspiré de ces gros machins tout bizarres pour imaginer les robots géants dans la guerre des étoiles. On retrouve le garçon autrichien qui m'explique que comme je suis le frère de ma soeur et que ma soeur est sa soeur je suis son frère. La veille j'ai bien ri quand le fantôme en partance pour une île elle aussi, m'a demandé s'il n'y avait pas d'ours et de loup. J'ai dis qu'il y avait rien sur l'île ce qui est vrai, que c'était une réservé naturelle, c'était avant le premier soir et que je découvre des bébés renards venir traîner sur le terrain qu'on appelle camping qui donnait sur la mer. Ils semblent avoir peur de nous et ils filent à la même vitesse que les écureuils. Au bar à vin je pense à la plus belle femme du monde qui a rejoint son île maintenant que j'ai quitté la mienne, ma soeur me ramène à la réalité en me disant qu'on va y aller mollo sur le pinard vu que la bouteille qu'on vient de prendre coûte la modique somme de 99 dollars. J'ai pas bien compris la carte je lui dis et je m'aperçois que vingt cinq tickets c'est le prix du verre. Le garçon autrichien drague un peu sur le ferry, je ne le connais pas encore bien, c'est ensuite que je m'apercevrais qu'il a deux passions dans la vie. Regarder les filles, et dire fucking dans chaque phrase. Le seul mot de français que je lui apprendrais sera putain pour pas le bouleverser trop. Avalon, la principale des deux îles qui forment catalina island fut très à la mode pendant les années vingt et trente auprès des stars de hollywood. A l'époque il fallait forcément un yacht ou un bateau pour venir et le lieu est devenu une sorte de saint tropez pour riches. Je crois que c'est de cette époque que date le casino qui est fermé aujourd'hui mais qui trône toujours en bord de mer. Et puis un beau jour, il y eut une liaison par ferry et la populace pouvant venir plus facilement, les stars et les riches se sont éclipsés. Le garçon d'hawaï me rappelle ce garçon d'arizona chez qui j'avais habité a san francisco et qui avait un drapeau français tatoué sur la fesse. C'est la première chose qu'il m'avait montré quand j'étais arrivé chez lui puisqu'en plus il était exhibitionniste. Le garçon d'hawaï me parle du vin et du bordeaux comme une midinette, il ne prend des vacances que tout les deux ans pour pouvoir partir deux mois, vivre dans une cité universitaire et étudier le vin. Aujourd'hui avalon est un peu construit mais pas tant que ça, il y a une route, quelques hôtels et quelques campings. Mais nous n'allons pas a avalon, nous allons sur l'autre île, two harbors, le trou du cul du monde a quelques miles de la cité cinglée de douze millions d'habitants. Après avoir pissé, je rejoins mon beau-frère que j'aperçois avec son appareil photo en bandoulière, il est 6 heures du matin, il fait déja chaud, en même temps sur l'île comme il n'y a pas d'électricité, il fait nuit noire à 8 heures et on se couche tôt. Du coup on se lève aux aurores. J'ai cru voir un bison je lui dis. Je pense au fantôme et je me demande si woody allen l'enlèverait s'il la croisait dans manhattan. Le port d'arrivée de two harbors est un ponton de bois, au bout, il y a la seule boutique de l'île, qui vend les produits de première nécessité, surtout des sacs de glaçon. Il y a un camping pas très loin. Mais nous allons à l'autre. De l'autre côté de l'île. Il faut se faire emmener en voiture par une des très rares habitantes de l'île, sur la seule route en terre et au bout de vingt minutes de voiture, après avoir avalé dix kilos de sable et de poussière, on arrive au camping. Enfin camping, juste un morceau de terre desséché ou on pose sa tente près d'un arbre pour avoir un peu d'ombre, il n'y a pas d'électricité, un robinet ou coule de l'eau non potable. Un seul chiotte, pas de douche, et un ranger qui gère le lieu dans son camping car, et qui fournit de l'eau filtré dans de grandes bonbonnes et du bois pour le feu. Je me demande alors que je suis avec une trentaine de personnes au bout du monde avec la mer et les rochers en horizon, comment brillent les yeux de la plus belle femme du monde. Dans les années trente, on a tourné un western a two harbors. Le paysage montagneux, aride, l'herbe jaune et brûle, la pureté du paysage qui ne comporte aucune construction en dur ni poteau de toutes sortes, l'île se prête a un western. Un producteur zélé a donc fait venir quelques bisons pour le tournage. Par économies sans doute, une fois le tournage terminé, il a laissé les bisons sur l'île. Il y en plus de deux cent aujourd'hui. Alors que le garçon formidable me montre les photos du bestiau et que je vois au loin dans le paysage lunaire, le bison qui remue la poussière en rejoignant la montagne, je pense qu'il faudra que je dise au fantôme que je n'ai pas vu d'ours mais que j'ai vu un bison. Et je souris en imaginant son visage interloqué. Et je souris en t'imaginant errant dans manhattan à la recherche d'un petit binoclard qui parle comme une mitraillette. Je souris quand même un peu.

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Published by ma vie en biture - dans l'ouest le vrai
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