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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:59
Sur la planche

Je regarde encore et encore les personnes qui sont à la genèse de ce film, de ceux qui ont crus, qui ont travaillés pour que ce miracle arrive à l'écran. Je me souviens de la prégnance de l'émotion dans cette salle du mk2 beaubourg ou j'ai découvert le film un samedi matin vers onze heures. L'avant-veille au fin fond de Montreuil, près des chapiteaux derrière les caravanes, alors que je sirotais ma bière appuyé contre l'enclos des ânes, ou les enfants sous un soleil bucolique, donnaient a manger aux bêtes sus-nommés, j'ai croisé le contrebassiste. Garçon tout maigre, sirotait un jus de je sais pas quoi un truc sans alcool puisque monsieur joue les straight edge, et le garçon qui se fait virer de tout les squats de paris me parlait dans un charabia incompréhensible sur fond d'une musique cajun un peu chiante et répétitive ou l'inverse, je sais plus trop. Je me demande si je mets les carottes dans l'huile d'olive pour qu'ils reviennent un peu et qu'ils soient un peu moins croquants ou si je les jette directement avec les filets de rougets qui baignent dans la crème fleurette. Et puis comme j'ai un vie passionnante je décide faire un petit risotto pour aller avec quelques gambas comme a quaretaro mexique. Les ouvrières-crevettes veulent devenir ouvrières-textiles, le type dit c'est une idée romanesque formidable et je me dis nous en sommes tous là. Je vais parler de la langue je me dis, de cette langue qui court pendant tout le film. Parler de l'énergie, de l'énergie incroyable de ce film, de l'énergie incroyables des filles. Je vis dans onze mètres carrés me dit le garçon contrebassiste et donc mon fils ne peut jamais dormir chez moi. Garçon tout maigre se lance sur les jumelles et je regarde les deux parlés ascétiques un peu autistes raconter leurs enfants en comprenant qu'ils sont peut-être encore en vie grâce à eux. Un truc qui ressemble à une raison de vivre. Je devine le plat à travers la porte du four, avec la crème fleurette qui devient un peu mousseuse. J'imagine que le fantôme va rentrer en disant j'ai faim. C'est prêt je lui dirait en souriant. J'ai faim, elle répètera d'un air épuisé. J'ai faim.

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Published by ma vie en biture - dans exercice d'admiration
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