Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 16:09
Le goudron qui fût

Souvenir de la vie d'avant, les années 80 sans doute tu sais, tout ça tu vois. La coke au bord de la piscine écrasé de chaleur sur venice, tellement plus romantique que les piquouses dans un studio glauque de la rue myrha paris dix huit. Ces filles anorexiques au visage de petite vieille qui semblait ne même pas attendre la mort vu qu'elle était déjà prégnante en elles, comme assise a leur place. La vie qui déraillait autant dans l'amérique de reagan que dans la france déjà avarié de mitterrand. J'ai déjà écris sur mon connard de frères et ces connasses de conquête, et sur April qui était la seule fille qui supportait les docs et les fringues de batcake sous une température de plus de cent degrés farenheit. Le gallon d'essence ne coûtait qu'un dollar à l'époque pourtant il fallait déjà financer des guerres qui n'auront jamais de fin. Faut dire qu'elles n'ont même pas commencées. Je me prenais déjà pour un personnage de brett easton ellis période less than zero. J'exposais mes taches de rouquemoutte au soleil vicieux de Californie qui ne parvenait pas a percer sous le brouillard. On s'en foutait à l'époque de l'écologie, ce n'était pas encore pasadena sous les panneaux solaires, on buvait pas des putains de jus de légumes a la con, on faisait pas du yoga a septante dollar de l'heure, la vie ressemblait a un cauchemar climatisé comme disait miller, les filles éliminaient pas le gras dans des clubs de gym sur colorado comme maintenant ou des gens courent après des chimères sur des tapis roulants derrière des vitrines transparentes. Les filles mangeaient l'héro a pleine dents et tu m'étonnes qu'elles étaient maigres. Aujourd'hui elles n'ont plus de dents. Nous buvions de la vodka sur hollywood boulevard en sortant de boîtes de nuit pour rentrer s'effondrer dormir en attendant la prochaine nuit. Mon connard de frère avec sa vulgarité de pacotille, ce faux-semblant de celui qu'on a pas élevé comme ça, et qui ne peut donner le change qu'a ceux qui sont les personnages de la même comédie humaine. Mon charisme venait de mon anti-charisme, c'est sans doute pour cela qu'on a jamais pu se supporter avec mon connard de camé de frère. Ou peut-être parce qu'il était camé et moi alcoolique je n'en sais rien. C'est curieux de revenir ici et de toujours se souvenir de la première fois. Je me demande si vieillir c'est se souvenir de faits, de gens, d’événements, et de comprendre tout à coup que le personnage principal du film qu'on est en train de faire défiler devant ses yeux c'est soi-même. Un moi-même d'un autre temps. Je n'ai jamais voulu être moi-même, jamais vraiment, jusqu’à ce que la plus belle femme du monde prenne mon visage entre ses mains et le dépose au creux de ses reins. La vie est une illusion qu'on ne peut toujours combler. Ma vie n'est plus un putain de manque que je combats en fuyant chaque seconde. Parce que je sais que le fantôme me regarde, reste auprès de moi, parce que je sais que je ne suis jamais seul, même si tout le monde croit que je le suis toujours. Je peux marcher seul sur cordova street et traverser le paseo, à l'abri du soleil, de la came, de l'alcool et des souvenirs qui s'empilent comme des putains de bracelets au poignet. Je ne suis personne et je suis tout le monde, je ne suis que moi-même et je suis tout les autres. Je sens l'étreinte de la plus belle femme du monde qui me prend par la main pour ne plus la lâcher. Pour ne plus me lâcher. Je ressens l'étreinte de la plus belle femme du monde. Pour ne plus me lâcher.

Partager cet article

Repost 0
Published by ma vie en biture - dans l'ouest le vrai
commenter cet article

commentaires

Unsane Minds Unsane Bodies

  • : Le blog de ma vie en biture
  • Le blog de ma vie en biture
  • : Des jours et des cuites...
  • Contact

Extension Du Domaine De La Cuite